Today everything is gonna be perfect for you. ♠ ANDRESTAN

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MessageSujet: Today everything is gonna be perfect for you. ♠ ANDRESTAN   Dim 26 Juin - 14:55

Journée tout à fait spéciale que je prépare depuis un moment déjà. Je sens le stress et l'excitation s'agiter joyeusement dans mon système sanguin, je dois être à la hauteur, faire quelque chose que j'ai toujours rêvé de faire pour quelqu'un. Ma conversation avec Léandre me revient soudainement en tête et augmente quelque peu la pression qui ma talonne déjà. Impossible de flancher maintenant, il faut que tout soit parfait, je dois garder la tête froide, même si ce que je compte faire comporte un certain nombre de risques inhérents. Bien entendu il nous faudra quitter Oxford pour la journée, mais les prétextes ne manquent pas pour rejoindre la capitale. Londres est la ville qu'il faut, même si dangereusement proche de celle ou nous résidons. Le plan n'est pas moins simple que celui là, je vais lui offrir un journée parfaite, une journée pendant laquelle lui et moi n'aurons tout simplement pas à dissimuler notre relation. Évidemment l'entreprise est délicate, même a une heure et demi d'Oxford, les allées et venues sont fréquentes entre les deux villes et ce particulièrement l'été, mais je sais aussi par expérience que notre cercle sort bien rarement de ses habitudes et qu'aucun TroubleMaker n'étendra son terrain de chasse jusqu'à Londres, de plus, je peux compter sur l'aide de Blair qui compte m'avertir du moindre mouvement Oxfordien en notre direction.

Habillé sobrement mais élégamment, je soupire, tentant d'évacuer les ondes de stress qui m'assaillissent dangereusement. Tout va bien se passer, Londres est une grande ville et moi un grand garçon. Je ne sais honnêtement pas comment réagira Andrea à l'attention, mais je ne le forcerai à rien, s'il refuse de se prêter au jeu, je saurais me contenter du plan B. prévu pour la soirée. A dire vrai la scène d'un petit bar musical de Soho sans prétention lui est entièrement réservée pour vingt deux heures. Pour ce qui est de la fête prévue à Oxford, nous aurons tout le temps d'y songer demain après une intoxication alimentaire à cause d'un restaurant chinois peut être pas très net ou personne n'aurait eu l'idée de nous croiser la veille. Je souris enfin, il est l'heure, je dois rester calme, arriver dans le salon et annoncer la chose, moi qui m'était montré particulièrement discret, faisant même mine d'oublier sa date d'anniversaire. Je m'accoude contre le mur. « Je t'ai dis, qu'on sortait chez Blair ce soir, mais j'ai eu une autre idée entre temps. Je me disais qu'on aurait pu fêter ton anniversaire tous les deux loin d'Oxford, à Londres plus exactement... » Je m'amuse du fait qu'il cesse subitement de faire la gueule se levant pour se poster face à moi, les mains sur mes hanches. Malgré le peu de temps passé réellement ensemble, j'ai l'impression de le connaître mieux que je ne pourrais me connaître moi même. Lorsqu'il dépose un rapide baiser sur mes lèvres, je souris. Je ne suis pas un copain si ingrat. « On a eu assez d'intimité tu ne crois pas ? Il est peut être temps de se perdre un peu dans la foule. Et le A. posté sur ton mur ne réfère pas à Andrea, mais à Anniversaire, techniquement j'ai été le premier à te le souhaiter, j'aurais laissé ce privilège à personne.  » Mon téléphone vibre dans ma poche et je prend note du fait que la voiture nous attends effectivement en bas. Je saisis sa main au vol et l'entraine à l'extérieur avec toujours le même air de satisfaction. J'ai été plus qu'évasif sur l'idée de base, mais les choses devraient se préciser bien assez tôt. Lorsqu'il dit que nos moments d'intimité ne le lasseront jamais, je ne peux pas m'empêcher d'afficher un sourire de parfaite complaisance, sans trop que je ne sache ni comment ni pourquoi, ce genre de déclarations finit bien par avoir son petit effet sur moi. Je soupire et ajoute d'un ton plus détaché. « Mais tu vas d'autant plus apprécier mon programme de la soirée. Et puis on a plus de farine de toute façon. » Je descends les escaliers sans lâcher sa main, peut être un peu trop confiant, je suis prêt à lâcher prise s'il s'avère que quelqu'un décide de franchir une porte. Le couloir est désert, nous quittons l'immeuble sans le moindre problème pour nous engouffrer dans la berline qui nous emmène déjà loin d'Oxford.

Londres. Nous y sommes, je pose un pied à terre, je suis déjà perdu dans l'immensité de la ville. Contrairement à d'ordinaire je me sens infiniment petit au milieu de tous ces gens qui se pressent et s'agitent autour de nous. Prenant une inspiration, je décide de prendre simplement sa main comme s'il s'était agit de la chose la plus naturelle du monde. Évidemment cela ne l'est pas, mais aujourd'hui, il doit y croire. Je sens mon rythme cardiaque s'accélérer, c'est quelque chose auquel je ne pouvais décemment pas me préparer. Je sens l'adrénaline s'insinuer doucement dans mes muscles. Je ferme les yeux puis avance, nous y sommes presque. Méticuleux, j'ai envisagé le scénario des tas de fois, je dois le faire, ça doit être unique. Le soleil décline, les silhouettes se confondent déjà, nous sommes au milieu de touristes venus de toute part. Big Ben nous fait dos, je le regarde un instant en quête d'approbation, je vais le faire, je le fais. Je saisis sa nuque, approche mes lèvres des siennes, l'embrasse. Mon cœur bat à tout rompre, je suis au milieux d'une centaine de personnes muni d'appareils photos en tout genre. Lorsque le contact se brise je reste un moment tremblant contre son front et chuchote d'une voix douce. « Joyeux Anniversaire. » Je suis terrifié et à la fois heureux, jamais les deux sentiments ne s'étaient mêlé aussi bien. J'ai eu le courage de le faire, je ne regrette pas. Les gens autour de nous ne nous regardent pas plus que la grande horloge, je peux m'autoriser un sourire, mon pouls se calme, il me remercie. Je murmure avec un sourire. « Même pas peur. » Une nouvelle fois je pars à la recherche de ses lèvres pour finir par me tourner vers Big Ben. Ma main ne lâche pas la sienne, je la serre un peu plus fort. « Je pense qu'on devrait se dépêcher d'aller dîner, tu es attendu vers vingt deux heures, faut vraiment pas que tu sois en retard, il y a des gens qui comptent sur toi ce soir. » Je laisse s'esquisser un sourire plein de malice qui découvre une partie de mes plans, bien entendu, je n'en dirais pas plus, je sais cultiver le mystère. M'habituant doucement à marcher à découvert a ses côtés, je regarde le jour disparaître au profit de lumières tamisées. La nuit tous les chats sont gris, ce proverbe pourrait tout à fait s'appliquer à nous. Quelques arrêts de métro plus tard, nous foulons China Town, rien n'a vraiment d'importance.

C'est officiel je déteste les sushis, les gens pourront me dire ce qu'ils veulent sur le côté absolument tendance de la chose, je ne m'y ferais jamais. Pourtant j'ingurgite me foutant presque du goût de ces horreurs, l'important n'est pas là et j'en suis tout à fait conscient. En sortant j'y vais de mon petit commentaire, c'est plus fort que moi. « Juste pour l'exotisme, à ne pas refaire, mais au moins, maintenant tu sais que j'ai horreur de la nourriture japonaise... » Je souris tout de même empruntant le bouche de métro. Décidément c'est une journée exceptionnelle, personne n'est sans savoir que je n'apprécie que très moyennement les tunnels, même éclairés. Aujourd'hui je bouscule mes habitudes, il pourra au moins se targuer d'avoir réussi à obtenir ça de Tristan Faure. « Et accessoirement que je suis claustrophobe. Je dois vraiment beaucoup d'aimer, j'espère que tu le sais. » Je referme ma prise sur sa main et tente de paraître le plus calme possible pendant les cinq petites minutes qui nous séparent de notre nouvelle destination. Il est près de vingt et une heure cinquante, nous y sommes. Je ne peux pas m'empêcher de sourire comme un crétin, parce que je sais que ce qui va suivre le rendra heureux, qu'il s'agit réellement de ce qu'il aime. Artiste que j'ai toujours envié, lui contrairement à moi sait montrer aux autres qu'il aime ce qu'il fait, se donne simplement sans craindre quoi que ce soit. Je n'aurais pas le courage de faire ce qu'il est capable de faire. Nous entrons dans le bar, le gérant vient bien vite le saluer me l'arrachant avec enthousiasme pour lui expliquer le déroulement de la soirée à ma place, lui montrant la scène ou se tient un piano et un micro. Je lui souris de loin m'installant seul à une table. Très tôt les regards des invités se tournent vers Andrea qui s'installe au piano après une phrase que je n'aurais jamais pu l'imaginer sortir devant autant de monde. Je tressaillis un moment, alors que mes pulsations cardiaques s'intensifient, je sais pas vraiment à quoi m'attendre, ni même si je suis capable d'appréhender tout ce qui est en train de se produire ce soir. Son regard capte le mien, il commence à jouer, comme toujours la perfection le caractérise, je le voudrais que je ne pourrais pas l'admirer davantage. Quelque chose avec les musiciens sans doute quand on s'attarde sur mon passé. Celui là est pourtant tellement différent, les mots viennent à me manquer. Je reste silencieux, pas moins touché. Les chansons s'enchaînent, je ne le quitte pas des yeux, il est brillant réellement brillant et de vagues coup d'œil vers la salle m'indiquent que je ne suis pas le seul à le penser. Je pourrais m'étouffer avec ma propre fierté, je sais que je n'ai jamais connu de personne que j'admire autant. Nos années de jalousies et de haine ne me renvoient plus que la stupidité de ce que j'avais pu croire à propos de notre relation passée. Ça n'aurait pas pu continuer, lui et moi étions génétiquement fait pour nous comprendre. Alors qu'il quitte la scène pou me rejoindre, je me lève presque instantanément, nos lèvres s'entrechoquent sans aucune pudeur cette fois, je fais fi du fait que nous soyons au beau milieu de ces inconnus, il applaudissent, sourient, ils n'ont aucune idée de qui nous sommes, pourtant j'ai l'intime conviction qu'ils sont les seuls à voir notre relation telle qu'elle est vraiment. Notre baiser se termine, les seuls mots qui me viennent sont ces trois là, trois mots que j'avais voulu intellectualiser pour finir par les lancer ce soir, sans y réfléchir, sans retour en arrière possible. « Je t'aime. » Lorsque lui les prononce à son tour, j'ai l'impression de tomber, mon cœur s'arrête puis repends totalement anarchique. Je ne sais pas quoi penser de nos révélations, tout devrait s'éclairer, mais comme toujours c'est la peur qui domine même mêlée d'une excitation difficile à dissimuler. L'effet produit par cette simple phrase est telle que je ne devrais plus douter de quoi que ce soit, l'indicible a maintenant été dit, pire qu'un engagement officialisé, je prend conscience de l'ampleur de ce qui est en train de se produire. Je ne trouve plus les mots, je sais juste qu'indéniablement, je l'aime. « Allez viens. » Je prend une nouvelle fois sa main, quitte le bar pour rejoindre la chambre d'hôtel réservée quelques rues plus loin. L'air à l'extérieur est encore lourd, mais, je me sens anormalement bien. Pour la première fois depuis que nous avons décidé d'être ensemble je vis une journée normale, je sais aussi qu'une fois à Oxford il faudra reprendre nos anciennes habitudes à savoir se cacher. Je ne veux pas y songer encore. Passé la porte de la chambre, d'hôtel je soupire et souris. « C'est pas grand chose, mais j'espère que tu es heureux. »

Ses bras encerclent mon cou et je ne peux m'empêcher de me sentir privilégié, je suppose que c'est ce qui arrive lorsqu'on aime une personne, on s'imagine sans doute qu'elle pourrait tout à fait s'enticher de quelqu'un d'autre, qu'on pourrait à tout moment la perdre pour finir par réaliser que son choix a déjà été fait. Je le regarde un instant avant de l'embrasser furtivement. Comme à chaque fois que je le fais, j'ai conscience de l' équilibre fragile sur lequel repose notre relation. Si je devais rompre avec lui, je serais très vraisemblablement détruit, tout porte à croire que l'inverse est aussi vrai. S'aimer ne suffit pas toujours, si notre relation venait à être découverte maintenant, je ne sais honnêtement pas si nous aurions les armes pour affronter la situation. La peur ma talonne à nouveau avant que j'esquisse un nouveau sourire teinté certes, par mes réflexions passées. Ma main caresse doucement sa joue avant de se laisser tomber contre mon corps. « Maintenant que tu sais comment m'empoisonner à coup de sushis, et me déclencher une crise en me laissant tout seul dans le métro j'aimerai que tu me dise un truc sur toi, j'aimerai vraiment te connaître mieux que les autres. » La réponse fuse après un instant d'hésitation, je sais que ce n'est probablement pas ma remarque sur la nourriture japonaise qui va le pousser à se dévoiler, et plutôt même à m'étayer son carnet de santé, mais je ne veux pas le brusquer. Andrea a toujours exercé sur moi une certaine fascination probablement due au fait qu'en dehors de ce qu'il daigne bien afficher en public, je n'ai jamais eu l'occasion de le connaître plus que ça. Je l'ai voulu réellement avant de lâcher prise en réalisant qu'il n'en avait pas très envie. Aujourd'hui les choses sont différentes, nous sommes ensemble, réellement, j'imagine que ça change énormément de choses. Je hausse les sourcils à sa remarque sur les abeilles. « On va éviter de t'en faire croiser alors. Ta mort me serait dramatique. » Je lui souris avant de me laisser entraîner sur le lit, riant un peu lorsqu'il mentionne les circonstance de son adhésion à Oxford. « T'as fait ça pour m'emmerder pas vrai hein ? Ce premier contact Oxford fut fort intéressant, tu noteras que c'est la première fois que je te plaquais contre un mur, l'expérience était vouée à se réitérer... J'ai commencé le piano uniquement pour faire comme toi. » Je ne peux pas m'empêcher de rire à l'évocation de cette anecdote, j'ai des réaction parfois tellement ridicules. L'envie de me retrouver contre l'envie maladive de me faire chier, j'opte pour un mélange des deux qui est sans doute le plus approprié, je secoue la tête en levant les yeux au ciel, mais quel emmerdeur né cet Andrea Leroy Duchesne. « Probablement un peu des deux, j'ai honnêtement failli t'arracher les boucles une par une avant de te les faire avaler et de te renvoyer en France avec trois dents en moins, mais t'avais rien à prouver, toute la famille sait déjà que tu es meilleur que moi, j'ai vraiment eu l'impression que tu venais me voler la dernière chose que j'avais sans toi. Faut croire que ça ne me dérange plus tellement. Je suis faaaible. Si tu me quittes tu vas recommencer et en prime tu sauras à quel point ça m'emmerde. Tragédiiiie. » Je l'attire vers moi pour l'embrasser doucement avant de le laisser reprendre le cours de sa conversation. L'aveu qu'il fait lui semble difficile, et bien que je le prenne tout à fait au sérieux, je préfère dédramatiser la situation en prenant sa main en souriant. « J'aurais peut être du t'accompagner, j'aurais peut être pas une si mauvaise influence sur toi, mais la mienne m'a suffit j'imagine...Je ne sais pas aimer modérément, ça n'y a rien changé. » Je soupire et songe à cet abruti d'Apollon en me demandant comment j'ai pu me mettre dans des états pareils pour ce type. Je ne suis décidément pas toujours logique. Je ne peux m'empêcher de me crisper légèrement lorsqu'il annonce la couleur. S'il me quitte je devrais donc me faire à l'idée de ne plus le croiser ici à Oxford ? Il partirait vraiment ? Je ne suis pas certain que je serais capable d'en faire autant même pour me préserver, forcé d'admettre que je suis capable des pires folies à ce niveau là. « Tu me laisserais même pas une chance de te récupérer ? » Parler rupture me semble soudainement bien moins léger et je ressens comme le besoin de retrouver son contact assez rapidement, comme effrayé par la tournure que la conversation prend. Lorsqu'il évoque le parallèle entre Cally et ma tentative de suicide ratée d'il y a quelques années, je soupire. « C'était stupide de ma part, pour te dire la vérité, j'ai laissé Apollon me quitter, j'ai préféré poursuivre mes rêves et le perdre, j'aurais du assumer mon choix, particulièrement parce qu'aujourd'hui je ne le regrette même pas. » Toujours l'éternelle question. Je peux aimer dangereusement, toujours revient cette même notion d'avenir, comme si j'avais préalablement orchestré toute mon existence selon des critères rigides et infranchissables, jusque là j'ai toujours vécu dans cette optique, mais je dois bien reconnaître que notre relation avec Andrea en va totalement à l'encontre, et ce quoi que j'en dise. Je suis peut être prêt à tout foutre en l'air. A toutes les promesses que je me dois de tenir j'ajoute au centre celle de tout faire pour cette relation. S'il s'avère que ce qui est humainement possible ne suffit pas, alors je consentirais à lâcher prise. « Et je t'ai fait replonger, notre relation a vraiment des airs de drogue. » Je soupire puis souris avant de songer au message glacial d'Andrea sur facebook à propos de son père, j'hésite à formuler la question avant de finalement me lancer. « Pourquoi t'es si froid avec ton père ? » Dans mes souvenirs ils avaient toujours formé la famille parfaite, colgate aurait même pu leur demander de tourner dans leur prochaine pub que ça ne m'aurait pas surpris. « Si tu me quittes j'aurais forcément envie de te récupérer, je crois que t'as aucune idée de l'état dans lequel ca m'a mis de t'imaginer avec Lucy, la dernière fois, je suis jaloux, très jaloux en ce qui te concerne, loin de moi l'idée de me débarrasser de toi » Ma crise en donnait un léger aperçu, mais ce n'était encore que ce que j'étais capable d'exprimer à ce sujet. Ce soir là j'ai vraiment cru à une rupture, une rupture brutale que je n'étais pas en mesure de vivre, désemparé, je ruminait, les yeux fixés sur l'horloge qui tournait inexorablement et soldait chaque minute un peu plus mon agacement. De toute ma vie, je ne me souviens pas avoir perdu aussi facilement mon sang froid pour une histoire de jalousie. « C'est la première fois. » Première fois que c'est aussi violent, le fait de ne pas pouvoir exhiber ma relation joue peut être un grand rôle dans ma possessivité, toujours est-il que partager Andrea de quelque manière que ce soit me semble physiologiquement inenvisageable. Je n'ose imaginer l'état que je pourrais atteindre s'il devait s'afficher avec une autre personne sous mon nez après une rupture qui dans notre cas serait forcément douloureuse. Inutile de dresser une scène forcément chaotique. Dans tous les cas de figure, une personne autre que moi pourrait tout avoir de lui sans le moindre soucis d'éthique, tout ce que je ne peux pas posséder sans me dresser contre ma famille. Le détail pèse lourd dans la balance, je sais d'avance que je serais incapable de vivre avec l'idée. Sa jalousie me rassure et lorsque je prends sa main j'ajoute de nouveau. « Rien de bien transcendant, si je me permet des comparaisons avec ma situation amoureuse actuelle qui me semble nettement plus intense. » Et sur beaucoup de points, le dialogue allant maintenant s'ajouter à la longue liste des choses que nous sommes en mesure de partager. La suite de la conversation le trouble et rapidement j'en apprends probablement plus que je n'aurais du. Le mythe de la famille parfaite s'effondre en même temps que lui. Andrea montre une facette de lui que personne lui connait. Je passe ma main dans son dos puis sur son bras que je presse affectueusement. Je me tais, n'osant pas l'interrompre, lorsqu'il termine, une seule question m'occupe. « Est ce qu'il t'a déjà... ? » Frappé ? J'ose espérer que ce n'est pas le cas, le fait qu'il cogne sur ma tante ne me réjouis pas tellement je sais pourtant que le secret d'Andrea se doit d'être gardé. « Et ta mère reste avec lui... ? » Je me détend légèrement quand il avoue n'avoir jamais été maltraité de la sorte par son père, je ne sais pas moi même si j'aurais été capable d'appréhender une telle révélation, moi qui de toute évidence ne me suis jamais penché réellement sur ce qu'il pouvait y avoir derrière la perfection savamment affichée de cette famille. Je connaissais son éducation rigide, mais je pouvais pas imaginer que mon oncle lèverai un jour la main sur Charlotte ou même sur Andrea. A mesure qu'il parle, je culpabilise, bien évidemment personne n'a rien vu, comme un enfant, je préférais me préoccuper de mes crises existentialistes et de ma jalousie, nous aurions pu aussi être proches, les choses auraient vraiment pu être différentes entre nous. Je me laisse tomber sur le dos quittant ma position assise avant de l'entraîner avec moi et de poser ma tête sur son épaule comme un gosse en manque affectif. Je soupire. « J'ai peut être merdé avec Elise, j'aurais pas du la jouer comme ça, si elle va tout cafter à ton père... Je supporterai pas qu'il t'arrive quelque chose à cause de moi. » Je caresse sa main dans un geste machinal avant d'ajouter. « En ce qui me concerne ça donnerait une raison valable au mien de me rayer de sa vie pour de bon, il aurait très honnêtement préféré n'avoir qu'une fille ou tout au moins un fils comme toi. »

Penser à cette fille m'agace, je ne sais même pas ce qu'elle nous veut, a vrai dire je n' ai pas voulu lui donner l'occasion de pouvoir amorcer un quelconque chantage. Ce qu'elle sait sur ce qui s'est passé à Paris n'est objectivement pas grand chose, et si cela la perturbe tant que cela elle peut aussi bien nous ignorer, ce n'est pas réellement comme si elle faisait partie de notre famille par exemple. Peut être veut elle seulement attirer notre attention, mais je ne lui fais pas confiance. Je m'inquiète cependant plus de ce qu'elle pourrait lui dire quand je ne suis pas là. « Tant que toi et moi on conserve la même version de l'histoire et qu'on continue de se dire les choses, il n'y a a priori aucune raison de soucier d'elle. » Du moins je l'espère. Que notre relation soit mis à mal par une négligence est admissible, qu'elle le soit par une emmerdeuse beaucoup moins. Je le regarde assez gravement lorsqu'il annonce qu'il est responsable de ses actes. La phrase sonne comme une résignation, je ne peux pas admettre qu'il clame être prêt à s'en manger une sans que je n'ai ne serais-ce qu'une part de responsabilité dans ce qui arrive. « Mais tu n'es pas le seul à l'être, j'aurais pu t'empêcher de t'engager dans tout ça. Maintenant c'est de toute façon trop tard, à moins qu'on envisage de se quitter maintenant après une soirée comme celle-ci... Je suis sceptique quant notre capacité à le faire. Pour ce qui est de mon père, je suis persuadé qu'il pense que te fréquenter ne peut avoir qu'une bonne influence sur moi, mais comme tu le soulignes, il ne donne pas vraiment le même sens que nous à fréquenter.  » La conversation dérive douloureusement, mais comme à chaque fois que le schéma se reproduit, nos lèvres finissent par se rejoindre. Je me saisis de son col et l'attire à moi. Mes mains se perdent dans ses cheveux et lorsque le contact se brise, je murmure. « C'est la première fois que tu sors avec un garçon ? » La question est en suspens, a vrai dire je n'ai aucune idée de sa situation sentimentale avant d'y être lié. Je le fixe passant en revue les rares visages de filles dont je suis en mesure de me rappeler, mais la question reste entière. Comme dans beaucoup de domaines qui le concernent, je ne sais rien. Sa réponse me fait sourire, parce que je pourrais aisément la sortir en mentant pour une fille. Si je ne doute pas de sa sincérité, je répond d'une voix douce. « Tu es en train de me draguer là non ? » Je joue avec une de ses boucles en souriant avant, puis laisse glisser mes mains sur sa chemise pour l'approcher un plus de moi. « Et ça marche en plus. » Je ris un peu lorsqu'il s'étonne que je considère une phrase aussi  « pathétique » comme de la drague. Amusé je réagis au quart de tour en faisant mine de râler. « Je t'arrête tout de suite cette phrase n'est absolument pas pathétique, et elle marche assez bien sur les filles. » D'une certaine manière, il est mon exception familiale, si on se permet l'humour sur la chose. Je ne suis incestueux qu'avec lui, si ce n'est pas merveilleux. Ma connerie atteint son paroxysme, ou alors sa proximité dérègle quelque peu mon fonctionnement cérébral. Je ris une nouvelle fois lorsqu'il m'annonce être casé. « Et tu oses tromper ton copain avec ton cousin, ça c'est très immoral. » Je pars à la recherche de ses lèvres une fois de plus avant de déboutonner un peu sa chemise, les températures caniculaires ne s'accordent pas réellement avec ce que nous sommes en train de faire, j'espère seulement qu'il aura la même prévenance avec ma propre chemise. « Tout à fait inconvenant monsieur Leroy-Duchesne... » Je lutte contre l'envie de rire lorsqu'il me demande si je teste régulièrement ce genre de petite phrases absolument fausses sur les filles de mon entourage. Bien évidemment que oui et avec l'accent français en prime. « Très souvent même... » Je lui lance un clin d'œil avant de poursuivre. « Regarde je vais essayer sur toi. » J'approche doucement mon visage du sien en souriant avant de dériver sur son oreille pour murmurer ladite phrase d'une voix volontairement suave. « Tu es mon exception Andrea. » Je finis par m'éloigner avant de rire un peu, il n'est bien malheureusement pas mon exception en ce qui concerne les hommes, mais la déclaration n'est qu'à moité fausse, d'une certaine manière et je suppose qu'il le sait, notre relation elle même est une exception notable. Les sentiments que j'éprouve pour lui sont eux uniques, et seuls en mesure d'expliquer la raison qui me pousse à rester dans les bras de mon cousin germain sans doute. « Elle est vraiment si pitoyable cette phrase ou tu finis par lui reconnaître certaines valeurs quand il s'agit de flirter avec une personne ? » Je dépose mes lèves sur les siennes alors que lui semble s'atteler au déboutonnage de ma chemise. Je laisse mes mains parcourir sa peau à présent nue en riant, rien ne semble être en mesure de ternir la perfection de la journée. « Il me semble avoir déjà noté que le mien était un allumeur, les choses se confirment chaque jour... » Sans doute agréable, cela ne sonne pas tellement convaincu, et si je sais que c'est une façon de me concéder la chose, je lui administre une moue déçue. « Sans doute ? Je n'ai pas été assez convainquant ? » Je passe doucement ma main sur sa joue avant de m'arranger pour me retrouver au dessus de lui et de faire disparaître le tissu superflu que constitue son jean. Alors que je ne donne pas cher du reste, je l'observe une minute avant de céder une nouvelle fois à l'appel tentateur de ses lèvres. Sa seconde réplique me fait irrémédiablement rire et en dehors de tout ce que nous avons vécu de douloureux tout les deux, je comprends avec cette fois une certaine lucidité ce que nous avons réellement à faire ensemble. «  Absolument, mais personne ne le voit à part moi, c'est un garçon qui sait très bien cacher son jeu, ça le rend mille fois plus attirant d'ailleurs...Et puis il a de très jolies boucles. » Je secoue la tête presque vexé par son moyennement, décidément, il veut jouer la carte de la provocation ce soir. Mais s'il veut jouer le garçon difficile, je peux aussi bien m'amuser à jouer le garçon frustrant en arrêtant toute manœuvre déjà amorcée. « Je pourrais moi aussi avoir moyennement envie de continuer ce qu'on est en train de faire, si tu continues de me chercher ASLD. » Je ris un peu, bien entendu je plaisante, et ma capacité à lui résister n'a pas été vraiment éprouvée ces temps-ci. Lorsqu'il évoque mon amant à savoir lui même, je m'amuse de la note de prétention qui transparait dans son discours. Ses mains se perdent sur ma nuque,ses lèvres contre les miennes. « Même toi tu n'as pas idée... » Je souris une nouvelle fois, mes mains se posent sur sa peau, mes lèvres sur les siennes, nos corps eux finissent par se mêler sans nulle trace de remords. Ce soir nous sommes un couple, comme les autres.

THE END.


Dernière édition par Tristan W. Faure le Jeu 30 Juin - 2:49, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Today everything is gonna be perfect for you. ♠ ANDRESTAN   Dim 26 Juin - 21:27

Journée d’une banalité affolante, les deux seules originalités résident dans le fait qu’un tas de gens me souhaitent mon anniversaire avec une insolence frôlant le summum de l’hypocrisie, et que j’ai du me coltiner une bonne heure de téléphone en direct avec la France. Maman d’abord, qui me parle de tout et de rien en faisant semblant d’être parfaitement heureuse. Papa ensuite, éternellement distant, qui me demande si tout va bien, me parle des dérives peu recommandables dont je pourrais éventuellement faire preuve en me laissant embarquer dans les soirées Oxfordiennes avec les jeunes de mauvaise réputation. J’acquiesce, me laissant submerger par une légère vague de remords en me disant que s’il savait la moitié des choses que je fais ici, il ferait sans doute une syncope. Finalement, la journée s’écoule à l’appartement, et je tourne en rond, maugréant, pas particulièrement de bonne humeur. En réalité, une seule chose me contrarie énormément : Tristan semble avoir fait abstraction totale de la particularité de la journée, et parade depuis notre réveil sans rien dire ni relever. La soirée que nous avons passé chez Blair était agréable, mais je pensais qu’il ferait quelque chose une fois sonnés les douze coups de minuit. Pourtant, il n’a rien dit, à continuer à boire et à parader comme si de rien était.

Je finis la journée avachis dans le canapé, la télévision allumée sur la chaine des infos nationales, informations déprimantes pour une journée affreusement comme les autres, je me rappelle de la douleur éprouvée l’an dernier à cette même époque et tente de la comparer au bonheur à présent ressenti. Je marmonne un peu, Tristan erre dans l’appartement, bien habillé comme à son habitude. Nouvelle soirée chez Blair ce soir, je dois avouer que sa présence est plus qu’agréable. Au courant, elle nous a été d’un grand soutien psychologique, et force est de constater que son effet sur Tristan est très largement positif. Aucune trace de jugement dans ses yeux, la simplicité incarnée. Je ne sais pas ce qu’elle a vécu, je sais juste que finalement et malgré mes préjugés initiaux, sa présence peut s’avérer un allier de poids. Mais je dois avouer que ce soir, j’aurais préféré passer une soirée avec Tristan. En admettant qu’il ne m’ait pas oublié.

Il passe finalement la tête par la porte du salon. Je hausse un sourcil, lui décrochant à peine un regard. Il prend la parole, élégamment habillé. « Hm… ? » Je fronce le nez, pousse un soupire de soulagement pas vraiment maitrisé quand il aborde l’anniversaire. J’éteins la télé, me lève avec un sourire. « Un plan B, hein ? » Mes mains se déposent sur ses hanches, je dépose un baiser rapide sur ses lèvres. « Je commençais à croire que tu m’avais oublié. » Le soulagement doit sans doute se lire sur mes traits, mon cœur bat plus vite. « Une soirée privée me va très bien. Est-ce que c’est prudent de penser que Londres nous offrira l’intimité dont on a besoin ? » Je me mords la lèvre, un peu angoissé. Je ne rêve que d’une chose, que nos contacts soient comme ceux des autres couples, mais ne veux pas que ça se fasse au dépend de notre force morale à tous les deux. Il sourit, visiblement amusé par son propre effet. Forcé de me détendre un peu, je fais une moue un peu contrarié, comme si j’avais vraiment eu peur qu’il oublie. « Je ne me lasserai jamais de notre intimité. » Je souris, secoue la tête, catégorique. Sa dispute avec Laureline me contrarie parce que je déteste l’idée qu’à cause de moi il ne parle plus à sa sœur, mais je dois reconnaitre que son emménagement ici, facilité par ladite dispute, me réjouit. Nous n’avons passé que des instants particulièrement agréables depuis, toute forme de culpabilité ayant à peu près intégralement disparu. « Il fallait y penser », je réponds en maugréant, amusé. Le A de facebook ne m’aurait pas mis sur la voie une seconde. Finalement, son portable vibre, il l’ouvre, attrape ma main et m’entraine. « Et on va où, comme ça ? » Je hausse un sourcil, sentant l’excitation me gagner peu à peu. « C’est vrai, il faudra que je songe à en racheter, d’ailleurs. » Je souris, il m’annonce que je vais aimer son programme, mon impatience croît malgré moi. Sa main garde la mienne, nous sortons de l’appartement et descendons les escaliers. Je ne lâche rien, nos réactivités communes sont sans doute assez aiguisées pour que l’on avise en cas d’intrusion dans ce moment plus privé que ce à quoi on a d’habitude droit. Je le suis, une voiture nous attend dans laquelle on s’engouffre sans problème. Personne aux alentours, pas d’alerte. Cet état de perpétuel contrôle est usant, mais on n’y peut rien, c’est comme ça.

Je reconnais Londres quand la voiture s’arrête. Je ne dis rien mais l’interroge du regard, ce qui ne semble pas le perturber puisqu’il n’apporte aucune précision à notre présence ici. IL prend simplement ma main, dans la foule abondante. Une légère angoisse me soulève le cœur, mais je dois lui faire confiance, tout va bien se passer. Des gens d’Oxford viennent ici régulièrement, mais il sait ce qu’il fait, Tristan ne nous emmènerait pas sur des terrains dangereux sans avoir assuré ses arrières avant. Le soleil se couche, Big Ben en toile de fond, on s’arrête au milieu de la foule qui vit sa vie sans faire attention à nous. Je fronce les sourcils, me demandant ce qu’il fait, puis je comprends. Sa main passe derrière ma nuque, ses lèvres s’emparent des miennes. Le bruit autour de nous continue de s’intensifier, mais l’angoisse qui m’a sans doute traversé me quitte, ma main entoure sa taille et mon corps tout entier profite de l’instant. Il se détache, nos fronts restent liés. « Merci… » Je souffle, m’accroche un peu à sa veste. Mon merci va au-delà de ce qu’il vient de me souhaiter, je réalise que ma journée vient de prendre une toute nouvelle ampleur. Je lâche un rire étouffé, je sais qu’il a aussi peur que moi, la peur est inhérente à ce genre de situations. Nous n’avons pas le choix, mais cela rend l’acte d’autant plus intense qu’il est plaisant de pouvoir faire comme tout le monde. Nouveau baiser, je passe ensuite mon bras autour de sa taille pendant que nos regards se perdent sur la célèbre tour anglaise. Je souris, sentant mon cœur battre au maximum de sa puissance. Il récupère ma main, nous devons aller diner, je suis attendu. « Attendu vers 22 heures ? » Je fronce le nez, un peu sceptique. Mais je sais qu’il ne dira rien, et ne forcerai pas le secret à tomber. Nos mains se joignent de nouveau, tandis que nous empruntons le métro pour nous rendre dans China Town.

Je suis un habitué de nourriture japonaise, ma mère avait l’habitude d’en commander de gigantesques plateaux les soirs d’absence paternelle. Je souris quand nous sortons et qu’il confesse détester ça, l’idée me fait rire autant qu’elle me fait plaisir, je réalise quel est le prix du sacrifice. « Comment est-ce qu’on peut avoir horreur de nourriture japonaise ? » Je secoue la tête pour désapprouver, mais ne peut m’empêcher de sourire avec affection.
Nous nous engouffrons dans le métro, mains toujours jointes, ce qui semble être le vrai miracle de la soirée. Nous nous installons, il m’avoue aussi être claustrophobe. Moi-même je n’aime pas particulièrement les tunnels, et étant peu habitué des transports en France, je dois reconnaitre que serrer sa main un peu plus fort ne me dérange pas. Mais c’est une autre partie de sa phrase qui retient mon attention. Ma main libre passe sur sa joue pour qu’il tourne la tête vers moi. Je le fixe avec un sérieux nouveau, ne sachant à quoi m’attendre pour le reste de la soirée. Je me mets en danger autant qu’il s’est mis en danger en m’emmenant ici. « C’est moi qui t’aime, Tristan. » Mes yeux se plantent dans les yeux, refusant de les quitter, mon cœur loupe un battement.

Nous arrivons finalement à destination, dans un bar où le gérant me saute dessus, séparant nos mains, liens précieusement établi. Je le suis, sceptique, lançant un regard suppliant à Tristan qui lui semble satisfait de la tournure des évènements. Le gérant m’entraine et m’explique, me montre le piano et le micro qui m’attendent sur scène. Un mélange d’angoisse et d’excitation grimpe en moi à vitesse grand V, j’ai très envie de faire ça, la salle est presque pleine, la pression est haute. Et pourtant, je sais par quoi commencer. Une dédicace enfantine, comme dans ces séries américaines surjouées, et pourtant, la mienne est sincère. Je m’installe au piano en saluant doucement, d’un air timide. Je ne sais pas quoi dire pour me présenter ou m’introduire. Je lâche d’une voix tremblante « Une première chanson pour la personne qui occupe mon cœur, et qui se reconnaitra. » Je tourne rapidement les yeux vers lui, le localise, tandis que mes doigts se débrouillent tous seuls pour trouver les touches correspondantes. J’appuie sur les accords, fais un clin d’œil, ferme les yeux, j’ai besoin de laissant venir toute la joie qui m’envahit à ce moment présent. « You can tell eveybody… This is your song… » Acoustique de la célèbre chanson reprise par maintes fois, pourtant j’en pense les paroles, son cadeau est immense, le mien n’est qu’une petite chose mais j’ai besoin de lui faire comprendre à quel point je suis reconnaissant. « How wonderful life is, now you’re in my world… » Les accords s’enchainent, mes yeux restent clos et mes doigts filent sur les touches. J’aimerais qu’il soit là, prêt de moi, qu’il puisse sentir les choses que je ressens, l’amour que je lui porte. Au-delà de toutes les rancœurs qu’on a pu éprouver l’un et l’autre, j’ai trouvé en lui la seule personne capable de combler mes sentiments. Je sais à présent que ces ans de thérapie laissés derrière moi ne servaient de toute façon à rien. Ce que je ressens pour lui n’est pas une maladie. Je l’aime, et je sais pourquoi. Tout est clair, et ce soir plus encore que jamais, tout ça me semble infiniment juste. J’enchaine sur quelques autres chansons, Bohemian Rhapsody que je maitrise plus ou moins bien, quelques grands classiques, toujours dédicacés. Le temps file, la salle se comble. J’ai chaud, je joue depuis un certain temps déjà. Finalement, d’autre musiciens viennent prendre la relève, et je me lève, épuisé par l’exercice, mais tellement heureux que j’arrive avec difficulté à y croire. Je ne prend pas la peine de saluer, je traverse la salle. Peu importe qui est là, peu importe ce que les gens diront. Je l’attrape, l’attire contre moi, dans mes bras. Je suis tellement reconnaissant que j’ai du mal à respirer. Mes lèvres glissent sur les siennes, devant tout le monde, l’attention étant toujours dirigée vers moi après mes exploits musicaux. La foule nous fixe, mais je l’embrasse, rien ne peut arrêter cet instant de bonheur, rien. Nos lèvres se détachent sous les regards attendries des gens alentours et mon cœur s’arrête quand il prononce les mots qui suivent, mes yeux s’embuent, trop d’émotions pour la même soirée. Je m’accroche un peu plus à lui en admettant que ce soit possible, et souris légèrement, de ces sourires sincères qui veulent tout dire. « Moi aussi je t’aime. » Les mots veulent dire plus encore, je ne vois pas ce qu’on pourrait ajouter à la perfection de la soirée, je suis comblé. Le temps s’arrête, suspendu à l’espoir que tout pourrait éventuellement se terminer de la meilleure façon possible. Je me fous des conséquences d’une telle révélation, veux m’en foutre en tout cas. Demain la vie reprendra son cours normal mais ce soir, tout est tellement parfait que j’ai presque peur d’y croire. Je souris, prend sa main. « Je te suis. » Je le suivrais n’importe ou. Si on tombait face à quelqu’un de notre connaissance, je ne suis même pas sûr que je réagirais, mais je m’en fiche. Rien d’autre ne compte que ce moment partagé, ce moment volé.

Nous atterrissons dans un hôtel, je souris. Il s’inquiète pour mon bonheur ? Il ne doit pas. Je m’approche doucement, passe mes bras autour de son cou. « Tristan, je n’ai jamais été aussi heureux. Jamais. » Je secoue la tête, c’est la simple vérité. Je souris, ses confessions me font rire. Je passe ma main sur sa joue, fais mine de réfléchir. Bien entendu, il y a des millions de choses que je veux lui dire. Mais j’ai peur. Jamais encore mes secrets n’ont été mis sur la table, aucune table. Même January ne sait pas. Tristan fait partie de la famille, au-delà de son statut de petit ami, les confessions que je pourrais et veux lui faire auront tout un tas de conséquences. Je fronce le nez, hésite. « Je suis allergique aux piqures d’abeilles. Je m’étouffe, une vraie catastrophe. » Je ris un peu, confession inutile. Je m’assois sur le lit, tire sa main pour qu’il s’installe à côté de moi. « Jusqu’à ce que je sache que tu intègrerais Oxford, je voulais postuler pour Cambridge. January m’avait convaincu. Mais ta candidature… » Je plisse les yeux, souris un peu. « Ma mort me serait à moi aussi dramatique. » Je souris un peu plus, amusée. Mon humour transcendant n’amuse sans doute que moi la plus part du temps, mais la chose me suffit. Concernant mon inscription à Oxford, je poursuis, réfléchissant. « Je ne sais pas si mon arrivée ici était plus motivée par le désir inconscient de te retrouver ou l’envie maladive de te faire chier… » Je baisse les yeux, un peu honteux. « Pour montrer aux autres que je n’étais pas moins doué. Je ne sais pas… » J’hausse une épaule, son allusion concernant les murs m’arrache un rire amusé. « Vraiment, le piano ? » J’hausse les sourcils, ne m’étant jamais considéré comme particulièrement doué, pas plus qu’un autre en tout cas. « En parlant d’inscription… » Je retrouve, mon sérieux, récupère sa main. « Après… l’incident de ta fête de départ de l’an dernier. J’ai suivi une thérapie. Jusqu’à mon départ pour l’Angleterre. » Je fronce les sourcils, guettant un signe de scepticisme. « Tout a changé, si je partais je ne reviendrai pas. Un mélange des deux est un bon compromis. Ta colère le premier jour m’a fait plaisir, je ne peux pas dire l’inverse. Mais quand je t’ai trouvé ce soir là, sur le pallier de ma porte… » Je sers le poing, comment lui expliquer ? « Il n’y avait plus de fierté. Juste l’envie destructrice de trouver la raison qui avait pu te mettre dans cet état… » Je secoue la tête. Si Calliope Von Brezen remet un pied en Angleterre, elle le payera cher. Il est hors de question qu’elle l’approche. « J’avais l’impression d’avoir fait un bon dans le passé. » Référence murmuré à l’état dans lequel il se trouvait après une tentative heureusement échouée de suicide, je ne reparlerai pas de ça à moins qu’il se sente suffisamment à l’aise avec l’ensemble.
Il m’embrasse doucement, je souris en poursuivant les aveux. Il dédramatise l’ensemble, c’est pour ça que je l’aime. « J’y suis allé pour me guérir de toi, le thérapeute a même trouvé des médicaments pour ça… » Je souris, bien entendu, les médicaments n’ont rien à voir avec Tristan mais j’ai peur de l’effrayer, si l’extravagance et l’extrême nous caractérisent tous les deux, mes comportements violents ne sont peut être pas un bon point pour notre couple. « Si tu réussis enfin à te débarrasser de moi, qui te dis que tu auras envie de me récupérer ? » Je souris un peu, tentative de dédramatisation de ma part cette fois ci. J’ignore, en réalité, si j’aurais la force de partir définitivement. De tirer un trait sur tout ça. Peut être qu’on est allé trop loin, je suis persuadé d’avoir franchi une limite. Ma vie ne sera dicté que par ces semaines de bonheur que l’on est en train de vivre, et si tout cela devait se terminer, je ne sais pas quel sens elle prendrait. La réussite serait sans doute toujours présente, un mariage éventuel, des gosses. Mais à quoi rimerait l’ensemble, dans une optique ou rien de tout ça ne représente plus ce que je veux vraiment ? L’autre côté de la balance m’apprend avec une violence rare que continuer ainsi ne pourra pas durer toute la vie. Je ne peux pas sortir avec Tristan jusqu’à la fin de mes jours dans l’ombre de mon appartement. Évidemment, il est trop tôt pour parler d’éternité, mais comme tous les couples, les projets sont à l’ordre du jour, et il me semble impossible d’en faire sans penser à ce qui nous attend. Nous révéler sera douloureux, pour lui comme pour moi. « Apollon, Calliope… » Je secoue la tête. « Tout ça fait partie du passé. » Je le dis comme pour m’en assurer, une pointe de jalousie transparait dans ma voix et me fait sourire. « On fait tous des erreurs, n’est-ce pas ? » Nos mains se joignent de nouveau, il m’a fait replonger effectivement mais peut-on en vraiment l’en blâmer ? « Je ne crois pas qu’il existe de pilules capables de me guérir de toi, finalement. La cure de désintox ne me paraissant pas envisageable non plus, je suppose qu’il n’y a pas vraiment de solution… » Je soupire un peu, amusé. Mais la conversation prend une nouvelle tournure, mon père, son oncle, sujet familial et délicat jamais encore abordé. L’évènement est toujours présent dans mon esprit mais il n’a, aux yeux du monde, jamais existé. J’aurais préféré pouvoir oublier, tout simplement. « Hm… » Comment raconter sans mettre en avant mon impitoyable lâcheté ? « Je suis descendu, un soir, dans la cuisine. Il y a quelques années maintenant, peut être trois ans. » Je secoue la tête, mes mains se crispent quand je pense à ma mère qui m’envoie régulièrement de ses nouvelles. Je frémis un peu. « C’est cette nuit qui a tout changé… » Je bafouille, m’égare. Le changement de tension est notable. « Elle était par terre, dans la cuisine, et il frappait. Et il frappait et… » Mes yeux s’embuent légèrement, j’inspire. « Et il s’est arrêté, m’a fixé à travers ses pleurs, avec la fierté dont il a toujours fait preuve à mon égard, juste pour me dire bonne nuit. » J’inspire de nouveau, conscient de m’emmêler moi-même. « Il m’a dit bonne nuit, je suis sorti, et elle a pleuré de plus belle. » Je me déteste, pourquoi dois-je être aussi lâche, faible ? S’il avait été à ma place, qu’aurait-il fait ? Je n’ose même plus relever les yeux, je tremble légèrement. « Le lendemain, tout le monde a fait comme si de rien était. Et j’évite plus au moins les contacts non nécessaires… » Mes yeux fixent toujours le lit, je ne peux pas assumer, je ne peux pas. « Tu dis ça maintenant, mais la jalousie est largement réciproque, je ne peux pas supporter ces gens qui ont droit de parader avec toi comme si de rien était… » Je soupire, référence masquée à Carolyn, et sans doute aussi à Blair si je n’avais pas eu l’occasion de connaitre la jeune femme un peu plus tôt dans la semaine, écartant tout soupçon. « Il est hors de question que je m’en aille, difficile donc d’envisager que l’un d’entre nous parte dans ces conditions. » J’aime espérer que tout sera rose même si je n’y crois pas tellement. « C’est la première fois pour moi aussi, je ne pensais pas être capable d’une telle réaction à vrai dire… » Le secret multiplie le manque de confiance, sans doute, non pas en lui mais en moi-même et ma capacité à le retenir près de moi. La suite m’arrache un sourire, Apollon est relégué, je passe une main sur sa joue. Je n’ai moi-même rien connu de comparable, il est assez risible de penser qu’il y a encore quelques semaines j’étais en couple avec Valentine.

Mon récit se termine, la question qu’il prononce est attendu. Sa main sur mon bras me soulage mais la douleur qui m’habite est infinie, j’ai honte, tellement honte. « Non, jamais. » Les mots ont toujours été de mise dans mes disputes paternelles et il n’a encore jamais osé baisser une main potentiellement levée sur moi. Je secoue la tête, pense à ma mère de nouveau, à tout ce que je ne peux faire pour elle. La corde est d’autant plus sensible qu’elle représente le côté Faure de la famille. Je décevrais plus d’une personne si la chose se savait, et pourtant je préfèrerai que ce soit le cas. Pourtant, le modèle familial sera préservé, je le sais. « Pour moi, je suppose. Elle avait peur pour moi, d’où son besoin de rester près de lui. Je ne sais pas quelles sont les autres raisons, je suppose que malgré tout, elle l’aime. » J’ignore pourquoi, j’ignore comment, je sais juste que ma famille perd de sa perfection tout à coup. Ce qui lui permet de visualiser la réaction de mon père s’il apprenait ce qu’il se passe ici.
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