The truth has come down now. w/ A. (WHO'S A ?)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Invité

MessageSujet: The truth has come down now. w/ A. (WHO'S A ?)   Mar 19 Juil - 19:33

La curiosité est un vilain défaut. Je le sais et pourtant ça ne m'a jamais arrêtée. Et encore une fois j'ai laissé la mienne me guider jusqu'à la chambre de mon frère qui pourtant n'habite plus ici depuis bientôt un mois. J'aurais dû m'abstenir. J'aurais dû continuer mon chemin jusqu'à la cuisine au lieu de m'arrêter parce que la porte était bizarrement entre-ouverte alors que je vis seule dans cet appartement depuis deux semaines, Bridget étant en vacances. Il s'est avéré que Tristan est passé en mon absence. Comment je sais que c'est lui et non un psychopathe qui était là ? Simple, une lettre oubliée que j'ai retrouvé par terre. Non, il n'a pas eu l'extrême amabilité de me laisser une lettre d'excuse m'expliquant ce qui lui arrive mais c'est tout comme, sans les excuses. La lettre en dit assez pour me montrer que le mal que je me fais n'est pas réciproque et que clairement mon propre jumeau préfère se confier à celle qui lui a brisé le coeur quelques mois auparavant qu'à sa soeur, génial. Laureline vous dîtes ? Ma soeur qui s'inquiète pour moi depuis que notre cousin louche a débarqué à Oxford ? Non désolé, je ne vois pas de qui vous parlez. Vous devez vous tromper de personne.

Citation :
Chère Cally,

Les jours passent, et tout change. J'ai tardé et je m'en excuse, mais je doute que cela ait encore un semblant d'importance. Je ne viendrai pas à Vienne, et si ta lettre m'a en partie décidé, je dois reconnaître qu'il ne s'agit pas de l'unique raison. J'ai failli, j'aime une autre personne, et je ne pense pas qu'il soit possible d'y changer quoi que ce soit à l'heure actuelle, ni même jamais. C'est arrivé sans que je n'y sois préparé et je ne saurais t'expliquer pourquoi et comment, l'impensable s'est produit, mais c'est irrémédiable. Je ne sais absolument pas comment tu prends la chose, si tu ris de l'absurdité d'un Tristan Faure parlant aussi lestement d'amour ou si au contraire tu saisis la gravité de ce que j'énonce. Peut importe sans doute, pour moi en tout cas. Lorsque tu es partie, je t'ai blâmée pour le sevrage mortifiant que tu m'imposais, attendant sagement que le mal passe, léthargique, si lui venait à me quitter je suppose que je ne serais pas à l'heure d'avion près, je sais pertinemment que je m'en remettrais pas non plus et qu'il faudrait par conséquent que je fasse tout ce qui est en mon pouvoir pour le retenir. Avec toi j'ai été jaloux, fait des choses dont je ne suis pas très fier, drogué ton petit ami, jouant du proverbe ou la vengeance est un plat qui se mange froid, je n'ai cependant jamais été confronté à l'impossibilité physique et morale de ne pas réagir instinctivement et stupidement à la jalousie, aujourd'hui oui. Tu ne m'aimais pas, peut être que moi non plus. Des doutes, c'est tout ce qu'on a eu, je dois t'avouer n'en avoir aucun au sujet de mes sentiments actuels, l'amour est un concept très loin de toi et moi en réalité. Je ne le nie pas, nous aurions pu tout avoir, Oxford, sa reconnaissance, leur respect, une vie parfaite, mon rêve. Mon père t'aurais trouvé délicieuse, ma mère également sans doute, ils auraient voulu nous marier et j'aurais fait de ma demande quelque chose d'unique, d'esthétique, de parfait. Nous aurions terminé nos études, pour prendre un appartement et débuter deux carrières brillantes, pour finir par réaliser que ce n'est pas le lisse qui nous attire ni nous rapproche. Nous sommes similaires, assez pour que ça ne fonctionne pas. Tu ne connais pas A. je n'ai du l'évoquer qu'une ou deux fois et probablement pas en termes positifs, avec lui je n'aurais sans doute jamais toutes les choses que je viens de citer, mais tout le reste et je sais maintenant par expérience que c'est plus que suffisant. Je tenais à éclaircir les choses, te dire que tu n'as plus à culpabiliser de quoi que ce soit, je vais mieux réellement et ceci sera ma dernière lettre. Je te souhaite d'être aussi heureuse que moi.

Tristan.
OH ET, Monsieur est très heureux, filant le parfait amour avec un certain A. Qui est A. ? J'avale ma salive difficilement et mon coeur se serre. Mensonge pour montrer à Calliope qu'il va mieux sans elle ou y a-t-il réellement un A. ? Je parierais sur la deuxième alternative, il en a clairement eu les symptômes à un certain moment. Mais qui est ce A. qu'il prétend porter autant dans son coeur ? Qu'il n'a pas dû évoquer en des termes positifs ? La logique m'amène à penser à Apollon, mon coeur me dit que ça ne doit pas être ça. Alors qui est A. ?


D'un coup sec, je ferme le clapet de mon mac et m'en éloigne autant que possible. Tous mes membres tremblent et mon coeur bat à tout rompre. Je sens mon esprit floué par la confusion. Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu. Non ce n'est pas possible, non. Pourquoi j'ai fait ça, pourquoi ? Pourquoi j'ai laissé ma curiosité écraser ma moralité et me faire faire ce que je viens de faire. Mais encore, c'est quoi ce délire ? Non ce n'est pas possible. Oh mon dieu. Mais, que, je. Juste. Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu. Je me retrouve à faire les cent pas, me demandant s'il ne s'agit pas d'un de ces bizarres cauchemars qu'il m'arrive de faire mais non. Non c'est bien la réalité, je viens bel et bien de voir ce que je viens de voir. Les phrases résonnent encore et encore dans ma tête, dites dans leurs voix respectives. C'est fascinant ce que l'imagination peut faire. Non ce n'est pas vrai, ça ne peut pas être vrai. Je n'arrive même pas à formuler ce que je viens de découvrir tant je n'y crois pas. Ca doit être une blague. Tristan savait peut être que je finirais par craquer et que je me connecterais sur son compte Facebook ? Le seul moyen de le savoir est d'y retourner. Je fixe encore l'ordinateur pendant quelques instants. J'hésite. Allez Laureline, ré-ouvre ce pc et tu verras qu'il s'agit d'une blague. T'as lu que trois messages après tout. Ca ne peut être qu'une blague dépourvue de tout humour, destinée à t'apprendre une fois pour toutes que la curiosité est réellement un vilain défaut, c'est tout.

FOUTAISES, FOUTAISES, FOUTAISES. J'ai toujours su en réalité mais je me suis refusée à y croire, je le sais maintenant. Il me l'a dit lui-même sur le ton de la plaisanterie mais je n'ai même pas pris la peine de considérer réellement la chose tant ça me semblait ridicule. Je me suis voilée la face en beauté. Comme j'ai toujours fait. Entre la colère que je sens monter en moi, rendant toute partie visible de mon corps anormalement brûlante, et les larmes qui coulent je ne sais plus où donner de la tête. Je ne sais même pas pourquoi je réagis de la sorte mais je ne peux m'empêcher de me sentir trahie. Voir tous ces messages entre mon frère et mon cousin me fait du mal mais je ne peux m'empêcher de tout lire, tout mémoriser. Et tout s'explique maintenant, absolument tout.

Salaud. Je ne sais pas ce qu'il a fait à Tristan - enfin si et j'essaie de ne pas y penser afin d'éviter d'avoir toute image particulièrement dégoûtante dans ma tête - mais il peut se vanter de l'avoir changé. Il lui a fait perdre confiance en moi et ce dès qu'il a mis les pieds ici. Il l'a enfoncé dans sa débauche, l'a éloigné de ses amis. Parlez-moi d'amour. Et après mais oui, monsieur fait son saint, genre il culpabilise trop de priver Tristan de sa vie. SI TU CULPABILISES ALORS POURQUOI TU LE FAIS ? Et Tristan le croit. Bien sûr qu'il le croit. Si dès le départ, entre Andrea et moi, il l'a cru lui, évidemment que c'est lui qu'il croira toujours.

Merde, merde, merde. Carolyn vient me parler, merde. Pas de panique Laureline, PAS DE PANIQUE. Hop, retour sur l'historique de conversations histoire de voir quelle sorte de réponse je pourrais lui servir. J'ai sincèrement l'impression de ne plus connaître mon frère, au point d'avoir besoin de voir ses réactions pour pouvoir les imiter. OH MON DIEU, qu'est-ce que c'est que ça encore ? Sympa le Andrea. A croire que je ne suis pas la seule à infiltrer le compte de Tristan. Un « hum » moqueur m'échappe. Genre Tristan c'est sa propriété. A mourir de rire. Je décide de ne pas répondre à Carolyn et passe en mode hors ligne. J'ai franchi le pas et espionné bien des conversations à présent, tant que j'y suis pourquoi ne pas continuer ? Rien ne pourra me choquer plus que ça, n'est-ce pas.

HAHA. Je me sens tellement pathétique et ridicule plantée devant mon pc, découvrant que pratiquement tout notre entourage, proche s'entend, est au courant mais pas moi. Non parce que je suis la conne à qui personne ne dit rien, de qui tout le monde se fout. Ca me donne juste envie de plier bagage, de retourner à Paris avec des amis pour qui je ne compte pas beaucoup mais qui avaient le mérite d'être présents. Le coeur n'y était pas toujours m'enfin. Ils me manqueraient presque. Ca serait me mentir à moi-même de dire que c'est ça que je veux parce que je sais que ce que je veux. Je veux retourner à l'époque où c'était Tristan et moi contre l'univers. Je veux retrouver mon frère. Mon frère qui me faisait confiance pour tout et rien. Mon frère qui préférait passer une soirée avec moi qu'avec quiconque d'autre. Mon frère qui ne m'excluait pas de sa vie à la moindre mauvaise tournure que pouvaient prendre les choses ou mauvaise passe qui le prenait. C'est tout ce que je demande. Mais j'ai l'impression que ce n'est pas possible. J'ai l'impression que je suis condamnée à rester seule dans cet appartement comme pour seule compagnie mes larmes. Même Bridget ne revient qu'en Septembre. Tout comme j'ai l'impression que je serai toujours la dernière au courant de tout ce qui concerne mon jumeau. J'en ai assez qu'il se ferme à moi. Je le lui ai dit mais il ne veut pas comprendre. Et j'ai l'impression qu'il ne pourra jamais comprendre ça. Il dit avoir peur de me décevoir mais ça n'a pas de sens pour moi. Fuir la réalité ne la fait pas disparaître. Il n'y a qu'à voir mon état présent. J'ai essayé d'oublier ce qui m'arrive, m'enfermant dans mes séries télévisées, films et livres. Et en même temps, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de parler. Je n'ai plus personne à qui parler. Même là, j'aurais aimé en parler à quelqu'un mais je n'ai pas vers qui me tourner. Alice est partie. Lemon a ses deux vies à gérer, elle en a déjà assez comme ça. Elise est apparemment une sale garce manipulatrice qui a sûrement l'intention de m'utiliser mais maintenant, elle peut toujours rêver. Arabelle habite loin et bien qu'elle ait eu l'amabilité de m'inviter chez elle, je ne m'imagine pas débouler chez elle pour m'éffondrer sur son canapé et il y a aussi la contrainte qu'elle apprécie un peu trop Andrea. Ludwig est en France. Et enfin Léandre m'évite et m'ignore depuis assez longtemps maintenant pour que je n'ose même plus aller lui parler pour quelconque motif. Ces derniers jours je me demandais pourquoi mais à présent je sais, encore la faute à Andrea. Encore et toujours la faute à Andrea. Fouteur de merde. Et dire que j'avais du respect pour lui autre fois. Maintenant il ne représente plus pour moi que ce cousin qui est réapparu pour foutre en l'air nos vies à tous. Je me demande comment il fait pour pouvoir dormir la nuit.

Après avoir sauvegardé sur mon disque dur toutes les conversations, pour je ne sais quelle raison, je daigne enfin me déconnecter du compte de Tristan. La nuit va bientôt tomber et mes larmes n'ont toujours pas séché. Je m'étends sur mon lit et essaie de me vider l'esprit, en vain. Des phrases de tout ce que j'ai lu n'arrêtent pas de resurgir dans ma tête. Je regarde mon téléphone déposé sur ma table de chevet, hésitante. Qu'ai-je envie de faire au juste ? Rien, rien, rien. J'ai juste envie de rester ainsi et de continuer à aller mal, à pleurer, jusqu'à dormir d'épuisement. Mais non, je ne vais pas faire ça. Parce que un, ça ne me servira à rien. Deux, si j'ai appris une chose cette année c'est que éviter une confrontation, ça ne résout pas le problème. Et trois, je n'ai pas l'intention de crever de soif et là en l’occurrence j'ai besoin d'une quantité considérable d'eau. Il est temps de ravaler mes larmes et de prendre les choses en mains, comme je peux. J'envoie tout d'abord un texto à Léandre auquel je n'attends pas vraiment de réponse. Prochaine étape, aller dire mes pensées au principal concerné à savoir Tristan. Inutile de le prévenir de mon arrivée, lui n'a pas pris la peine de me prévenir de quoique ce soit.

Ni l'envie, ni la patience de conduire, je monte dans un taxi que je trouve assez rapidement et tend au chauffeur un papier où est notée l'adresse. En cours de route, je lui demande de s'arrêter afin de prendre un slushie parce que comme une idiote je suis sortie de chez moi sans boire une goutte d'eau. Et avec un peu de chance ça me calmera. J'en prends deux. Un pour moi, un pour Tristan. J'ai beau lui en vouloir, je ne peux pas m'en empêcher. Le bonhomme est clairement dérangé par cet arrêt qu'il doit trouver inutile, je le vois dans l'expression qu'il porte quand je reviens. Je me retiens de lui dire « Oui et bien dans la vie on n'a pas toujours ce qu'on veut. » et remonte plutôt dans le véhicule. Mon portable m'annonce un nouvel sms de reçu. Léandre. Je lis le message et sens aussitôt les larmes menacer mais je les retiens fermement. « Si je voulais te demander de revenir je l'aurais tout simplement fait. Je dis juste que ça aurait été bien d'être prévenue, c'est tout. » Je rapproche mon doigt du mot envoyer puis décide que non, je risque de regretter ça plus tard. Parce que je veux qu'il rentre mais je ne me sens pas à le dire dans l'état où je suis. J'ai juste envie de crier ma colère, ma douleur en réalité. Encore deux pâtés de maisons et le taxi s'arrête. Je paye le monsieur et descends. J'inspire profondément eeeeeet on y va. Je cherche du regard un gardien qui pourrait m'ouvrir la porte, voulant éviter de devoir sonner mais je ne trouve personne jusqu'à ce qu'une dame arrive de derrière. Elle habite apparemment l'immeuble, je lui sers un sourire adorable et m'adresse à elle d'un air amical « Bonsoir madame ! » « Bonsoir ma fille. Laissez-moi deviner, vous venez d'emménager dans l'immeuble et n'arrivez toujours pas retenir le code ? » J’acquiesce, l'air gêné. « Mon fils et moi avons aussi du mal avec ce code et en plus avec leur manie à le changer tous les quinze jours, des fois on se retrouve plus !! » « N'est-ce pas ! » Elle sort un papier de son sac. « Du coup on a décidé de toujours le noter sur papier. Vous devriez faire ça, le stylo et le papier, y a que ça de vrai, je ne le dirai jamais assez ! » Je la laisse taper le code tout en lui disant « Simple mais efficace, vous avez tout à fait raison. Dès ce soir, c'est ce que je vais faire. C'est bizarre qu'on ne se soit pas rencontrées avant ! Entre voisins vraiment des fois, on n'a même pas le temps de se croiser. » « Hé oui, de nos jours, plus le temps de rien faire !! Ravie de te rencontrer ma fille. J'habite au premier étage alors je vous laisse, bonne soirée et ne vous couchez pas trop tard ! » « Moi c'est le troisième. Bonne nuit madame et promis. Merci encore ! » Je gravis les escaliers sans même chercher à voir s'il y avait un ascenseur ou pas. Je ne monte dans aucun ascenseur quand je suis seule, encore moins le soir. Les marches sont nombreuses mais je finis par arriver assez vite à destination. Trois légers coups sur la porte et j'attends. Hélas le visage qui me fait face, un sourire aux lèvres, n'est pas celui auquel je m'attendais. Le semblant de calme que mon esprit a connu pendant les dernières minutes s'évanouit aussitôt et j'ai plus envie de l'étrangler sur place qu'autre chose. « Ecoute, pas la peine de sortir ton jeu du cousin parfait. Je sais ce qui se passe entre Tristan et toi. Et ce n'est pas toi que je suis venue voir. Tristan ! Tristan ? » Il n'est pas là. « Bon. Et bien, toutes mes félicitations. Ton plan est un succès. Tu as réussi à gagner la confiance absolue de Tristan. Tu as foutu en l'air notre relation, qu'avant ça personne n'a pu toucher. Tu as gagné ta place à Oxford bien que la plupart se méfie de toi et te trouve louche. Tu enfermes mon frère dans tes quatre murs et empiète sur son futur. Vraiment, un total succès, tu peux être fier de tant d'accomplissements en si peu de temps. Et maintenant que j'y pense comment tes parents prennent-ils la chose ? Ah mais, ils ne sont pas au courant je devine. » Je le fixe dans les yeux et fais un pas en avant. « J'ai toutes les cartes en main tu sais. Mais là est la différence entre toi et moi. Jamais je ne mettrais en péri la famille de mon cousin ou son potentiel futur pour satisfaire ma propre personne. Et dieu sait le bien que ça me ferait de te voir quitter Oxford. Parce que dès le jour où tu as posé tes pieds ici tout a commencé à aller mal. On avait assez de soucis comme ça, Tristan allait déjà assez mal. Mais il fallait que tu arrives et que tu l'enfonces encore plus. Mais je vaux mieux que toi, je vaux mieux que ça. » Pause. « Et soit dit en passant, si tu aimais vraiment Tristan comme tu te plais si bien à le lui répéter, tu n'aurais jamais menti, lui laissant croire que toi et moi avons été un tant soit peu proches. Tu savais le mal que ça lui ferait mais tu l'as fait. Si Tristan te le pardonne, je ne te le pardonnerai jamais. » Larmes aux yeux, je fais volte-face m'apprêtant à partir puis me souviens des boissons qui me gèlent les mains depuis tout à l'heure. Je me retourne et sans même me rendre compte de ce que je suis entrain de faire, je lui balance le liquide glacé à la figure. « Tu diras à Tristan que j'ai laissé ça pour lui. C'est du cerise, navrée, je n'ai pas trouvé son parfum préféré que tu dois connaître. Ou pas. Bonne soirée Andrea. »

Je descends les marches n'arrivant pas à croire ce qui vient de se passer. Je sors mon téléphone et réponds à Léandre un mot, un seul « Rentre ? ».


Dernière édition par Laureline M. Faure le Sam 2 Juin - 1:44, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: The truth has come down now. w/ A. (WHO'S A ?)   Lun 29 Aoû - 17:51

J’ignore pourquoi je suis tout seul à l’appartement. Où est Tris ? Il a sans doute dû me prévenir, mais je ne parviens pas à mettre le doigt dessus. Je suis préoccupé par une demie tonne de choses qui font que de toute façon, je m’inquiète pour le moindre détail qui pourrait potentiellement aller de travers dans ma vie du moment. Je préfère favoriser la perfection douce dans laquelle je tente de m’enfermer depuis quelques semaines, sans me soucier des problèmes. Après une phase d’angoisse profonde, au cours de laquelle j’ai réellement craint pour ma santé mentale, la sienne, la notre en réalité, pour nos relations familiales, notre équilibre psychologique et notre incroyable penchant pour l’autodestruction, j’ai finalement mis de côté toute forme de ressentiments négatifs au profit d’une abstraction totale des éventuels problèmes susceptibles de nous tomber dessus.
Je le sais, l’insouciance et le bonheur fusionnel des premières semaines nous ont rendu inconscients, et force est de constater que ce qui à l’origine était un secret commun s’effrite un peu plus à mesure que passent les jours. J’ignore comment cette histoire se terminera, et j’ignore si nous aurons notre chance tous les deux. A vrai dire, je préfère même ne pas y penser du tout. L’idée de le perdre m’est insupportable, et penser à ce qui nous attend si nous restons ensemble me terrifie. Dans une voie comme dans l’autre, des sacrifices seront nécessaires, et de la souffrance vraisemblablement endurée.
J’erre dans l’appartement en maudissant ces instants de solitude ou je ne suis enfermé qu’avec mes pensées pour compagnes, incapable de me calmer dans mes angoisses quand il n’est pas avec moi. Nos moments passés ensemble sont forts de ça : il éclipse tous les doutes que je ressens au profit d’une grande certitude, et aussi ridicule que cela puisse paraitre, au profit de la certitude de l’amour réciproque. Toute ma vie passée à Paris, toutes les conquêtes enchainées n’ont aujourd’hui qu’un rôle mineur dans mes souvenirs. Je suis instablement amoureux, je le sais, ai fini par m’y résoudre. Je suis en train de lire quand on frappe à la porte. Tristan a la clé pourtant, et personne n’a sonné en bas. Je m’étonne de l’incohérence. Je quitte le livre que j’étais en train de lire pour aller ouvrir la porte d’un pas rapide, me privant de toute information sur la personne que je m’apprête à recevoir.

Laureline Faure. De toute la famille portant le nom Faure, elle est sans doute celle que j’ai le plus respecté dans toute ma vie. Bien entendu, Tristan fait aujourd’hui exception, mais à une époque plus ou moins lointaine nos relations n’étaient ponctuées que par la guerre que nous nous menions pour je ne sais quelle raison absurde, sans doute. Laureline elle, était la fille intelligente, d’une beauté rare et d’un équilibre presque parfait. Ma mère ventait souvent les mérites de ma cousine, suggérant d’un clin d’œil à mon père de lui faire une fille qui aurait rejoint à son tour le palmarès des Faure ou apparentés. La ressemblance mentale et peut être même physique entre ma mère et Laureline était d’ailleurs saisissante, et elle avait sans doute hérité des traits de la famille Faure plus que de ceux de sa propre mère. Je savais aussi que les relations tendancieuses entre Christine et Laureline poussait cette dernière à apprécier tout particulièrement ma propre mère, et nos réunions de famille était souvent placées sous l’œil d’une bonne entente. Les études qui nous menèrent vers les mêmes écoles, puis vers les mêmes collèges et lycées, ne firent pas exception. Si Laureline n’avait pas été ma cousine je l’aurais sans doute courtisée, comme toutes ces autres filles. Non pas que l’idée de courtiser un membre de ma famille me paraisse aujourd’hui très choquant, mais Laureline a toujours été placée par ma famille et moi compris sur un piédestal dont pourtant elle descendrait ce soir. Sans parler de la relation fusionnelle qui l’a toujours unie à son frère. Les deux inséparables, les responsables de 400 coups. Un modèle d’admiration et de popularité pour une bonne dose de français ébahis, au moins dans les établissements que nous avons communément fréquentés.

Evidemment, ce n’est pas moi qu’elle vient voir ce soir. Elle cherchait Tristan, et pour le coup j’aurais préféré qu’elle le trouve. Sa première phrase est saisissante, son entrée, théâtrale. Elle appelle Tristan, je suis tellement mal à l’aise que je me contente de secouer la tête à la négative. Le fait qu’elle soit au courant est la seule information qui parvient pour le moment à me monter au cerveau. Et aussi curieux que cela puisse paraitre – aussi naïf aussi sans doute, ce n’est pas pour moi que j’angoisse dans l’immédiat, mais plutôt pour lui. Prévenir Laureline de la chose était l’étape la plus difficile à supporter pour lui, un peu comme avertir mon père que je m’envoie non seulement un homme mais qu’en plus nous partageons le même sang. Je soupire, recule de quelques pas en pensant un instant que l’occasion va m’être donnée de l’inviter à entrer. Je me ravise bien assez tôt, inutile de penser une seule seconde qu’elle veut des explications. Sa colère se déverse, vive, comme si elle ne contrôlait plus vraiment son débit de paroles. Mon plan ? Je secoue la tête, tente de l’interrompre, en vain. Elle a besoin de ça, sans doute, mais je ne suis pas sûr d’avoir envie d’entendre ce qu’elle veut me dire. « Att… » Je me résigne. De quel plan parle-t-elle ? Peut-elle possiblement penser que je ne fais ça que pour le faire souffrir plus encore ? Pense-t-elle sincèrement que toute cette relation n’est qu’une façade pour le faire tomber du plus haut que je peux ? Sa question me glace le sang. Mes parents, vraiment ? J’ai envie de lui demander ce que j’ai à perdre mais la question me reste coincée en travers de la gorge. Elle s’approche, menaçante. Nouvelle tirade, mon cœur accélère sa course dans ma poitrine, j’ai chaud, trop chaud. J’étouffe sous l’afflux de ses paroles, sans savoir ce que je peux faire pour la faire taire. Je veux lui expliquer, lui dire, mais comment traduire ce qui ne peut pas l’être ? « Laureline… » Nouvel effort resté vain, elle ne m’écoute pas, ou ne m’entend pas.

Je me souviens du jour de mon arrivée comme si c’était hier. Je me souviens de l’impression de stabilité qui m’habitait alors. Je me rappelle des moindres détails de mon installation, puis des premiers pas dans la fac. Je me souviens très bien son visage la première fois qu’il m’a revu après cette année écoulée. Je me souviens à la perfection de sa réaction, de la violence de ses gestes. Les souvenirs qui suivent ne sont que manipulation et mauvaises intentions, des phrases lâchées à l’aveuglette, ce besoin terrible de faire mal, aussi mal que j’ai eu mal.
Je me souviens également de l’année qui s’est écoulée. Comment expliquer à ma cousine qui de toute évidence souffre aujourd’hui, sur le pas de ma porte, que la souffrance que j’ai ressenti l’année passée dépassait l’entendement ? Comment expliquer le rejet, d’abord, la réalisation d’une attirance impossible, inavouable, presque immonde ? Comment lui dire et lui montrer qu’après sa fuite, j’ai du affronter l’ensemble tout seul, sans savoir que faire, à qui le confier ?
Les jours qui ont suivi ont été atroces. J’ai du faire croire à ma mère que j’étais malade d’avoir trop fait la fête pour passer des journées entières seul dans ma chambre, partagé entre le désir violent d’en finir avec les vagues de souffrance qui m’assaillaient de tous les côtés et l’envie violente de venger l’humiliation dont j’avais été victime. Pourtant, je savais pertinemment qu’il n’était pas responsable. Mais prendre la fuite ainsi, dans la nuit ? Je ne suis sorti de mon mutisme que pour me rendre chez un psy. Qui a conclu à une grosse instabilité, une personnalité presque bordeline. Le traitement à commencé à cette période, et je me suis calmé. Malade dans le secret le plus complet, j’ai fait bonne figure. Je me suis reconstruit en partant de rien, me suis relevé.
Et puis, les propositions d’inscription à l’étranger me sont parvenues. A l’époque je pensais réellement que j’étais soigné, que tout irait bien. Oxford avait toujours été un rêve un peu lointain, mais il était à ma porté avec seulement un dossier à remplir. Alors je l’ai fait. Je suis arrivé là bas en odeur de sainteté, en pensant que tout était derrière moi et que notre relation allait redevenir une petite gueguerre bien innocente entre cousins. Mais évidemment, quand j’ai croisé son regard, tout a pris une tournure différente. J’ai su à l’instant même ou il a écarquillé les yeux à ma vision que j’étais de nouveau rejeté, et pas guéri le moins du monde. Une année entière de thérapie, de traitements, de faux semblants anéantis en quelques secondes. J’avais besoin de lui d’une façon qu’il ne pourrait jamais admettre, une envie irrésistible de faire partie de ses proches, très proches. Trop proches pour être admissible.
Le besoin de destruction a suivi. Il ne voulait pas de moi, personne ne devait l’avoir. J’avais honte mais j’étais guidé par mes instincts les plus primitifs. Le besoin intarissable d’avoir le dessus. J’ai arrêté les médicaments, et je me suis insinué. Dans sa vie, faisant le gentil, le cousin attentif. Jusqu’au soir où il est venu.

J’ai honte de mes ressentis. Honte de moi, de mes sentiments, de ce que j’ai pensé et fait pendant ces semaines ou j’ai cru à un nouveau rejet. Je serai sans doute complètement différent si cette soirée ne nous avait pas rapprochés, mais la culpabilité ne s’est pas en allée le soir même. J’ai souffert de nombreuses journées encore, mais comment expliquer tout ça à Laureline qui ce soir, ne voyait que la propre douleur qui lui déchirait sans doute les entrailles ?

Elle vaut mieux que moi, elle a raison. Je ne la contredirai pas sur ce point, sur aucun point d’ailleurs. La faute est mienne, je le sais. Je n’ai été guidé que par une partie de moi. Et si ses arguments ne sont pas les bons, le résultat est le même : Tristan n’est avec moi que par ma faute. Il s’est sans doute effectivement coupé de son monde d’avant et peut être a-t-il même fuit sa sœur par ma faute, je n’en sais rien. Je n’ai que ce que je mérite, son déversement de paroles est le prix à payer de ces semaines d’insouciance et d’amour que nous avons partagées. J’ai menti, parce que l’amour rend fou. Mais cette pensée ne traverse pas plus mes lèvres que toutes les autres. Debout sur le pallier de ma propre porte, je suis en train de recevoir le coup de grâce, et contrairement à ce que j’aurais pu penser, je réalise que l’opinion des autres comptent réellement. Elle ne me pardonnera jamais. Et en disant ces mots, Laureline scelle mon destin. Si elle ne me pardonne pas, Tristan ne restera pas. Je le sais, suis sans doute trop sous le choc pour le réaliser pour le moment. Elle fait demi-tour, je ne ferme pas la porte, reste figé sur le seuil sans savoir ce que je dois faire à présent. Finalement, elle revient, et me balance à la figure le contenu d'un gobelet qu’elle porte à la main. Une vague de froid qui me fait sursauter, me glace le sang. J’ai du mal à respirer, je ne vois plus rien, n’entend que son pas décidé qui s’éloigne tandis qu’elle jette ses dernières phrases de mépris à mon intention. Et rien ne semble plus avoir d’importance que ce parfum qu’effectivement, je ne connais pas. Je reste ainsi debout pendant de longues minutes, et me traine finalement jusqu’à la salle de bain. Le miroir me renvoie une image pitoyable de moi-même, couvert d’un liquide rouge et collant. Je m’agrippe au rebord du lavabo quelques secondes, puis je lâche prise, m’effondre à même le sol, laisse couler les larmes qui menaçaient de m’échapper depuis qu’elle est apparue.

Après de longues minutes, je finis par me calmer. La douche m’offre un répit de courte durée, mais j’en sors au moins propre. Je me rhabille, envoie un message à Tris. Il faut qu’il rentre. J’hésite, lui indique finalement que je vais me coucher, et retrouve la noirceur rassurante de ma chambre et la chaleur toute indiquée de ma couette.

PS : Quel est ton parfum préféré ? Bonne nuit.

J’envoie, et laisse mes larmes me guider jusqu’au sommeil qui m’attend, peuplé de cauchemars. Je lui expliquerai demain.

Revenir en haut Aller en bas
 
The truth has come down now. w/ A. (WHO'S A ?)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Hidden Truth [ Partenariat ] Fermé
» Number One Contender for the LMDC Unified Tag Team Titles Zac Ericson & Carlito Vs R-Truth & Daniel Bryan
» R-Truth Vs Kane
» Little Jimmy Says...Cherchons des informations avec R-Truth!
» Dolph Ziggler & Tyson Kidd vs R-Truth & Sheamus.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ticket To Ride :: flood & hors-jeu :: this train terminates at morden :: ARCHIVES 2012-2013-
Sauter vers: