you and me together nothing is better. w/ Andrestan

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MessageSujet: you and me together nothing is better. w/ Andrestan   Dim 8 Jan - 21:11

Des heures que j’attends, le portable toujours greffé dans la main, comme un taré, comme un type bon à enfermer. Je ne comprends pas ce qui est en train d’arriver, mais quelque chose me dit que ce qu’il se passe n’est absolument pas normal. Je relis ses messages et n’y voit que des sous entendus à quelque chose de grave dont il ne voudrait rien me dire. Est-il possible que cette fois notre amour ne suffise pas, et qu’il préfère simplement se fermer ? L’angoisse monte d’un cran à mesure que les heures défilent. Je fais les cent pas, m’agace, l’accuse presque, mais mes pensées sont dirigés vers une seule et même idée : Il va mal quelque part, loin de moi, et ne semble pas décidé à rentrer pour le moment. Il ne rentrera pas, il va rester là bas, je ne sais pas. Je quitte son appartement, trop chargé et trop vide à la fois de sa présence. Je me laisse tomber sur les marches de la cage d’escalier la tête entre les mains. Combien de temps encore à attendre ? Des larmes coulent silencieusement sur mes joues et je me hais d’être aussi fragile. Tout ce qui le touche de près ou de loin a décidément beaucoup trop d’effet sur moi. Je prends une inspiration, sèche mes larmes, je dois me calmer. La porte d’entrée finit par s’ouvrir et une présence se dépose finalement à mes côtés. Je n’ai pas besoin de faire beaucoup d’effort pour remarquer qu’il s’agit là de la personne que j’ai attendu toute la soirée. Je renifle et relève la tête. « Tris… » Mon cœur loupe un battement, je ne sais pas si c’est du au soulagement, ou à la souffrance qui s’est jusque là installée avec une aisance remarquable dans ma poitrine. « Je suis désolé. » Sa main se pose sur mon bras et je la fixe sans lever les yeux vers lui, en frissonnant légèrement à son contact. « Reste pas là. » C’est ce qu’il finit par me dire en m’aidant à me relever. Je m’accroche à lui mais ne dis rien, me contentant de le suivre dans un état second qui n’est pourtant aucunement lié à la consommation d’alcool. « Rentrons »

Une fois à l’intérieur, je m’arrête au milieu de la pièce et sonde son regard, pour enfin m’approcher doucement et poser mes mains sur ses hanches. « Me refais plus jamais ça Andrea. J’ai passé une nuit horrible. » Ma voix est murmurée presque cassée par ma gorge trop serrée. Je l’enlace une seconde, presque pour me persuader moi même de sa réalité tout en prenant une inspiration pour me calmer. Ma main caresse doucement son dos et ma tête trouve refuge sur son épaule, mais à l’intérieur mon corps refuse simplement de laisser la douleur s’en aller. « Je sais que tu vas très mal, me mens pas je le ressens comme si c’était moi. » Je m’écarte un peu pour le fixer droit dans les yeux et replace une de ses boucles avec une attention maladive. « Quoi qu’il se passe, quoi qu’il puisse t’arriver. Je serais toujours là pour toi, tu sais que je peux tout entendre, Andrea laisse moi t’aider. » Je suis dans tous mes états et l’expression que j’affiche doit véritablement le renseigner sur la chose. Mes lèvres viennent se saisir des siennes, dans un geste d’amour presque désespéré. Le manque l’addiction, ce sont des choses que je peux gérer, quand on sait qu’à côté de tout ça il nous restera toujours l’intensité et l’empathie. Il se mure pourtant dans un silence qui m’effraie, et je prends de nouveau la parole « Je t’aime ? » Est-ce qu’il le sait ? Est-ce que qu’il a besoin de l’entendre, y a t-il quelque chose qu’il voudrait vérifier avant de se livrer ? Est-ce qu’il doute du fait qu’on puisse rester ensemble malgré les épreuves ou les passés peu glorieux ? Je ne romps pas notre lien visuel, et tente de percer vainement le secret qui entoure ce sentiment difficile à décrire qui me vrille la cœur alors qu’il refuse de s’ouvrir à moi. Quelque chose s’est brisé en lui, quelque chose d’important, et ses yeux le trahissent et là s’arrête ma capacité à lire en lui. Je prends une nouvelle inspiration inutile, comme si l’air me manquait. Je deviens peut être fou, mais il m’est impossible de considérer son attitude actuelle comme une dérive, alors que mon intuition me crie qu’il s’agit de quelque chose de bien plus grave. « Je sais. On s’aime trop. » Il réduit le peu de distance qui nous sépare, et nos lèvres se rencontrent de nouveau avec ardeur, mais il ne s’agit pas d’un baiser ordinaire ou même emprunt d’une quelconque douceur, mais d’un besoin pathologique d’offrir à l’autre une réponse sans mots. On s’aime trop peut être. Mais la destruction est souvent l’issue finale à l’excès. «  these violents delights have violents ends. » Je hausse les épaule et soupire. « On ne s’aime pas trop, on s’aime assez pour savoir quand ca ne va pas et quand ça va. » Je tente de le rassurer sans trop savoir ou je vais et ou je dois aller pour l’apaiser. Je ne cesse de soupirer, mais ne trouve pas d’issue à cette situation. « Je t’aime trop. Un jour ça deviendra difficile à supporter. » Je lui adresse un regard triste, ce n’est pas ce que je veux qu’il pense de notre relation. Il s’approche de moi et pose sa main dans la mienne. « Fais moi l’amour Tris. » Je relève les yeux vers lui et serre sa main dans la mienne. Est-ce que c’est vraiment la solution ? « Andrea... » Ma main libre caresse sa joue. « S’il te plait. » c’est bien la première fois que j’ai la sensation qu’il me supplie. Je soupire et dépose mes lèvres sur les siennes. Si ça peut l’aider alors je suis prêt à le faire, même si le cœur n’y est pas. Mes bras entourent ses épaules et je l’incite à me suivre jusqu’à sa chambre, je veux tellement le guérir que je suis prêt à tout. Mes gestes sont cependant doux, et calculés, je ne serais de toute façon pas capable de le faire autrement dans un cas comme celui-ci. Il veut qu’on fasse l’amour, et je suppose que je n’ai jamais été aussi tendre dans ma façon de faire. Mes mains glissent doucement sur sa chair, faisant disparaître avec application les tissus qui la recouvrent. Je m’égare dans son cou, puis regagne ses lèvres. A Proximité de son oreille je murmure quelques mots. « Moi aussi je t’aime trop je crois » Simple constatation, qui ne change certainement rien. Malgré les épreuves, malgré tout ça, personne n’avait réussi avant lui à faire de moi quelqu’un de raisonnable, quelqu’un qui se projette. J’ai longtemps couru après une vie parfaite pour me rendre compte seulement maintenant qu’il comble à lui seul mes envies de perfection. Avec lui j’ai une vie, une direction vers laquelle m’orienter, il a donné plus de sens à ma vie que je n’aurais pu le faire moi même. Si seulement, il se rendait compte, il comprendrait à quel point mon équilibre dépend du sien. Ma main caresse sa joue, nos corps eux finissent par s’unir avec force et tendresse, tentant de lutter contre le désespoir et le voile sombre qu’il étend sur nous depuis quelques jours. Mes bras encerclent ses épaules et je pose ma tête contre son épaule, si seulement je pouvais faire plus. Je suis fatigué, tellement fatigué.
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MessageSujet: Re: you and me together nothing is better. w/ Andrestan   Dim 8 Jan - 21:17

Il est un peu moins de deux heures quand je m’engouffre dans un taxi. Ma voiture restera là, tant pis, mais l’échange de messages que j’ai eu avec Tris un peu plus tôt dans la soirée ont du lui mettre suffisamment la puce à l’oreille pour que je fasse en plus l’idiot sur la route avec trois grammes dans le sang. Le karaoké du père de January n’est pas très loin, j’appellerai Jane demain pour savoir si son père peut jeter un œil à l’occasion, en attendant que je retourne la chercher.
J’indique le conducteur que je dois regagner Oxford, il semble hésiter quelque peu mais je lui jette des billets sur le siège avant, mettant fin à tout débat intérieur qui pourrait l’agiter. Je dépose ma tête contre la vitre froide et resserre mon téléphone dans ma main libre. Raconter, tout lâcher, même à deux inconnues, est légèrement libérateur, force est de l’admettre. Mais si je ne devais pas regagner Oxford tout de suite, si je m’offrais des vacances et une remise au point, l’incident d’hier serait sans doute estompé beaucoup plus rapidement que sachant que je dois regagner les bras inquiets de Tristan, qu’il va en plus me falloir rassurer, aux prix d’arguments absolument pas crédibles que je tiendrais d’une réflexion paniquée de dernière minute. Je dois séparer les deux mondes dans ma tête et oublier, mais le fait qu’on ne puisse, ni l’un ni l’autre, passer plus de 10 minutes avec le moral au plus bas sans que l’autre ne s’en aperçoive, ne me facilite pas la tâche. Il sent quelque chose et je suis dans l’incapacité totale de le rassurer parce qu’il n’y a rien de rassurant dans ce que je ressens aujourd’hui. J’aurais pu être fier, soulagé, ou même satisfait de la tournure des choses ; il n’en est rien. Je suis paralysé par le souvenir, engourdi par ses bribes de phrase, blessé par la sensation de sa peau contre la mienne, et plus que tout, je suis malade du plaisir ressenti.
Adrian sera toujours associé à ce paradoxe des genres ; le profond dégoût qu’il m’inspire et qui ne disparaitra jamais, mais aussi l’homme qui m’a prouvé que j’étais gay.

Je soupire, ferme les yeux pour chasser les images qui me reviennent en tête. J’espère qu’il m’attend, et en même temps, je préfèrerai qu’il soit rentré. J’espère qu’il est là et j’espère qu’il n’y est pas. Je veux le voir et l’aimer mais je semble incapable de le faire normalement. Comme si coucher avec un autre m’avait retiré toute la légitimité de notre amour, l’avait rendu banal, comme les autres. Je sais que ce n’est pas le cas et que le temps rendra sa perfection à ce que j’éprouve pour lui. Mais je ne sais juste pas comment agir en attendant. Jouer est trop difficile, prétendre aussi. Soutenir son regard, répondre à ses compliments, être à la hauteur de l’image si parfaite qu’il a de moi, tout ça est compliqué par la culpabilité lancinante que je ressens. La solution choisie était pourtant, de toute, la meilleure, et je ne peux cesser de le penser, mais le prix à payer est tellement injuste…
La route est longue et le type roule bien trop lentement à mon goût. Je ne sais pas quoi faire. Finalement, Oxford apparait enfin, et le bas de l’immeuble. Je remercie le mec, qui hoche la tête tristement, visiblement conscient d’un état un peu paradoxalement mauvais dans lequel je me trouve.

Je claque la porte et monte péniblement. L’alcool ne m’aide pas à être net mais je ne suis pas aussi bourré qu’on pourrait le croire. Je monte les étages par l’escalier, ouvrant le col de ma chemise pour respirer. Mon téléphone glisse dans ma poche et je sors mes clés. Ma porte, mon étage. Je me prépare à ouvrir, mais mon regard s’accroche à autre chose. Une présence inhabituelle mais familière, un indice. Je sursaute un peu et me mord la lèvre suffisamment fort pour ne pas céder à la panique, la peur panique, qui me menace soudainement. « Tris… » Ma voix est faiblarde et je lui fais face un instant sans bouger. Les clés restent dans la porte et je m’approche doucement, mon cœur accélérant sa course dans ma poitrine. Je me laisse tomber à côté de lui dans ménagement. Sa tête est posée entre ses mains, et je peux sentir l’angoisse qui l’entoure, lui, à distance. Je frémis un peu et ma main se pose sur son bras doucement. « Je suis désolé. » J’inspire un peu plus fortement pour garder le contrôle intégrale de moi-même, ce qui n’est pas franchement chose facile. « Reste pas là. » Je le tire un peu, mes idées s’embrouillent avec les résidus d’alcool et je sens ma tête qui tourne. « Rentrons ». J’inspire un peu et me redresse pour l’entrainer avec moi.

Nous pénétrons l’appartement et il ne fait aucun commentaire, se détache de moi tandis que je referme la porte derrière lui. J’inspire un coup, me mord la lèvre doucement et me tourne vers lui. Qu’ai-je fait ? Il a l’air ravagé par l’inquiétude et la tristesse, rongé par un mal que je ne peux pas devenir autrement que comme l’attente et l’angoisse de l’inconnu, mon inconnu. Il s’approche et ses mains gagnent mes hanches. Je frissonne, me bloque un instant, ordonnant à mon cerveau de se détendre, tout va bien. « Me refais plus jamais ça Andrea. J’ai passé une nuit horrible. » Sa voix se brise et il m’attire contre lui, m’enlace un moment tandis que sa tête trouve refuge sur mon épaule. Je caresse sa nuque du bout des doigts, déglutis avec difficulté. « Je sais que tu vas très mal, me mens pas je le ressens comme si c’était moi. » Il s’écarte et son regard se plante droit dans le mien. Je frémis de nouveau, incapable de contrôler la réactivité de mon corps et de mon cœur à son appel désespéré. « Quoi qu’il se passe, quoi qu’il puisse t’arriver. Je serais toujours là pour toi, tu sais que je peux tout entendre, Andrea laisse moi t’aider. » Si seulement il savait, si seulement tout ça n’était pas réel, juste une passade. Ses lèvres s’emparent des miennes et mon cœur accélère sa course dans ma poitrine, la valse des sentiments s’en donne à cœur joie à l’intérieur de ma cage thoracique. Ne pas penser quand il m’embrasse est difficile. Ma main glisse sur sa hanche, le contact se veut réactif ou au moins rassurant, présent. « Je t’aime ? » Je ferme les yeux, caresse sa joue. J’ai l’impression d’avoir vieilli de dix ans, nos problèmes sont tout autre. « Je sais. » J’acquiesce faiblement une vérité qui ne fait aucun doute. Il m’aime, et je l’aime. Mais a quel point ? « On s’aime trop. » C’est triste, mais c’est vrai. Je sais qu’il est prêt à tout pour moi et la réciproque est évidemment vraie, jusqu’au jour où il réalisera que je l’ai sans doute détruit en voulant l’aimer trop. Je ferme les yeux et l’attire de nouveau contre moi, mes lèvres rencontrant les siennes avec une force qui frôle l’addiction. Je veux qu’il efface mes souvenirs, mon seul espoir est que ses lèvres y parviennent. « On ne s’aime pas trop, on s’aime assez pour savoir quand ca ne va pas et quand ça va. » Je tremble un peu sans savoir m’arrêter, j’imagine qu’il faudra le laisser dans le flou une soirée de plus, incapable de trouver une excuse suffisamment potable pour justifier les sentiments qui m’habitent en ce moment. « Je t’aime trop. Un jour ça deviendra difficile à supporter. » J’effleure sa joue de nouveau, mes lèvres s’emparent de son cou et je bloque les larmes qui ont envie d’affluer. Je m’empare de sa main, laisse ma main libre errer sur son torse. Ferme les yeux. « Fais moi l’amour Tris. » J’emmêle nos doigts dans un ensemble confus. Il caresse doucement ma joue et m’interrompt. « Andrea... » Je secoue la tête, dépose un doigt sur ses lèvres pour qu’il se taise. Je veux juste oublier, tout oublier. C’était tellement facile d’oublier son corps, de l’oublier lui, pourquoi ça ne fonctionnerait pas dans l’autre sens ? « S’il te plait. » Je soupire, j’ai l’impression de supplier et de quémander, je me fais pitié. Il cède, et pour la première fois depuis plusieurs jours, j’ai l’impression qu’un semblant de soulagement parcourt mes membres. Peut être que je me trompe totalement, peut être que ce n’est absolument pas la solution. Il m’entoure de ses bras et m’entraine jusqu’à ma chambre. Tous les lieux de cet appartement me semblent étrangers à ma connaissance, pourtant c’est ici que je vis. Je me rappelle la non hésitation à la question d’Adrian, chez toi ou chez moi ? Il ne m’aurait plus été possible de vivre ici avec un tel souvenir. Je frissonne à cette constatation, me laisse entrainer dans ses gestes mesurés et affectueux, plus tendres que d’habitude, comme s’il risque de me briser avec trop de brusqueries. Il me débarrasse de mes vêtements, et je fais pareil avec les siens, tremblant son sous contact. Ses lèvres s’arrêtent à la hauteur de mon oreille et il murmure « Moi aussi je t’aime trop je crois ». Je tremble un peu plus et la peur panique me paralyse un instant. J’ai chaud, je suffoque un peu. Je ferme les yeux un instant, laissant ma main sur son torse, pour reprendre rapidement mes esprits. Mes lèvres explorent sa peau de nouveau, je bloque toute pensée extérieure qui pourrait éventuellement accéder à mon cerveau.

Nos corps se mêlent enfin dans une souffrance que je ne parviens plus à analyser, que je ne veux plus analyser. Je pousse un soupir délicat et me laisse aller dans ses bras, fermant les yeux, posant ma main sur la sienne dans un geste possessif et presque maladif. J’inspire un peu, ne dis rien, me contentant de me focaliser sur sa présence, contre moi.
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