better run better run, outrun my gun ▬ CALLIOPE

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MessageSujet: better run better run, outrun my gun ▬ CALLIOPE    Mer 19 Avr - 22:55

Andrea n’a jamais trop aimé le shopping de manière générale et d’autant qu’il s’en souvienne. Ils se sont amusés, quelques fois, avec Tristan, dans les boutiques, mais la plupart du temps quand il avait besoin de s’habiller, il a toujours passé ses commandes sur internet en attendant tranquillement qu’elles arrivent à bon port – et ce même lorsqu’il vivait encore avec ses parents à Paris. Cela dit, il y a urgence à ce qu’il rachète quelques vêtements – et notamment quelques chemises pour travailler, au passage. D’abord parce que ça fait un moment qu’il ne s’en est pas chargé, et ensuite, parce qu’il a un peu maigri, sans doute – il n’a pas réellement envie d’y penser. En plus de ça, le magasin Harrods vend tout un tas de thés, cafés et autres douceurs qu’il ramènerait bien en quantité chez lui – malgré la bonne résolution qu’il a tenté de prendre et qui consiste à ne pas compenser le manque qu’il présume exister chez sa fille par des dépenses financières et alimentaires trop importantes. D’autant plus que Pâques vient à peine de se terminer. Il se promet d’être raisonnable quand il s’engouffre dans le magasin et gagne immédiatement l’espace réservé aux hommes, reportant la bouffe et le thé à plus tard.

Le monde constant du magasin Harrods l’oppresse. Il n’aurait sans doute pas dû venir ici, dans ce lieu qui appelle les touristes parmi lesquels il ne se compte plus vraiment depuis le temps – mais il ne sait pas où aller. Un peu comme dans sa vie, il se sent perdu, à bout de souffle, et comme chaque effort est presque devenu insurmontable, il garde son énergie pour des choses plus essentielles et se contente de vivre le reste de sa vie sur pilote automatique. Là, alors qu’il se fait bousculer entre deux portants de costumes hors de prix, il le regrette un peu. Il repense à la conversation qu’il a eu avec Christopher qui lui conseille de se battre un peu, il repense à Tristan et à Grace, à son caractère à lui avant tout ça – ça lui donne encore plus envie de s’enfuir en courant. Il prend une inspiration et file droit, sélectionnant quelques chemises qu’il paie à la hâte sans se préoccuper du prix – l’argent n’a jamais été un problème et il réalise aujourd’hui à quel point il en est reconnaissant. En admettant qu’il ait du faire face à des problèmes financiers après son divorce, il serait sans doute dans un bien pire état que son état actuel – parce que l’argent compense certaines douleurs et certains chagrins, ou le prétend, en tout cas.

Son passage par le rayon alimentaire est celui qu’il regrette le plus cela dit. Son sac de vêtements en main, il erre entre les touristes pour trouver les boîtes habituelles – c’est bien une attitude de touriste, cela dit, que de venir chercher son thé ici. Il est arrêté de plein fouet par une vision familière, une vision qui lui bloque la respiration quelques secondes et serre son cœur dans sa poitrine.

Calliope Von Brezen se tient là, à quelques mètres de lui. Il pourrait faire demi tour, tourner les talons et partir – là, devant elle. Si seulement elle ne le regardait pas fixement quelques mètres au loin. Si seulement il ne pouvait lire dans ses yeux l’identification que son cerveau à elle venait d’opérer. Il la pensait partie pour toujours – et se remémore malgré lui que la dernière fois qu’elle a fichu un pied en Angleterre, il était marié – et Tristan aussi, par définition, ce qui n’est plus le cas. Immédiatement, son cerveau malade opère un lien malsain, questionnant la présence de l’autrichienne – pourquoi serait-elle là, sinon pour Tristan ? Il se mord l’intérieur de la joue et prends une inspiration – la dernière inspiration du condamné. « Von Brezen », lance-t-il comme s’il crachait par terre – ce que naturellement son éducation lui interdirait de toute façon et en toutes circonstances, mais quand même. Cette femme représente tout ce qu’il déteste, elle est l’objet de sa haine la plus profonde et de sa jalousie la plus viscérale. Une partie de lui – assez conséquente, trop conséquente pour être tue ou ignorée – est persuadée que Tristan ne serait jamais venu vers lui si Calliope n’avait pas été atteinte d’un syndrome de départ imprévu si important. Ils ne se seraient pas mariés – et ils ne seraient pas divorcés, d’un côté – et n’auraient jamais rien vécu de ce qu’ils ont vécu. Calliope est sans doute la contribution nécessaire à une idylle difficile qui n’aurait jamais démarré sans elle, entre luttes acharnées d’égocentrisme et déni.

Pour autant, il ne lui porte pas la moindre once d’affection. Au contraire, sa présence à Londres lui semble être l’annonce de bien des mauvaises choses, et il aimerait vraiment la laisser là sans autre forme de procès. Pourtant, Andrea reste Andrea, et même blessé, fatigué, las, il ne peut se résoudre à flancher devant la fille Von Brezen pour prendre la fuite. Maintenant qu’elle est là, la seule option est de l’affronter – et s’il doit craquer, ce qu’il fera une fois seul, ça ne la regarde plus. « Quel bon vent t’amène ? Chassez le naturel, il revient au galop ? Y'a pas assez de scandales en Autriche ? » il demande en haussant un sourcil curieux – autour d’eux, le temps s’est presque arrêté.

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MessageSujet: Re: better run better run, outrun my gun ▬ CALLIOPE    Jeu 20 Avr - 6:51


Depuis qu’elle était de retour à Londres – donc depuis quelques jours à peine – Calliope se sentait comme revivre. Il n’y avait plus la pression de l’Autriche, elle sentait la liberté qui l’appelait, comme une vieille amie d’université à qui on avait plus parlé depuis des années. Le seul problème avec cette vieille connaissance, c’était qu’elle avait tendance à filer un mauvais coton à la blonde qui avait déjà expérimenté son influence sur son comportement. Cette fois cependant, elle était déterminée à ne pas – trop ?! – se laisser emporter dans une nouvelle spirale.

Elle avait fait quelques visites d’appartements. Certains lui avaient beaucoup plu, mais elle n’était pas encore sûre de son coup. Etrangement, elle avait besoin de l’avis de Wilhelm avant de se décider. Comme si l’homme devait dicter ses choix. Non, c’était plutôt car elle commençait à comprendre que si elle devait vraiment se marier avec lui, il allait falloir accepter de prendre des décisions à deux. Elle avait donc pris des photos et les avait envoyées à son fiancé. Elle lui avait également fait parvenir toutes les spécificités de chaque logement, en lui précisant celui qu’elle préférait. Elle était pratiquement sûre que Wil lui dirait de prendre ce qui lui faisait plaisir, parce qu’il pouvait rarement s’opposer aux envies de l’Autrichienne, mais c’était le geste qui comptait.

Elle n’avait toujours pas reçu ses deux autres valises qui étaient toujours en transit depuis Vienne et en était assez contrariée. À l’intérieur, il y avait une partie de sa garde-robe. Par chance, il y avait dans Londres suffisamment de magasins pour qu’elle puisse pallier ce manque. Assis en tailleur sur son lit, Calliope écrivait dans son carnet. Depuis qu’elle avait commencé son changement, elle s’était mise à écrire plus qu’à l’ordinaire. Elle avait toujours eu cette passion pour l’écriture – c’était d’ailleurs ainsi qu’elle avait rompu avec Tristan, son petit ami de l’époque. Actuellement, c’était pour écrire ses ressentis sur des événements de sa vie. Parfois, lorsqu’elle écrivait, elle perdait le fil de la réalité et se plonger dans son monde. Au point d’oublier de se nourrir. Fort heureusement, son estomac se chargeait de lui rappeler que parfois, il fallait le remplir. La blondinette leva finalement la tête et referma son carnet avant de le ranger dans son sac à main. Elle enfila des jeans, un t-shirt simple, une veste et ses talons et sortit de la chambre d’hôtel.

Elle n’avait pas spécialement envie d’un véritable repas, ni du room service. Elle avait envie de sortir, pour oublier sa situation actuelle. Depuis qu’elle avait décidé de reprendre sa vie en main, elle avait retrouvé goût à la nourriture, elle qui avait perdu tant de poids, au point d’en devenir alarmant dans les périodes les plus sombres de sa déchéance. Mais elle avait changé, elle avait repris du poids pour retourner dans la catégorie des gens « normaux » et elle avait appris à apprécier les bons aliments. C’était en partie pour cette raison qu’elle s’était dirigée vers Harrods – et aussi parce qu’elle rêvait de nouveaux vêtements. Nouveau look pour une nouvelle vie, comme on disait. Il y avait dans cet immense magasin des produits dont la qualité était censée valoir le prix exorbitants – du moins, c’était ce que pensaient les touristes, Calliope n’avait jamais vraiment eu la notion de l’argent.

En levant la tête de l’étiquette des cookies qu’elle était en train de consulter, comme si elle avait ressenti cette onde négative qui s’approchait, son regard tomba sur une silhouette connue. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour l’identifier, elle ne le connaissait que trop bien. Elle était juste comme bloquée, avec les fantômes de son passé qui resurgissaient au moment où elle ne s’y attendait pas. Il la repéra également. À son regard, pas de tout, il ne l’avait pas non plus oubliée. Il fut même le premier à craquer et à l’appeler. « Leroy-Duchesne. », répondit-elle avec arrogance. Elle s’était très clairement retenue de l’appeler « Dugland », comme elle avait toujours aimé à le faire par le passé. Non, elle devait prouver qu’elle avait changé. C’était pour cela qu’elle s’était contenté de prononcer son nom de famille avec un très fort accent anglophone, alors qu’elle savait pertinemment le prononcer à la française. Elle ne voulait juste pas être gentille. C’était viscéral, elle ne pouvait pas l’aimer. Cela avait commencé il y avait presque une décennie et ça ne s’était jamais arrêté. Mieux, cela s’était empiré avec les départs et les retours de la jeune femme. Il n’attirait que le mal dans la vie de Calliope, c’était en partie sa faute si elle avait replongé et elle ne lui pardonnerait jamais.

Elle se demandait lequel des deux partiraient en premier. Elle ne comptait pas lui laisser la joie de gagner. Elle lui avait déjà laissé Tristan, c’était sa dernière limite. Etonnamment, il lui demanda pourquoi elle était là. C’était la première question qu’on lui posait quand elle revenait, à part Léandre, qui voulait juste savoir pour combien de temps elle comptait rester au même endroit. Bien évidemment, Andrea ne serait pas Andrea sans une petite pique facile. La blonde accusa le coup avec un sourire forcé. Quel connard. « J’ai des choses à faire ici. », répondit-elle sans s’étendre plus que cela. Elle n’allait pas lui raconter sa vie. Elle n’allait pas non plus tout gâcher en dévoilant immédiatement ses plans. Il l’apprendrait bien assez tôt.

Elle claqua des doigts, comme si elle venait de se rappeler quelque chose. « Désolée, j’ai complètement oublié de te faire une liste de mes ex avant mon précédent départ… » Parce que l’histoire d’Andrea et de Calliope, c’était avant tout une histoire de garçon. La jeune femme avait rompu avec son copain en partant la première fois et, à son retour, elle avait eu la surprise de voir que son ex avait retrouvé l’amour en la personne d’Andrea. De quoi enfoncer un peu plus la blondinette. « Mais de toute façon, aucun n’est ton cousin donc je sais pas si ça t’intéressera vraiment. », ajouta-t-elle en haussant les épaules. Parce que oui, en plus d’avoir épousé l’ex de l’Autrichienne, il s’était surtout avéré que Tristan et Andrea soient cousins. En soi, Calliope s’en fichait un peu, de ce lien de parenté. Après tout, il y a fort longtemps, certains de ses ancêtres s’étaient probablement mariés entre cousins, et finalement, ils ne s’en étaient pas trop mal sortis avec Léandre, niveau intelligence et beauté.

Mais Calliope n’en avait s’arrêté à cette pique. Non, elle en avait encore une à placer. « Alors, comment ça va après toutes ses années ? », demanda-t-elle avec un immense sourire. En revenant en Angleterre, elle avait retrouvé Léandre qui lui avait appris le divorce d’Andrea et Tristan. De quoi lui remonter le moral et pouvoir en profiter pleinement. Elle avait donc eu les grandes lignes de la vie de Duchesne et elle connaissait déjà une grande partie de la réponse, mais c’était toujours plus jouissif de l’entendre de sa propre bouche.
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MessageSujet: Re: better run better run, outrun my gun ▬ CALLIOPE    Dim 23 Avr - 11:13

Trouver Calliope étant sans doute la pire chose qu’il pouvait arriver à Andrea, en ce moment. Parce que la dernière fois qu’elle avait fait une apparition londonienne, il pouvait encore se targuer d’avoir épousé l’homme qu’elle convoitait – et qu’elle avait d’ailleurs foutu en l’air à force de légèreté et d’indifférence sans doute liée à une peur viscérale de toute forme d’engagement un minimum stable. Le fait qu’il épouse Tristan avait réduit à néant l’utilité de leurs années de disputes et de moqueries respectives ; privée de sens commun ou acceptable, leur querelle n’avait plus lieu d’être d’autant que Tristan était très nécessairement acquis à sa cause. Aujourd’hui, il se sent plus démuni, plus fragile – d’autant qu’il se souvient des années qu’elle a passées à le narguer et à se foutre de lui, quand il n’était pas encore question qu’il se mette en couple avec Tristan.

« Des choses à faire, vraiment ? » demande-t-il sans pouvoir retenir un sourire narquois, annonciateur d’une réplique cinglante qu’il retient à peine – voire pas du tout, en fait, parce que c’est plus fort que lui, et que s’il sait que cette entrevue lui pèsera finalement, il ne peut s’empêcher de se donner corps et âme dans l’objectif simple et limpide de l’emmerder le plus possible. Il craquera plus tard, cuvera sa jalousie entre les murs rassurants de sa maison – mais pour l’instant, il ne peut pas vraiment se permettre de craquer ou d’être faible. Au contraire. Il doit lui rentrer dedans peu importe ce que ça lui coûtera. « Comme quoi ? Retrouver deux-trois dealers avant d’orchestrer un départ pour l’Autriche en catastrophe sans prévenir personne ? C’est quoi le but, que les gens te courent après ? » il demande d’un haussement de sourcils curieux. Il aimerait bien comprendre – même si dans le fond, ça ne l’intéresse plus vraiment.

Le voilà qui soupire à nouveau en entendant sa réplique sur les ex – et les cousins. Comme tous les autres, elle se tourne à nouveau vers la bonne vieille excuse familiale pour tenter de l’enfoncer un peu plus dans sa misère actuelle. Mais Andrea ne se laisse plus atteindre par ce genre de réflexions depuis longtemps, maintenant. « Je ne prends pas tes restes, Calliope. Disons que j’ai toujours considéré le passage de Tristan dans ta vie comme une funeste erreur et je crois qu’il a fini lui aussi par le réaliser – il était bien trop bien pour toi, ce qui explique qu’il soit finalement revenu à plus de raison. Quant au fait qu’il soit mon cousin – ça n’a plus d’importance depuis longtemps, les seules personnes qui continuent à en attacher sont celles qui n’ont plus rien à me dire et qui manquent cruellement de répartie », il ajoute, glissant une main dans sa poche, lui faisant toujours face. Il reste calme, pour une fois, et l’exercice le détend presque. Voilà bien longtemps qu’il n’a pas été animé par cette envie viscérale de se battre, de répliquer et de rendre les remarques acerbes de quelqu’un – en dehors d’une salle d’audience, s’entend. « Cela dit, la liste de tes ex doit être longue, j’imagine », il note. Le battement de son cœur s’accélère légèrement quand elle l’interroge sur son état actuel, allusion évidente au divorce.

« Ca va très bien, je te remercie de t’en inquiéter », il note d’un sourire acerbe. Il ne va pas se confier auprès de Calliope Von Brezen sur les issues de son divorce ou la difficulté de la situation – son égo n’y survivrait pas. Alors il va se contenter de faire comme si tout allait bien, comme si la situation actuelle n’était pas la chose la plus difficile qu’il avait vécu dans sa vie – et dieu sait qu’il a vécu des choses moches, avant – et comme si le divorce lui passait au dessus désormais. « Je ne te retourne pas la question, cela dit, ça ne m'intéresse pas vraiment. »

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MessageSujet: Re: better run better run, outrun my gun ▬ CALLIOPE    Jeu 1 Juin - 7:10


Calliope tentait de garder son calme, même si dans sa tête, elle faisait ravaler ce sourire narquois de la face d’Andrea. C’était viscéral, elle ne pouvait pas le supporter, pas même avec son nouveau départ. Et comme il continuait sur sa lancée en lui rappelant ses retours et départs passés, les choses n’allaient pas en s’arrangeant. « Je vois que ma vie te passionne toujours autant… », soupira-t-elle. Il n’avait pas tort, c’était ce qu’elle avait fait les deux dernières fois. Elle avait blessé des personnes qu’elle aimait, elle le savait très bien et elle n’avait pas besoin que quelqu’un le lui rappelle. Encore moins l’homme qui l’énervait rien que par sa présence. « Ça t’a pourtant bien arrangé que je trouve “deux-trois dealers” avant de repartir en Autriche, non ? » Sans son départ, Tristan et lui ne se seraient sûrement jamais rapprochés au point de finir par se marier. Le mariage, ça aurait été pour elle, pas lui.

« Une funeste erreur ? Ça doit être pour cela que toute ta famille m’adorait alors et voulait nous marier… parce que c’était une erreur… » Il cherchait à lui faire du mal, elle le savait. C’était toujours comme ça. Ils ne s’étaient jamais supportés de toute façon, s’amusant à lancer des piques à l’autre, visant les points sensibles. « Tu parles d’une funeste erreur, mais en attendant, les papiers du divorce, c’est pas moi qui les ai signés… Il a réalisé qu’il était trop bien pour toi aussi ? » Elle lançait ses remarques acides. Parce qu’elle n’en avait rien à faire de toucher une corde sensible – parce que c’était évident que c’était une corde sensible. « En même temps, il y a qu’à se rappeler de comment il te traitait à l’époque pour savoir que ça ne durerait pas. Que ce n’était qu’une passade. » Elle étira un sourire en coin, le genre de rictus. Pas question de perdre contre le Duschene. « Je pense plutôt que Tristan a voulu m’oublier en tombant dans les bras de la seule personne qui serait à l’exact opposé de moi. C’était sympa le rôle de bouche-trou ? C’est le cas de le dire d’ailleurs… » La vieille dame qui passait derrière Calliope à ce moment-là se redressa de surprise et fixa les deux jeunes gens. La blondinette se tourna vers elle et lui adressa son plus grand sourire avant que la grand-mère ne reparte à ses occupations. La jeune Von Brezen ignora purement et simplement sa remarque sur la liste de ses exs. Cela ne servait à rien et, de toute façon, il n’y avait aucun des exs d’Andrea, aucun intérêt.

Il disait que ça ne l’intéressait pas. Pourtant, ça lui faisait plaisir de renvoyer le passé de la jeune femme au visage. Ça devait le soulager de pouvoir parler du malheur de quelqu’un d’autre. La blonde en était certaine. Parce qu’elle se sentait pareil. Insulter Andrea était une sorte d’échappatoire au bordel qu’avait été sa vie avant. « J’ai un peu pitié de toi… ça doit être difficile de voir son ex-mari si souvent… étant donné que vous avez une moitié de famille en commun… et de savoir qu’on l’a perdu. », cracha-t-elle non sans un air réjoui dans la voix. Elle ne pouvait pas dire qu’elle n’était pas contente de ce divorce, elle était plutôt contente de savoir qu’elle pouvait appuyer sur une plaie d’Andrea.
« Mais c’est intéressant de voir que cette fois, la personne malheureuse, c’est toi. » Si leurs caractères étaient incompatibles, leurs vies l’étaient également. C’était ironique de voir leur évolution. Les hauts et les bas. Comme si les deux ne pouvaient pas être heureux chacun de leur côté en même temps.
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MessageSujet: Re: better run better run, outrun my gun ▬ CALLIOPE    Ven 9 Juin - 15:13

Calliope peut bien s'attribuer tous les lauriers du monde si elle en a envie. Andrea ne fait pas partie de ces gens qui pensent devoir leur mariage et leurs années de bonheur à l'intervention divine et magnanime d'une gamine envahissante. Il ne pense pas, en toute sincérité, que le départ de Calliope soit l'unique raison ayant poussé Tristan dans ses bras, dans sa vie, dans son environnement. Il s'est persuadé, au fil des années, à tort peut-être mais sans n'avoir jamais demandé à Tristan de le démentir sur ce point, qu'ils auraient fini de toute façon par courir à l'inévitable. Que leur jeunesse pleine de rivalité, de haine déguisée et de ressentiments couvaient l'improbable et impensable suite des événements. Alors que Calliope affirme devant lui aujourd'hui qu'il lui devrait la moindre reconnaissance, le moindre arrange, le laisse complètement de marbre. Elle est partie, et sans doute a-t-elle précipité les retrouvailles des cousins, mais elle aurait de toute façon finit par faire quelque chose qui aurait eu pour conséquence directe de repousser Tristan.

« Ma famille ne t'a jamais adoré, Calliope » la corrige-t-il cependant pour la forme. Sa famille, ce n'est pas Gregory Faure, ni même Christine. Eux, ce sont les parents de Tristan, ces oncles et tantes avec lesquels il ne partage pas grand chose. Christine a fini par l'apprécier au fil du temps, par lui imposer ses conduites douteuses et envahissante, par faire partie de sa vie au gré de ses folies mais à l'origine, lorsqu'Andrea n'était que le rival, le cousin détesté de Tristan, les Faure ne faisaient pas vraiment partie de ce qu'il aurait pu qualifier de famille. Sa famille à lui c'est ce père impassible, intransigeant et violent, et cette mère effacée, absente et soumise. Le modèle familial d'Andrea n'est composé que de ces gens qui par leur distance et leur froideur se sont éloignés des mondanités communes que les cousins fréquentaient à l'époque. Et on ne peut pas vraiment dire qu'Henri ou Charlotte aient un jour raffolé de Calliope ; on ne peut pas dire non plus qu'ils aient souhaité un quelconque mariage. Leur froide indifférence est ce que l'on peut retenir de mieux dans le contexte de l'époque, et il y a fort à parier qu'Henri pensait sans le moindre état d'âme que Calliope représentait cette jeunesse perdue, déchaînée, débauchée et sans espoir qu'il associait également à Tristan. « Ma famille se fichait pas mal de savoir si tu épouserais Tristan ou pas », corrige-t-il enfin, un sourire insolent aux lèvres. Oh, il pourrait se laisser abattre si facilement, céder à la tristesse, à la reconnaissance de ses paroles, se laisser gagner par l'angoisse et les souvenirs douloureux mais ce serait lui faire un trop beau cadeau. Andrea oublie parfois sa force dans les instants de déprime, mais là, face à Calliope, il sait qu'il ne peut pas plier.

Ses mots glissent sur lui comme si de rien n'était. Il se joue de ses attaques et hausse une épaule indifférente, feignant le parfait détachement. « Quant à décrire 10 ans de vie commune et quelques années de mariage comme une passade, je suis désolé de te contredire, mais je crois que tu te trompes. Nous avons rencontré des difficultés, c'est certain, comme tous les couples, et j'ai signé les papiers du divorce mais ne t'inquiète pas, il s'agit juste pour nous de remettre les choses en forme. Moi, contrairement à toi, je ne l'ai jamais abandonné, et je pense qu'il le sait », réplique-t-il enfin, armant la fin de sa phrase d'un soupir las. « D'ailleurs, je ne pense pas qu'il apprécierait ta façon d'analyser nos années de mariage, et il serait sans doute le premier à t'envoyer balader - mais je suppose que tu ne lui tiendras pas le même discours. Il faut être courageux pour balancer à quelqu'un qu'il a perdu dix ans de sa vie avec un bouche trou, mais sauf erreur, je ne crois pas que le courage fasse partie de tes qualités premières». Il assène ce dernier coup dans un sourire satisfait, étrangement calme, sans doute un peu inquiétant, à l'image de l'homme - ou du jeune adulte - qu'il était quand ils ont commencé à se fréquenter, insupportablement fier et sûr de lui.

« Je ne l'ai pas perdu, pas comme tu le penses, en tout cas. » Il y a cette petite voix, bien entendu, au fond de son crâne, qui lui souffle que si, il l'a perdu, mais Andrea ne cède pas à ses instincts et se contente de s'armer d'impassibilité. « Je ne crois pas que tu sois vraiment heureuse, cela dit, même s'il doit sans doute être réconfortant de tenter de s'en convaincre - enfin, tu ne serais pas revenue à nouveau si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Je ne sais pas ce que tu es venue chercher, je ne sais pas ce que tu veux à Tristan mais je t'arrête tout de suite - ne compte pas sur moi pour te faciliter la vie. »

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