Quand toi tu pars, je suis malade Ϟ Andrestan

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MessageSujet: Quand toi tu pars, je suis malade Ϟ Andrestan   Jeu 3 Nov - 17:55

Je suis normal, et tout va bien. Je suis normal et tout va bien. Je suis normal et tout va bien. Mon petit-ami est chez son meilleur ami, tout va bien. J’inspire de grandes bouffées d’air par la fenêtre ouverte de la salle de bain, incapable ne serait-ce que de tenter de réfléchir à autre chose. Je suis normal, et tout va bien. Il est parti il y a vingt minutes, précisant qu’il ne devrait pas rentrer trop tard. Il a juste besoin de voir Léandre qui lui-même est un peu perdu, rien de plus. Rien de plus. Il faut que je mange. Je ferme la fenêtre d’un coup sec, évidemment Laureline n’est pas là. Elle est sans doute avec eux. Mais ce serait incohérent, compte tenu du fait que Tris avait besoin de voir Léandre. Où est elle alors ?
Je secoue la tête, ne t’entraine pas dans cette voie là. Je quitte la salle de bain et file à la cuisine pour trouver un truc à manger, n’importe quoi, finissant par opter pour l’option plat préparé que je glisse dans le four sans me poser de questions. La boite de médocs est en équilibre sur une étagère, là où elle n’est vue par personne sauf les yeux avertis, c'est-à-dire les miens et vraisemblablement ceux de mes cousins. Je soupire un peu. Je suis normal et tout va bien, ce qui doit en toute logique justifier que je n’ai pas autant besoin que ça de les prendre ? Je soupire. C’est pas bien, je le sais, il le faut. Mais maintenant, ma vie est stable. Je ne suis plus dans un hôpital psychiatrique, je n’ai plus de père taré sur les épaules et je vis une relation assumée et saine avec mon cousin. Je suis redevenu tout à fait normal. Le genre de personne avec laquelle on aimerait partager le reste de ses jours, non ? Plus que Calliope Von Brezen, en tout cas. Quoi qu’en y réfléchissant bien, je ne suis pas absolument sûr de pouvoir zapper le traitement. Peut être que ce soir est le bon soir pour essayer ? Je suis tout seul, et au pire quoi ? Je les prendrais si je me sens mal. Je hoche la tête, voilà, c’est la bonne chose à faire. Juste pour voir. Si je suis guéri, Tris n’aura plus aucune raison de prétendre qu’il va voir Léandre alors qu’il va voir Calliope. Si je suis guéri, tout ira pour le mieux. Et sinon ? Je ne sais pas. N’envisageons pas les options négatives, il faut être positif. Je vais bien, tout est pour le mieux. Le four sonne la fin de la cuisson, et je sursaute imperceptiblement. Je sors le plat cuisiné et l’avale en quelques minutes, rapidement. J’ai besoin de fuir cette cuisine et son étagère qui me rappellent sans cesse que je suis malade et que je ne sais pas encore si je suis guéri.

Le salon m’offre un accueil agréable et plein de réconfort. Je m’installe dans le canapé et regarde la pièce en la détaillant d’un œil expert. J’ai des souvenirs dans tous les endroits de cet appartement, plus particulièrement sur ce canapé sur lequel je suis installé. Mon retour de Paris après l’hôpital psychiatrique, c’était ici. Je souris un peu, l’évolution est notable. Je vais toujours bien, il est plus de 21 heures. Mes yeux se baladent dans la pièce et s’accrochent à une bouteille de whisky, bouteille en verre et cadeau familial un peu snob mais franchement agréable à regarder. Un soir sans traitement est l’occasion rêvée pour faire des expériences qui me sont d’habitude interdites, nan ?
Je me lève et marche doucement vers la carafe, retournant un verre pour le remplir à moitié – un peu trop sans doute, mais ce soir est un grand soir. Je sors mon portable mais je n’ai aucune nouvelle. Mon cœur s’accélère un peu, l’angoisse se fait saisissante. J’avale le whisky qui me brûle la gorge sans aucune retenue. Je grimace et repose le verre sur le petit meuble. Tout va bien.

J’étouffe, et le temps s’écoule, il ne rentre pas. La carafe est vide, et je vais toujours à peu près bien. Je ris beaucoup, mais l’anxiété est vive. Je devrais peut être me changer les idées après tout, il est peut être temps d’aller faire un tour, de me vider l’esprit. Tout à fait. Je prends les clés de ma voiture et descend les escaliers en louchant légèrement. C’est l’alcool, c’est l’alcool. Rien de très inquiétant. Je dégaine de nouveau mon téléphone portable et laisse un message sur le répondeur de Tris qui seul m’accueille. « Tris, c’est moi. » Je tousse un peu, il faut que je reste sérieux, il ne doit pas savoir, c’est une surprise. Il va être tellement content de savoir, tellement content. Je suis guéri, il est tard et tout va bien. « Je m’en vais boire un verre. Rappelle moi, on se rejoindra si tu veux. » Je raccroche le téléphone et parcours les dernières marches en essayant de rester maitre de mes gestes. Pourquoi est-ce qu’il ne répond pas ? Je suis contrarié. Je m’installe quelques secondes plus tard au volant de ma voiture, heureusement que le Carling n’est pas loin. Je démarre, lentement, et m’engage sur la route en évitant une voiture qui arrivait derrière. Tout ça me semble très drôle. Le fait, en revanche, qu’il ne réponde pas, m’agace et m’inquiète. Est-ce qu’il est avec elle maintenant ? Est-ce que… Je secoue la tête. Non, non c’est impossible, il m’aime, je l’aime, je vais bien il n’a aucune raison de me laisser, pas maintenant, pas après tout ça. Elle ne le mérite pas.

Le Carling est bondé, comme à son habitude. Une fois de plus, les bips de son portable résonnent dans le vide jusqu’à sa voix qui présente son répondeur. Bon sang. Je raccroche sans laisser de message cette fois, et m’installe au bar, commande un cocktail quelconque, autant en profiter pour une fois, non ? Le serveur dépose un verre devant moi que j’avale d’un trait, rapidement, sans penser à ce que je suis en train de faire. Et si j’allais soudainement mal ? Les médicaments sont restés à la maison. Mais non, je vais très bien. Très très bien. Les verres se suivent, se ressemblent, le temps s’écoule et il ne rappelle pas.

Est-ce qu’il est en train de se la faire ? Je dois lui poser la question, bon Dieu. Sa main qui glisse dans les cheveux de mon fiancé, ses lèvres sur les siennes, leurs corps à l’unisson et leurs mots bassement murmurés. Ensemble. Ils sont forcément ensemble. C’est l’amour de sa vie et moi je suis là, guéri mais tout seul. Je claque le verre sur le bar en hurlant que j’en veux un autre. Décroche de nouveau mon téléphone. « Triiiiiiiis. S’il te plait, ne fais pas ça. Vraiment. Je vais bien mieux maintenant, c’est bon, tout est fini, on peut -… » Je fronce le nez. Je ne dois pas lui dire ça. S’il ne reste avec moi que parce que je vais mal, il va partir. « Oublie ce que je viens de dire. » Je ne sais pas. Je ne sais plus. Il est en train de se la faire, elle va me voler tout ce que j’ai. Je sens les larmes dévaler mes joues et je commande une bouteille. Le serveur me l’apporte, en grimaçant un peu, et je l’attrape. C’est une catastrophe, tout s’arrête ici. J’ai tout perdu, je suis seul, fini, terminé.
Je bouscule les gens sur mon passage et grimpe sur la scène, où la chanteuse s’interrompt en grimaçant. Je la pousse un peu d’un geste las, et explique : « Excusez-moi tout le monde… » Je lève ma bouteille pour trinquer avec les gens dont je ne distingue même pas les visages. « Ce soir, je suis guéri ». Ils ne comprennent pas, évidemment, mais je ne compte pas leur expliquer. « Mais je suis seul. » Je lève la bouteille une deuxième fois, crois apercevoir une fille de mon cours de philo. Oups. « Je me suis fait plaquer pour Calliope Von Brezen. » Je hausse une épaule, sincèrement désolé pour ma propre personne. « Mon petit-ami – parce que oui, je suis gay – est en train de se la faire juste en ce moment. » Je soupire un peu, nouvelle levée de bouteille. Personne ne me suis, les regards se font intrigués, sceptiques. « Pour ceux qui le connaissent, c’est Tristan Faure. C’est mon cousin mais le fait est que je l’aime. » Je souris, pleure, je ne sais même pas ce que je fais. « Mais il est parti, c’est fini, parce que je suis un boulet à trainer et que c’est pas facile tous les jours. Du coup je suis guéri, mais seul. » Certains se bousculent pour s’approcher, curieux, d’autres filment même mais je m’en fous. Je suis bourré, malade, fatigué et seul, j’ai perdu tout ce que j’avais. « Je vais donc vous chanter une petite chanson pour fêter ça. » Je tousse un peu. « Excusez moi je ne suis pas exactement en mesure de m’accompagner. » Je ris un peu, avale une gorgée de ma bouteille que je pose sur le devant de la scène pour pouvoir m’emparer du micro sans tomber. « Donc Tris, c’est… pour toi. Pour te dire adieu. » Je ris de nouveau, pleure en même temps. Il devrait m’aimer, je vais mieux. Au lieu de ça, il se tape Calliope, la pire des garces, celle qui lui a brisé le cœur, l’a détruit. Celle qui ne le pense pas capable de vivre une vie normale. J’ai envie d’hurler. Je tousse. Inspire. Chante. « Je ne rêve pluuuuuuuus, je ne fume pluuuus je n’ai même plus d’histoire… » Je tousse de nouveau, c’est un peu faux, et en français qui plus est, personne ne peut comprendre. Raison de plus pour continuer, mais mes forces de résistance me quittent en même temps que je déroule les paroles de la chanson. Qu’est-ce que je fous là ? Qu’est-ce que j’ai fait ? « Je suis sale sans toi je suis laid sans toi, je suis comme un orphelin, dans un dortoiiiiir… » S’il ne me détestait pas déjà assez pour aller se réfugier chez cette garce, alors ça sera dans doute chose fait quand il saura. « Je n’ai plus envie, de vivre ma vie, ma vie cesse quand tu pars… » L’humidité de mes yeux fait froncer le sourcils des gens, la chanteuse s’approche même pour me proposer de descendre mais j’écarte mon bras, je veux finir, je dois finir, j’allais mieux, et maintenant ? « Je n’ai plus de vie, et même mon lit se transforme en quai de gare, quand toi tu pars… » J’inspire un grand coup, je l’aime tellement que mon cœur se brise autant qu’il peut se briser. Ca fait tellement mal que je voudrais l’arracher, oublier tout ça pour toujours, mourir maintenant. L’humiliation, la honte, les remarques, la maladie, l’échec, je peux tout supporter, tout mais pas ça. « Je suis malade, complètement malade… Comme quand ma mère sortait le soir, et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir, je suis malade, complètement malade… » Je veux qu’il m’aime, je me fous du reste, je pourrais supporter n’importe quoi pourvu que son regard ne se détourne pas du mien. Je ne suis rien sans lui, j’ai besoin qu’il le sache, qu’il en prenne conscience. « J'arrive on ne sait jamais quand, tu pars on ne sait jamais où, et ça va faire bientôt deux ans… Que tu t'en fous. » Ma main lâche le micro sur son socle et je tremble un peu. Je ne peux pas survivre à ça. Je ne peux pas. Je me mords la lèvre, les gens se sont figés mais certains m’observent toujours avec étonnement. « Comme à un rocher, comme à un péché… Je suis accroché à toi. » Je soupire. Il faut que ça s’arrête. Je veux mourir, je ne peux pas vivre sans lui, c’est tout bonnement impossible. J’ai la tête qui tourne, j’ai envie de vomir, je suis seul, il est parti, au secours.



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MessageSujet: Re: Quand toi tu pars, je suis malade Ϟ Andrestan   Ven 4 Nov - 7:46

« Andrea ne va pas bien. » Mon cœur loupe un battement. Que se passe t-il ? Qu'est ce qu'il a ? Mes doigts se resserrent sur mon téléphone, tandis que la voix de Lemon se fait de plus angoissée. Je l'ai laissé seul à l'appartement sans même penser à emporter mon portable. Ou est-il ? Qu'est-ce qu'il fait ? Je m'apprête à prendre la parole mais Lemon poursuit. « Il a beaucoup bu, et... » Andrea sait qu'il ne peut pas mélanger fortes doses d'alcool et médicaments. Les a t-il pris ? S'est il abstenu ? Il m'est difficile de jauger l'état dans lequel il se trouve et je m'accroche désespérément aux informations que Lemon tente de me fournir. « Il chantait...et, il continue » « Ou est-il? »  est la seule phrase que je suis en mesure de formuler. « Il est sur scène, il veut pas descendre...Il veut pas, il arrête pas de dire qu'il est seul, et je sais pas, il chante en français...On est au Carling, viens tout de suite, il a parlé de Calliope, que tu le plaquais pour elle. Il va vraiment mal. » Calliope. Évidemment, il aurait été stupide de croire que son retour ne puisse pas affecter ma relation plus que ça. Andrea n'a rien dit, s'est contenté d'être le petit ami exemplaire, occupé à me soutenir sans se soucier de ses propres sentiments et voilà que les retombées se font imminentes. Je vais le perdre de cette manière. J'abrège la conversation avec Lemon et prends ma voiture pour une fois, dans la direction du Carling.

Je hais cette fille autant que j'ai cru l'aimer. Ses mots me reviennent, acides. « La famille ne s'achète pas, contrairement à toi qui te vend au plus offrant, lorsque quelque chose va de travers, dans ta vie parfaite. » Ma vie l'est tellement, parfaite, elle ne se rend même pas compte qu'elle est la seule à la ternir. Mes sentiments pour Andrea la dépassent complètement, et ce n'est pas en fuyant ceux qu'elle dit aimer, qu'elle en saisira un jour l'essence. Je me suis tellement battu pour ce qu'on a, que je ne peux décemment pas la laisser tout foutre en l'air en commençant par mon petit ami, le plus offrant sans doute, parce qu'elle, n'a rien à offrir. Andrea m'a tout donné, et ce sans jamais hésiter un seul instant, sa confiance, son cœur, sa vie. Je lui dois tellement que c'est impossible de dire à quel point. Je continue de rouler, le cœur décimé par une peur terrible. Les lumières de l'enseigne du Carling finissent par apparaître et je me mets à craindre le pire une fois passé la porte. Je descends du véhicule et cours vers l'entrée du bar ou la voix de mon fiancé me parvient déjà. Alors que j'entre à l'intérieur, tous les regards sont tournés vers lui. Certains affichent une claires peine, d'autre rient et se payent sa tête. Une main se pose sur mon épaule et une camarde de classe hilare lance joyeusement. « Ton ex est vraiment taré Tristan. Ou est Calliope, il paraît que vous sortez ensemble maintenant... » Elle désigne Andrea d'un signe de tête sans perdre son sourire. « Enfin, c'est lui qui nous l'a dit, je ne sais pas si c'est une source vraiment fiable, regarde le, parti comme il est il va s'effondrer par terre, il tient même plus debout, tu devrais l'aider, après tout, ca reste ton cousin... » Elle lève son verre et cours rejoindre son groupe d'amies attablées plus loin et elle aussi en train de se délecter particulièrement de la situation. Je sens mon sang bouillonner dans mes veines, il faut que tout cela s'arrête. Je prends une inspiration et m'approche de la scène, ou j’attrape fermement le bras de mon cousin qui chante toujours. « Comme à un rocher, comme à un péché… Je suis accroché à toi. » « Andrea ça suffit maintenant, on rentre. » Je le tire un peu vers moi pour le faire descendre, avant de lui retirer le micro des mains pour le rendre à la chanteuse qui peste auprès du gérant qu'on lui a volé la scène. Elle s'en saisit et regagne les projecteurs visiblement satisfaite, alors que je tente d'aider Andrea à se tenir debout. « Ca va aller. » J'aperçois Lemon au bar, et lui fais un signe de tête entendu, avant de me diriger vers la sortie, ce qui semble être la meilleure option dans le cas présent. Une fois à l'extérieur je dévisage Andrea le temps d'une minute, et le serre contre moi, déposant un baiser dans ses cheveux et caressant son dos. Mes nerfs lâchent, je ne dois pourtant pas céder à la panique ou à l'angoisse. Il est désormais là, contre moi, et je maîtrise parfaitement la situation.

Je ne dis rien de plus, et passe mon bras autour de ses épaules pour l'entraîner vers ma voiture ou je l'aide à s'installer avant de prendre possession du volant. Ce genre de scène a quelque chose de familier pour pour nous sans doute, puisque je me souviens notamment d'une soirée ou il avait manifestement fait la même chose pour moi, même si l'un comme l'autre à l'époque, avions comme d'un commun accord, préféré faire comme si cette soirée n'avait jamais existé. Après quelques minutes seulement de trajet nous regagnons l'appartement ou une nouvelle fois je l'aide à accéder à l'étage. Son état est plus que dramatique, et je me rassure à l'idée de pouvoir l'allonger et lui offrir une boisson chaude une fois rentrés. Je verrouille la porte et installe Andrea sur le lit de ma chambre avant de laisser filtrer un long soupir. Je dépose un baiser sur ses lèvres, avant de gagner la cuisine ou je prépare deux chocolats chauds. Muni d'un plateau que je pose sur le chevet, je suis de nouveau dans ma chambre ou je me laisse ensuite tomber à côté de lui. Je recoiffe ses boucles d'un geste inconscient et lâche un nouveau soupir. « Je t'ai fait un chocolat. » Je me saisis du mien et en bois une gorgée tout en caressant sa joue.
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MessageSujet: Re: Quand toi tu pars, je suis malade Ϟ Andrestan   Ven 4 Nov - 22:07

Comme une réponse bassement formulée à mon appel au secours, une main s’empare de mon bras. Le flash des projecteurs bloque la rapidité de la réalisation et je suis incapable de déterminer à qui j’ai affaire. J’essaye rapidement de me dégager, sans succès pourtant. « Andrea ça suffit maintenant, on rentre. » Oh, mon Dieu. Mon cœur rate un battement et toute résistance éventuellement opposable s’envole en fumée en un éclair. Je reconnais la voix bien familière et mon corps se met à trembler. Nous descendons de la scène, et je réalise soudainement la violence de ce que je viens de faire. Les gens nous regardent, certains avec un air de pitié, d’autre d’un air franchement entendu. Il m’ôte le micro des mains et le temps à la chanteuse qui rouspète. « Ca va aller. » Bien sûr que non. J’ai tellement honte que je voudrais disparaitre, mais les effluves d’alcool m’empêchent toute réaction raisonnablement envisageable à l’heure actuelle. Nous nous dirigeons vers la sortie, j’ignore qui l’a mis au courant.
L’air frais de la nuit me gifle le visage, je ne sais même pas comment je fais pour tenir debout. J’ai mal au cœur, ma tête tourne sans vouloir s’arrêter. Il m’observe un instant en arrêtant tout mouvement et m’attire contre lui, accueillant mon corps dévasté par l’alcool auquel se joignent mes larmes que je suis incapable de retenir. Pourquoi doit-on payer tellement de contreparties ? Notre relation a toujours été ponctuée d’évènements trop intenses, souvent pour nous deux, mais pourquoi ? Je l’aime tellement, je donnerai n’importe quoi sans aucune hésitation pour lui, même ma vie. Pourquoi alors doit-on vivre tant d’épreuves, chacune nous laissant pour quasiment fous ? Je veux que ça s’arrête. Je veux l’aimer, point final. Je reste contre lui un moment, sans rien dire, je ne sais pas quel commentaire je dois faire, mon esprit est empâté par l’alcool, par le doute, la peur, le mélange des émotions qui me submergent sont indéfinissables. Je sens l’alcool à n’en plus pouvoir, je me sens sale, et je l’ai une fois de plus entrainé dans mes conneries.

Il n’ajoute rien et s’éloigne doucement, m’entrainant avec lui vers sa voiture où il m’installe à moitié sur le siège passager. Je suis incapable de faire un geste et toujours dans l’impossibilité totale de dire quoi que ce soit. Il prend le volant, et je me mords un peu la lèvre. Il déteste conduire. Je le sais, même aussi alcoolisé. C’est rare de le voir à cette place. La seule idée cohérente que je suis foutu d’avoir se colle dans mon cerveau et ne veut plus la quitter tandis que mon regard se porte sur l’extérieur où le paysage familier d’Oxford défile à grande vitesse. Le temps passe à une vitesse remarquable et déjà, il s’arrête. Je fronce le nez, incapable de bouger par moi-même. Il me laisse un instant, et je me demande si je suis voué à rester dans la voiture. L’idée me fait rire, mais j’ignore si mon rire s’exprime ou non. Je ne sais même pas où je suis. La portière s’ouvre et il m’aide à m’extirper. Un gloussement léger sort de ma gorge. « C’est pas Calliope que t’aurais ramenée comme ça, hein… » Le gloussement se transforme en rire qui lui-même se mêle à mes larmes. J’ignore ce que je dis, les phrases perdent leur sens aussitôt qu’elles franchissent mes lèvres. Nous montons jusqu’à l’appartement, j’oscille entre rire et larmes sans me rendre compte moi-même de mes gestes. J’ignore comment, mais je me retrouve allongé dans son lit. Je soupire en regardant le plafond. « Empty spaaaaces, what are we living for, abandonned places… I guess we knoooow the scooooore… » Je tends les bras en l’air en fermant les yeux, sifflote la suite de la chanson. Quand je rouvre les yeux, il est assis à côté de moi. Il passe sa main dans mes cheveux et attrape une tasse d’un plateau qu’il a déposé sur ma table de nuit. « Je t’ai fait un chocolat. » Je souris un peu, du moins je crois. « Hold, the line… Does anybody know what we are living for ? » J’applaudis et me redresse d’un geste. Je passe ma main sur sa joue, bien décidé à profiter de cette soirée qui doit sans doute être la dernière, étant donné qu’il a préféré retourner vers ses racines. Je soupire un peu. « Merciiii. » Il caresse ma joue. Je me saisis de la tasse préparée pour moi. J’avale une gorgée, mes larmes continuent à couler malgré le sourire qui tente vainement de percer. « Je t’aime tellement, pourtant… » Je baisse les yeux. Tout ça, pouf. Fini. Je me mords la lèvre en sentant mon cœur se serrer.



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