Sir? I think you forgot something...

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MessageSujet: Sir? I think you forgot something...   Dim 26 Fév - 17:00

B. Un B. Même pas un B+. Je retourne ma copie d'un geste brusque, scrutant les alentours. Personne n'a prêté attention à ma copie, tous mes camarades sont absorbées par la leur et celle de leurs amis, commentant leurs erreurs, se damnant d'être aussi stupides et de ne pas prendre la peine de se relire correctement. En temps normal, j'aurais ricané d'un air suffisant, en laissant traîner ma feuille au vu et au su de tous, histoire qu'ils se mettent tous dans la tête qu'il ne sert à rien de concourir avec moi pour être major de promo. La plupart d'entre eux sont satisfaits d'être dans une si prestigieuse université et d'avoir des notes honorables. Mais honorable, ça ne suffit pas. Il ne faut viser rien de moins que l'excellence. Du moins c'est ma philosophie. C'est ma philosophie habituelle. Je ne sais pas pourquoi cette dissertation n'a pas été aussi réussie que d'habitude. J'ai peut-être sous-estimé la difficulté du sujet et je me suis retrouvée à devoir faire un travail plus compliqué que prévu, en très peu de temps. Je soigne généralement beaucoup mes travaux et passe rarement moins de quatre, cinq heures sur une dissertation. Surtout quand il s'agit de mes cours de droit. Si je manie la partie économie de mon cursus avec un certain brio, je dois travailler d'arrache-pied pour obtenir mes A en droit. Et je viens de faillir à la tâche. Un B. C'est ridicule.

La fin du cours s'annonce, les bancs se vident à vitesse grand V, je fais mine de chercher quelque chose, prends un temps considérable à éteindre mon Mac, fusille du regard la fille qui avait apparemment quelque chose à demander à M. Hazard. Passe ton chemin gamine, j'ai à faire. Elle s'éloigne en maugréant, peut-être aidée par le léger coup de coude que je lui ai administré en passant devant elle. Je m'approche de l'estrade, y monte sans aucune gêne et pose mon sac sur le long bureau du professeur. « Bonjour Monsieur. » Je le regarde, lui adresse un sourire aussi hypocrite que resplendissant, avant de lui tendre ma feuille « Excusez-moi de vous déranger, mais pourriez-vous jeter un oeil à ma copie? J'ai l'impression que vous m'avez légèrement sous-évaluée. » Je pèse précautionneusement mes mots, sans me défaire de mon sourire étincelant et de ma mine polie. Jude Hazard n'est pas sans savoir que je détiens des informations plus que compromettantes à son sujet, après tout, il est très inconvenant de s'envoyer en l'air avec une de ses étudiantes, aussi bonne élève soit-elle. C'est encore plus inconvenant de se faire prendre la main dans le sac. Et il sait également que la diffusion des photos compromettantes que j'ai en ma possession lui coûterait, non seulement sa carrière -d'autant plus que monsieur est un récidiviste- mais probablement la place de sa chère Annabella au sein de l'université. Cela m'arrangerait et je ferais peut-être éclater le scandale si elle venait à me battre lors des examens finaux. Mais pour l'heure, il suffira à Monsieur de se montrer conciliant et tout ira très bien...
[b]
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MessageSujet: Re: Sir? I think you forgot something...   Lun 26 Mar - 17:39

Un jour normal à l'université d'Oxford... Un jour normal dans une université anglaise. Rien de mieux qu'ailleurs, rien de pire ... Et des grandes universités, j'en avais foulé le perron bien plus d'une fois. Et je savais bien comment on jouait dans ce genre de cours. Je savais bien comment devait être analyser le comportement des jeunes. Je savais bien que, par exemple, lorsqu'une confrérie lance une soirée dans la semaine, le lendemain, il fallait compter sur un amphi vide et quelques élèves incollables en " je ne sors jamais moi " qui animait vos cours. Et je savais bien qu'ils se feraient ensuite tous bizuter pour faire tourner le cours manqué à toute une bande de pochtrons. Je savais bien que, lorsqu'on arrivait en retard le matin, les jeunes savaient nous le faire regretter, en pretextant que puisque eux étaient dans l'obligation d'être là à l'heure, le prof devait payer son insouciance durant tous le cours magistraux qu'il tentera alors, en vain, de donner. Je savais également que, lorsqu'un match important se préparait, mobilisant alors au mieux toute une ville, les cours de toutes les après midi de la semaine précédant ce dit évenement seront absent de tous les mâles impressionnants qui auront alors préféré s'entrainer. S'entrainer avec le coach sportif, celui qui finalement a tous les droits ici. Finalement, l'arbitraire est le mot d'ordre ici... Alors il fallait s'y accommoder et faire preuve de plus de vice que les autres. C'est ainsi que j'avais mis en place certains cours, en plus des devoirs sur table, obligatoires pour le passage en année supérieure. Pas tous les cours, mais ceux que j'avais décidé, ou que j'avais tiré au sort, histoire de bien faire chier ce prof de sport. Et aujourd'hui, j'avais décrété que les remises de note de la dernière dissertation était d'une importance capitale, alors qu'un match se profilait dans deux soirs. J'adorais voir la tête totalement anéantie de haine de tous ces sportifs. Même les cheerleaders s'y mettaient ... L'ambiance était sans nul doute la meilleure depuis longtemps. Jubilant intérieurement, je me rendais compte alors que tout le monde commentait sa propre note que j'étais un enfoiré de première. Soit. Assumer sa connerie, c'est déjà un bon pas ! La cloche libéra alors tous ces pauvres esclaves condamnés à savoir différencier le droit civil du droit administratif... Très dur, je le conçois ... J'allais me lever, et me diriger vers le coin fumeurs des profs à lunettes, quand soudain une demoiselle m'interpella. Enfin, elle ne m'interpellait pas, ce n'étais pas le mot. J'étais un prof tout de même, et ça serait un comble d'utiliser ce verbe et de ne pas accomplir ma mission de partage de savoir que j'adorais tant. Ma foi, ayant le paquet de clope en visu, elle vint me faire chier pour une question à la con. Voilà, c'était plutôt ça... Ce n'étais même pas en rapport avec le devoir, mais avec un sujet d'actualité mêlant un homme politique français et un avocat de la défense assez intelligent ... Qu'est-ce que j'en avais à fichtre ? Une réponse par ci, une autre par là, et elle partit, aidé apparemment par le coude de ... Elise. Un sourire presque gêné sur mes lèvres, je décidai de me rasseoir, elle tenait sa copie d'une façon si déterminée que je sentais la négociation.

« Elise Mercier.... On a trop regardé le Negociateur hier ? »

Autant poser cartes sur table, je savais pourquoi elle était là, je savais que j'étais fautif, je savais par coeur cette bonne maxime qui disait quoi déjà ;: l'homme est libre et responsable de ses actes. » Merci Rousseau et ton fichu contrat social, des fois, il nous fait du tort. Assumer ses conséquences, j'y étais en plein dedans là. J'y sautais les pieds joints, soyons fous. On est des grands malades à Oxford... Parole d'un jeune cancre qui quittait l'amphi, laissant alors le lieu vide de toutes autres personnes sauf nous deux. Comment allait elle introduire la chose ? Cette jeune blonde était très intelligente je savais bien qu'elle irait loin, car elle avait l'esprit vif, les yeux partout où elle ne devrait pas, et c'était sa plus grande arme. Avant même son intelligence... Qui était sa seconde arme. Car Elise, après avoir capté une information, sait comment l'utiliser. Et comme je ne sais pas calmer mes ardeurs, et que je suis un grand pronateur de la satisfaction de nos désirs maintenant tout de suite, Elise a ouvert la porte au mauvais moment, laissant une Anna complètement rouge écrevisse... Et moi, complètement dépitée. Une Elenore numéro deux. PENDEZ-MOI ! J'insistais mon regard, autant qu'on en finisse ....
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MessageSujet: Re: Sir? I think you forgot something...   Sam 7 Avr - 3:56

La boutade de l'enseignant m'arrache un sourire poli, mais je ne m'abaisserai pas à répondre. Il sait ce que je veux, il sait pourquoi je suis en mesure de le demander et il sait qu'il a intérêt à faire en sorte que je quitte cet amphithéâtre en ayant obtenu gain de cause. Je ne suis pas spécialement d'humeur à devoir user de subtilité ou même de franche menace, je voudrais vraiment qu'il change ma note pour pouvoir sortir, poster ma chronique du jour pour The Insider et réviser mon partiel de droit des affaires. Mais s'il veut faire des références cinématographiques douteuses et tourner autour du pot, soit, je ne suis pas la seule à perdre mon temps dans cette histoire. Il doit avoir mieux à faire que s'asseoir là et m'écouter lui rappeler à quel point il est inconscient, stupide et mal avisé. Comme par exemple, retourner fricoter avec cette pimbêche de Manchinelli. Je me demande d'ailleurs ce qu'il trouve à cette fille, autant je peux concevoir son idylle avec Tara - mon amie est une jeune femme intelligente, superbe, séduisante et avec une personnalité solaire et attirante - autant sa relation avec Annabella me dépasse. Cette fille est fade, lisse, sans intérêt. Si ce n'était pour ses résultats beaucoup trop bons à mon goût, je ne saurais même pas qui elle est.

Je pose ma copie sur le bureau et fait glisse ma feuille vers lui, sans me défaire de mon sourire aimable mais froid. Je secoue ma chevelure blonde en arrière et penche la tête sur le côté en feignant l'incompréhension « Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, mais non, je ne l'ai pas regardé. » Puis, plus pressante, tout en restant bien élevée, j'ajoute « Je voudriez juste que vous reconsidériez ma note Monsieur, je suis à peu près certaine que vous pourriez me mettre, disons un A. » Je passe une main nerveuse dans ma nuque et termine avec un tremblement dans la voix « Vous comprenez, j'en ai vraiment besoin et... j'ai d'autres moyens de l'obtenir mais je n'ai vraiment pas envie de m'en servir. » Appuyée d'une main sur le long bureau de bois, je fixe le sol dans une attitude faussement gênée, puis redresse les yeux vers mon professeur, un sourire timide au coin des lèvres « Vous pourriez sans doute m'aider? » Sinon c'est moi qui viendrait lui apporter un petit cadeau de mon crû et je ne suis pas sûre que ça lui soit des plus bénéfiques.

J'espère vraiment qu'il n'est pas d'humeur à jouer au plus fin avec moi ou à me tenir tête, car je sens que je risque d'être facilement irritable. Mon travail méritait plus en soit, j'en suis convaincue et il a juste profité d'une légère baisse de régime de ma part pour essayer de m'atteindre. Mais s'il croit s'en tirer à si bon compte, s'il croit que je vais rendre les armes, s'il croit pouvoir me faire tomber sans tomber avec moi, il se trompe sur toute la ligne. Les gens d'Oxford me sous-estiment peut-être car mes plans à l'encontre de Faure et Leroy-Duchesne n'ont pas exactement réussi, mais c'est leur erreur. J'ai plus d'un tour dans mon sac et la pathétique petite existence des cousins incestueux et le cadet de mes soucis présentement. Mais tant qu'ils continuent tous, ces idiots, à me prendre pour une wannabe déçue sur le banc de touche, ça me laisse une marge de manoeuvre conséquente. Et Hazard et Manchinelli pourront être les premiers à en payer le prix, ce n'est absolument pas mon problème. Tout ce qui compte dans cette histoire, comme dans toutes les autres, c'est moi. C'est ce que personne n'a encore vraiment compris, je m'impose mes normes, mes règles, mes objectifs et ce ne sont pas les autres qui me façonneront. Et si Jude cherche la confrontation, il perdra.
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MessageSujet: Re: Sir? I think you forgot something...   Sam 7 Juil - 15:37

Les secondes défilaient et mon regard ne lâchait pas la jeune blondinette qui me faisait parfois penser à des allemands collabos. Elle vendrait son âme pour une information malheureusement tombée entre ses mains. Mains agiles qui aimaient tordre de douleur les cous des pauvres malheureux comme nous, qui avions pêché. Le truc qui m'agaçait profondément, c'est qu'elle le faisait uniquement pour elle, pour son propre profit, et encore pire, pour son propre plaisir ! Ah, qu'elle m'énervait avec son air de jeune fille supérieure...Et en même temps... Et en même temps, j'appréciais aussi ce genre d'attitude, ce genre d'esprit, car j'ai été jeune. Et moi aussi, quelques années auparavant - pour ne pas trop me vieillir - j'avais été un vrai salopard.Toujours sur les bons coups, les bons plans, sans états d'âme si ce n'était mon vice.
Elle répondit assez franchement à ma réflexion lancée en pretextant ne pas comprendre ce que je voulais dire. Bien evidemment qu'elle avait compris, bien evidemment qu'elle me prenait pour un gland, et bien évidemment que j'avais envie de la gifler. Mais bon, j'avais signé ici, c'était pas pour finir au tribunal. Je connaissais bien les lois et aucunes autorisait un professeur à gentiment laisser sa main caresser la joue d'une demoiselle. Mais, je crois bien aussi qu'aucune autorisait à coucher avec les élèves. Bref, j'étais dans la merd*, que ce soit dans n'importe quelle situation dans laquelle je me trouvais... « Dommage, tu aurais du le voir, ça t'aurais donné encore plus d'idées ! » .J'inspirais profondément en prenant une meilleur position dans mon siège. Je tutoyais toujours mes élèves, c'était ma façon de faire, ma façon d'être. « Je voudriez juste que vous reconsidériez ma note Monsieur, je suis à peu près certaine que vous pourriez me mettre, disons un A. », se permit-elle de me suggérer. Oui, sauf que je ne reviens jamais sur une note. Je lui tendis ma main afin qu'elle me donne sa copie et que je puisse lire les appréciations que j'y avais déposé. Le silence régnait avant qu'elle ne le brise en continuant encore et encore de s'adresser à moi pour la même chose. « Vous comprenez, j'en ai vraiment besoin et... j'ai d'autres moyens de l'obtenir mais je n'ai vraiment pas envie de m'en servir. » Un petit rire léger se fit entendre de ma part, comme pour répondre à cette situation cocasse... « Tu sais Elise, quand je note mes élèves, je suis le plus objectif possible. Et si tu as eu cette note, c'est que tu le méritais... Désolé de te faire redescendre sur Terre, mais je suis là justement pour t'évaluer... » commençais-je d'un ton certain, pour moi il était clair qu'elle méritait ce B... « De plus, un B est considérée comme une bonne note ici. Regarde tes camarades, la plupart tourne autour de C. » J'haussais mes épaules, comme pour lui indiquer que je ne souhaitais pas lui donner raison car elle n'avait pas raison. Depuis quand se permettait-on ce genre de comportement à la fac ? Depuis qu'on a grillé une relation prof-élève, ah oui c'est vrai. Je savais bien que je devais protéger mon secret, pour moi, pour Anna.. Surtout pour moi, car mon dossier n'était guère encourageant depuis Cambridge. Laissant mes yeux se poser sur la porte pour vérifier que nous étions bien seuls. « Bon... Arrêtons ce petit jeu. Tu veux me faire du chantage, très bien ! Mais fais le clairement, je déteste les grands espaces, je préfère quand c'est étroit ! » Remarque étonnante pour un prof, mais elle avait compris je pense... C'était vraiment pas simple d'être prof de droit à Oxford. Vraiment pas simple...


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