andrea | papa don't preach (i've been losing sleep, for, like, real)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
▪ messages : 164
▪ dispo pour un rp ? : yes, always
▪ avatar : Hailee Steinfeld
▪ âge : vingt-quatre ans (06/06)
▪ statut : confused af
▪ occupation : étudiante en droit (master degree) à l'université de Westminster

MessageSujet: andrea | papa don't preach (i've been losing sleep, for, like, real)   Ven 20 Oct - 23:49

Grace n'avait pas vraiment passé une bonne journée. La soirée de l'avant-veille avait laissé des marques sous la forme de cernes, ses souvenirs étaient encore confus et, pour la plupart, désagréables, et elle avait été incapable de se concentrer sur quoi que ce soit de tout l'après-midi, si ce n'était son portable, qui n'avait pas quitté sa main gauche d'ailleurs. Pour le trajet de retour, entre rue fraîche et métro bondé, elle avait enclenché le pilotage automatique et n'avait relevé le nez qu'une fois arrivée devant sa porte, le temps de trouver ses clés et la serrure, surtout. Elle n'avait qu'une seule envie : sauter dans son lit toute habillée. Et appeler Lizzie, peut-être. L'un n'empêchait pas l'autre après tout et c'est un peu rassurée qu'elle entra chez elle. Ses clés glissèrent dans le vide-poche avec un tintement métallique familier, ses sneakers retrouvèrent leur place à côté du porte-manteaux et elle fit un dernier effort de maturité pour accrocher sa veste avant de lâcher un profond soupir, le nez à nouveau collé à l'écran de son téléphone. Ça n'avait rien de sain et elle savait pertinemment qu'elle cultivait sa colère en observant ─ not stalking, la différence étant de taille, ce n'était pas de sa faute si cet imbécile de Jordan Grayson apparaissait partout sur son fil d'actualité. « Jordan liked this, Jordan liked that, ugh, par pitié, qu'on cesse de m'informer de ses moindres faits et gestes, je m'en moque royalement » marmonna-t-elle. Elle eut vaguement l'impression, l'espace d'une seconde ou deux, d'apercevoir Lizzie dans un coin de sa tête, la dévisager avec un air dubitatif. La fatigue, sans doute. Rien à voir avec la mauvaise foi ou la culpabilité, non madame.

Avant de rejoindre son lit qui l'appelait à corps et à cri, Grace décida d'effectuer un détour par la cuisine, afin de trouver de quoi éteindre sa faim, à défaut d'éteindre sa rage. Ses doigts commençaient à faiblir, glissant toujours sur l'écran, et, à la réflexion, elle avait sérieusement besoin de manger un morceau. Le déjeuner avait été bref et plutôt maigre, et ses effets commençaient à se faire ressentir. Elle étouffa un bâillement, lequel se transforma en un glapissement à mi-chemin entre le ricanement et la quinte de toux devant la dernière publication en date de Jordan. Ou l'une des publications ? La technologie jouait contre elle et lui offrait littéralement tout ce qu'il balançait sur le net, du plus petit like aux grandes annonces. En passant par les bonnes résolutions, apparemment. « note to self: never get drunk again, lut-elle en ricanant, personne ne lui a dit qu'on gardait ce genre de conneries pour le jour de l'an, franchem- oh » Elle s'interrompit, surprise de découvrir Andrea à deux pas de là. Visiblement, leur cuisine était toujours le théâtre des retrouvailles ─ et des conversations difficiles, se rappela-t-elle avec une grimace. « Tu es déjà rentré ? » ajouta-t-elle très vite, en priant pour qu'il n'ait pas écouté, voire même, si elle avait un peu de chance, remarqué qu'elle avait l'air d'avoir couru un marathon et qu'elle parlait seule. Si leur relation s'était apaisée depuis quelques temps, Grace savait aussi qu'ils avaient encore du chemin à parcourir. Et elle essayait vraiment d'y mettre du sien, la plupart du temps. Mais il y avait son rapprochement avec Tristan, ses retrouvailles avec Lucas, il y avait toutes ces choses aussi qu'elle n'osait pas vraiment aborder avec lui, qu'elle préférait confier à d'autres. Parce que c'était plus simple, parce qu'elle n'avait pas peur de les déranger, ni de les blesser. Expliquer à Andrea qu'elle ne supportait plus ses camarades de classe, ni même ses études était une chose. Lui annoncer qu'elle s'était considérablement rapproché de Tristan ou qu'elle avait retrouvé Lucas de son propre chef, deux autres, bien différentes d'ailleurs. « Je, mh, comptais manger un truc et aller réviser. Ou me coucher. Non, me coucher en fait. Je suis sortie mercredi soir » précisa-t-elle, inutilement sans doute. S'il ne l'avait pas entendu rentrer au petit matin, jeudi, il faudrait sérieusement s'inquiéter pour son audition. « Je sais que je n'aurais pas dû, pas en pleine semaine. Et c'était pas vraiment la soirée du siècle en plus. Loin de là en fait » ajouta--elle sans le vouloir. Peut-être qu'elle avait besoin de le lui dire, en fait, besoin de parler à quelqu'un qui était loin de ce monstrueux bordel dans lequel elle avait atterri. Quelqu'un qui voulait ce qu'il y avait de mieux pour elle, comme il le lui avait tant répété ─ tant qu'il avait fini par la convaincre, pour de vrai.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
❝ she's imperfect but she tries. she is good but she lies. she is hard on herself, she is broken and won't ask for help. she is messy but she's kind. she is lonely most of the time, she is all of this mixed up and baked in a beautiful pie ❞ (sara bareilles | she used to be mine)


Dernière édition par Grace Leroy-Duchesne le Dim 22 Oct - 22:43, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
▪ messages : 112
▪ dispo pour un rp ? : Ouiiii
▪ avatar : Jonathan Groff
▪ âge : 32 ans
▪ statut : Divorcé
▪ occupation : Avocat

MessageSujet: Re: andrea | papa don't preach (i've been losing sleep, for, like, real)   Dim 22 Oct - 17:48

Andrea essaye de rentrer tôt. Il ne peut pas le faire tous les soirs, quoi que personne ne lui demande de comptes et qu'il pourrait, techniquement, se décider à travailler dans la maison familiale en fin d'après-midi jusque tard dans la nuit ; mais il préfère composer autrement, en se rendant plus disponible quand il est chez eux. En laissant le travail au bureau, réservant la maison à l'intimité d'une vie de famille. Bien entendu, le souhait n'est qu'idéalisme ; Andrea travaille tout le temps et il n'est pas rare que des dossiers rejoignent le dessus de son lit, qu'il s'endorme sur un procès verbal ou des notes de plaidoirie. Mais au moins, entre la fin de la journée et le début de soirée, il peut profiter un peu de la maison, et de Grace, aussi. Ou tenter de le faire comme il peut - parce qu'en ce moment, plutôt que de parvenir à quoi que ce soit, il a surtout l'impression d'essayer. Grace semble aller légèrement mieux - et il a plus ou moins l'impression, à en croire les réseaux sociaux et les provocations de son ex, que la relation entre Grace et Tristan s'arrange petit à petit. Le fait que ce soit le cas le rassure et l'inquiète tout à la fois, mécanisme malsain d'une jalousie qui a toujours eu cours entre les deux cousins, au delà de l'amour et de l'attirance, y ajoutant, peut être. Andrea a peur que Grace ne réalise que Tristan est définitivement le plus fun des deux - et malheureusement, même s'il passe beaucoup de temps à tenter de faire taire cette peur ridicule, il ne parvient pas à ressentir les choses autrement. Tristan représente un monde dont tout le monde aimerait faire partie. La chose l'inquiète aussi parce que les mois défilent et que la situation ne change pas vraiment. Peu à peu, le cerveau fatigué et un peu trop torturé d'Andrea commence à se faire une raison - et voilà quelque chose qu'il n'avait pas vraiment vu venir.

Toujours est-il que ce soir là, Andrea rentre plus tôt, les bras chargés de courses parce qu'il a toujours peur qu'ils manquent - que Grace manque, surtout. Sait-on jamais, qu'elle veuille ramener qui que ce soit ici, organiser un dîner, ou même manger un soir où il n'est pas là. Quand il arrive dans la cuisine, il note sa présence en entendant sa voix - et croit comprendre qu'elle râle, sans trop savoir pourquoi. Il ne comprend qu'en passant la porte que c'est visiblement sur son téléphone portable que se trouve l'objet de son agacement, mais par discrétion, sans doute, il s'abstient de faire toute remarque. Il dépose les sacs sur le plan de travail et lui offre un sourire en hochant la tête. Il espère sincèrement qu'elle est contente de le voir rentrer tôt - lui n'était pas vraiment heureux du retour prématuré de son père, quand il était plus jeune, par exemple. Il faut dire qu'Henri Leroy-Duchesne n'était pas vraiment sympathique, c'était même plutôt l'inverse. Andrea l'a au téléphone de temps en temps, mais n'impose pas réellement sa présence malsaine à Grace qui n'a sans doute pas besoin d'un grand-père psychopathe en plus de tout le reste...

Il s'approche d'elle et embrasse sa tempe, déballant les courses tandis qu'elle explique son programme de la soirée. Rien de particulier, en somme - et pas vraiment de dîner en tête à tête en prévision, Andrea déduit de ses propos qu'elle est fatiguée et qu'elle a surtout envie de se mettre dans son lit. « Moi aussi, j'ai envie d'aller me coucher », finit-il par lancer, un peu amusé. L'épuisement lui donne mal à la tête presque en permanence. Ils auraient bien besoin de vacances, mais l'approche de Noël angoisse Andrea à un point inimaginable. « Ca fait du bien parfois, de sortir. Même en semaine, et même si c'est pas raisonnable », il répond d'un haussement d'épaule. « Pour voir du monde et souffler un peu ». Andrea ne va très certainement pas lui reprocher de sortir. D'abord parce qu'il s'y sentirait peu légitime, ensuite, parce qu'elle est quand même âgée de 24 ans, que c'est une jeune femme sérieuse promise à un bel avenir et qu'il ne s'inquiète pas vraiment de son comportement. Ils ont tous été jeunes un jour - et si on y réfléchit bien, Andrea a lui même fait un certain nombre de bêtises. « Pourquoi elle était pas bien, ta soirée ? » il finit par demander, une fois débarrassé des courses. Il sort une bouteille de vin pour s'en servir un verre et lui en propose au passage, tendant la bouteille vers elle. « Est-ce que quelqu'un t'ennuie ? » il ajoute, en s'appuyant un peu sur le plan de travail pour piocher dans un paquet de chips qu'il vient d'ouvrir devant eux, référence plus ou moins subtile à ce qu'il a entendu un peu plus tôt.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
à quoi ça sert l'amour, si c'est un aller sans retour ?
y'a plus que du vide à la place, mais que veux-tu que j'en fasse ? A quoi ça sert la vie, quand on meurt petit à petit ? s'il ne reste plus que l'absence, à qui veux-tu que je pense ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
▪ messages : 164
▪ dispo pour un rp ? : yes, always
▪ avatar : Hailee Steinfeld
▪ âge : vingt-quatre ans (06/06)
▪ statut : confused af
▪ occupation : étudiante en droit (master degree) à l'université de Westminster

MessageSujet: Re: andrea | papa don't preach (i've been losing sleep, for, like, real)   Dim 22 Oct - 23:04

Elle eut un regard vaguement moqueur pour les courses qu'il avait faites sur le chemin de retour ─ un peu trop, toujours un peu trop, comme s'il était effrayé par la simple idée d'un frigo et de placards vides. A première vue, ils auraient facilement pu nourrir une équipe de foot pendant deux jours avec tout ce qu'Andrea avait acheté. Grace eut un sourire attendri, lequel s'élargit lorsqu'il l'embrassa. C'était peut-être un peu bête, un peu enfantin aussi, mais elle avait l'impression qu'ils formaient presque une famille normale dans ce genre de moments, brefs mais si domestiques. « Longue journée ? » s'enquit-elle lorsqu'il lui confia être fatigué, lui aussi. Ça n'était pas exactement une nouveauté et elle n'allait pas lui demander de prendre un peu de repos, principalement parce qu'elle ne le ferait pas non plus à sa place. Ça n'empêchait pas pour autant ses angoisses habituelles de faire leur apparition. Elles allaient et venaient ponctuellement, selon son humeur et la mine qu'affichait Andrea lorsqu'elle le retrouvait. Grace avait toujours peur pour lui, ça n'était pas un secret et elle ne s'en cachait plus non plus. Ça passait par les petites attention, attendre qu'il commande à dîner lorsqu'elle sortait, passer lui dire bonne nuit quand elle décidait d'aller se coucher et s'assurer qu'il ne s'était pas déjà endormi la lumière allumée, la cravate encore serrée. Elle ne le lui disait peut-être pas explicitement mais il avait dû s'en rendre compte. Et ça ne semblait pas le gêner, puisqu'il ne lui avait jamais fait la moindre remarque. Ils trouvaient leur équilibre, doucement mais sûrement. Là où bon nombre de ses amis avaient dû batailler pour convaincre leurs parents qu'ils n'étaient plus des enfants ─ et pour certains, devaient encore le faire ─ Andrea paraissait avoir accepté de lui-même qu'elle n'était plus la gamine qu'il avait un jour accueilli chez lui. Et, oui, c'était gratifiant mais Grace avait, elle, parfois encore du mal à gérer l'indépendance qu'il lui octroyait. Elle fronça un peu le nez devant sa désinvolture, non sans jeter un regard noir à son portable qui vibra sur le plan de travail. Lizzie l'avait sans doute tagguée sur un l'un ou l'autre des trop nombreux articles que Buzzfeed pondait à la chaîne à propos d'Halloween. « Je suis pas sûre qu'on peut appeler ça souffler, non » marmonna Grace, résistant à l'envie de se ruer sur son téléphone. Ce n'était pas le moment et ce n'était pas sain non plus, d'alimenter ainsi son ressentiment. « Quoi ? » fit-elle, enregistrant un peu tard qu'Andrea lui avait posé une question. Qu'il s'inquiétait, peut-être, de savoir où elle avait passé la nuit. « Ah, la soirée, lâcha-t-elle dans un soupir qui en disait beaucoup. Si, si, c'était bien. J'ai peut-être abusé un peu mais je crois qu'on en avait tous un peu besoin ? Je sais pas » Jon le premier en fait. Après tout, c'était lui, l'instigateur de tout ça. C'était à lui qu'elle devait sa gueule de bois de la veille et son manque d'énergie du jour. C'était lui qu'il fallait blâmer pour son hésitation devant la bouteille de vin tendue par son père. Une hésitation qui dura deux, peut-être trois secondes, avant qu'elle ne cède. Elle attrapa un verre et se servit, un peu trop généreusement pour quelqu'un qui avait hier promis à Lizzie, sur le coup de deux ou trois heures du matin, qu'elle ne toucherait plus jamais à une seule goutte d'alcool. Grace manqua de peu son verre, trop occupée à fixer Andrea pour regarder ce qu'elle faisait ni même où elle versait. « Ah, shit » bredouilla-t-elle, essuyant les quelques gouttes de vin d'un revers de manche, décision qu'elle regretterait probablement au moment de faire sa lessive. Quoi, lui avait-elle donné l'impression d'être malmenée ? Ou, comment avait-il, ennuyée ? Elle fronça les sourcils, tâchant de se remémorer leurs dernières conversations ou même ce qu'elle avait pu lui dire juste avant et- oh, ok. Il l'avait probablement entendu ronchonner en arrivant. Super. Elle baissa les yeux sur son verre, plongea la main dans le paquet de chips qu'Andrea avait eu la bonne idée d'ouvrir et se demanda un instant ce qu'elle pouvait dire pour le rassurer. Rien, sinon la vérité ? « Personne ne m'ennuie, promis, finit-elle par dire, trouvant son regard. C'est juste- comment t'expliquer ? » Elle avala une première gorgée, puis une deuxième ─ trop vite. Elle hoqueta un instant avant de retrouver son calme, les joues légèrement rouges. « J'ai eu un léger différend avec un ─ un quoi ? Comment était-elle sensée l'appeler déjà ? ─ ami. Je crois ? Je ne suis pas sûre qu'on soit vraiment amis, en fait. Il aurait aimé qu'on soit plus que ça. Ou aimerait toujours, je sais pas. Je suis pas sûre en fait, c'est un peu confus et encore un peu trop récent. Mais on s'est engueulé, plutôt violemment d'ailleurs. Enfin, verbalement. Il ne m'a pas touchée, précisa-t-elle rapidement, désireuse de ne pas l'inquiéter. On s'est juste disputé. C'est un idiot. Et il m'agace profondément. Lizzie dit que ça vire à l'obsession mais j'ai juste besoin, je sais pas, d'extérioriser tu vois ? Et il est partout. Je peux pas aller sur Internet sans tomber sur lui ou un truc qui me fait penser à lui » Littéralement. Jordan était partout, à croire que l'univers avait envie qu'elle implose. Ou qu'elle finisse par parler de ses problèmes de cœur avec son père. L'implosion, quoi que plus douloureuse, serait certainement moins gênante, Grace n'étant pas sûre qu'ils en soient déjà à ce stade-là.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
❝ she's imperfect but she tries. she is good but she lies. she is hard on herself, she is broken and won't ask for help. she is messy but she's kind. she is lonely most of the time, she is all of this mixed up and baked in a beautiful pie ❞ (sara bareilles | she used to be mine)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
▪ messages : 112
▪ dispo pour un rp ? : Ouiiii
▪ avatar : Jonathan Groff
▪ âge : 32 ans
▪ statut : Divorcé
▪ occupation : Avocat

MessageSujet: Re: andrea | papa don't preach (i've been losing sleep, for, like, real)   Mar 24 Oct - 18:03

 « Longue journée, oui. Comme d’habitude, au fond », il répond dans un sourire. Il n’a pas envie de parler boulot ; il le fait déjà bien assez. Son travail est la chose qui lui occupe le plus l’esprit – juste après Grace. Et peut être aussi après Tristan, mais le but de travailler autant est sans aucun doute de cesser de penser autant à son ex-mari. Quoi qu’il en soit, Andrea n'est pas sûr de s'y prendre de la bonne façon pour recueillir les confidences de sa fille. C'est un peu idiot, sans doute, mais il n'a jamais vraiment été le confident de personne. Peut être de Tristan, à certains moments, quand il ne semblait pas possible de parler à qui que ce soit de leurs problèmes pour éviter les jugements extérieurs, mais les choses se sont toujours faites naturellement. Tristan est sans aucun doute la seule personne qui n'a jamais vraiment eu peur de s'ouvrir à Andrea. Grace le fait, aussi, de plus en plus, mais ça reste compliqué et il en a bien conscience. Elle le fait petit à petit. Presque timidement, et sur des sujets assez choisis - comme leur relation, ou le divorce, par exemple. Les copains, les soirées, les histoires de coeur - tous ces sujets sont un peu en dehors de son champ de compétence, à raison, sans doute. Andrea n'est pas très doué pour tout ça - il n'est pas très doué pour les relations sociales en général, sauf lorsqu'il s'agit de parler avec un homme qui a commis une infraction ou à une victime ébranlée, de manière assez surprenante, d'ailleurs. Alors il tente d'y aller doucement, de se la jouer un peu détaché. En réalité, la seule idée que quelqu'un puisse embêter sa fille ou la rendre triste ou ennuyée l'énerve profondément. Mais il n'a pas besoin de jouer les papas poules - en tout cas, il ne croit pas que ce soit ce dont Grace a envie. Alors il se contente d'écouter, l'observe, visiblement mal à l'aise. Andrea est assez bon en analyse comportementale - pas qu'il soit psychologue, ni même clairvoyant, mais fréquenter des personnes diverses et variées en cours de procès vous aide à apprendre ce genre de choses. A lire les signes. Il s'apprête à lui tendre une éponge pour la table - mais elle prend les devants avec le revers de sa manche, alors il laisse sa main retomber sur le bois du plan de travail.

Il la dévisage pendant qu’elle raconte, prenant soin, de manière évidente, de ne pas l’inquiéter. Elle précise ses propos, réfléchit à ce qu’elle va dire – et Andrea ne sait pas si ça doit le toucher ou, au contraire, l’inquiéter. Il sait bien que Grace veille sur lui et qu’elle s’inquiète, mais il ne voudrait pas que ça lui occupe l’esprit sans cesse. Elle lui indique s’être disputée, et Andrea retient un sourire qu’elle pourrait mal interpréter. C’est idiot, sans doute, mais il est content qu’elle ait ce genre de préoccupations, aussi. La vie ne l’a pas vraiment épargnée, entre la mort de sa mère, l’adoption, et avant ça, la vie compliquée avec Megan – puis l’irruption dans leurs vies de son père biologique, le divorce et toutes ces choses qui viennent sans aucun doute possible perturber les esprits adolescents. Alors oui, même si ce soir, elle semble contrariée, agacée même peut être, Andrea est content que les… relations, ou quoi que ce soit dont il s’agit, fassent partie de ses préoccupations. « Pourquoi est-ce qu’il t’agace ? » il demande simplement, en penchant un peu la tête. « Je veux dire, c’est ton ami – il veut plus et toi non, mais… est-ce qu’il est insistant ? » il demande en fronçant un peu le nez. S’il n’était pas capable de maîtriser convenablement sa prise de parole générale, il rougirait sans doute d’aborder ces sujets avec elle. Pas parce qu’il n’en n’a pas envie, mais parce qu’il a vraiment, profondément l’impression de ne pas être doué du tout pour ça. « Sans parler d’être agressif, hein, j’ai bien compris qu’il ne t’avait pas fait de mal », il précise, pour ne pas avoir l’air d’être un père abusif, non plus. Il a vraiment l’impression de mettre les pieds dans quelque chose qu’il ne maîtrise pas le moins du monde – et dieu sait qu’Andrea n’excelle pas à être novice. Lui, ce qu’il veut, c’est être le meilleur partout – malheureusement, les bonnes habitudes ne se perdent pas en vieillissant. Il fait des efforts, cela dit. « Parce que j’imagine qu’il n’était pas agaçant, avant, si vous étiez amis ». Peut être qu’elle n’a simplement pas envie qu’il l’apprécie plus que de manière purement amicale. Andrea hésite presque à demander s’il s’agit d’un des – nombreux – enfants Grayson, mais il se retient. Pas sûr qu’ils en soient à ce niveau de confidences pour le moment. « Peut être qu’un peu de distance ferait du bien ». Facile à dire, à l’heure où tout le monde étale sa vie partout. « Ton père m’agaçait beaucoup, lui aussi. D’ailleurs il m’agace toujours parfois – mais je ne suis pas sûr que ce soit le bon exemple, du coup… Mais j’imagine qu'il devrait s'estimer heureux quand même, parce qu’être agacé, c’est déjà ne pas s’en foutre ».  Il grimace un peu – sans trop savoir ce qu’il veut dire par là. Mais quand il y réfléchit, c’est vrai que, quand on le convoitait – avant qu’il n’épouse son cousin – il était surtout indifférent. Sauf pour Tristan. Et il n'a même pas réalisé qu'il venait d'appeler Tristan son père, comme ça.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
à quoi ça sert l'amour, si c'est un aller sans retour ?
y'a plus que du vide à la place, mais que veux-tu que j'en fasse ? A quoi ça sert la vie, quand on meurt petit à petit ? s'il ne reste plus que l'absence, à qui veux-tu que je pense ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
▪ messages : 164
▪ dispo pour un rp ? : yes, always
▪ avatar : Hailee Steinfeld
▪ âge : vingt-quatre ans (06/06)
▪ statut : confused af
▪ occupation : étudiante en droit (master degree) à l'université de Westminster

MessageSujet: Re: andrea | papa don't preach (i've been losing sleep, for, like, real)   Mar 31 Oct - 18:04

Jusqu'à présent, elle s'était peu imaginée avoir ce genre de discussions avec Andrea, en grande partie parce qu'elle craignait que ça ne l'intéresse pas. Et puis, elle avait Lizzie, pour ce genre de questions. Seulement, ces derniers temps, les conseils de Lizzie la mettaient dans une position délicate et elle préférait éviter tout sujet sensible avec sa meilleure amie. Et ignorer les questions de son père n'était pas ─ plus ? ─ dans ses habitudes. Ils pouvaient avoir une relation normale, malgré le divorce et tout le reste. Et ce genre de conversations, si gênantes soient-elles, en faisaient certainement aussi partie. Le seul souci, en l'occurrence, c'est qu'elle n'avait encore jamais abordé ce type de sujets. Elle lui parlait de Lizzie parfois, de Jon aussi, des quelques amis qu'elle fréquentait à l'université, mais Jordan restait globalement un mystère chez les Leroy-Duchesne. Chez Grace la première en fait. « Ce n'est pas vraiment qu'il est insistant. Ni agressif d'ailleurs » confirma-t-elle, peu désireuse de lui donner d'inutiles craintes quant à la situation. Elle soupira, se concentrant d'abord sur les chips et, surtout, sur le meilleur moyen de lui expliquer sans sembler alarmante. « Il est juste... partout ? C'est ça, le plus agaçant. Il est partout. Et je ne sais pas, peut-être que je ne suis pas si insensible que ça, peut-être que c'est pour ça que ça m'irrite autant. J'en sais rien » Nouveau soupir et elle eut envie de se noyer dans son verre de vin. Non pas pour échapper à cette discussion, elle s'était lancée là-dedans de son plein gré. C'était toute cette situation avec Jordan qu'elle aurait préféré éviter. Pourquoi diable s'était-il dit que c'était le moment parfait pour faire de telles révélations ? Andrea avait certainement raison, il fallait qu'elle s'éloigne. Grace acquiesça sans rien dire. Peut-être aurait-elle dû, à la réflexion. Elle fronça le nez, pas certaine d'apprécier d'entendre parler de Tristan et d'Andrea, ensemble, pas vraiment prête surtout. Elle n'en dit rien pourtant, ne voulant pas le vexer. « Je sais que je ne me fous pas de lui. Juste... je n'avais jamais imaginé que je pouvais l'intéresser ? De cette manière-là, je veux dire. Et je ne suis même pas sûre qu'on ait jamais été amis. Je ne suis pas exactement sympa avec lui. Et c'est un idiot, donc... » Argument irréfutable, bravo Grace. « J'ai été tellement concentrée sur autre chose » Sur quelqu'un d'autre, surtout. « Et il a passé un an à l'étranger. C'est un peu, je sais pas, bizarre de revenir et de me dire qu'il m'aime bien ? Et que ça ne date pas d'aujourd'hui, en plus. Je m'en étais pas vraiment aperçue avant. Pas du tout en fait » Elle laissa échapper un bref ricanement et descendit son verre, un peu trop vite sans doute. Une quinte de toux la secoua et elle s'écarta, les joues rouges, un peu honteuse. « Pardon, c'est... passé de travers. Bref, c'est un idiot et ça ne fonctionnerait pas de toute façon, donc c'est certainement mieux comme ça » conclut-elle. Qui cherchait-elle à convaincre avec ça, mystère. Probablement elle-même pour commencer.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
❝ she's imperfect but she tries. she is good but she lies. she is hard on herself, she is broken and won't ask for help. she is messy but she's kind. she is lonely most of the time, she is all of this mixed up and baked in a beautiful pie ❞ (sara bareilles | she used to be mine)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: andrea | papa don't preach (i've been losing sleep, for, like, real)   

Revenir en haut Aller en bas
 
andrea | papa don't preach (i've been losing sleep, for, like, real)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Réflexion sur papa Dessalines
» Host papa
» Papa lui m'affirmait qu'existait son étoile .
» Décès de la maman de papa Brixhe
» Papa Césaire est mort

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ticket To Ride :: london, 2017 :: westbound to eastbound :: circle line :: kensington-
Sauter vers: