time for mojitos

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MessageSujet: time for mojitos    Ven 26 Mai - 16:09

Je vais mieux. Ce n'est pas un mantra que je me répète comme si je faisais mon propre remake de Eat, Pray, Love. Ew, ce serait probablement le signe de ma lente descente aux affaires et ma transformation en tout ce que je déteste, let's never go there. C'est une constatation. Un état de fait. Je vais mieux. Ce n'est pas encore tout à fait ça. Je ne sais pas ce que c'est d'ailleurs, mais je n'y suis certainement pas. Mais disons que tout mettre à plat et ne plus être séparée de mon idiot d'américain aide beaucoup à mon équilibre psychologique et mon bien-être global. Je dors mieux, je mange correctement, je travaille moins. Oh, je travaille toujours beaucoup, sans doute trop. Mais moins tout de même. Je n'ai pas renvoyé d'assistante depuis presque quinze jours. Soit parce que j'ai enfin trouvé quelqu'un de compétent, soit parce que je suis moins à crans. Un peu des deux, sûrement. Ce n'est pas encore parfait, aussi bien au niveau de mes employés - la nouvelle a quand même failli me mettre deux rendez-vous en même temps - que dans ma vie privée. Jason a peut-être rangé sa bague et sa mauvaise foi, mais il reste beaucoup à faire pour que l'on répare complètement notre relation. Disons que notre réconciliation et mes petites confessions de drama queen invétérée - what if I fail miserably at the essence of womanhood? - ont mis les choses à plat. Maintenant, il s'agit d'avancer à partir de là. Construire sur des bases saines, bâtir un avenir commun, toutes ses promesses que se sont les gens dans leurs voeux de mariage, justement. A marriage without the wedding. Je prends doucement conscience que c'est à ça que ressemble l'espèce de deal bancal que nous avons élaboré quand il est revenu chercher la bague. Et je ne peux donc que me demander si j'ai pris la bonnes décision, si je n'ai pas juste retarder l'inévitable.

Sur le moment, je me suis dit que c'était un véritable accord. Pas juste un compromis, des concessions, qui ne se finissent jamais bien en vérité. Dans les bras de Jason, quand je rentre du travail, je m'imagine dans la même position dans 20 ans et cela me procure un sentiment d'une niaiserie que je préfère ne même pas qualifier. Mais quand je fais des budgets et envoie des emails par dizaines, trônant derrière mon grand bureau en chêne massif, je ne peux que me dire que je me tire une balle dans le pied. Que ce n'est pas une vie pour moi, la famille, le bonheur conjugal. Que c'est mieux pour tout le monde si je fais aménager un appartement au dessus des locaux de FosFaure Productions et n'en sort pas avant mes 70 ans, où je pourrais devenir une grand-mère impolie, toujours en croisière et se tapant des jeunots de 40 balais. Alors oui, on a discuté et on a dit qu'on ferait des efforts, qu'on travaillerait tous les deux pour avancer dans la bonne direction. Mais mes inquiétudes demeurent et l'incertitude plane sur ce plan. D'abord parce que cela veut dire qu'il faut que j'apprenne à communiquer. Pour de vrai, parler des problèmes avant qu'ils prennent une proportion démesurée, faire part de mes doutes et mes peurs avant que ça ne me consume. Tout un programme.

Il est donc naturel que je me tourne vers mon cocktail et mon ami préféré pour tester cette nouvelle méthode. Je n'ai pas envie de me lancer dans une grande conversation émotionnellement éreintante avec Jason tout de suite, surtout si pour n'aboutir sur rien. Ou rien de plus disons. Yes, I know you're scared but I'll be there for you and we'll figure it out together. That's dandy but it doesn't really help right now. End of discussion. J'ai besoin de l'humour et du lever de sourcil condescendant de mon meilleur ami, qui saura remettre en perspective my very first world problems. Et de trois ou quatre mojitos. Ils ne sont pas aussi bons qu'au Carling ici, mais c'est un cadre qui nous correspond plus. Et puis, je ne peux pas aller au bar de mon copain pour parler de lui, ce serait mal venu. Le soleil ayant décidé de faire son apparition annuelle dans la capital, je m'installe en terrasse, dans un réflexe très britannique. Du soleil, vite, des Rayban et des sandales, profitons-en. Tristan sort d'une réunion, dont la conclusion m'intéresse aussi. C'est ça qui est compliqué quand on veut causer avec son bff/business partner. Le travail prend parfois le dessus. Mais pas ce soir. Mojitos mean friend time.

Il apparaît enfin, presque à l'heure. Je lève mon verre dans sa direction, comme s'il n'allait pas me repérer au milieu des couples quinquagénaires et des blondes peroxydées. « Hello there, j'ai commencé sans toi, tu m'en voudras pas. » Je bois d'ailleurs une gorgée du cocktail bien entamé et ajoute « How was the meeting? » Commençons par là, ce sera fait. Et je peux démarrer en douceur comme ça.
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MessageSujet: Re: time for mojitos    Mer 31 Mai - 23:01

Tristan sort de son rendez-vous avec l'impression d'avoir perdu son temps, ce qui arrive peu souvent finalement. Généralement il trouve toujours un assistant à envoyer décliner les propositions qui ne l’intéressent pas sans avoir besoin de se déplacer en personne. La plupart du temps, sa secrétaire sait trier les offres et coup de fils qui resteront tristement sans réponse aussi. Mais certains projets passent décidément entre les mailles du filet ce qui peut potentiellement lui faire perdre une demi journée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Le problème du producteur c'est que les artistes pensent toujours que leur projet vaut le coup alors que la réalité est souvent bien loin de ce qu'ils s'imaginent lorsqu'ils arrivent tout guillerets avec leur petit powerpoint et leur paperasse. Et pour se permettre de financer quelques coup de cœurs déraisonnables, il faut bien dire non aux projets parfois prometteurs, mais tristement loin d'avoir ce qu'il faut pour se montrer rentables. Un métier de salaud sans doute, mais un métier qui lui va bien à lui, Tristan Faure.

Fumant à l'arrière de la voiture comme un abruti de français sans respect, il se rend au petit bar très posh ou Rose et lui se retrouvent souvent après le travail. Les mojitos y sont délicieux, bien que tristement moins bons que ceux de Baker l'américain. Mais tant que les deux ne se seront pas rabibochés, la zone est un peu à risque pour Foster qui ne peut décidément pas aller parader dans le bar de son petit ami et le déconcentrer voire le surprendre en bonne compagnie, même si elle en est globalement presque propriétaire. Lorsqu'il arrive, le français remarque d'ailleurs que sa collègue et meilleure amie a déjà commencé à boire sans même l'attendre. Détail dont elle se vante, évidemment, s'en souciant comme d'une guigne, ce qui lui ressemble bien. « Je vois ça. How rude. » Il plaisante avec un accent britannique forcé qu'il n'a absolument pas d'ordinaire mais qui est supposé imiter celui de Foster elle-même. Tristan a fait quelques efforts à Oxford pour ses professeurs et les élections importantes auxquelles il se présentait à l'université, pour vite laisser tomber ensuite. En dehors de ça, il a tout simplement gardé un accent français marqué, aussi horrible que charmant, qui lui a d'ailleurs permis maintes et maintes fois de tremper son biscuit si on veut faire dans la poésie. « Not worth my time. » Il ajoute. « Dans le genre hipster, le bouquin d'Ezra Turner suffit pour l'instant. Dommage, on aurait pu se faire bien voir avec un casting entièrement ethnique, mais en dehors de ça, c'était un peu fade et décevant. Netflix leur donne de faux espoirs en leur faisant croire que la télévision avant-gardiste peut vendre. » Il commande son propre mojito, et ne tourne pas plus longtemps autour du pot. Pas tellement son genre. « Des nouvelles de ton yankee  ? Sa mygale... » Il plaisante en jetant un coup d’œil taquin à sa meilleure amie. Si ils sont au Vendôme et pas au Carling, c'est tout de même pour parler librement.
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MessageSujet: Re: time for mojitos    Dim 18 Juin - 20:15

J'hausse un sourcil devant la tentative d'accent de mon meilleur ami. Il a beau vivre ici depuis des lustres, il ne maîtrise que mal les nuances de la langue locale et ce qu'il pense être une copie de ma sonorité d'Oxfordienne posh n'est qu'un semblant de Queen's English, avec une pointe de South London accent. Le phrasé qu'il adopte quand il essaie de ne pas être français et qui me fera toujours sourire. Je tire donc mes lèvres en une esquisse sarcastique et le laisse s'installer et me raconter sa perte de temps du jour. Je lève les yeux au ciel, agacée par tous les blogueurs avec une idée, qui pensent pouvoir monter un projet parce qu'ils veulent un casting empreint de #diversity. Il faut plus que ça pour financer un projet. Une histoire intéressante, qui ne soit pas un énième recyclage de Girls et ne se définit pas comme the british Master of None. La diversité, ça ne fonctionne qu'avec du talent, d'abord, mais aussi de l'authenticité. Chewing-gun, Fleebag, it works because it's real. Alors les hipsters plus blancs que moi qui veulent caser trois pakistanais et une noire pour se donner bonne conscience... Thanks but not thanks.

Je soupire et réplique avec mon air blasé usuel « Ah well, we can't win them all. Mais on finira bien par mettre la main sur notre capital diversité, sans avoir à tomber dans de la fanfiction Star Trek ou un Friends 2017. » Je frémis à cette pensée, ayant entendu trop de fois cette appellation dans les nombreux pitchs qu'on nous a présenté au fil des années. Je continue à siroter mon mojitos, quand Tristan met les pieds dans le plat, fidèle à lui-même. Je souris presque, mais me contente d'une réponse sarcastique, histoire de réfléchir à ce que je vais bien pouvoir dire. « Elle va toujours bien, malheureusement. Mais j'y travaille, avec le soutien indéfectible de Gin. » Mon chat s'est habituée à l'affreuse bestiole poilue en vérité, tout comme moi. Mais si l'occasion venait de la croquer, elle ne la laisserait pas filer.

J'inspire, bois encore un peu et entre finalement dans le vif du sujet. No need to beat around the bush with him, il me verrait venir à 100 kilomètres et il ne s'est pas traîné jusqu'ici juste pour s'en jeter un derrière la cravate. « Et le yankee est rentré à la maison. » Such a weird way of phrasing things. Mais on ne peut plus adéquate. « Il était venu chercher la bague, we talked and he got over himself. » Un petit sourire en coin se dessine sur mes lèvres, signe que j'ai bien conscience de ma mauvaise foi. Mais j'ai le droit. C'est le jeu, Tristan est forcément de mon côté et ma version des faits est forcément la bonne. That's the BFF rule. Qui s'applique de façon un peu plus nuancée à 30 ans qu'à 20, mais l'idée demeure. « C'est toujours compliqué, of course, mais on a décidé qu'on était mieux ensemble et qu'on verrait bien où ça nous mènerait. Je ne vais toujours pas l'épouser anytime soon but let's say it's not off the table. Et qu'il a compris que ce n'était pas parce que je n'avais pas de bague au doigt que je ne voulais pas vivre avec lui. Que ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas imaginer un avenir commun, même si je ne sais pas trop à quoi ça pourrait ressembler. »

Enfin si, j'imagine très bien. Je joue les scénarios dans mon esprit tortueux, du happy ending mielleux que même Jason ne supporterait pas à la séparation dans les larmes et le sang. Je nous visualise child free and happy sur des plages andalouses, sending kids off to uni, hugging grand children in the garden of a little house in Greenwich. Mais je ne sais pas de quoi sera faite la réalité de notre quotidien. J'ai envie de toutes ses choses et leurs contraires. Parfois, je m'imagine partir en pleine nuit et rejoindre Lemon à Los Angeles, refaire ma vie dans un studio hollywoodien et devenir the cold hearted working bitch I was always meant to be. Very dramatic. Je me contente d'une version épurée de ce fouillis pour Faure. « Il veut des enfants, un jour et je n'ai pas la moindre idée de comment et quand je pourrais être une bonne mère, so that's been fun to think about. » Je lève mon verre vers lui et ajoute, autant par intérêt que pour arrêter de parler de mes petites histoires. « Et toi alors, comment tu vas? »
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