Trouble never comes alone Ϟ ANDRESTAN.

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MessageSujet: Trouble never comes alone Ϟ ANDRESTAN.   Ven 1 Juil - 1:25

Je suis sur les nerfs, à chaque nouveau texto, mon cœur s’emballe, comme si la nouvelle pouvait tomber aussi rapidement après l’avertissement ; il va m’envoyer la cavalerie, ou pire, se déplacer lui-même, et ne faire de mon voyage à Oxford qu’un lointain souvenir. Ma main tremble, et je finis par réduire mon téléphone au silence en l’éteignant. J’entends le ton de mon père prononcer les mots qu’il ne m’a pourtant qu’écrits, comme un avertissements sonores, un rappel à l’ordre significatif. Ne t’emballe pas trop rapidement Andrea, les ennuis sont toujours là où on les attend le moins. Je soupire, divague. La course que je suis en train de faire est aussitôt annulée, je veux rentrer chez moi, et vite. Je sais que je suis majeur, plus que majeur même, mais je sais aussi que je ne suis rien sans le soutien financier parental et qu’à ce titre mon paternel a sur moi tous pouvoirs. Je sais aussi qu’aucune solution ne pourra parer ce handicap considérable, jamais je ne lui abandonnerai ma mère qu’il a déjà pris tellement soin d’amocher par le passer. Je monte les marches qui me séparent de mon chez moi quatre à quatre, rallume mon téléphone dans la cage d’escalier. Il faut que je respire, mon angoisse ne mènera nulle part ailleurs que dans le mur. Je glisse la clé dans la serrure et entre à la volée, j’ignore si Tristan est là ou pas. J’ai besoin de relire le message, pour être sûr de ce que j’ai vu. Je file vers le salon sans me débarrasser de ma veste, me laisse tomber sur le canapé dans un soupir. J’ai bien lu, pas rêvé. Le message est là. Mon téléphone valse plus loin sur la table basse, je pose ma tête dans mes mains dans un soupir. J’ignore ce que je dois répondre, j’ignore même ce que je dois faire. Si mon père vient à savoir, je suis mort, c’est une certitude aussi affolante que définitive. « Tris ? » J’appelle dans l’appartement, ma voix est faible. Il va paniquer aussi, mais sa capacité à le faire sans le montrer me sera sans doute d’une grande aide, particulièrement ce soir. Il ne tarde pas à arriver, visiblement inquiet par mon absence de manifestation ces dernières heures. Je le laisse m’embrasser rapidement, ne trouve pas la force de lui expliquer quoi que ce soit dans les détails qui s’imposeraient pourtant. Je me contente de pointer le téléphone resté abandonné sur la table, l’air de lui indiquer qu’il faut qu’il lise. Il attrape le téléphone, toujours allumé sur le message que je viens de relire. Ma tête retrouve sa place entre mes mains, je soupire de nouveau. « J’ai un sérieux problème. » Je hoche la tête, la constatation est faible, un sérieux problème ne me semble pas vraiment être le terme adapté à la situation.

Sa réaction tombe, violente. Il ne pèse pas ses mots, la stupeur me gagne en même temps que mon angoisse monte d’un cran. Je ne supporte pas les périodes de doute, ou du moins, je ne les supporte plus. J’ai trop gouté à nous deux dans une relation normale pour revenir à la culpabilité des premiers instants. Je hais mon père et je déteste la situation dans laquelle il nous enferme. Paris qui autrefois était un soulagement devient brutalement une menace terrible, et lourde de conséquence. S’il en venait à me faire rentrer chez moi, le choix serait sans doute définitif. Regagner Assas après ces quelques mois à Oxford ? Laisser Tristan là, seul, forcé de partir ? Et puis quoi ? Il me tuerait avant, de toute façon, je ne veux même pas savoir comment il réagirait s’il apprenait que son fils fréquentait des hommes. Un homme. Son neveu, par-dessus le marché. Non, je ne peux définitivement pas me faire à l’idée. « Tu n’es pas responsable, Tris… » Je secoue la tête, tente désespérément de lui faire comprendre une fois de plus que je suis libre de mes choix et l’ai toujours été. Je refuse qu’il continue dans cette voix là, les phrases qui sortent de sa bouche sont trop difficiles à entendre, je ne peux pas le supporter. Qu’il s’en veuille me rappelle l’égoïsme dont j’ai fait preuve en venant jusqu’à lui ici, sur ses terres, et les ennuis après lesquels j’ai couru pour satisfaire mon égo trop important. Je soupire, secoue vivement la tête. « Si quelqu’un a foutu une vie en l’air ici, c’est moi Tris. Tu comprends pas… » Je me lève, nerveux, range mon téléphone dans ma poche et fais les 100 pas. « Si je n’avais pas fait le choix stupide de venir ici, tout ça pour… Soigner mon égo blessé… » Je me mords la lèvre. Me rassoit, passes inutiles. La phrase qui suit sonne comme une promesse libératrice, mais je n’y crois pas. Son intention est excellente, la réalisation, impossible. « Tu ne connais pas Henri Leroy-Duchesne… » Je secoue la tête de nouveau, mon père n’hésitera pas à faire le déplacement si nécessaire. « Et ma mère… » Renier toute relation familiale reviendrait sans doute à signer son arrêt de mort, ou au moins la cessation de sa vie sociale. « Tu n’aurais rien fait si je n’avais pas planté les bases de notre destruction il y a un an… » Je soupire, secoue la tête de nouveau. Se battre pour savoir lequel d’entre nous est responsable ne changera rien, mais j’ai du mal à supporter l’idée qu’il vive avec de la culpabilité quand je sais pour ma part que je suis responsable de cette terrible tendance d’attirance que je lui ai jusqu’à aujourd’hui portée. Je frémis, il prend ma main. Je sais qu’il est fort, bien plus qu’il ne pense l’être. Lui qui a toujours porté une admiration tacite à mes faits et actions, je sais aujourd’hui que c’est l’inverse qui est le plus logique. Je ne sais pas comment gérer la majorité des situations quand lui le fait à merveille. Je soupire, la suite de ses paroles me serre la gorge et m’étouffe, mon rythme cardiaque s’accélère. Les souvenirs de ces derniers jours, mon anniversaire, nos escapades, se mêlent à l’idée violente que tout ça pourrait prendre fin, et l’idée m’est insupportable. Je serre sa main dans la mienne qu’il vient de prendre, secoue la tête. « S’il te plait... » Je m’interromps, la supplique suffira pour ce qui concerne son départ potentiel. « Je ne supporterai pas qu’il t’arrive quoi que ce soit à cause de moi. » Quoi que veuille la foudre paternelle, je préfère la subir moi que laisser Tristan en réparer les conséquences, mon père ne se maitriserait sans doute pas s’il l’avait en face de lui. Je détache ma main de la sienne, les mots deviennent plus lourds de sens encore, la conversation, plus sérieuse. « Il ne s’agit pas de le laisser diriger ma vie… » Je le regarde en luttant contre une émotion certaine qui m’envahit peu à peu. Il est clair que si Tristan attend de moi que j’envoie mon père se faire foutre, il a sans doute choisi un petit ami trop lâche. Je compte sur la longévité de cette relation, mais l’annonce parentale de l’évènement n’aurait pas lieu immédiatement. Je veux attendre, et s’il vient un jour à l’apprendre, ça sera une fois que ma mère sera en sécurité. Je me fiche de perdre mon père, mais je connais ses capacités absolues à s’entêter. Henri Leroy-Duchesne n’ignore pas, il détruit, et serait capable de détruire sa femme pour se venger de son fils. Je le sais, Tristan est fort mais la tornade que représente mon père sera un obstacle certain à affronter. Je n’ai pas l’intention de le laisser guider ma vie, mais la menace est réelle, l’obéissance menant à un conflit plus calme que le refus absolu d’obtempérer. « Si mon père apprend ce qui se passe réellement ici, il ne se contentera pas de s’occuper de moi, Tristan. Il s’occupera de toi, de ma mère aussi, et même de ta sœur s’il en a envie. Il ne porte pas les Faure dans son cœur, cette nouvelle serait le clou du spectacle. » Je soupire, reste à distance. Mon cœur bat trop vite, j’ai chaud, peur, infiniment envie de lâcher prise. C’est la première fois que Tristan invoque une rupture potentielle dans un délai relativement long et avec autant de sérieux, et la peur qui m’habite est désormais saisissante.

« Ca n’est pas le fait que tu sois un homme qui rend l’acte impardonnable, Tris. C’est le fait que tu sois mon cousin. » Le fait que je sois soudainement attiré par un homme ne m’a même pas tant perturbé que ça, l’autre partie de mon attirance m’ayant toujours apparue comme considérablement pire. Le contact qu’il crée m’aide à dédramatiser légèrement la situation, qui me semble tellement improbable que j’ai presque du mal à respirer. Qu’est-ce que je suis en train de faire ? Je soupire, cligne un peu des yeux. « Tu es parti, ce soir là, à plusieurs milliers de kilomètres. L’acte en lui-même était assez révélateur de l’embarras que j’ai déclenché, tu ne crois pas ? » Je le regarde tristement, nos paroles sont lourdes de conséquences, j’ai l’impression qu’il va partir maintenant.

« J’essaye simplement de te faire comprendre qu’il ne lésinera pas sur les moyens de m’atteindre. Je ne vois pas trop ce que je pourrais faire pour l’en empêcher, en réalité. » Je ne suis pas un surhomme, il finira par m’avoir ou par lâcher prise, mais à quelles conditions ? Que faudra-t-il faire pour se débarrasser de lui ? Difficultés insurmontables ? Je déglutis avec difficulté, si Tristan part maintenant, les menaces de mon père seront inutiles. Je rentrerai en France de moi-même. Nouvelle thérapie, reprise des études, j’ignore à quel prix je pourrais me sortir de la situation, préfère ne pas y penser. « A part l’assassiner, je ne vois pas de solution dans l’immédiat. Si ma mère lui tenait tête… » Il part de me perdre, je n’envisage que la solution dans laquelle je suis le perdant. Je soupire, lutte contre la vague de tristesse qui menace de m’envahir. Les problèmes fusent, les solutions se font rares.

« Je n’ai jamais envisagé la chose comme ça, si mes parents n’étaient pas mes parents la situation serait sans doute fondamentalement différente, mais annoncer à mon père que je compte vivre une relation avec mon cousin ne risque pas d’être une évidence pour lui. » Je le sais. N’importe quel père serait choqué, le mien serait violent. Un silence pesant accueille les révélations qui suivent, je baisse la tête en repensant à cette année passée de torture, d’angoisse et d’attente. De volonté de guérison, comme si j’étais abominablement malade. Tout ça pour un simple problème d’égo démesuré, le mien bien entendu, je l’ai rejeté, et j’en ai payé les conséquences. A quoi je m’attendais, l’an dernier, en lui révélant le fond de mes vrais ressentis ? A ce que tout soit facile ? Je dois payer les conséquences de ma propre stupidité, et pire encore, j’oblige Tristan a payer lui aussi quelque chose dont il n’aurait probablement pas voulu si je n’avais pas été l’élément déclencheur d’une possibilité. « J’avais peur… Je suppose. »


uc
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MessageSujet: Re: Trouble never comes alone Ϟ ANDRESTAN.   Ven 1 Juil - 13:50

L'horloge tourne, aucune nouvelle. Je dois probablement virer paranoïaque, mais le fait de ne recevoir aucun texto ni appel ne me rassure pas. Si j'ai bien évidemment à faire avec la gestion de ma vie sociale sur un réseau social dont je ne citerai plus le nom, je ne peux pas m'empêcher d'être inquiet. Je tente quelques messages mais ne reçoit pas les accusés de réception. Commençant ma ronde autour de la table en m'imaginant mille scénarios j'appréhende qu'il soit arrivé quelque chose de grave. Andrea n'éteint jamais son portable lorsqu'il n'est pas avec moi, passe au moins voir les messages sur son mur, de plus il s'agit de l'anniversaire de sa mère, tout me laisse sur l'idée d'un mauvais pressentiment. Mon agacement atteint son paroxysme alors que je tente de l'appeler pour tomber sur sa messagerie. Mon cœur manque un battement avant de reprendre une pulsation frénétique. Et si Elise avait finalement trouvé de quoi étayer sa théorie, prévenu les parents d'Andrea ? Je ferme les yeux tentant de ne pas me perdre dans des scénarios catastrophe. Je dois me calmer ou je pourrais passer pour un psychotique en pleine crise. L'attachement a décidément de drôles d'effets sur moi. Je m'assois de nouveau devant mon ordinateur, entreprend de faire ce que j'ai à faire, navigue de murs en murs, dérive inlassablement sur le sien en quête de nouvelles. Une heure de plus s'écoule, j'entends le bruit de clés dans la serrure de l'appartement.

Alors que je me lève pour rejoindre l'entrée, j'entends sa voix visiblement paniquée appeler mon nom. Je manque un nouveau battement avant de me poster devant lui pas moins calme. « T'étais ou putain j'ai essayé de t'appeler t'envoyer des textos, il se passe rien de grave rassure moi Andrea ? » Je l'embrasse furtivement comme pour m'assurer qu'il est bien face à moi avant de soupirer et de le fixer gravement, son expression ne me disant pas grand chose qui vaille. Je ne sais pas si je dois paniquer maintenant. Il me désigne son téléphone du doigt avant de m'inciter à lire un texto qui visiblement n'est pas un des trois ou quatre complétement flippés que j'ai pu lui envoyer dans la soirée. J'hésite un instant, puis décrypte le message qui apparemment provient de son géniteur. Si le texto exprime à demi mots que j'influe négativement sur Andrea, je ne retiens que la menace de Paris qui plane désormais sur la tête de mon amant et cousin. La culpabilité me tombe dessus écrasante, et je soupire avant d'oser relever les yeux vers lui. « Putain. » Je ne trouve pas d'autres mots dans l'immédiat. « J'aurais pas du t'inciter à faire ça, j'aurais vraiment pas du. » L'angoisse me noue la gorge à mesure que j'imagine la suite des événements. Je ne pourrais pas le laisser regagner Paris seul, je sais aussi que je suis grandement responsable des excentricités actuelles d'Andrea. Les mots sortent sans que je ne les contrôle, si je parle seulement de l'idée d'assumer notre presque officielle relation pour nous sauver la face sur facebook, je réalise que la phrase pourrait s'appliquer à notre entière relation, lorsque je croise son regard, je prends conscience que c'est exactement ce qu'il a compris. L'imaginer repartir à Paris auprès d'un père violent, m'est difficilement acceptable, je me laisse lentement submerger par le désespoir, alors que pourtant rien n'est fait. Je voudrais être fort mais la nouvelle me bouleverse. « J'ai juste l'impression de foutre ta vie en l'air. Andrea je pourrais pas te laisser repartir là bas t'en es conscient ?» J'affiche une expression d'extrême tristesse et le fixe, me demandant seulement si il a la moindre idée de ce que je serais prêt à faire pour garder ce qu'on a tous les deux. Je sais exactement ce qu'il pense et sa phrase ne fait que me le confirmer, mais je ne peux décemment pas tolérer de telles paroles. Un choix a été fait par chacun de nous, je suis capable de me tenir au mien quoi qu'il advienne, l'entendre me dire qu'il est à l'origine de ce qui s'est passé à Oxford me rend nerveux. J'ai tout foutu en l'air en débarquant ivre chez lui, éveillant à nouveau ses sentiments en l'embrassant d'abord par provocation, puis comme je le fais actuellement. Les choses auraient probablement été différente si je ne l'avais pas tenté moi même. « Andrea, ne change pas les faits. A Paris il ne s'est rien passé, à Oxford JE t'ai embrassé. » J'insiste sur le faits, je peux sciemment les assumer. Il s'agite semble en proie à un authentique crise d'angoisse. Je prend sa main et la serre dans la mienne. Il me dit que je ne connais pas son père, j'en sais assez pour savoir que je suis physiquement incapable de le laisser courir à l'abattoir. « Et ça m'est égal, je saurais faire ce qu'il faut pour toi si il s'avère que la situation venait à considérablement se dégrader. Je te l'ai promis Andrea, mais si t'as pas envie que je le fasse, mieux vaut peut être qu'on se sépare maintenant. » Je sais que mes mots sont dur, mais nous devons faire face. « Parce que je serais jamais capable de rester là à le regarder te détruire, c'est pas une question qui se pose seulement pour moi... Mais je suis peut être pas le garçon qu'il te faut, si tu veux le laisser diriger ta vie. » Planter les bases de notre destruction, la phrase sonne tragiquement, toutes ces journées à tenter d'appeler ça amour et d'y croire même un peu semblent n'avoir servi à rien. Ce qu'il en pense n'a pas changé. Un pincement au cœur je prends conscience que pour ma part je me suis clairement noyé dans l'illusion. « Andrea. Tu avais bu, t'étais pas dans ton état normal, ce genre de choses arrive quoi que tu en dises, le fait que je sois un homme ne devrait pas rendre l'acte impardonnable. » Je passe ma main dans ses cheveux, la laisse s'échouer sur sa nuque. « Et tu sais rien de ce que j'ai ressenti à Paris. » Le fait que je refuse catégoriquement de parler de ce qui s'était passé ce soir là à mes proches alors qu'il en était théoriquement le seul responsable devrait l'alerter et mettre l'accent sur le fait que je pourrais moi aussi me reprocher d'avoir ressenti de l'attirance lors de notre contact plus rapproché à Paris. Je me sens pris dans un gouffre ou je ne verrais pas la lumière, la suite de ses propos me donne juste envie de tout abandonner. Lorsque nous nous sommes engagés, j'ignorais être confronté si tôt à une impasse assez évidente. Je ne peux en aucun cas lui demander d'abandonner sa mère par amour pour moi et c'est clairement ce qu'implique notre relation un jour découverte. Les pensées se bousculent toutes plus noires, je voudrais pouvoir les effacer retourner quelques jours en arrière, parler de notre relation en riant, de nos cheveux, mais je ne peux pas. « Andrea, tu te rends compte de ce que tu es en train de me dire ? D'abord j'apprends que ton père bat ta mère, qu'il pourrait s'en prendre à toi, et maintenant que tu l'imagines capable d'attenter physiquement même à ma sœur qui n'est même pas au courant de notre relation. Andrea ça commence peut être à faire un trop de difficultés insurmontables là. » Je tente de rester calme, mais les tremblements menacent, je suis en train de le perdre, je n'aurais jamais cru la descente aussi rapide. La recherche de solutions s'avère épineuse, j'ai l'impression de les avoir toutes envisagées sans qu'elle ne me paraissent seulement efficaces. « Je ne veux pas qu'on se sépare mais l'officialisation de notre relation, nous a peut être fait voir trop loin, notamment les limites. On doit trouver une solution Andrea parce que je te préviens tout de suite, je ne suis absolument pas prêt à te perdre ce soir. » Je sens ma gorge se serrer malgré moi, à mesure que j'envisage la finalité, je pourrais sombrer, m'effondrer une nouvelle fois. C'était peut être trop téméraire. Sa phrase claque comme une gifle, car trop dure, trop vraie. Je ne nie pas pas qu'il a raison, je ne cherche pas non plus à banaliser la situation, mais je sens en moi le besoin d'exprimer ce que j'ai réellement voulu dire chose qu'il n'a apparemment pas tellement bien saisi. Je soupire tentant de ne pas montrer que ce genre de propos me blesse à chaque fois qu'ils sont formulés. « Ce que j'ai précisément voulu dire, c'est que ce genre de petits dérapages sous alcool entre cousins & cousines arrive plus que régulièrement, nous ne sommes pas frère et sœurs, nous n'avons pas été élevés ensemble, tu es physiquement attirant... Si ca n'avait pas été toi mais une de mes cousines j'aurais très probablement cédé sans songer aux conséquences. Pour moi en revanche tu as toujours été à part, et ce genre de révélations venant de mon cousin détesté et ce aussi brutalement... Je n'y étais pas préparé. Tu m'as toujours rejeté Andrea... » Aussi loin que je puisse remonter, l'indifférence n'a jamais caractérisé notre relation, la suite de la conversation est cependant loin de m'apporter les solutions que je recherche. Andrea commence à délirer, je n'ai qu'une envie, fuir. « Si on ne trouve pas de solution dans l'immédiat, on en trouvera pas plus dans le futur, sois réaliste. » Mon ton se veut plus sec, tourner autour du pot comme deux âmes en peine complétement dingues l'une de l'autre mais tragiquement soumises à la morale familiale n'a rien de plaisant, j'aime autant énoncer les choses telles qu'elle sont. « Et t'avais peur de quoi ? » Je soupire et croise les bras. « Je crois que j'ai besoin de prendre l'air et de réfléchir un peu à tout ça, toi aussi. Je sors, je prends mon portable si t'as un soucis. » Je m'approche de lui et capture ses lèvres non sans une tristesse clairement perceptible, puis l'abandonne, quitte l'appartement, me retrouve seul dehors.

L'envie de m'effondrer en larmes au milieu de la rue me talonne, je ne peux cependant pas m'autoriser ce genre de faiblesses. J'ai l'impression d'avoir tout perdu, ma sœur, Léandre...Me séparer d'Andrea maintenant serait plus que destructeur, il est pratiquement tout ce qu'il me reste. L'issue de la conversation m'angoisse et pourtant une décision doit être prise ce soir quoi qu'il arrive. M'enticher de mon cousin était décidément une très mauvaise idée, le réaliser ne rend pourtant pas les choses plus évidentes, bien au contraire, la réalité de nos sentiments et de notre relation est chaque jour un peu plus vraie et il m'est de plus en plus difficile de leur attribuer le rôle de simples passades. Je sais que je l'aime réellement pour ce qu'il est et qu'une séparation même brutale serait bien trop tardive dans notre cas. Je marche, je ne sais ou je vais, le vent fait couler mes larmes, ou alors elles coulent seules. Rupture, rêves brisés, espoirs déchus, ne plus le revoir, ou le revoir chaque jour et souffrir à chaque fois. Noël, Pâques, repas de famille, mariages, omniprésence, destruction, addiction. Une douleur me vrille le cœur, je pourrais n'être plus qu'à quelques minutes de l'anéantissement probable d'une partie de ma vie, n'être plus qu'à quelques minutes de ne plus être Tristan Faure, le copain d'Andrea Leroy-Duchesne. L'irréalité des mots formulés vient s'ajouter à mon désespoir, j'ai besoin de nier, de rester dans la tour d'ivoire que nous nous sommes construit, mais je m'en éloigne à chaque pas. Je voulais aimer, c'est maintenant chose faite, je suis tombé amoureux, et je suis tombé tout court. J'ai besoin d'aide, ma lucidité s'effrite, la décision est trop grave. Je saisis mon téléphone, compose le numéro de Blair. Lorsque j'entends sa voix, je parle, ma première phrase m'arrache un tremblement incontrôlé.

TRISTAN : « Blair, je dois rompre avec Andrea. J'ai besoin d'aide. »
BLAIR : « Tu dois faire... quoi ?...Tristan qu'est ce qui s'est passé ? »
TRISTAN : « Notre relation va gâcher sa vie, je ne peux pas faire ça. »
BLAIR : « Mais pourquoi tu dis ça, ca avait pas l'air de lui gâcher la vie, l'autre jour...»
TRISTAN : « Son père menace de le renvoyer en France si il continue ses excentricités, ça finira par se savoir, et je ne peux pas demander à Andrea de choisir entre ses parents et moi. Son père le tuerait s'il apprenait... Je me rends seulement compte de la dangerosité de la situation en ce qui le concerne. Blair, je ne peux pas infliger ça à une personne que j'aime, il ne se rend pas compte de ce qu'il va perdre...Je dois le quitter, c'est nécessaire, je n'arrive seulement pas à imaginer comment lui dire que c'est terminé. Donne moi le courage, il le faut... »
BLAIR : « Tristan, tu ne crois pas qu'Andrea est assez grand pour savoir si la dangerosité de la situation justifie de faire un choix pareil ? Tu ne peur pas partir tout de suite, le quitter reviendrait à vous faire souffrir tous les deux et lui peut être encore plus que ce qui est envisageable avec son père. »
TRISTAN : « Je ne sais pas quoi faire Blair, il m'a dit que son père serait capable de s'en prendre à n'importe qui physiquement même à Laureline... »
BLAIR : « Vous êtes forts tous les deux, n'abandonne pas au premier obstacle, quelque soit sa taille Tris, je te pensais plus combatif que ça... »
TRISTAN : «  »J'ai tellement peur...J'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie, Blair je n'ai pas de solution à lui proposer, j'ai beau réfléchir je ne trouve pas.  »
BLAIR : « C'est ça une relation, Tris, avoir peur, être bloqué, mais ne fais pas d’erreurs que tu regretteras toute ta vie, tu y retournes maintenant et lui prouve que tu es là pou lui, vous allez trouver une solution et les Hastings-Bass peuvent vous aider si besoin. »
TRISTAN : « Merci beaucoup. »
BLAIR : « De rien j'attends ton debriefing as soon as possible. »

Je raccroche soupire. Il est temps de rentrer maintenant, la discussion avec Blair m'a recadré. La pression tombe, je dois le rejoindre maintenant, avant que lui ne se fasse d'idées. Le soutien de Blair me remonte le moral, et aussi stupide que ca puisse être m'a aidé à ne pas faire la connerie de ma vie. Mon rythme cardiaque se calme, je rejoins l'appartement pousse la porte, le trouve sur son ordinateur. «Andrea, je suis tellement désolé. » Je soupire et m'approche pour m'asseoir sur une chaise près de la sienne. Je pose ma main sur son bras, attends qu'il réagisse.
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