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 (poppy) being well-adjusted is probably fucking overrated.

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dispo pour un rp ? : oui, mais pas tout de suite (2/2 : vday, nick)
avatar : akendrick
age : 26
occupation : journalist. co-host of an infotainment show "oh no they didn't" on bbc 1. youtuber, new video every sunday
relationship status : single, workaholic, has a lot of baggage. any takers?
MessageSujet: (poppy) being well-adjusted is probably fucking overrated.   Mar 25 Juil - 23:13

poppy giulia costa
résumé
Poppy, c'est la nana qui n'a pas peur de parler à sa caméra en déambulant dans les rues de Londres. Youtubeuse, chroniqueuse dans une émission de télévision, mais aussi journaliste très sérieuse, elle est un peu toujours dans l'entre-deux. Quand elle fait des blagues, difficile de savoir si elle rigole ou dit vrai. Mais il suffit de la connaître un peu pour savoir déceler le vrai du faux, quoique demeurera toujours un petit doute... sait-on jamais. Plus sensible qu'elle ne veut le paraître, elle sympathise rapidement avec des inconnus rencontrés dans un bar, raconte sa vie sans vraiment se révéler réellement. Le vrai du vrai, elle le garde pour ses meilleurs amis, qui se comptent sur les doigts de la main. Digne de son nom - oui, sa famille c'est bien les Costa, de Costa Coffee - elle adore le café. Elle adore boire et tient bien son alcool, et se défait rarement de son humour et son awkwardness en toute situation. Nom et visage reconnus, elle a du mal à se considérer réellement "célèbre". Elle hallucine encore à chaque fois qu'elle rencontre des "fans".


quick info
▬ âge : 26 ans (14/04/1991).
▬ nationalité : anglaise, britannique.
▬ métier : journaliste (chroniqueuse pour l'émission à succès Oh No, They Didn't de septembre à juin sur la BBC; présente la matinale de BBC radio one cet été) et youtubeuse (ThePoppyCTV, chaîne actualité/divertissement, une vidéo chaque jeudi depuis 2009 + une chaîne de vlogs hebdomadaires).
▬ habite à : ??? w/ Maddison Jones.
▬ orientation sexuelle :  hétérosexuelle.
▬ statut : célibataire.
▬ groupe : Single Ticket.
▬ avatar : Anna Kendrick.

en 2006en 2010aujourd'hui
février 2013, cardiff.
« Papa s'est, QUOI ? » Mon exclamation m'attire des regards foudroyants mais si j'ai bien entendu ce que je viens d'entendre, faire trop de bruit dans la bibliothèque est vraiment le cadet de mes soucis. « Marié. Il s'est marié, Poppy. » me répond mon frère nerveusement. J'avais bien entendu ce que j'avais cru entendre. Mon père s'est bel et bien marié en mon absence. « Où, quand, comment ? Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? » « A Rome. Avant-hier. Moi-même je viens tout juste de l'apprendre, je t'ai appelée dès qu'il est sorti de mon bureau. Il est rentré ce matin apparemment. Il a dit qu'il allait te skyper ce soir pour te l'annoncer. » Encore sous le choc, je reste silencieuse quelques instants. « T'es là ? » « Oui oui, c'est juste que... Il n'avait pas dit qu'ils allaient attendre Avril ? Que ce serait un beau mariage printanier, le meilleur de ses mariages, répétait-il. Que j'aurais le temps de rencontrer Jenna » « Jenny » « Whatever et que- » « Non pas whatever, Poppy, Jenny Costa est notre nouvelle maman et elle est plus jeune que moi ! » Tentée de rejoindre mon frère dans son état de panique, j'inspire profondément et trouve somehow la force de garder mon calme. « Let's stay calm, okay? Okay. » « Not okay! Je ne peux pas rester calme. Imagine, il disparaît pendant deux jours avec sa copine et quand il revient, ILS SE SONT MARIES. Elle a vingt-six ans, Poppy, vingt-six ! Elle pourrait aussi bien être notre soeur. » « Ew, gross. » Aaron ignore ma remarque et se lance dans un monologue animé, ce qui ne lui ressemble pas. D'habitude c'est moi the one who never seems to shut up. « Tout ce qu'elle veut c'est son argent - notre argent - je te le dis, je le sais. Mais a-t-il voulu m'écouter ? Of course not. Parce que pour lui, je suis un pessimiste qui ne croit plus en l'amour. Voilà ce que c'est que d'être le seul réaliste de la famille, on te traite de pessimiste sans espoir. Et tu sais ce qu'il m'a dit aussi plus tôt ? Qu'il fallait parfois fermer les yeux et sauter. » « Dans la piscine ? » Ma tentative de le détendre tombe évidemment à l'eau. Pun intended. « Non, dans l'inconnu. L'inconnu, c'est l'inconnu. On ne saute jamais dans l'inconnu. On étudie l'inconnu et il devient du connu. S'il reste de l'inconnu, on ne saute pas dans l'inconnu. C'est ce qui fait que tous mes investissements sont un succès. Il arrive que je prenne des risques, oui, mais j'étudie tout. Se lancer dans l'inconnu n'est jamais une bonne idée, surtout quand ça implique des gens. Les gens changent d'avis, les sentiments changent. Rien n'est constant. » Je souris tristement comme je le fais à chaque fois que mon frère fait allusion à sa propre situation dont il refuse toujours de parler. Il y a bien un moment que je n'essaie plus de l'en faire parler. Quand il voudra en parler, je serai là pour l'écouter, il le sait. Du moins, j'espère qu'il le sait.

A ma naissance, Aaron avait dix ans. Lorsque j'étais un bambin, lui était à l'école. Lorsque j'y entrais, lui était au lycée. Lorsque je venais d'obtenir mes A-Levels, lui travaillait déjà pour notre père depuis environ quatre ans. Ce qui fait que nos âges ne nous ont jamais permis d'être vraiment proches. Pourtant, j'ai bien essayé. Mais Aaron a toujours été un solitaire, bien plus réservé que mon père et moi, et bien plus posé. Des fois, je me demande si ça n'était pas difficile pour lui de nous avoir nous deux comme famille. Il m'arrive même de me demander si, s'il ne nous a jamais tourné le dos c'est par obligation familiale ou si c'est parce qu'il nous aime vraiment. Et après je me dis qu'il doit sûrement nous aimer un peu quand même, que si ce n'est pas le cas, je préfère ne pas le savoir parce que c'est mon frère et que je l'aime, no matter what. Ces dernières années me redonnent de l'espoir though. On a pu faire connaissance en tant que les adultes que nous sommes devenus, même si dix ans continuent de nous séparer. On parle beaucoup plus qu'avant, même si je suis à Cardiff et qu'il est à Londres, et mon grand frère semble enfin - bien que seulement récemment - venir vers moi de temps à autres. Il doit bien tenir à moi au moins un peu.

Chacun à ses réflexions, un silence s'est installé et c'est moi qui y mets fin. « Bon, Aaron, respire. On va tout arranger. Il est vrai queeeee je ne connais pas Jenny en personne, que j'étais censée la rencontrer et parler à papa de tout ça en chair et en os, AVANT le mariage, mais it obviously got ruined. Il nous faut donc un nouveau plan. Je rentre en Avril, comme prévu, pour une semaine. Ce qu'on va faire c'est que quand je rentrerai, je parlerai à papa en personne et en privé - we'll find a way - de Jenny, son mariage, tout ça, comme j'avais l'intention de le faire. Toi, en attendant, play nice. Et surtout, sois présent. Va les voir souvent, histoire qu'elle sache que tu n'es jamais très loin. » « T'appelles ça un plan ? » « As-tu une alternative ? Parce qu'à mon sens, on ne peut rien faire d'autre. Papa l'aime vraiment, c'est clair et je ne veux pas le voir souffrir d'une quelconque façon à cause de nous. Et bien que je fais confiance à ton jugement et que le cliché veut que Jenny soit une golddigger, il y a une minime chance qu'elle ne le soit pas et qu'elle aime vraiment papa. Si c'est le cas et bien que ce soit assez perturbant pour nous, si elle fait le bonheur de papa, on doit l'accepter. Il a le droit d'être heureux. » Il semble réfléchir puisqu'il ne répond pas tout de suite. « Tu as raison, y a pas grand chose à faire. Je vais garder un oeil sur elle et peut-être même faire appel au détective privé dont je t'avais parlé l'autre jour. » Je m'apprête à m'y opposer mais change d'avis à la dernière seconde et ne le fais pas. Bien que j'étais contre l'idée au départ, peut être qu'Aaron a raison. Peut-être que quelqu'un qui suit les moindres faits et gestes de Jenny c'est ce qu'il faut. Mon père n'est pas idiot mais si elle a réussi à le convaincre de l'épouser aussi rapidement, sans qu'Aaron et moi soyons présents, au lieu d'attendre encore deux mois et d'avoir le mariage parfait en présence de la famille, qui sait ce dont elle peut encore le convaincre ? « Et bien sûr qu'il a le droit d'être heureux, je n'ai jamais dit le contraire, mais cette Jenny is bad news, j'en suis certain. »

***

juillet 2013, cardiff.
« Tu pars vraiment alors ? » Je me retourne pour trouver Colton planté au pas de ma chambre, m'adressant le regard le plus triste qu'il ne m'a jamais adressé. « Ne fais pas cette tête, pitié, it's only making it harder. » Je détourne ma tête et me concentre sur ma valise pas encore totalement faite. « I can't help it. » dit-il. Je continue de ranger mes affaires dans ma valise. « On avait des plans, toi et moi. On allait- » Me retournant vers lui, je le coupe aussitôt. Pas besoin qu'il rende les choses encore plus difficiles qu'elles ne le sont en me rappelant tout ce que je sais que j'abandonne en rentrant en Angleterre. « Je sais, Col. Tu sais bien que je sais. Mais mon père passe par une phase difficile, même s'il prétend le contraire et je me dois d'être là pour lui. »

Une phase difficile, c'est peu de le dire. Avril était censé être le mois où il se marierait, mais il s'est marié deux mois plus tôt et s'est retrouvé demandant le divorce une semaine avant la date initiale de son mariage. Il avait cru qu'il avait enfin trouvé l'amour de sa vie et en fin de compte, Aaron avait raison sur toute la ligne. Jenny n'avait épousé mon père que pour son argent. Je ne peux m'empêcher de m'en vouloir d'avoir eu mon rôle dans toute cette histoire rien que par mon absence. Si je n'avais pas été à Cardiff, en train de poursuivre mon rêve que mon père m'avait tant encouragé à poursuivre, j'aurais été là. J'aurais pu être là pour lui, lui parler, le prévenir, le convaincre, le protéger. Mais je n'étais pas là et mon père s'est retrouvé avec un coeur brisé. J'ai donc annulé mes plans de rester à Cardiff après avoir obtenu mon diplôme de master et décidé de rentrer. Si un autre malheur arrivait à mon père parce que je n'étais pas là, je ne me le pardonnerais pas. Et puis, après tout, mes plans de base n'avaient jamais inclus que je reste à Cardiff, ce n'est qu'au bout de ma deuxième année de licence que j'ai changé d'avis. Après avoir connu Colton, après m'être attachée à lui. Mais comme Aaron dit, les gens changent d'avis et à la fin, rien n'est constant. Mais au moins, l'échec de la relation de mon père avec Jenny lui a donné le courage de poursuivre ses rêves et il a décidé de faire les études universitaires qu'il a toujours voulu faire. Mon frère pense que c'est de la pure folie, que c'est du gaspillage d'argent, tout comme la nouvelle voiture qu'il s'était payé il n'y a pas longtemps. Moi je pense que c'est une excellente idée, que ça le rendra heureux et que c'est tout ce qui compte.

Colton baisse les yeux, reste un moment sans rien dire puis rompt son silence sans lever les yeux. « Alors tu choisis ton père au lieu de moi. » What even ? « Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne choisis personne au lieu de personne. C'est pas comme si on allait rompre ou quoique ce soit, c'est juste que pour le moment ma place est à Londres, aux côtés de mon père. Et après... » Je me tais. J'anticipe sa question, puisque moi-même je me la pose. Et après, quoi ?  « Et après, je ne sais pas. » Il lève la tête doucement pour me regarder dans les yeux, consterné. Je me mets à mordre ma lèvre de l'intérieur nerveusement alors que je sens mon coeur se serrer un peu. Sur le coup, je m'avance vers lui et dis « Ou tu peux venir avec moi. Je ne sais pas ce qu'on fera, comment on fera mais tu peux. » Il secoue la tête lentement tout en parlant.  « Non, je ne peux pas. Ma vie est ici. Elle l'a toujours été et le sera toujours, tu le sais bien. » « Mais. » Il s'approche de moi à son tour et me prend dans ses bras « It's okay, c'est la vie. I guess it just wasn't meant to be. » Gorge serrée, je ressens l'envie de pleurer mais pas une seule larme ne coule de mes yeux. Je reste dans son étreinte pendant quelques instants puis m'en dégage, me rappelant qu'il ne me reste plus que quelques heures avant le départ de mon avion.  « Il faut que je finisse ma valise. » Il acquiesce. « Tu dois être à l'aéroport quand ? » me demande-t-il. Je sors mon téléphone de la poche de mon jeans pour y lire l'heure. « Dans cinq heures et demi. Mais y a la fête surprise que vous m'avez préparé Sam, Dave, Isa et toi in like an hour, non ? Et oui, j'étais au courant. Not very subtle vos codes. Je n'ai jamais vu des gens se gratter le nez autant. » Ce qui lui aurait habituellement décroché un rire arrive seulement à le faire sourire, mais c'est mieux que rien. « On met toutes tes affaires dans la voiture avant la fête pour aller directement à l'aéroport après ou tu préfères qu'on revienne les prendre à la dernière minute ? » Je me contente de répondre « Avant. », évitant exprès de préciser que j'ai l'intention de prendre un taxi et d'aller à l'aéroport toute seule. La dernière image que je veux garder de lui et de mes amis n'est pas d'eux tous, larmes aux yeux, faisant au revoir de la main.
J'ouvre les yeux difficilement en baillant. Oh for Fuck's sake, what happened? Qui suis-je, où suis-je ? What? Je me frotte les yeux, m'étire, mon cerveau peine encore à se réveiller.  Il est quelle heure ? On est quel jour ? Oh mon dieu. OH. MON. DIEU. Je ne me suis pas réveillée pour le travail ? Un tremblement de terre dans ma tête. Mon rythme cardiaque s'accélère, ma vision se brouille légèrement. This can't be happening. Je tends ma main et attrape mon téléphone pour regarder l'heure. Mes yeux mettent du temps à coopérer, et puis finalement je soupire, soulagée. Il est 19h. On est vendredi. Je n'ai pas raté mon réveil, je ne travaille même pas demain. Radio One ne va pas me virer de si tôt, je ne recevrai pas de texto rempli d'insultes de la part de Nick G. m'accusant d'avoir trahi sa confiance. That would hurt even more than the firing bit, je crois ? J'adore Nick, okay ? Je garde le texto où il m'a dit que I had done « a terrific job » en tant que sa remplaçante au Early Breakfast Show précieusement. Bon, oui, être virée me déprimerait aussi un peu. Beaucoup. Même si je déteste me réveiller chaque jour à 3 heures du matin, ce travail estival est un honneur. Et j'y prends beaucoup de plaisir. Alors si le prix à payer ce sont des réveils en panique, ça en vaut le coup. J'avouerais que boire et dormir tard quand je veux me manque, mais je compense les week-ends. D'ailleurs, ce soir c'est game night avec ma colocataire, Maddison, son frère jumeau qui passe ses vacances ici, Nathaniel, et mon autre meilleure amie, Alex. Des jeux de société, des parties de Wii, du karaoké et toutes les activités cons à laquelle on pourrait penser sur le moment. Le tout autour de nourriture plus grasse que saine - une victoire dans cette maison, j'adore corrompre le régime alimentaire équilibré de Mads - et de beaucoup de verres : cocktails, shots et comme avec les jeux, on laissera faire notre créativité pour inventer de nouveaux mélanges souvent plus ratés que réussis. La. Base. La petite amie de Maddie arrivera peut-être plus tard en soirée, et mon ami et collègue Max aussi.

La vie est drôle, n'empêche. Il y a encore quatre ans, je venais de revenir à Londres. J'avais ré-emménagé avec mon père qui vivait une phase difficile. J'étais à peine diplômée, à la recherche d'un boulot, et je continuais de tenir ma chaîne YouTube. Je ne connaissais pas encore ce tourbillon de blonde, entrée dans ma vie et dans mon coeur d'un coup de vent et avec qui j'habite aujourd'hui. Je n'avais pas encore recroisé Alex, mon amie d'enfance, qui elle aussi fait désormais partie intégrante de mon existence. J'étais encore trop indépendante -
parce que oui, ça existe - trop réticente à me lier encore, après mes derniers au revoir. Un bout de ma personne était resté à Cardiff, et je vivais avec l'espoir que mon ex changerait d'avis, dans un grand geste romantique à la con, laisserait sa vie là-bas pour venir se greffer à la mienne, ici. Et puis, je n'osais même pas espérer décrocher un travail à la BBC, encore moins être repérée par la chaîne. And yet, here I am today.

Des fois, on pense perdre, rater de belles choses dans la vie. Et puis il s'avère qu'on a manqué un tournant pour trouver un autre chemin, qui mène à une meilleure destination. Enfin, je n''ai aucune certitude si celle-ci est effectivement meilleure ou pas, mais j'aime bien où j'ai atterri.  Ugh. I'm getting all emotional and weird, dans mon lit, après une sieste de cinq heures. Tout. Va. Bien. Mon ventre se met à crier, ce qui me rappelle que je n'ai pas mangé depuiiis 11 heures du matin ? « Booooooo », je crie à l'adresse de ma coloc', aussi désespérée que mon estomac. « Please feed meeeeeee? » Je me lève difficilement avant de me laisser retomber dans le lit, comme une enfant. Je lâche, à peine dramatique : « I have no power to liiiiiiiive, save me! »
Lèvre mordue, je me regarde dans la glace, peu satisfaite du résultat de mes deux heures de préparation en fin de compte. Je me tourne un peu pour me regarder de profil. Non mais j'ai l'air d'une poupée, Stain va me trouver ridicule. J'ai l'air d'être l'une de ces filles dont on rit souvent. Mais à quoi je pensais en suivant les conseils de Sarah ? J'ai l'air stupide. J'enlève la jupe rose que je portais un instant plus tôt et la remplace par ma paire de jeans préférée. Ce que je vois dans le miroir en face de moi me ressemble un peu plus. Je mets mes converses noires et décide finalement de changer mon haut bien trop blanc par un haut noir, qui va mieux avec le tout. Je me débarrasse du rose sur mes lèvres, mets mon collier préféré et fourre le tube de rose à lèvres dans ma poche, sait-on jamais. Je regarde le résultat final, c'est beaucoup mieux. Je ne sais pas trop si c'est que les lycéens mettent aux fêtes sans supervision, mais en tout cas, mieux vaut être en jeans et t-shirt qu'en jupe rose. Je hoche la tête, respire, histoire d'avoir l'air détendue devant mon père et descends. Il me regarde silencieux pendant un moment, et je commence à me demander s'il ne va pas changer d'avis. J'affiche donc un sourire innocent, tout en priant de tout mon coeur qu'il ne décide pas à la dernière minute que je suis trop jeune pour une soirée sans surveillance parentale. « Prête ? » me lance-t-il finalement, tout sourire. Soulagée, j'acquiesce de la tête, un large sourire aux lèvres. « On y va alors ! Le plus tôt on part d'ici, le plus tôt tu pourras découvrir les joies d'une vraie fête ! » Mon sourire se fige. Oh, oh. Il ne serait pas un peu trop enthousiaste là ? I mean, même pour un père aussi peu conventionnel que le mien, cette réaction me semble... suspecte. Quand je lui ai parlé de la fête la première fois - avec aussi peu d'enthousiasme que j'ai pu en faire preuve (sur conseil de Lena au téléphone) - il avait facilement accepté et s'était montré le plus cool des papas ever. Mais il n'était pas aussi content qu'il en a l'air maintenant. Et s'il était entrain de me tester ? Hum... Perdue dans mes réflexions, je suis mon père jusqu'à la voiture en silence. Une fois installée, je finis par en arriver à la conclusion qu'il ne faut surtout, mais surtout pas que je montre à mon père combien cette soirée est importante. Après tout, contenir mon enthousiasme est peut être ce qui m'a obtenu l'autorisation d'à aller à la fête en premier lieu. Cependant, lorsque je vois mon père se mettre à chercher quelque chose, je ne peux m'empêcher de demander, toute inquiète, « T'as bien l'adresse, hein, tu ne l'as pas perdue ? Parce que sinon, je peux te dire où c'est, Jess m'a bien expliqué. Il ne manquerait plus qu'on soit au mauvais endroit, t'imagines ? » Ugh, fail. « Je l'ai l'adresse, je l'ai. » dit-il, en retrouvant le carton d'invitation sur lequel l'adresse était notée. « Et c'est pas comme si j'avais besoin de ce bout de papier, tu m'as déjà expliqué dix fois comment y accéder. Détends-toi, little lady, et fais confiance à ton vieux père ! Qui n'est pas si vieux que ça, hein. » Bon, plus d'enthousiasme à partir de maintenant. Poppy, tu peux le faire. Cette soirée n'est pas importante. Il n'y a aucune chance que Stain y soit. Tu ne vas pas t'amuser. Ca va craindre à mort. Tu n'as pas envie d'y assister. J'inspire profondément tandis que mon père démarre la voiture, puis je dis, feignant le détachement « Mais je suis détendue, papa. C'est pas grave de toutes façons si je rate la fête. J'y vais juste comme ça. C'est pas comme si je mourrais envie d'y aller. » Mon père me jette un regard suspect. Bon, clairement, j'en ai trop fait. Shoot. Il faut que je me rattrape et vite. « Je veux dire, y aura Lena que j'ai pas revu depuis qu'elle a déménagé, c'est vrai. Mais on aura sûrement d'autres occasions pour nous voir. C'est pas la fin du monde si je rate la fête, quoi. C'est tout ce que je voulais dire. » Je. Crains. Trop. Maintenant il va définitivement se dire que je cache quelque chose. Il me regarde du coin de l'oeil. « Tout va bien, princesse ?» Je hoche la tête et me dépêche de répondre « Oui, tout va bien. Pourquoi ça n'irait pas ? Et pitié, papa, ne m'appelle plus comme ça. Du moins, surtout pas devant mes amis. Ou devant qui que ce soit, en fait. Une princesse c'est une fille qui porte des trucs trop roses et des froufrous, tout ça. Juste, ew. Alors, please, preeeeetty please, papa, plus de "princesse" ? » Je lui adresse un regard suppliant qui le fera céder, je l'espère. « Fine. » YAY, ça a marché. « Mais sache que quand je t'appelle princesse, c'est pour tout ce que représente une princesse de bon, en tant que personne et non pour ce que tu associes physiquement avec une princesse. Mais si tu n'aimes pas que je t'appelle ainsi, je m'abstiendrai de te surnommer princesse, mais juste devant tes amis. Tout le reste du temps, tu seras princesse. Deal ? » Je réfléchis quelques instants. C'est sûrement la meilleure offre qu'il risque de me faire, autant la prendre. « Deal. » J'affiche un sourire satisfait. « Thanks, dad. »  « You're welcome, princess. » Il insiste sur le mot princesse, ce qui me fait rire plus qu'autre chose. Un silence s'installe et craignant que mon père n'essaie d'y mettre fin en me posant des questions,  j'allume la radio. Je reconnais aussitôt la chanson qui y passe et m'exclame « Daddy, it's our song! » Il sourit et monte le son, et bientôt nous voici chantant en choeur avec les Beatles. Lorsque la chanson prend fin, il me dit « Tu sais, tu as failli t'appeler Jude. » « Jude Costa... On dirait que c'est le nom d'un vieux monsieur. » Il rit un peu. « Et c'est exactement pourquoi on a rayé Jude de la liste. Après quoi il ne restait plus que Poppy et Giulia. On n'arrivait pas à se décider alors on a pris les deux. » Je souris. « Vous avez bien fait. »

Je pose ma tête sur la vitre à ma gauche et regarde les quartiers défiler et laisse mon imagination vagabonder. J'essaie d'imaginer mes parents, avant ma naissance. Etaient-ils heureux à l'époque ? En harmonie ? Ou étaient-ils aussi malheureux d'être ensemble que j'ai pu le voir en grandissant ? De ce que je sais, ma mère est restée à la maison pendant une grande partie de sa grossesse, donc ce qui est sûr c'est qu'elle était plus présente qu'elle ne l'a été pendant mon enfance. Mais était-elle heureuse à l'époque ? Et mon père, l'était-il ? Ou leur mariage était-il déjà fissuré ?

« Alors... » Mon père m'arrache à mes pensées et le retour à la réalité me rappelle que de toutes façons, comment étaient les choses n'a aucune importance à présent parce que ça ne change rien au fait. Ma mère n'a jamais été réellement là pour moi, c'est mon père qui m'a élevée et non elle. Ce n'est pas qu'elle n'était jamais là, c'est que même quand elle l'était physiquement, elle était trop occupée par sa propre vie et ses propres problèmes. Elle a toujours agi avec mon frère et moi comme si nous n'étions pas sa responsabilité. Elle se plaisait à nous appeler mon coeur et ma chérie, à nous offrir des cadeaux à chaque anniversaire, à nous dire qu'elle nous aimait, mais rien ne m'a jamais prouvé qu'en effet, elle nous aimait. Surtout depuis son divorce avec papa. Même physiquement, elle est moins là puisque je ne la vois plus qu'un week-end sur deux. Quant aux cadeaux d'anniversaires, ils viennent un mois plus tôt ou deux semaines après. Elle n'arrive même pas à se souvenir que c'est un quatorze Avril qu'elle m'a mise au monde. « Tu ne m'as pas dit, il y aura qui d'autre à cette fête à part ta copine Jess ? Est-ce que... ton ami dont tu m'avais parlé l'autre jour, est-ce qu'il va y être ? » Je me retourne lentement vers lui. Il. Non, ça n'est pas possible, ça n'est pas possible, ça n'est pas possible. Quand j'avais mentionné Stain à mon père il y a quelques semaines sans faire exprès, je me disais bien qu'il essaierait de m'en parler. Mais il ne l'avait pas fait. Je pensais y avoir échappé et qu'il avait oublié entre temps. Mais apparemment pas. Bon. I need to be smart about this, and fast. Il ne me faut pas longtemps pour décider comment esquiver la question qui l'intéresse vraisemblablement. « Aloooors. Y aura Sarah. Tu sais Sarah, tu connais son père. Y aura aussi Lena et Tina. Et Aimee. Ca va être cool, j'ai pas vu Lena depuis qu'elle a emménagé à Londres. Lena c'est la blonde toujours souriante et de bonne humeur, tu t'en rappelles ? Je t'en parle souvent, on continue à s'appeler régulièrement. Et puis évidemment y aura la soeur de Jess, elle est super sympa. J'ai hâte d'y être ! On arrive dans combien de temps, dis ? » Toujours répondre à une question par une question, c'est le meilleur moyen d'éviter à y répondre. « Biensûr que je me rappelle de Lena, c'est ta meilleure amie. Et Sarah aussi. Aimee c'est la grande fille avec la frange, non ? » J'hoche la tête. « Et on arrive dans une dizaine de minutes. Mais tu n'as pas répondu à ma deuxième question, missy ! » Grillée. Je me demandais bien où est-ce que j'avais appris à esquiver les questions. Je me retourne vers mon père, feignant la surprise. « Hein, quoi ? Quelle question ? Je viens d'y répondre, non ? » Son regard me fait bien comprendre que ça ne prend pas et ses mots me confirment que je n'ai en effet aucune échappatoire. « Tu peux peut être faire boire ça à quelqu'un d'autre, mais pas avec moi, Poppy. Come on, spill it out. Il va y être, n'est-ce pas ? Stain, tu avais dit, si je me rappelle bien. C'est quoi son nom de famille ? Et quel âge a-t-il ? » Shoot, shoot, shoot. Bon, tentative désespérée. « REGARDE, UN ECUREUIL ! » fais-je, tout en pointant du doigt vers la route. Ce qui ne marche évidemment pas. Je soupire. « Okay fine. Pour être tout à fait honnête, je ne sais pas s'il sera là. Jess a dit qu'il y serait mais je ne sais si c'est vrai. Donc peut être, je ne sais pas. » Mais j'espère. Je me tais un instant. « Il s'appelle Stain Matthews et il a dix-sept ans. » dis-je en toute vitesse et à voix basse. Ne me sentant pas particulièrement à l'aise, j'enchaîne à un volume normal tout en croisant les bras « Are we done avec cet interrogatoire ? » Il lâche un soupir. « Ce n'est pas un interrogatoire, Poppy. » réplique-t-il. Je roule des yeux. Yeah right.  « Je ne fais que me renseigner sur un jeune homme qui semble important dans la vie de ma fille. Je connais bien tes amies, après tout. Il est donc normal que je veuille en savoir plus sur ce garçon. » « Geez, dad. I mentioned him, like, ONE time. » « C'est vrai. Mais si tu arrives à tromper les autres, sois sûre que jamais tu ne pourras me cacher quelque chose. Je te connais par coeur, je connais toutes tes expressions. Et l'expression que tu avais, en parlant de lui, ça n'est pas une expression qu'une jeune fille de quinze ans porte en parlant d'un quelconque camarade de classe. » Lèvres pincées, je garde le silence tout en fixant le pare brise. Du coin de mon oeil, je vois mon père se tourner vers moi puis rediriger son regard vers la route à deux reprises. Le silence se prolonge sans que nous n'y fassions quelque chose. Qu'attend-t-il de moi au juste ? Une confession ? Il ne l'aura pas parce que "ce n'est pas un interrogatoire". « Bon. » finit-il par dire. « Si tu n'as pas envie d'en parler, je comprends. Mais je veux que tu saches que tu peux me parler de ce genre de choses. Tu grandis et c'est normal. Je veux juste que tu sois prudente. A cette soirée, il va y avoir des lycéens, dont ton... ami. J'ai été moi-même un adolescent, tu t'en doutes bien, je sais donc qu'il y aura de l'alcool dans cette fête. Boire, c'est fun, c'est vrai. Mais il faut le faire avec modération, sinon ça peut te faire faire des choses que tu ne ferais jamais dans ton état normal et que tu regretterais à jamais, crois-moi. Ensuite, pour les garçons... » Je l'interromps tout de suite, alarmée. « Pitié, non dis rien, je n'ai pas envie de revivre Sex Ed. » Sans doute la conversation la plus awkward et la plus traumatisante que j'aie jamais eu avec mon père. La conversation où il m'expliquait le cycle menstruel is a close second. « Tout ce que j'allais dire c'est de ne pas avoir peur de dire non. Si un garçon, qui qu'il soit, t'importune, tu le lui fais comprendre et tu t'en éloignes. S'il insiste, tu m'appelles. Je viendrai tout de suite. Est-ce clair ? » Je fronce les sourcils, fais mine d'y réfléchir quelques secondes puis acquiesce et réponds « Okay, got it. Je peux boire de l'alcool, mais pas à en devenir ivre morte, et faire ce que je veux avec un garçon tant que c'est moi qui le veut et qu'il ne me fait pas peur. Thanks dad, nice talk. »  « J'aimerais bien rencontrer le garçon avant... que tu ne fasses quoique ce soit. » Sérieusement, je dis « Je t'appellerai et tu viendras le rencontrer avant, promis. » Il se met à rire mais je ne le fais pas. Gardant mon sérieux, je reprends « C'était pas une blague... » Il fronce les sourcils et semble essayer de départager si je peux réellement être ou sérieuse ou pas. Son expression en tant que telle me décroche un rire. « Je rigole, je rigole. Je serai prudente, ne t'inquiète pas. Avec l'alcool et pour le reste. »

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─ pseudo/prénom : dreams. ─ âge : 24 yo. ─ fréquence de connexion : a l l. t h e. f r e a k i n g. t i m e.  ─ comment avez-vous découvert ticket to ride et qu'en pensez-vous ? ask lem. ─ inventé ou pévario ? inventé.  ─ code : boop. ─ crédits : schyzophrenic & tumblr.


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relationship status : Célibataire.
MessageSujet: Re: (poppy) being well-adjusted is probably fucking overrated.   Ven 28 Juil - 14:03



T'es bonne bitch. ♥️

#PALEX:
 

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
I Did Something Bad + I never trust a narcissist But they love me. So I play 'em like a violin And I make it look oh so easy
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dispo pour un rp ? : oui, mais pas tout de suite (2/2 : vday, nick)
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occupation : journalist. co-host of an infotainment show "oh no they didn't" on bbc 1. youtuber, new video every sunday
relationship status : single, workaholic, has a lot of baggage. any takers?
MessageSujet: Re: (poppy) being well-adjusted is probably fucking overrated.   Ven 28 Juil - 22:30

AW, TU M'AIMES TANT. HOE. 

#PALEX4LYF
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MessageSujet: Re: (poppy) being well-adjusted is probably fucking overrated.   Lun 7 Aoû - 21:19

validéeeeee

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oh I believe in yesterday
Love is friendship that has caught fire. It is quiet understanding, mutual confidence, sharing and forgiving. It is loyalty through good and bad times

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MessageSujet: Re: (poppy) being well-adjusted is probably fucking overrated.   Lun 7 Aoû - 21:53

MERCIIIIIIIIIIIII

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MessageSujet: Re: (poppy) being well-adjusted is probably fucking overrated.   

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(poppy) being well-adjusted is probably fucking overrated.
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