show must go on Ϟ ONE SHOT

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MessageSujet: show must go on Ϟ ONE SHOT    Ven 30 Déc - 19:31

« Alors, de quoi il s'agit exactement ? » Mon père s'assoit sur le bord de mon lit, visiblement fatigué, voire perdu. « Une sorte d'hommage, je crois. Une exposition de photos, à New-York. » Je grommelle un peu, agacée par cette nouvelle supplémentaire qui vient un peu plus détériorer mon humeur déjà pas très fringante. Je joue avec la télécommande de la télé et caresse la tête de Muffin distraitement. « On n'est pas obligé de dire oui mais... » Je le coupe en levant la main, interloquée. « Parce que tu envisages une seule seconde d'accepter ? Les déplacements à New-York, les questions des journalistes et les sourires faussement servis, sans mentionner Colin dont les questions deviendront parfaitement légitimes ». Je sors une cigarette du paquet qui traine là et l'allume distraitement. « Tu lui ressembles beaucoup. Elle fumait comme toi, du bout des doigts, en crachant les volutes de fumées loin devant elle, en regardant les gens en coin avec un regard un peu méprisant qui finissait en éclat de rire ». Il cligne des yeux, et je soupire doucement. « Je l'ai connu, tu parles comme si... » « Tu l'as connue fatiguée par les divorces, angoissée par les mariages, puis abattue par l'histoire qui a frappée sa fille. Tu l'as connue ailleurs, un peu partie déjà, sans doute. Moi je l'ai connue pleine, entière, heureuse et fraiche ». Il soupire un peu et j'essuie une larme qui m'échappe malgré moi. « On s'aimait tellement qu'on a parfois oublié de s'arrêter là où l'amour devient de la haine ». J'acquiesce, bien entendu je connais déjà cette réplique. « Qu'est ce que tu attends de la vie, Blair ? » Je cligne des yeux pour chasser les larmes, l'angoisse, le trop plein de sentiments. « Je ne sais pas... » Il soupire et m'ouvre ses bras avec un sourire plein de retenue. Je m'y réfugie, comme avant, comme pendant les années difficiles qui ont suivi, comme pendant tout ce que nous avons traversé. Ma famille est comme cette pièce étrange et unique ou je peux être moi sans avoir peur de l'être. Personne ne sait, et parfois je me fatigue de cette réalité qui me semble pourtant immuable. « Vivre au jour le jour ça ne fonctionne que quand tu peux te réfugier dans les souvenirs heureux. » Je grimace, je sais bien entendu où il veut en venir. « Ta mère et moi nous avons tout fait pour vous offrir une vie correcte, à l'abri des besoins et dans notre folie commune qui la rendait plus légère. Malheureusement, il y a des choses qu'on ne peut pas empêcher, même avec toute la bonne volonté du monde. » J'acquiesce. Jamais, oh non jamais je ne le blâmerai lui ou ma mère pour la vie qu'ils m'ont offerte. Nous sommes hors du temps et des autres mais j'aime ma famille comme elle est plus que n'importe quoi sur cette terre. « Va a New-York pour le mois de l'exposition. Aide les à rendre hommage a ta mère et apprend a la connaitre généreuse, jeune et vivante. Il faut qu'on apprenne à la partager avec son pays d'origine, et elle serait tellement heureuse que tu le fasses. La période est idéale, tu n'as pas encore de boulot et c'est une très belle façon de commencer 2012 ». Je soupire, étreinte par l'angoisse des mauvais jours, par l'envie farouche de me dérober, de me défiler. « Et Colin ? » Il secoue vivement la tête : « Je m'occupe de ton frère. Je peux toujours demander l'aide de Charlotte si besoin. » Nouveau hochement de tête. « D'accord. Je vais y aller. Mais je ne garantie pas de réussir à partager tout de suite. Même si je ne l’ai pas connue comme toi, c’est trop… » Il acquiesce, pas la peine de terminer, je sais qu’il comprend ce que je veux lui dire. « En plus, New-York. Tout le monde rêverait de visiter New-York ». Je souris un peu. « Mais je passerai le Nouvel-an ici, je te préviens. »

Il sort et je soupire un peu, ramassant la couverture pour l’écraser contre moi, jetant les cendres de ma cigarette dans le cendrier le plus proche. Je suis une loque depuis que je n’ai plus de boulot mais je suis une loque charmante, il faut quand même le reconnaitre. New-York, quelque soit la raison de mon départ, ne peut effectivement que m’être bénéfique. Si toute ma famille ne me retenait pas ici, je souhaiterai probablement y vivre. Mais le fait est que je ne quitterai de manière définitive l’Angleterre pour rien au monde, me dépayser quelques semaines serait donc la seule solution raisonnablement envisageable. Je songe que ça peut être bénéfique, je songe qu’une psy déprimée n’a jamais fait ses preuves, je songe que peu importe ce qui m’attend là-bas. Je vis tellement sans risques depuis quelques années que ce sont les évènements sans la moindre importance qui ont le plus de prise sur moi. Je ne peux pas continuer comme ça. Je rejette la couette d’un coup vif et me redresse pour trouver une tenue décente, et envoie un texto à Lemon pour savoir si l’on peut se retrouver dans une heure ou deux pour une virée.
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