love is such an easy game to play (libre)

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MessageSujet: love is such an easy game to play (libre)   Jeu 19 Mai - 17:48

Trop beau pour être vrai, j'aurais dû le savoir. Et pourtant j'ai toujours tout parfaitement calculé. Voilà des années que je gère mes deux vies à la perfection ou presque. Et récemment, Facebook (ou racontetavie.com) m'a beaucoup aidée en me facilitant la tâche. Plus la peine de m'afficher partout en chair et en os, je garde une vie sociale active où que je sois. Si ce n'est pas magnifique. Anecdotes de la vie de Lemon Mitchell en direct et en exclusivité avec en guest-star Pancakes, ça amuse la galerie (et moi-même par la même occasion) et ça me fait gagner du temps.
Je ne dis pas que je n'ai jamais fait de faux pas. Juste, jamais quelque chose d'aussi grave. Je m'en suis toujours sortie indemne, secret bien gardé. Y a eu l'incident Camille, entre autres, qui m'a aperçue à une convention sur la BD à Londres avec des amis à moi mais j'ai vite repris mon rôle de blonde et je lui ai "confié" que je sortais avec un geek mais que je ne voulais pas que ça sache. J'ai apprécié qu'il garde ça pour lui-même. Mais même s'il ne l'avait pas fait, le scandale n'aurait pas été si grand que ça et je m'en serais sortie. Sauf que cette fois-ci j'ai fait un vrai faux pas. Aussi intelligente que mon QI dit que je le suis, j'ai agi de façon stupide et j'ai été imprudente. Long story short, je me suis grillée moi-même et voilà que Tristan est maintenant au courant de mon petit manège. Certes, il ne sait pas pour mon âge mais c'est juste un détail. Le fin mot de l'histoire est que, il garde mon secret, je garde le sien, dès aujourd'hui on est dans une fausse relation. It's win-win. Et j'avoue apprécier déjà plus que je ne devrais les avantages auxquels j'aurai droit en publique. Mais ça biensûr Tristan ne le sait et ne le saura pas. Je sais me contrôler et jouer la comédie est ma spécialité.

J'ai pris le soin de mettre une jolie robe fleurie allant avec cette journée ensoleillée. Et dix heures tapantes on s'est retrouvés comme prévu. Il prend ma main en demandant si je suis prête.
« Toujours. Que le show commence. »

Alors qu'il m'entraîne par la main je commence à me demander ce qu'on est censés faire au juste. Enfin, pas que je manque d'idées mais que je ne sais pas au juste jusqu'à où il est prêt à aller avec ce faux couple. Je sens déjà les regards sur nous alors que, une fois installés le plus normalement du monde au milieu des gens, je sens son bras autour de mon coup. Mon pouls s’accélère légèrement lorsqu'il me sourit. Je lui souris en retour. Comme il a toujours fait, comme j'ai toujours fait. Cependant je vois son visage s'approcher doucement, dangereusement. La suite est prévisible et pourtant, je n'en aurais jamais rêvé. C'est de la comédie. Tiens-toi à ton rôle, Lemon. Et ton rôle c'est celui de la petite amie. Pas besoin de faire de grands efforts. Vis le moment présent et ça passera pour du jeu, comme dans les séries. Je ne bouge donc pas, le laisse faire, profite, le temps d'un baiser. Un sourire euphorique se dessine sur mes lèvres alors que, baiser tout juste rompu, sa main frôle mon visage. Toute fille normalement constituée réagirait de la sorte, pas de problème. Je feins un gloussement digne du personnage que je joue alors qu'il joue avec mes cheveux. Je pourrai facilement m'habituer à cette proximité en fin de compte. Il me chuchote à l'oreille, je souris niaisement et dit en terrible parodie du couple le plus niais qu'il m'ait été donné de regarder à la télévision, « Tristaaaaaaan ». Vous voyez de qui je parle j'espère ? Louiiiiiiis Non ? Tant pis, vous n'avez rien raté. Je lui réponds à mon tour dans son oreille « On sortira le promener un de ces jours. Ça fera très bonne presse. Si en plus le courant passe entre vous deux, j'te dis pas. ».
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Jeu 19 Mai - 17:51

Cela risque d'être un choc, pour beaucoup de gens, un changement considérable aussi dans ma vie mais pas moins nécessaire. L'épisode Caro m'a fait réaliser qu'il fallait battre en retraite. Le secret de Lemon étant une aubaine considérable pour échapper à ce que je ne suis pas encore prêt à ressentir pour quelqu'un d'autre que Cally, nous mentirons donc tous les deux, elle aura la popularité qu'elle désire, moi un de ces faux engagements qui me permettra de m'accorder le temps qu'il faut pour oublier. Pour tout le monde Tristan Faure sera en couple avec Lemon Mitchell, et j'imagine que cela me préservera de la lourde tâche de devoir briser les rêves de toutes celles qui se perdraient à former des espoir idiots sur ma personne. Les termes du contrat sont clair, nous jouerons le jeu jusqu'à ce qu'il ne nous soit plus profitable, pour l'instant, il faut annoncer la couleur. Le plan échafaudé la veille était simple atteindre l'heure de pointe, dix heures, et amorcer une entrée théâtralement orchestrée. Nous sommes au milieu du campus, je lui adresse un sourire avant de prendre sa main. « Prête ? » Elle me répond avec un sourire que le show peut commencer et l'entraîne vers le devant des amphithéâtres ou nous nous installons au milieux d'étudiants assis qui révisent en hâte pour les quelques partiels restants tout en profitant du soleil. C'est le moment idéal. Alors que nous nous joignons à eux, je passe mon bras autour du cou Lemon avant de lui sourire, complice. Le contexte est tout autre, mais ce serait presque crédible. Je la connais à présent, mieux que la plupart de ces gens qui croient nous connaître, parce qu'ils nous voient échanger un café, ou une conversation animée. Et le jeu peut effectivement commencer. Je m'approche d'elle et l'embrasse doucement, autant jouer dans la théâtralité comme il faut. Je passe ma main sur sa joue avant de mettre fin au baiser et de joue avec une mèche de ses cheveux en souriant.

Beaucoup de gens nous regardent, il faut dire qu'il s'agissait de l'effet souhaité. Avec les récents sondages dans le blog des TroubleMakers et du florilège de commentaires qui s'en était suivi, j'avais été forcé d'admettre que ma vie sentimentale pouvait effectivement me dépasser complétement, une tragédie rythmée par les perfidie de filles que je considère encore et toujours comme amies. Voilà qui devrait mettre les choses au clair, pour informations détaillées, me contacter. Je lui chuchote à l'oreille en souriant, quelque chose qu'elle peut entendre et qui passera qui plus est sans doute pour une parole douce susurrée à l'être aimé. « Dommage que Pancakes n'ait pas pu venir, le tableau aurait été parfait. » Elle rit un peu, continuant la mascarade avec une facilité aussi étonnante que la mienne, je me demande qui va se laisser prendre par notre petit jeu. Il faut croire qu'en plus de me rendre ma liberté ce nouvel engagement en toc me fait plutôt rire.
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Jeu 19 Mai - 19:03

Je sens une accélération notable de mon rythme cardiaque quand l’heure est enfin venue d’abandonner les pièces encore vides de mon appartement. La surprise sera parfaite, l’apothéose d’une méticuleuse préparation. Je n’ai prévenu personne, et ma mère étant persuadée que je tenais particulièrement à réserver la surprise à la famille, n’aura certainement rien dit elle non plus. Dans quelques instants, je foulerai les allées bordées d’Oxford et retrouverai tout ce à quoi j’aspire et que j’avais malencontreusement oublié après une période fâcheuse de ma vie. Je ne vais à l’université que pour parfaire mon inscription, mais je sais que mon excursion à une valeur toute autre que ça. Mon cher cousin doit savoir que je suis ici. Je me fous qu’il s’en rende compte directement ou qu’il l’apprenne par sa sœur, peu m’importe. Je jubile, prends mon temps. J’ai un sac que je glisse sur mon épaule, les papiers administratifs sont dedans. Je suis arrivé hier, et j’ai à peine dormi, trop pressé de faire mon entrée théâtralement programmée. Bien entendu, l’agressivité n’est pas au menu aujourd’hui. Il faudra la jouer rédemption et finesse. C’est le seul moyen pour que je m’en sorte.

Oxford est tel que je l’imaginais. Riche, peuplée. Pleine de vie et regorgeant d’intelligence, je sais que je m’y sentirais rapidement comme chez moi, du moins si tout se passe comme prévu. Conquérir la célèbre université ne me fait pas peur. Je croise des regards qui m’observent avec curiosité, des tonnes de gens qui se bousculent. Je suis contrarié par l’étonnante masse de personnes qui butinent autour de moi. Et si je ne trouvais finalement personne ? Il y a énormément de monde. Trop, même. J’ai l’habitude des grandes universités, mais pas à ce point. Pas quand je ne connais pas. J’essaye de me rappeler quel bâtiment je dois rejoindre, prenant délibérément mon temps pour m’exécuter. Plus le temps s’écoule, plus mes yeux gagnent en capacité d’observation, et chercher mon cousin devient finalement un jeu de piste intéressant. Il faut qu’il soit là. Ou Laureline. Bien que j’admettre volontiers qu’observer sa réaction en direct sera un réel enchantement.

Puis finalement je m’arrête, saisi d’une étrange sensation très contradictoire, que seule sa présence peut me procurer. Je ne me suis jamais senti comme ça avec personne avant. Tristan Faure se pavane avec une jeune femme blonde qui je dois l’admettre est de toute beauté, mais la vision me trouble. J’ai du mal à respirer, et je me bloque. Le psy a dit que j’étais prêt. Je dois m’en souvenir absolument. Je suis prêt. Je m’avance doucement, faisant mine de ne pas regarder exactement où je vais en m’approchant du couple. Puis j’adopte le ton le plus détaché que j’ai à ma disposition, et je lance, d’une voix claire mais hésitante, comme si la question se posait réellement : « Ca, alors… » Je m’approche un peu plus, entrant dans le champ de vision de mon regretté cousin. « Tristan… ? » J’éclate de rire au niveau de ce dernier, comme si l’idée me semblait à ce point incroyable. Tapote son épaule rapidement. « Quelle incroyable coïncidence ! » Je souris, puis avise la blondinette sous son bras, sans me départir de mon talent de comédien. « Quelle impolitesse… Désolé, vraiment. Je suis Andrea, le cousin de Tristan. » Je lui tends la main, puis réavise mon cousin sans me départir de mon charmant sourire plein de bonnes intentions. Enfin, ça y est.
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Ven 20 Mai - 18:04

Alors que je m'imagine promenant Pancakes au côté de ma nouvelle petite amie en riant à l'idée même de l'effet que cela pourrait produire sur notre entourage commun, je pianote sur facebook à son côté acceptant de nous afficher ensemble sur le célèbre site communautaire. Une pluie de commentaires devrait logiquement suivre cette ô combien surprenante activité. La machine est lancée, il ne reste plus qu'à attendre que les gens y réagissent ce qui ne devrait pour ainsi dire plus tarder. Les étudiants se pressent, il sonne l'heure d'une nouvelle épreuve, les va et vient s'intensifient, un visage apparaît, je crois halluciner. Lui ici ? Impossible. C'est une blague, une très mauvaise blague ou alors je suis en plein cauchemar freudien et je vais sans nulle doute me réveiller trempé de sueur et honteux que mon inconscient ait pu stocker ne serait-ce que son sourire suffisant. Andrea Leroy-Duchesne, mon cousin, s'avance aussi naturellement qu'aurait pu le faire Rose ou encore Roxann. Naïveté mielleuse sur un coulis d'hypocrisie, j'ai envie de vomir. Mon sang se met à bouillonner dans mes veines, mes muscles se crispent, lui continue de s'avancer impérieusement, son détestable sourire toujours collé au visage. Comment est ce qu'il arrive seulement à me regarder en face sans être bouffé par un propre dégoût de lui même ? Rien de cela, il franchit la barrière de distance que je nous ai mentalement imposé. Sa main touche mon épaule, je frémis de dégout. Je n'ai qu'une envie lui envoyer mon poing au visage, il faut cependant que je calme, lui comme moi savons qu'il se réjouirait de la moindre perte de contrôle. Ma rage semble prête à imploser, et je suis sûr qu'il le sait. « Andreaa, quel plaisir. » Je ne saurais retenir une hypocrisie loin d'être subtile.

Bien entendu, il n'a pas attendu pour se présenter lui même à Lemon, les convenances sociales sont sans doute ce qu'il maîtrise le mieux. Le masque de perfection qu'il arbore ne témoigne d'aucune faille. Tout ce qui pourrait l'entacher, pourrait également me détruire, tout cela doit lui sembler tellement amusant. « On peut seulement savoir ce que tu fais ici ? » Je tente de nuancer au maximum mes propos, mais même mon sourire figé ne semble pas être en mesure d'édulcorer la sécheresse de mon ton. Des images désagréable se forment dans mon esprit, la nausée me reprend par vagues. « Lemon tu m'excuses une minute, je dois parler à ...Andrea. » Je dépose un baiser au coin de ses lèvres et attrape le bras de mon cousin pour le pousser un peu plus loin. Je laisse tomber l'anglais pour ma langue natale, qu'il n'ait pas à se plaindre d'un éventuel contre-sens. « Je ne veux pas de toi ici Andrea, je pensais que tu avais saisi l'idée l'année dernière. Te voir me donne simplement la gerbe, et comme je suis sur que tu le sais, je vais pas m'attarder, t'approches, ni de moi, ni de ma famille, et que ce soit bien clair entre nous, tu n'en fait déjà plus partie pour moi. » Mes nerfs se livrent une bataille terrible, ma haine elle, atteint son paroxysme. Sa présence est tout simplement insupportable, mon monde s'ébranle, je ne peux cependant pas faillir et céder à l'impulsion de la violence qui tanne déjà mes articulations, c'est ce qu'il cherche.
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Sam 21 Mai - 18:18

Le début des partiels, cette période de l'année où le soleil à beau briller -Oxford style entendons-nous bien- personne ne parvient à en éprouver la bonne humeur nécessaire. Probablement parce que nous passons notre temps enfermés à l'abri de la lumière et de la civilisation à plancher en quelques semaines ce que nous aurions dû assimiler peu à peu dans l'année. Je m'abstiens de relire encore ma copie et pose le feuillet sur le bureau de l'examinateur à l'air maussade, pressée de rejoindre l'extérieur et de sortir enfin de cette ambiance lourde, entre crise de nerfs et frénésie cérébrale. Je quitte le bâtiment et marche rapidement sous la légère brise, fouillant dans mon sac avant de finalement mettre la main sur ce que je cherche avec impatience: mes cigarettes. Ce genre de clopes est de celles qui peuvent être vitales et je ne souhaite à personne de tomber en rade dans ce genre de moments.

Je trace ma route d'un pas vif, dans la seule intention de rejoindre le café du coin de la rue et envoyer un texto à mon frère. Mais mon regard se pose sur un couple d'amoureux atypique... Ce n'est pas faute d'avoir été prévenue à l'avance, Lemon ayant eu la bonne idée de m'éviter la crise cardiaque si j'avais appris la nouvelle sur Facebook, je n'ai pas eu le temps de me faire à cette étrange association... Je m'avance néanmoins, car la contribution et l'approbation d'autrui est un atout quand on construit un bon mensonge. Et je ne serais pas celle qui vendra la mèche, je ne sais que trop bien à quel point les erreurs des autres peuvent ruiner ce que nous avons patiemment bâti. Et puis je les comprends, ce couple les arrange tous les deux beaucoup et tombe donc très bien.

Tristan est en train de bavarder avec un charmant jeune homme que je ne connais pas, mais il a l'air tendu et nerveux. Je ne le connais certes pas depuis bien longtemps, mais je ne l'ai jamais vu dans un tel état. Ses poings sont crispés et il a l'air sur le point de coller la mandale de sa vie à l'inconnu. Pour que Mr. Faure en vienne à perdre le sens de l'humour, il faut un sacré adversaire... Je m'assois toutefois à côté de mon amie et la prend tendrement dans mes bras. « Tout va bien Lemonade? » Et je chuchote, en lançant un regard suspicieux au beau brun en compagnie de Tristan « Qui est-ce? On dirait qu'il met Tristan dans tous ces états... » Je doute que ce soit bon signe d'ailleurs et j'aurais probablement dû continuer à marcher et surtout, ne pas me mêler de cette affaire, mais mes yeux ont croisé ceux de l'inconnu et je me sens donc obligée de lui servir un sourire poli et un signe de tête en guise de salut. Diable, qu'est-ce que Faure a encore inventé?
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Sam 21 Mai - 22:04

Mon apparition a sur mon cousin l’effet escompté, et je dois dire que tout aveux de guérison écarté, je ne peux que profiter de la vision qu’il m’offre. A son tour, il se braque, s’arrête. C’est assez incroyable de voir quels peuvent être mes effets sur sa personne, même après tout ce temps passé à Oxford à oublier tant bien que mal ce qui a pu se passer entre nous comme je suppose qu’il l’a fait. Tristan est au paroxysme de la négativité, incapable de croire au changement de l’être humain. Quelle tristesse. S’il savait ce que le psy m’avait dit lors de notre dernière séance, il ne serait pas si effrayé. Mais je le comprends, il doit être difficile d’accueillir un tel retour après une si longue absence, déclenchée qui plus est par un léger incident fâcheux dont de toute évidence mon cousin n’a absolument rien oublié. Il me demande rapidement comme je vais, je n’ai même pas le temps d’aviser plus longtemps sa petite-amie. Il semble urgent qu’il me parle uniquement en tête à tête. Je le laisse m’entrainer à sa guise un peu plus loin, savourant la tension qui monte sensiblement dans les muscles de son corps. Tristan Faure, le géant ébranlé. Tristan Faure, auquel personne ne doit reconnaitre de faiblesses ou d’histoires dérangeantes, perd la face devant son cousin français. L’idée me déclenche une vague de frissons aussi agréables que perturbants, sensation non ressentie depuis un certain temps maintenant. Je comprends mieux ce qui m’attire dans la recherche. Adrénaline ressentie et excitation hasardeuse, je jubile.

Retour à notre langue natale, qui aurait impressionné n’importe qui mais qui nous laisse tous les deux, chacun de notre côté, de marbre. « Quel empressement, je ne pensais pas que tes manières françaises s’oublieraient aussi rapidement au profit de manières nettement plus rustiques. » Je l’avise, un sourcil haussé, attendant qu’il crache ce qu’il a à dire. Je sais que la pression monte, il est tendu, crispé. Plus loin, sa petite amie est rejointe par une brunette qui nous observe du coin de l’œil. Aucun risque que ces deux là apprennent quoi que ce soit, mais la gêne qui ressortira du manque d’explications concernant son comportement suffit à me satisfaire. « Tu ne veux pas me voir ici ? Quel dommage… » Je soupire, l’air sincèrement embêté. « Mais la dernière fois que j’ai regardé, Oxford n’appartenait pas à Tristan Faure. Tu t’es peut être bâti un empire mais je doute que ta puissance et ta largesse d’esprit t’aient toutes deux permis de devenir propriétaire d’une ville. » Je secoue la tête, croisant les bras d’un air décidé, et surtout, infiniment calme. « Mais si tu es à ce point la indisposé par ma présence, peut être que tu peux toi-même disposer. Ou aller voir quelqu’un. » J’hoche la tête, toujours sur le même ton calme et compatissant. « Je préfère cependant te prévenir : je ne fais peut être plus partie de ta famille mais ne compte pas sur moi pour rester à l’écart. Si tu es trop stupide pour croire que certaines personnes parmi nous grandissent, je doute qu’il en soit ainsi de ta sœur. Peut être qu’elle appréciera ma présence. En tout cas, quand tu as décidé de fuir, c’était plutôt le cas. Entre nous soit dit. » Je tapote son épaule de nouveau en riant, comme s’il venait de me faire une plaisanterie tout à fait charmante.
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Dim 22 Mai - 0:45

Condescendance teintée d'hypocrisie, tout porte à croire qu'il n'a effectivement pas changé, j'aurais par ailleurs été idiot si je l'avais ne serait-ce qu'espéré. Ma haine se disperse dans mon système sanguin comme un poison, et si je voudrais rester calme, la tension de mes muscles me trahit. Sa voix a la fois doucereuse et moqueuse, ne m'aide pas à retenir le flot d'injures que mes lèvres ne laissent pourtant pas passer. Il m'avise, ou plutôt me toise avec toute la supériorité dont il est capable. Je pourrais flancher, il ne le faut pas, je n'ai aucune raison de craindre quoi que ce soit de sa part, les fantômes ne sont pas réels, c'est pourtant ce que tout le monde dit. L'angoisse me prend cependant, sans que je ne puisse seulement la réfréner. Il sait, il sait tout, à propos de moi, mon passé, mes faiblesses, nos secrets, il lui en faudrait peu pour décider de me détruire, au lieu de ça, il pousse le vice jusqu'à vouloir me faire croire à une rédemption que je sais impossible. Jamais haïr n'avait fait aussi mal. Modèle ébranlé d'une époque révolue, ma référence perdue revient branlante m'offrir un masque de perfection auquel je ne peux plus croire, mais dont inconsciemment, j'avais toujours eu besoin. Ma nausée reprend, mon dégoût s'intensifie, vainqueur par forfait de tous les efforts de mon psychisme pour le contrer malgré moi. La haine teintée d'admiration maladive a le don certain de ne pas jouer dans ma stabilité émotionnelle. Je voudrais céder à l'impulsion exercée sur mes membres, décharger cette overdose de sentiments dans un coup à lui fendre la mâchoire, mais il parle, son assurance ne lui fait pas défaut, la mienne quant à elle a déjà disparu au profit d'un silence dramatique. « J'ai d'autres moyens de te faire vivre un enfer ici si j'en ai envie. » Ma réponse est acide, sèche, mais même moi je ne crois pas à ce que je dis. L'enfer, c'est lui et moi réunis, et si lui est désormais capable de supporter ma présence, il a comme qui dirait un avantage certain.

Le choc est terrible, une partie de moi refuse de réaliser ce qui est en train de se produire, l'acceptation est bien loin, j'ai peur de franchir une limite de trop. Lui laisser plus d'emprise serait suicidaire, je dois réagir. Il achève en insinuant que lui et Laureline ont partagé des moments après mon départ, c'en est trop. Il cherche une nouvelle fois le contact, je réagis cette fois brutalement en me saisissant de son col avant de le projeter contre le mur de l'amphithéâtre. Soif de destruction le bruit sourd de ses os contre la pierre m'apaise presque. « Ne me touche pas. » Je tremble, je ne parviens pas à me calmer, ma voix siffle une nouvelle fois à son oreille alors que je tiens toujours son col fermement. « Laureline ne t'adresserait même pas la parole si elle savait ce que tu as fait, la plupart des gens ici également, tâche de pas oublier la merde que tu es à mes yeux maintenant. » Je le lâche, ne supportant plus cette proximité même agressive. Mes pulsations cardiaques s'accélèrent, me font mal, je lui offre une mine de dégoût avant d'ajouter.  « Revenir te faire mousser ici après ce que tu as fait est tout simplement à vomir, t'as aucune dignité, j'espère que tu le sais. »
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Dim 22 Mai - 12:08

Le mélange des émotions donne un ensemble fulgurant, particulièrement chez Tristan qui malgré tous les efforts apparents qu’il semble faire pour se contenir semble être un peu en difficulté. Je ne peux m’empêcher d’en tirer satisfaction, bien que la joie qui habite mes propres émotions soit teintée de plein d’autres sentiments tous très différents, le tout réalisant un cocktail explosif, un bonheur proche de l’extase teinté d’insatisfaction et d’empressement. Mes gestes sont flous, je me bats contre la perte de contrôle qui menace de me tomber dessus. Mais je suis entrainé, perfectionné, et le masque d’impassibilité que je me suis greffé est sans doute impeccable. « Tu ne peux me faire vivre l’enfer sans y aller avec moi, Tristan. » Constatation, je lis dans ses yeux qu’il est d’accord avec moi sur ce point. Je me rapproche délibérément, pesant chaque mot, dosant ma voix. « Droit en enfer avec moi. » Nouveau hochement de tête, sa colère a dépassé le stade de l’agacement. Il est tendu, hors de lui, je le sens, le sais.
La réaction escomptée ne tarde pas à venir, choc violent contre les murs de l’amphithéâtre, les regards se tournent, s’arrêtent. Je mets un instant à réaliser, puis éclate de nouveau de rire, dédramatisation de la situation et insolence maitrisée. « Enfin Tristan, moi aussi je suis content de te voir, mais contrôle un peu tes émotions. » Je souris, d’un sourire exagéré, volontaire. Je jette un œil aux alentours pour qu’il suive mon regard. Tristan Faure qui agresse son cousin sur la place publique ne doit pas être exactement une habitude.

« Tout va bien, la joie des retrouvailles », dis-je en haussant un peu le ton, toujours souriant. Je m’écarte du mur, très lentement, pour me retrouver en zone plus sécuritaire. La peur qu’il me déclenche est largement masquée par la satisfaction ressentie en parallèle. « Et à toi Tristan, elle t’adresserait encore la parole ? Tu as peur, voilà la vérité. Tu as peur, sinon Laureline serait déjà informée. Il est étrange que le seul secret que tu caches à ta sœur soit celui-ci. Ca n’est finalement, même pas ta faute, alors que crains-tu ? » J’ai baissé la voix considérablement, et je parle d’un trait, un sourcil haussé, sourire provocateur. « Ne me parle pas de dignité. On sait tous ici que la tienne descend très bas quand elle s’y met. » Je suis plus ou moins au courant, ayant tenté de m’informer. Mais surtout, Tristan me ressemble en tous points. Lui comme moi sommes capables à la fois du pire et du meilleur, l’objectif restant toujours le même. La popularité, la réussite. La perfection. « Et comme je te l’ai déjà dit, grandis un peu. Mon retour ici n’a rien à voir avec une forme de masochisme poussé. Je suis venu étudier dans une excellente fac anglaise, comme tu l’as fait il y a un an. J’ai grandi, évolué. Je sais reconnaitre mes erreurs quand il le faut. » Mensonge supplémentaire, non pas que je ne sois pas prêt à faire des efforts, mais je ne considère aucun de mes actes comme une erreur. Tout est volonté, planifié, réussi. « Ne sois pas stupide au point de croire que le monde entier tourne autour de toi. Peut être était-ce le cas, mais je te préviens : c’est terminé. » Je hoche la tête en lissant le col de ma chemise. Je n’ai jamais cessé de sourire.
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Mer 25 Mai - 14:20

J'attends Juliette à la sortie de son partiel, assise sur un banc près des amphithéatres. Vue sur le mur, vraiment magnifique. Les trois-quarts des élèves de sa classe sont déjà sortis et se chuchotant leurs réponses à telle ou telle question, chose que je ne comprendrai jamais. Le stress des examens, les révisions intensives, la pression des parents... Je n'ai jamais rien connu de tout cela. Je n'en ai pas besoin. Pour ma part, j'ai passé mon dernier partiel hier, théatre d'ailleurs, mon interprêtation a été d'une parfaite mièvrerie et je ne doute pas qu'elle soit récompensée d'un dix-huit, minimum. Je soupire en agitant mon pied, signe évident de mon impatience, je n'avais pas vraiment prévu de revenir ici par plaisir. Coup d'oeil sur ma montre, il reste un quart d'heure avant la fin de cette épreuve, un éventuel quart d'heure. Je pense que Juliette ne m'en voudra pas si je l'attends à l'extérieur. Je fais quelques pas hors du couloir, salue deux-trois têtes connues et aperçois Lemon et Rose un peu plus loin. Elles sont en train de discuter comme deux bonnes copines le feraient. Je lève les yeux au ciel. A une époque, c'est Rose qui nous zyeutait Lemon et moi en train de rire ensemble. Ca a bien changé. Elles regardent vers l'amphi où je me trouve, vers un des coins que je ne peux pas voir d'où je suis. Curieuse mais fière, je fais le tour complet du bâtiment pour aller voir ce qui attire leur attention.

Je m'arrête brusquement en entendant les éclats d'une voix que je connais dans une langue qui ne m'est pas si étrangère. Mon cerveau se met automatiquement en mode traduction, et bien que mon français ne soit pas parfait, les quatre ans de pratique que j'ai derrière moi commencent à porter leurs fruits. La voix de Tristan est coupée par une seconde, inconnue et masculine, narquoise et amusée tandis que celle de mon ami semble plus tendue, bien plus tendue. Les menaces fusent. Diverses histoires viennent sur le tapis, hors du contexte elles ne signifient pas grand chose, aussi ai-je du mal à les comprendre bien que leur sens ne m'indique pas grand chose de bon. Un bruit violent et sourd me fait sursauter, me poussant à passer un oeil pour voir ce q'uil se passe. Tristan est dans une colère noire qui agite ses muscles, qui le fait trembler. Lui qui est d'habitude si maître de lui-même, je me demande qui est cet inconnu et quel lien ils ont pour parvenir à le mettre dans cet état. Leurs mots prennent peu à peu du sens, mais les premières idées qui me viennent à l'esprit sont si abracadabrantes que je les chasse bien vite. C'est impossible, idiot, impensable. Pourtant la suite de la conversation me conforte dans cette pensée dérangeante. Je fronce les sourcils. Cette position de voyeuse ne me convient pas, je décide d'arrêter les frais et de faire demi-tour. A mi-chemin, je stoppe ma marche pour jeter un regard en arrière, déchirée.
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Jeu 26 Mai - 23:12

Je mâchonnais nerveusement mon crayon dans ma bouche, les yeux fixés sur ma copie. Elle était noire d'écriture, je connaissais mes cours au mot près par coeur et j'étais entrée sereine dans cette salle d'examen. Pourtant, comme à mon habitude, je perdais tous mes moyens devant ma feuille. Et même une fois mes connaissances retrouvées et restituées sur ma copie, j'avais toujours l'impression d'avoir mal fait quelque chose. Ok, je suis peut-être un peu perfectionniste mais c'est très agaçant ! Comme si vous étiez sûr que vous deviez faire quelque chose d'important mais impossible de se rappeler quoi ! Enfin bref. Qu'est-ce que j'avais hâte de sortir de cette salle de torture ! Heureusement que ma période de travail non-stop à me coucher à des heures loin d'être raisonnables était enfin terminée ! Demain matin, je me prévoyais une bonne grasse mat' bien méritée. Les élèves commençaient lentement à quitter la salle, s'empressant de déposer leur copie pour aller profiter du beau temps qui recouvrait le ciel. Je regardai ma montre furtivement, et je me souvins que Carolyn devait m'attendre à la fin de ma sortie de mon partiel. Zut ! Elle devait sans doute poireauter. Je relus une dernière fois ma copie, à la recherche d'une éventuelle faute d'orthographe ou d'un oubli, puis je me levai et rassemblai mes affaires ; je glissai ma copie sur le haut de la pile et sortit de la salle. Je m'étirai de tout mon long tel un chat au réveil, tout en repensant à mes réponses dont j'étais, je dois dire, pleinement satisfaite. Je n'étais pas arrivée ici depuis très longtemps, je ne connaissais pas encore grand monde. Pourtant, je m'étais très vite adaptée au mode de vie, aux cours, aux gens, aux immenses bâtiments et j'avais très rapidement pris le train en marche du programme déjà entamé. Heureusement j'avais fait de très sympathique connaissances, dont Caro que j'apercevais un peu plus loin. En effet, je me suis inscrite à la chorale de l'université et j'y avais rencontré pleins de gens super sympas. J'étais donc chaque jour un peu plus impatiente d'être au prochain rendez-vous. Je marchai droit vers elle, passant à côté de deux jeunes filles en train de papoter, puis deux garçons qui semblaient se disputer en français. Je n'essayai même pas de comprendre, mes quelques années passées à Paris dont je préférerais tout oublier ne m'avait pas apporté grand chose dans l'apprentissage de la langue, désormais tout le monde parlait l'anglais et en général c'était largement suffisant pour se débrouiller là-bas.

- Hé Carolyn attends-moi ! M'exclamai-je. Je m'excuse du retard, je suis parfois un peu lente pendant les exam.

Je lui fis un large sourire, j'avais la pêche ! J'avais réussi mon partiel (enfin je pense ...) et il faisait un temps merveilleux. La journée s'annonçait plutôt bien je dois dire.
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Mar 11 Oct - 23:26

« Tu ne peux me faire vivre l’enfer sans y aller avec moi, Tristan. » Il s'approche, alors que je lui ai formellement interdit de faire un pas. Son regard est douloureusement assuré, l'impact de ses mots, terrible. La situation à l'air de présentement l'amuser, et rien dans ses traits ne m'indique que ce que lui assène, ne le perturbe ne serait-ce qu'un peu, il sait ce qu'il fait, tragiquement. Mon rythme cardiaque s’affole comme pour me prévenir qu'une telle proximité ne me sera psychiquement supportable et pourrait causer des dommages collatéraux indéniables. Je me sens comme pris au piège, incapable de réagir sans franchir une barrière psychologique importante. Je suis effrayé, frappé au cœur par un lot de souvenirs trop chargés émotionellement et volontairement rejetés par mon organisme. Mon bourreau est donc de retour, loin du garçon anéanti qu'il m'avait été facile de briser l'année dernière et visiblement décidé à empoisonner mon existence. L'étau se referme, ce qu'il dit est la pure vérité, le blesser serait de l'auto mutilation et ce pour plusieurs raisons. L'insulter copieusement, ne change pas que j'ai bien failli céder ce soir là, m'envoyer en l'air avec lui, et que les lois de la physique ne permettent pas tellement d'interprétations fantaisistes à ce sujet. En admettant que ma haine ait éclipsé son sens de l'observation, difficile d'ignorer le fait d'être attiré par son cousin surtout lorsque celui-ci est destiné à faire subir sa présence quotidiennement. Personne ne doit savoir, le passé doit rester ou il est, j'ai changé, j'ai tellement changé. Nos corps sont si proches.. .Il me dégoûte. Je me dégoûte... Pourquoi ? Est-ce que lui ressent aussi cette tension dans tout son corps ? Sait il que je l'adore tellement qu'il me serait impossible d'aller trop loin dans sa destruction, sans briser un modèle de perfection avec lequel je me suis moi même construit?

Les sentiments se mêlent, s'enchevêtrent, alors que je lutte contre le frison désagréablement agréable que me procure son emploi des mots « avec moi. » Avec lui, c'est précisément ce que j'ai toujours recherché, être un duo, complice, tellement similaires, capables de tout partager, une sorte d'amitié au delà du reste que lui seul aurait pu m'offrir, puisque seul à en posséder les critères d'excellence. Les sentiments éprouvés sont trop fort pour souffrir le désir en supplément. Alors qu'il est toujours trop proche, j'angoisse à l'idée même de réaliser que l'événement isolé ait pu devenir concret et définitif. La haine est sans doute le sentiment le plus logique en réponse à la frustration et à l'incompréhension, sous son revers de protection, elle offre à l'amour inconditionnel, une alternative tout aussi déraisonné et puissante pour le substituer. Je le méprise tellement, tellement que ça me fait mal. J'aimerai qu'il en souffre autant que moi, mais l'idée me semble ironiquement absurde. Il s'approche encore et je cède le premier à un contact violent et vraisemblablement chargé d’affects divers, mais ça ne me suffit pas. Il éclate de rire, répond avec une insolence toute personnelle. Je siffle sans lâcher son col, ni même son regard. « Je trouve que je les contrôle déjà pas mal, pour ce que je ressens. » Il se moque, continue sur le même ton à l'adresse de ceux qui ont toujours les yeux rivés sur notre altercation. Je déteste ses sous-entendus emprunts de perversité. Va t-il scander devant toute l'université nos intentions manifestement incestueuses l'un à l'égard de l'autre ? Son regard est incroyable. Assuré, imperturbable même amusé, ma paranoïa pourrait même me laisser croire qu'il tente en réalité de me séduire pour me punir. Je dois réagir, inverser une situation qui me met en position de faiblesse, j'ai fait ce genre de choses des tas de fois, la pratique aurait même pu me sembler mécanique et instinctive, mais face à Andrea Leroy-Duchesne, perds mes moyens.

La question qu'il me pose est une réelle colle, ce que je crains est tellement difficile à définir, et la réponse à sa question encore moins formulable. Il rirait, si il avait été en mesure de comprendre, il aurait agi tellement différemment. Si il m'avait laissé entrer dans sa vie, apprendre à lui faire confiance, je lui aurais sans doute dangereusement cédé tout ses désirs, même les plus terribles. Le résultat de notre relation actuelle, n'est dicté que ma craints. C'est simple, j'ai peur de tout, mais ma principale crainte, et très certainement la plus infondée, reste que sa vie soit détruite, puisque tristement rattachée à la mienne. « Détruire ta famille et la mienne, n'a jamais été dans mes projets. Aussi fort que soient mes sentiments pour toi, lorsqu'il s'agit de mépris et de haine, je n'irais pas jusque là. Ca reste entre toi et moi, les autres n'ont pas à être mêlés à nos débordements affectifs. » Le lien se renforce. L'ironie se traduis dans la fin de ma phrase, le plus amusant étant la signification qu'on donne aux affects en philosophie. Je ris jaune à sa remarque sur la dignité. « Encore quelque chose qu'on partage. » Je me rend compte que je tiens toujours son col fermement. Je le lâche et soupire. « L'erreur en question t'aura sans doute au moins permis par l’expérience de réaliser qu'on ne choisit pas toujours son orientation sexuelle. Je suis ravi que ça t'ai permis d'évoluer. L'ouverture d'esprit c'est important dans de telles études. » Je soupire cynique avant de lui adresser un dernier regard. Le nombre de garçons de son genre avec qui j'ai voulu entretenir des relations rapprochées est je réalise particulièrement impressionnant. « Oh je veux bien te croire, quand t'es là, tout tourne toujours autour de toi. Tu m'excuseras si je ne pousse pas le vice jusqu'à t'inviter boire un café pour fêter ça. »
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MessageSujet: Re: love is such an easy game to play (libre)   Jeu 13 Oct - 0:54

« Je trouve que je les contrôle déjà pas mal, pour ce que je ressens. » Il se méprend, il ne contrôle rien. Je peux sentir la tension de son corps à proximité du mien, la nervosité dans ses gestes, sa façon de parler, de répondre, de s’énerver. De partir au quart de tour. Aussi menaçant puisse-t-il être pour ma propre santé mentale, je ne peux effectivement m’empêcher de penser qu’il est plus déstabilisé qu’il ne le prétend, qu’il est ébranlé dans ses certitudes par une angoisse d’un genre nouveau. Qu’arrive-t-il à Tristan Faure ? Je sais ce que je crains. J’ai peur de lui, j’ai peur de l’humiliation, de la honte. J’ai peur de la rechute terrible. Aujourd’hui encore, face à lui, le bonheur me semble à la fois tellement proche et tellement accessible qu’il m’est difficile de ne faire aucun geste dans sa direction, aucune esquive de tentative. J’aimerai tellement mieux que tout soit parfait, que tout soit simple. L’affluence des souvenirs positifs, de ceux que je ne veux pas avoir en sa présence, me perturbe un instant, et je crois dérailler dans une pulsion inquiétante, une chaleur envoutante, une envie renouvelée. Je veux tendre la main vers lui, réessayer. Le bonheur me semble à la fois tellement proche et tellement accessible que j’ai du mal à résister à l’appel du geste. C’est bien évidemment impossible, je le sais. Je serre le poing, tente tant bien que mal de ne pas montrer l’émotion qui me submerge quand je repense à tout ce bonheur, si proche.

Je secoue la tête, reviens à moi. Je suis guéri. Guéri. De tout ça, de lui, de nous, de l’espoir brulant, des remords destructeurs, je suis guéri, passé à autre chose, je vais réussir ma vie ici et il faut qu’il souffre autant que j’ai souffert pendant toutes ces journées. Il m’a trainé au plus bas, je vais l’y emmener aussi, juste retour des choses, ordre naturel rétabli, et dignité retrouvée. Je soupire en calculant chacun de mes gestes, en luttant contre l’envie irrépressible de relâcher mon attention, risquant alors de dévoiler mes faiblesses au grand jour. Je le fixe et n’observe en réalité que le miroir et l’image qu’il me renvoie de moi. Cette image qui avait toujours été si positivement admirative, si détestablement incompréhensive depuis notre entrée au lycée, est aujourd’hui empreinte d’une toute nouvelle couleur. Je ne saurais qualifier l’image qu’il a de moi avec une certitude peu modeste, je sais cependant que ses sentiments avoisinent la haine et très certainement, le dégout. La seule constatation suffirait à me faire frémir si le contrôle de moi-même n’était pas aussi important au moment présent.

Visiblement, la question est délicate. Il hésite. Réfléchit. Je réalise devant les rares signes de faiblesse qu’il donne à quel point il sera difficile de le détruire, de faire mal. De blesser comme j’ai été blessé, de lui faire toucher le fond comme je l’ai fait toute cette année. Comme il sera compliqué de l’entrainer dans ma chute. Je pensais être prêt à tous les sacrifices sur moi pour l’atteindre lui, je m’aperçois que c’est l’idée de lui faire mal à lui qui m’est difficilement envisageable. Pourtant il le faut, je dois me prouver que je peux faire ça. Je repense à l’impossible, à l’inenvisageable, aux explications que je n’ai même pas eu le temps de lui donner, aux conneries que j’ai faites et à l’amour inconditionnel que j’ai éprouvé, et je frémis de nouveau, tandis que lui semble retrouver ses esprits. Sa main sur mon col, mon cœur bat la chamade. Les quelques centimètres qui nous séparent sont une torture, je le déteste, je le désire, je veux souffrir, qu’il souffre, qu’on souffre. Je veux détruire, construire, faire mal, je ne sais même plus. Sa main sur mon col. Je suis une merde à ses yeux, il n’a jamais perdu son piédestal aux miens. C’est un connard, mon bourreau, celui qui est à l’origine de toutes les tortures, c’est lui, l’être parfait, libre, l’attirance, l’envie, le désir. « Je ne t’ai jamais menacé de révéler quoi que ce soit, moi, Tristan, n’inverse pas les rôles. La destruction de nos familles t’importent peu, ça n’est pas comme si tu portais un quelconque intérêt à ton père, à ce que je sache. Alors dis-moi, hein, qu’est-ce qui t’empêche de te débarrasser de moi puisque tu en as tellement envie ? » Je susurre presque, mon rythme cardiaque est tellement élevé qu’il en est désormais presque douloureux. « Les seuls sentiments que je ressens aujourd’hui à ton égard son le dégout et la haine, je me fiche pas mal de ce que tu veux. Tu ne t’es pas soucié toi-même de savoir ce que je voulais, pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ? Tu penses pouvoir tout diriger, tout contrôler, tu penses que ta façon de vivre est un modèle à respecter ? Tu crois que tes choix sont les bons, que l’attirance mérite humiliation ? Tu n’es pas un modèle, Tristan, tu n’es rien qu’un gamin pourri gâté qui joue avec les êtres humains comme avec ses jouets d’autrefois. Alors, non. Ne me parle pas de valeurs familiales. En dehors de Laureline, tu n’as aucune valeur familiale. » La plupart des mots qui s’échappent de ma bouche sont des mensonges éhontés formulés sans réflexion. Mais je suis tellement en colère. Je ne sais pas quelle est la source principale de cette colère, si c’est simplement le fait d’avoir tant souffert pour lui pendant toute cette année, ou le fait de réaliser que finalement, tout est toujours aussi dur. Il lâche mon col et recule, abordons la dignité, la mienne étant rarement tombée aussi bas n’amène qu’un avantage, je n’ai plus rien à perdre, j’ai tout à gagner. Et je compte bien le faire. J’ai souffert ces journées de doute, de remise en question, j’ai souffert cette solitude, ces rappels des faits permanents dans mon esprit. Je peux souffrir quelques mois de plus.

Je ris, l’histoire du lycée l’aurait donc frappée à ce point. Je suis libre de mes gestes, et ne peux m’empêcher de répondre, insolant, presque menaçant : « Tu ne comprends rien. » Mon rire est ironique bien entendu, mais il n’a pas besoin de le savoir. Il ne comprend pas. J’ai raison, il ne comprend pas. Je soupire, j’ai eu moi-même besoin de beaucoup de temps pour admettre la réalité de la question ; je me fous pas mal de son orientation sexuelle, c’est la jalousie qui se fait dévoratrice, assassine, lancinante, inquiétante. Encore aujourd’hui, avec la jolie blonde, revient cette étrange sensation de manque à combler qui m’habitait autrefois sans que je ne puisse l’analyser, quand ils se pavanaient tous deux devant le lycée. Il me jette un dernier regard et semble vouloir s’éloigner, visiblement soulagé de mettre fin à ces retrouvailles. « Il suffit de savoir capter l’attention. » Je hausse une épaule dans un sourire et lui adresse un clin d’œil à la fois théâtral et insolent, accompagné d’un signe de la main. Je dois retrouver ma force, il faut que je rentre. Je peux survivre. Je peux lui faire face et ne rien laisser paraitre, ne pas céder à l’appel du mieux comme la première fois. Je sais que je peux le faire, et j’en ai désormais la preuve.


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