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| | When the levee breaks [Blair] | |
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| Sujet: When the levee breaks [Blair] Mar 31 Jan - 22:09 | |
| Debout face à mon imposante armoire dont les portes étaient grandes ouvertes, je réfléchissais à la tenue que j'allais mettre. C'était toujours l'élément " problématique " lorsque je devais sortir. Je passais un temps fou à choisir une tenue et finissais souvent en retard, ou bien finissais par me résigner à prendre n'importe quel vêtement qui me tombait sous la main. Ce n'était pas par souci de perfection, puisque cette notion me débectait au plus au point, c'était tout simplement parce que j'étais une incroyable indécise. J'avais tellement de vêtements que c'était toujours dur de choisir parmi toute cette garde-robe. J'aimais les vêtements, même si je me fichais totalement de la mode. Il était plaisant, pour moi, d'avoir du choix dans ses vêtements ; ce qui faisait que je me retrouvais avec beaucoup trop de choix au final. Cela faisait un quart d'heure que j'étais devant mes piles de vêtements, il fallait que je finisse par me décider ; sinon je serais VRAIMENT en retard. Je plongeais ma tête parmi les vêtements disposés sur une étagère et en ressortis quelques secondes plus tard, un haut à la main. J'attrapais une jupe dans la penderie et refermais les portes de l'armoire à l'aide d'un de mes pieds. Je me déshabillais et enfilais en quatrième vitesse mes vêtements, une paire de chaussures et une veste. Il ne me restait plus qu'un petit détour par la salle de bain et je serais fin prête à sortir. J'avais d'énormes scènes sous les yeux, il fallait que je dissimule ça si je ne voulais pas effrayer les clients du bar. J'avais une audition dans deux jours, pour un rôle important dans une pièce, et avais passé toute la semaine à me préparer ; ce qui signifiait que j'avais très peu dormi. Et je n'allais malheureusement pas plus dormir cette nuit. Tant pis, je dormirais ce week-end. J'appliquais mon anti-cernes, un peu de poudre, du mascara et le tour était joué. Je passais un coup de brosse dans mes cheveux et éteignis la lumière de la salle de bain avant de descendre les escaliers. Je me saisissais de mon sac, attrapais mes clefs et sortis de chez moi après avoir bien pris soin de refermer la porte de mon appartement ; j'avais toujours l'angoisse d'oublier de la fermer... Maintenant il ne me restait plus qu'à rejoindre ma voiture, garée quelques mètres plus loin.
Je mis quelques secondes à peine à rejoindre ma voiture. Je grimpais dedans et enclenchais le contact avant de fouiller dans la boîte à gants afin de prendre un cd. Plusieurs me passèrent sous la main avant que je ne me décide pour un album de Led Zeppelin ; choix peu étonnant de ma part. Je l'insérais dans le lecteur cd, mis ma ceinture et me lançais sur la route ; le chemin allait être long jusqu'à Oxford... Mais cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu Blair ni que je n'étais sortie. J'étais tellement obnubilée par cette audition que je n'avais pas mis le pied hors de chez mois depuis une semaine, hormis pour aller à la fac. Si je réussissais à décrocher ce rôle, il serait le plus important que j'avais eu depuis que je m'étais fait virer de la troupe de théâtre il y a deux ans. Depuis, je n'avais eu que des rôles minables dans de petites productions, quelques courts-métrages et des publicités... Et certaines n'étaient pas bien glorieuses. Là où je m'étais rendue compte que j'avais touché le fond, c'était il y a trois semaines, lorsque j'avais dû tourner une publicité pour une marque de lait. Une marque de LAIT ! C'était tellement ridicule que j'en aurais pleuré. Cela devait être la pire chose dans laquelle j'avais joué en quatre ans. Faire des photos de charme, comme on me l'avait déjà proposé, aurait été moins dégradant... Mais bon, il fallait bien manger, alors je n'avais pas le choix. Je détestais devoir faire d'autres petits boulots quand je ne gagnais pas assez par mois avec mon " salaire " (si on pouvait appeler ça un salaire) de comédienne. J'avais déjà dû faire quelques baby-sittings, moi qui détestais les gosses, ou bien me retrouver à donner des cours de théâtre dans des lycées ou des collèges. Tout ce qui marchait à quatre pattes ou bien avait des boutons m'horripilait. Je ne savais pas qui je détestais le plus entre les bébés et les adolescents ; pour moi, ils étaient au même niveau. Les garder et leur donner des cours était donc un véritable Enfer, et je pesais mes mots. J'espérais donc que cette audition se passerait bien et que j'aurais le rôle. Cela faisait des années que je rêvais de jouer dans une pièce de Sarah Kane. Avec un peu de chance, j'aurais même une place permanente dans la troupe. Il serait, par la suite, beaucoup plus facile de gagner de l'argent régulièrement. Quand je faisais partie de cette troupe de théâtre à Londres je n'avais jamais eu aucun problème d'argent. Certes, je ne gagnais pas des milles et des cents, mais ce que j'avais me permettait de vivre convenablement. J'espérais donc vraiment connaître ça de nouveau, et le plus rapidement possible.
Après un temps qui me sembla infini, je finis par arriver à Oxford. Il était vingt heures pile, pour une fois j'allais être à l'heure. J'étais sûre de me faire chambrer par Blair. Enfin, avant, il fallait que je trouve le Carling ; je venais à peine d'entrer dans la ville. Heureusement, celui-ci n'était pas très long à trouver ; deux minutes plus tard, j'étais devant. Enfin, sur le trottoir d'en face, puisque se garer devant relevait du parcours du combattant. Je coupais le contact, attrapais mon sac et sortis de la voiture avant de verrouiller les portières. Faisant attention à ne pas me faire écraser par quelque chauffard je jetais un regard à droite et à gauche avant de traverser la rue. Poussant aimablement quelques personnes en train de fumer devant la porte, je l'ouvris et pénétrais à l'intérieur. Je cherchais des places du regard et en trouvais très rapidement, le bar n'étant pas encore bondé à cette heure-ci. Par chance, le coin que j'avais repéré était assez isolé ; Blair et moi serions tranquilles. Je prenais donc place, avant d'ôter ma veste et de la poser avec mon sac sur le tabouret réservé pour mon amie. Un serveur arriva vers moi quelques secondes plus tard afin de prendre ma commande. « J'attends quelqu'un qui ne devrait pas tarder. Vous pourriez revenir dans quelques minutes ? » Il acquiesça avec un sourire et juste au moment où il repartait, j’aperçus Blair qui venait d'entrer dans le bar. Je lui fis un signe de la main lorsqu'elle tourna la tête dans ma direction, et ôtais mon sac et ma veste de son tabouret. J'attendis qu'elle fut assise et lui claquais une bise sur les deux joues. « Pour une fois, ce n'est pas moi qui suis en retard. » Je laissais échapper un léger rire avant d'enchaîner. « Trêve de plaisanterie, comment vas-tu ? J'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on ne s'est pas vues... » |
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| Sujet: Re: When the levee breaks [Blair] Dim 4 Mar - 18:44 | |
| Un dernier soupir me laisse pantelante, et je m’écrase sur le côté droit du lit dans un sourire satisfait. Visiblement, je ne suis d’ailleurs pas la seule satisfaite. L’inconnu – je crois qu’il s’appelle Jackson, ou Jason, ou… Peut être James ? s’autorise un mouvement de mon côté et colle ses lèvres contre les miennes sans se départir de son sourire d’auto-satisfait. Je fronce un peu le nez, remontant la couverture sur moi tandis qu’il se redresse, appuyant sa tête sur sa main. « Je dois m’en aller, hein ? » Je me mords la lèvre, acquiesce. Il se marre, il doit être aux alentours de quatre heures du matin et la pluie rebondit violemment contre les carreaux des velux qui surplombent ma chambre. Il soupire un peu, se redresse et enfile son jean qui doit vraisemblablement trainer au pied de mon lit. C’est toujours le moment le plus particulier. Quand il, lui ou n’importe quel autre inconnu, renfile son jean avec le soupir distinct qui indique avec une netteté brillante qu’il préfèrerait s’écraser sur l’oreiller hors de prix plutôt que de braver le froid et l’extérieur. Le moment où il faut ne pas céder à l’appel de la compagnie est souvent le plus particulier, oui, mais aussi le pire. Je soupire, m’approche un peu, enroulée dans la couverture. Je tire son épaule pour qu’il se rallonge, faible. « C’est bon, tu peux rester. » Je suis magnanime, mais son sourire à lui devient soudainement victorieux. Il glisse sa main sur ma hanche et m’attire contre lui – deux fois dans la même nuit, ça ne compte pas non ?
Le réveil. Un réveil sonne toujours chez moi, c’est une vérité générale à laquelle je ne renoncerai sous aucun prétexte. Sinon, je serai capable de dormir jusqu’à des heures impossibles, or le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, CQFD. Il est pourtant plus de onze heures et la journée s’annonce longue – quoi que, c’est une question de point de vue. Ajoutons à ça le fait que l’inconnu que j’ai moi-même fait rester chez moi est toujours étalé à mes côtés, qu’il est malheureusement toujours aussi beau et sans doute toujours aussi bon au lit – il faut que je m’échappe. Mais nous sommes chez moi, on ne s’échappe pas de chez soi. Je suis ridicule, de toute façon en admettant même que l’on remette ça maintenant, à onze heures du matin, pour la troisième ou… quatrième fois de la nuit, on ne se prend pas d’affection pour quelqu’un en douze heures à peine entre deux parties de jambe en l’air. Ressaisis-toi ma vieille, tout va bien. Je risque un pas hors du lit, attrapant un sweat qui traine sur une chaise pas loin pour l’enfiler à la hâte. J’enfile des sous vêtements et m’extirpe de la chambre pour gagner la cuisine à la recherche d’un verre d’eau. La soirée d’hier a encore été arrosée, dire que j’avais émis le souhait de freiner ma consommation d’alcool pour cesser d’être une adolescente apparente de dix huit ans qui découvre la vie. Je soupire, siffle l’eau et me ressers de nouveau. Mon téléphone vibre sur le plan de travail. Trois messages, un rappel. Lemon m’invite à la rejoindre dans l’après-midi – je l’ai prévenue que je serai à Oxford à partir d’aujourd’hui pour les quelques jours à venir – Colin m’informe que notre cher père n’est toujours pas rentré – Doux Jésus – et je dois voir Veronika ce soir au Carling. Le dernier message vient du propriétaire de ce bureau que je voudrais louer pour y effectuer mes expériences psychologiques sur des individus plus désespérés que moi – trop désespérés en tout cas pour trouver quelqu’un de plus sensé que moi pour les… écouter ? Guérir ? Je ne sais pas. Je soupire de nouveau, secoue la tête. Blair Hastings-Bass, psychologue. Sérieusement ? Mon père dit que les plus tarés d’entre nous sont ceux qui réussissent le mieux à écouter et à reconstruire les gens. Mais ne dit-on pas aussi qu’il faut commencer par se retaper soi-même ? D’où la cure anti-alcool. Mon Dieu comme je suis bien partie. Je soupire, du bruit dans mon dos m’indique que mon inconnu – et merde, quel est son foutu prénom ? s’agite. Il a peut être reconnu l’heure du départ qui sonne tragiquement, je l’espère. Mes mains se renferment sur une tasse brulante en même temps que des mains d’homme capturent mes hanches. Je frisonne, secoue la tête, l’erreur est humaine, les conséquences pénibles. Ses lèvres se promènent et je me détache. « Hm. » Je secoue la tête, pointe la cafetière d’un doigt maladroit. « Y’a du café. Claque la porte en partant. » J’avale ma tasse que j’abandonne dans l’évier, lui ne se départit jamais de son sourire impeccable et acquiesce lentement. Je m’éclipse, en espérant qu’en sortant de la douche, le cauchemar au moins aura cessé. Heureusement, l’appartement est vide quand je suis enfin prête. J’attrape les clés de l’appartement et enfile une écharpe au dessus de ma veste avant de mettre les voiles, cette journée a besoin d’être bien, bien remplie.
Je me laisse tomber sur le tabouret du Carling légèrement en retard sur l’heure prévue. Pour avoir été remplie, la journée l’a, effectivement été. J’inspire et offre un sourire joyeux à mon amie. « Pour une fois, ce n'est pas moi qui suis en retard. » Elle rit un peu, et mon rire se joint au sien. Elle a raison, d’habitude les rôles sont plutôt inversés mais pour une fois, je manque cruellement de ponctualité. « Trêve de plaisanterie, comment vas-tu ? J'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on ne s'est pas vues... » J’acquiesce avec énergie, laissant ma veste à côté de moi sur un tabouret libre qui aura au moins le mérite de ne pas être occupé par un résident de la gente masculine qui pourrait éventuellement avoir l’idée de s’installer chez moi pour une nuit entière. Je grimace à l’idée et inspire un peu. « Bien, et toi ? Il se passe tellement de choses en ce moment que j’ai été un peu prise. » Je me mords la lèvre. « J’ai démissionné. » Elle est sans doute au courant, facebook aidant, mais officialiser l’annonce m’aide à la réaliser. « Je vais m’installer toute seule, mon propre cabinet, mes clients ». Nouvel hochement de tête. « C’est un peu la révolution. J’ai même laissé un type dormir chez moi cette nuit, c’est dire ». Je ris de nouveau, tentant de dédramatiser un peu la tournure de mon ton qui a des allures de crise de panique en bonne et due forme. Mais non, tout va bien.
_________________  undress like a princess BLAIR ∞ Next time I'll be braver, I'll be my own savior when the thunder calls for me... Next time I'll be braver, I'll be my own savior standing on my own two feet..
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| Sujet: Re: When the levee breaks [Blair] Mar 1 Mai - 11:26 | |
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