Carodrian ○ you can't stop rock'n'roll.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Invité

MessageSujet: Carodrian ○ you can't stop rock'n'roll.   Sam 14 Jan - 12:59

Je jette un regard dédaigneux à la tenue que la vendeuse me présente et lui tourne le dos avec un haussement d'épaule. Tout est si banal ici, New York me manque pour ça. Je cherche de la démesure, du grandiose. Je pointe une robe rose fluo du doigt, lâchant un « Celle -là conviendrait peut être. » peu enthousiaste. Le visage de la vendeuse s'éclaire, je crois qu'elle commençait à désespérer. Elle me l'apporte avec hâte. « Oui... elle n'est pas mal. C'est dommage que tous les volants ne soient pas jaunes. Enfin bon, je vais l'essayer. » Quelques minutes plus tard, je sors de la cabine vêtue de cette petite chose totalement psychédélique. Je m'admire dans le miroir, notant les défauts de la robe à haute voix. Soudain, je vois un visage connu dans le reflet. Mon poing se serre machinalement. Adrian. Il y a encore quelques jours, j'ignorais tout de son existence, mais là il va regretter d'avoir croisé ma route. Je sors de la boutique malgré les cris de la vendeuse.
« Je reviens dans une seconde, je vous laisse mon sac. » Je ne vais pas m'enfuir avec une robe aussi moche. « Eh ! Eh ! Adrian ! Youhouuu ! » Je me précipite à sa suite, bien décidée à ne pas le laisser filer. Je vais lui passer l'envie de vivre. Il me toise. « On se connait ? » Je note avec un sourire son hideux pansement. « On s'est croisé à la fac et des amis m'ont parlé de toi, j'ai pensé que ça serait intéressant de te connaître. Je m'appelle Carolyn. Tu t'es blessé ? Ca te fait mal ? » Je tends la main vers son nez et lui pince. « Oups, excuse-moi. J'ai pas pu m'en empêcher. C'est marrant que tu me reconnaisses pas, je suis la meilleure amie de Tristan Faure. Tu le connais non ? » Il semble souffrir, ce qui élargit mon sourire. « Très légèrement, disons que je m’entends mieux avec son copain. » Quel con. Je prends sur moi et poursuis. « Je me suis autorisée à aller sur ton profil facebook. Edwin est très mignon, tu as beaucoup de chance. M'enfin il a pas de boucle... Comparé à Andrea. » Mon regard s'assombrit. « Est-ce qu'il sait que tu vas voir ailleurs ? Comment est-ce que tu peux te regarder dans une glace ? » Ma machoire se contracte, j'ai envie de lui arracher les yeux. « C'est triste que tu sois obligé d'employer le chantage pour avoir une vie sexuelle. » « Carolyn, c’est ça ? Edwin n’est plus mon petit ami, il n’a donc pas son mot à dire concernant ma vie sexuelle. Je ne suis pas le copain infidèle de l’histoire. Je n’ai forcé personne à tromper ton meilleur ami. » Il n'a même pas l'air impressionné. Qu'il parle de ce qu'il s'est passé avec autant de dédain me crispe. Je vais lui faire avaler sa langue. « Qu'est-ce que tu t'imagines ? Qu'Andrea a couché avec toi parce quil en avait envie ? Qu'il se cache derrière l'excuse que tu lui as donné ? Mais t'aurais pu être le mec le plus affreux du monde il l'aurait quand même fait. Pour Tristan. Et j'ai de la peine pour toi, t'arriveras jamais à connaître ce qu'ils vivent parce que tu n'as pas de coeur. T'es qu'une merde. » Le SDF qui faisait la manche près de nous a arrêté ses supplications pour nous écouter. Les passants nous dévisagent avec curiosité et les agents de sécurité qui m'avaient poursuivie ont même cessé de vouloir me ramener à l'intérieur. Le problème, c'est qu'Adrian n'en a rien à foutre. On dirait qu'il ne s'est jamais autant amusé. « Une merde qui s’est donné le moyens d’avoir ce type. Les faits sont là, j’ai couché avec Andrea, et c’était de mon point de vue et de celui de son corps très agréable. J’ai le temps pour l’amour, mais toi c’est quoi ton histoire ? Tu fais la morale aux gens qui sont capable de faire ce que toi t’as pas le courage de faire, t’es amoureuse duquel des deux Carolyn, ça m’intrigue. » J'éclate de rire ce qui a le don d'agiter les volants de ma robe. « Le courage ? Je t'en prie. Menacer quelqu'un pour pouvoir se le faire c'est pas du courage. C'est pathétique, ça fait tellement solution de dernier secours. » Pauvre garçon, on dirait vraiment qu'il croit en qu'il dit. « Ca n’a rien à voir avec une solution de dernier secours. C’est juste se donner les moyens d’obtenir ce que l’on veut. Et se rendre compte que ceux qui se disaient intouchables ne le sont finalement pas tant que ça. C’est satisfaisant, comme sensation » Ca m'intrigue. Je préfèrerai encore mourir plutôt que de m'abaisser à sa forme de courage. « Ma vie ne te concerne pas, tout ce que tu as à savoir c'est que je n'ai jamais fait quelque chose d'aussi pitoyable. » Ce type est dégoutant, je me demande même pourquoi je perds mon temps avec lui. Mais l'imaginer avec Andrea me donne envie de vomir. L'idée qu'il ait pu toucher ses boucles en espérant s'en sortir est impensable. « Je ne pense pas être le plus pitoyable de l’histoire, pour tout te dire. Si ces garçons là étaient normaux et pas complètement malades, ils n’en seraient jamais arrivés là. Et pourtant, vois le résultat. Qui est le plus pathétique ? Moi qui me suis tapé Leroy-Duchesne ou Faure qui est devenu l’amant trompé et qui ne peut s’en vouloir qu’à lui-même ? » Il rit, je serre le poing avec force. Il faut que je me calme. Ses clins d'oeil, ses sourires... J'ai besoin de lui refaire le portrait, je vais le démolir, le forcer à manger de la soupe jusqu'à la fin de ses jours. Comment peut-il penser que je vais le laisser parler de mes amis comme ça ? Il ose se rapprocher de moi pour me souffler « La réponse me semble une évidence. »
Le coup part tout seul, mes phalanges vont heurter son nez déjà cassé avec un craquement horrible. Pourtant, au lieu de m'apaiser, ce son m'incite à poursuivre. Mon poing part une nouvelle fois à la rencontre de son visage que je heurte à la mâchoire. La douleur lancinante qui enflamme ma main m'oblige à recourir à mon genou. Un coup dans le ventre, puis un second. Je ne remercierai jamais assez ma mère pour m'avoir forcée à prendre des cours de self-défense. Les agents de sécurité m'empoignent et m'éloignent d'Adrian, mais pas assez rapidement pour m'empêcher de le rouer de coups de pied. Qui a dit hystérique ? Qu'il ne s'avise plus jamais de s'approcher de mes amis.
Revenir en haut Aller en bas
 
Carodrian ○ you can't stop rock'n'roll.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 05. I Love Rock'n Roll [PV ERIN]
» Baek Min Hwan ¦We rock it, roll it, swing it, drop it, take it, shot !
» La maison de retraite du rock and roll
» RÉSUMÉ DE LA PARTIE 57 : Rock'n'Roll
» Présentation Evil Slash [en cours]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ticket To Ride :: flood & hors-jeu :: this train terminates at morden :: ARCHIVES 2012-2013-
Sauter vers: