I TOLD YOU I'M GONNA GET MARRIED [ONE SHOT]

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MessageSujet: I TOLD YOU I'M GONNA GET MARRIED [ONE SHOT]   Mar 18 Oct - 0:06

Je suis légèrement tendu. Quoi que légèrement ne sois sans doute pas le terme adapté à la situation. Mon téléphone est posé sur le tableau de bord, et je file sur les routes d’Oxford à une vitesse un peu trop élevée. Ma mère m’attendra, dans une dizaine de minutes à la gare. Sa conversation avec Tris l’autre jour me donne un très net aperçu de ce qu’elle va me dire ou me faire comprendre. A son instar, je suis las de lutter contre tous ces gens qui ne nous prennent pas au sérieux et agacé par le fait que bizarrement, l’intolérance vienne plus régulièrement de mon côté de la famille. Tristan est à bout de nerfs, et j’ai peur qu’il craque. La rentrée était censée nous apporter une période d’adaptation et de calme, elle ne semble vouloir nous apporter que de nouvelles complications.
J’ai tenté de convaincre ma mère de ne pas venir. Ses hurlements au téléphone sont sans aucun doute synonymes de son inquiétude, mais pour tous les jours de ma vie où elle n’a pas été capable de me rassurer, je n’ai moi-même pas envie de perdre mon temps à redire encore ce que je pense et ressens. Je me gare sur le parking attenant, ne retenant un soupir en sortant de la voiture. Je me dirige à l’intérieur de la gare puis sur le quai. La dernière fois que j’ai pris le train ici… Je secoue la tête. Je sors mon téléphone, envoie un texto à Tris pour le prévenir que je suis à la gare. Je n’ai prévu aucune affaire pour la nuit, ni même mes affaires de cours pour le lendemain, tentative déguisée d’échapper à la nuit que veut partager ma mère dans sa chambre d’hôtel, ce à quoi je reconnais par ailleurs relativement peu d’intérêt. Qu’elle veuille me voir est une chose, que l’on fasse ça vite en serait une d’autant plus appréciable que je ne la considère pas comme toute innocente dans l’épisode parisien.
« Mon chéri, je suis tellement contente de te voir. » Elle pose son sac par terre et m’attire dans ses bras, un peu plus et elle aurait presque la larme à l’œil. Je resserre son étreinte en tapotant doucement son dos, sentant la tension monter d’un cran. Je me souviens encore de son regard vide d’expression quand elle m’a vu revenir à Paris avant d’être interné. Je me souviens encore de son sourire désolé quand ils m’ont emmené. Je sais qu’elle m’a fait sortir, je ne comprends simplement pas pourquoi elle en est arrivée à avoir le besoin de le faire. Je réalise à chaque seconde supplémentaire que dure notre embrassade hypocrite à quel point je lui en veux. « Allons-y, j’ai cours demain, Maman. » Je prends son sac et inspire, serrant mon téléphone portable dans ma poche de manteau. Elle pose sa main sur mon épaule. « Tristan t’a dit, n’est-ce pas ? La réservation vaut pour deux. Je pense qu’il faut vraiment que l’on se parle cette semaine, et ça sera plus facile si tu n’es pas… » Je lève le bras, secoue la tête. « Non. Je n’ai rien avec moi. Et oui, il m’a dit, simplement tu ne peux pas débarquer ici et prétendre bouleverser mes habitudes alors que je viens de reprendre les cours. » Elle secoue la tête à son tour : « Andrea, s’il te plait, ne rend pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont. » C’est moi, qui rend les choses difficiles ? J’ai toujours fait pour lui simplifier la vie, lui cachant même le diagnostic du psychiatre à l’époque où je devais financer moi-même mes consultations. « Ca ne rend pas les choses difficiles. » Fin du débat, je sais cependant que j’y aurais droit très rapidement de nouveau, et ne suis pas sûr d’être prêt à une lutte perpétuelle d’une semaine.

« Alors, comment s’est passée la rentrée ? » Restau chic, évidemment. « Que désirez-vous boire ? » Le serveur coupe ma mère avec la carte des vins. Elle sourit, commande une bouteille quelconque, puis se ravise, perdant son sourire. « Euh… Non, une bouteille d’eau minérale, ça ira. » Son accent est parfait, comme le mien peut l’être. Le serveur hausse une épaule et hoche la tête. Je ne commente pas. « Tu as pris tes médicaments ? » Je grimace. Elle pense sans doute bien faire, la mère concernée, ceci dit, ça ne prend pas. « Je t’en prie. Parle moi, Andy. » Le serveur revient avec sa bouteille d’eau, qu’il nous serre directement dans nos verres respectifs. « Non, Maman, je n’ai pas pris mes médicaments. » Mon ton est sec, déplacé. Elle prend son verre et avale une longue gorgée. Le serveur nous regarde d’un air curieux et s’éloigne après que nous ayons passé notre commande. « Tristan m’a dit quelque chose… » Je relève les yeux. Elle semble un peu perdue, hallucinée. Je l’interroge du regard, avec la furieuse envie de disparaitre tout de suite, sans attendre la fin du dîner. « Je ne veux pas que tu l’épouses. » Je ferme les yeux un instant, inspire un grand coup. « De quel droit pourrais-tu ne pas vouloir que j’épouse l’homme que j’aime ? » Mon ton est insolent, mais je suis las de prendre des pincettes. « Ca n’a rien à voir ni avec votre situation familiale, ni avec le fait que vous soyez des hommes. On ne se marie pas à 21 ans, c’est tout. C’est un acte qui doit être réfléchi et non pensé à la légère. Vous n’êtes que des enfants ». Je ris légèrement, rouvrant les yeux. « Tu n’as pas vraiment de leçon à donner en matière de mariage réussi ». « Ton père a perdu l’esprit quelques fois, mais mon mariage était heureux avant que tout ça vienne s’insinuer entre nous. Ecoute » elle me coupe en levant la main. « Je n’approuve pas ce qui s’est passé à Paris. Je déteste l’idée que ton père ait été capable d’une chose pareille. Mais en tant que mère, je ne peux appuyer votre mariage, ou votre relation, quelque soit le nom que vous donnez à la chose. On ne se marie pas entre cousins. C’est… contre-nature. Andrea, tu couches avec le fils de mon frère. » Elle grimace, visiblement, l’idée la choque. Mon cœur se serre un peu, je fixe le verre à moitié vide devant moi d’un air profondément las. « Je l’aime. » Elle roule des yeux et soupire de nouveau. « Que sais-tu de l’amour à ton âge, Andy ? Tu as le temps de rencontrer des gens, des tas de gens. Même des hommes, sincèrement, je… » Vraiment ? Est-ce qu’il faut avoir cette conversation de nouveau ? « Arrête, Maman. Arrête, s’il te plait. Je suis fatigué, je viens de reprendre les cours. Je ne connais peut être rien à l’amour, je sais que quand on aime, on abandonne jamais à une situation critique. J’estime qu’avoir laissé ton propre fils se faire interner à un service psychiatrique sous prétexte qu’il est tombé amoureux de la mauvaise personne n’est pas la plus grande preuve d’amour que tu m’aies donné. » Elle bafouille un peu, puis articule avec difficultés : « Je t’ai fait sortir ». J’hoche la tête. « En effet, et je t’en suis infiniment reconnaissant. Mais jamais rien de ce que tu me diras ne me fera changer d’avis. Si tu veux que nos relations restent cordiales et s’améliorent avec le temps, tu accepteras la suite des évènements. Sinon, ça n’est effectivement pas la peine de revenir. » Ma force me surprend moi-même, je sais cependant d’où je la tire. Je ne supporterai pas que les évènements enfoncent un peu plus Tristan dans la certitude qu’il me gâche la vie. Je ne supporterai pas non plus qu’il se mette à douter, ou qu’il craque. Et je sais aujourd’hui que tout ça à plus d’importance que l’avis de ma mère, à présent. Elle ne sait pas quoi répondre. « Met-toi à ma place » Je secoue la tête. Je me lève, dépose ma serviette sur la table. « J’ai plus faim. » Je m’éloigne à pas rapides, et sors. L’air frais me fait du bien, j’inspire un coup. Je sors mon téléphone et envoie un texto à Tris. « Je rentre dormir. » Puis range mon téléphone. Elle me rejoint dehors, le visage visiblement triste, à deux doigts, sans doute, de craquer. « Où est ton hôtel ? » Elle me murmure l’adresse et monte dans la voiture.
Le trajet du retour est silencieux, je suis perdu dans mes pensées. Je la ramène, arrête la voiture, éteins le moteur. « Viens avec moi. S’il te plait ? » Je secoue la tête, fixant le pare brise devant moi. « Je passerai demain dans la journée, je n’ai pas beaucoup de cours. » Elle étouffe un sanglot qui ne me fait pas tiquer, pas pour l’instant. Je veux quand même qu’elle sorte. « D’accord. D’accord. » Elle prend son sac et m’embrasse sur la joue, puis descend de la voiture, se dirigeant vers le hall d’entrée de l’hôtel.

Je roule depuis près d’une heure. J’ignore même où je suis, en réalité. En théorie, je n’ai pas du aller bien loin, je tourne en rond. Mais il faut que je me vide l’esprit avant de rentrer. Mes muscles bouillonnent, mon cœur bat la chamade et ma tête me fait mal. S’il me voit comme ça… J’accélère un peu, reprenant la direction de chemins plus familiers. J’inspire un coup, essuyant les larmes qui se sont discrètement frayé un chemin sur mes joues. Je reprends mes esprits peu à peu, bloquant à mon esprit l’accès aux souvenirs parisiens que sa venue à fait remonter. Mon téléphone vibre et m’annonce un message. Je l’ignore, jette mon portable sur le siège passager, accélère encore un peu. J’arrive en bas de l’appartement en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. J’ouvre la boite à gants, en sort les fameux comprimés que je dois mettre tant de bonne volonté à prendre, les avale et respire. Respire encore. J’ouvre la fenêtre pour laisser entrer l’air extérieur, récupère doucement mes fonctions naturelles. Je finis par couper le moteur, puis sors de la voiture. Le message est un message d’une fille qui suit avec nous un cours de philo, elle veut savoir un truc inutile pour un devoir de demain. Je soupire, monte les escaliers quatre à quatre et glisse mes clés dans la serrure en m’armant d’un sourire convainquant.

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