When the light dies (Fabien & Vianney)

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MessageSujet: When the light dies (Fabien & Vianney)   Ven 7 Avr - 0:45


When the light dies

Fabien & Vianney


Cela faisait quelques jours qu'il n'avait pas franchement dormi, et la fatigue commençait sérieusement à se faire ressentir. Infusant ses veines d'une lourdeur pourtant pas inhabituelle, elle marquait aussi les cernes sous ses yeux, pourtant dissimulées derrière de jolies ecchymoses. Vianney avait la vie dure, particulièrement ces derniers mois alors qu'il avait besoin de plus d'argent pour se procurer ses drogues, et qu'il n'en gagnait pas franchement beaucoup avec ce qu'il faisait. Pour ainsi dire, il n'avait pas de vrai job, rien qui lui procure un salaire suffisant ou de quoi se payer une baraque, ou même une chambre miteuse chez une retraitée. Il avait une maigre paie, dépendante de son bon vouloir et de ce que son corps était capable d'endurer. Les combats de rue, ça n'avait rien de très drôle pour lui. Il était bon, ça, c'était à n'en pas douter. Forgé par les années dans l'armée et son caractère assez distant, il était capable de supporter bien plus de coups qu'il ne l'aurait cru lui-même. Mais c'était surtout fatiguant sur le long terme, car cette semaine-là, il avait enchainé les combats presque tous les soirs, contre des mecs qui ne lui laissaient pas une seule seconde de répit. Il avait gagné ses quelques pounds avec la fierté en moins, mais c'était déjà ça. Et pour le reste, il s'en sortait avec un visage presque méconnaissable, encore enfoui sous les bleus et les blessures qu'il ne pouvait même pas faire soigner.

Souvent, dans ce bar qu'il fréquentait toujours, la serveuse se contentait de passer près de lui comme par apitoiement, et elle épongeait ses blessures avec un chiffon imbibé d'alcool. C'était sans doute loin d'être très hygiénique, mais n'ayant pas franchement le loisir de disposer de meilleurs soins, Vianney ne pouvait décemment pas s'y opposer. De toute façon, elle commençait à le connaître, à force de le voir venir tous les soirs pour se faire défigurer par des brutes avant de prendre le dessus, parfois. Mais elle ne lui avait pas décroché un mot, à part pour essayer de le soigner. Elle le voyait souvent tracer ses lignes de poudre blanche à même le comptoir, l'observant à la dérobée. Peut-être qu'elle avait pitié. Sans doute. Mais ça ne changeait rien.

Ce soir-là, il était encore bien amoché, et avec la fatigue éreintante en plus, il serait sans doute incapable de donner quoi que ce soit de bon pour un combat. Et il avait besoin de sa cam, parce que ses mains tremblaient depuis trop longtemps, et qu'il en avait la nausée. Une ligne, rien qu'une, et il aurait peut-être cette sensation de satiété qui l'avait quitté depuis trop longtemps déjà. Marchant dans la rue sombre, le visage terni par la lumière blafarde des lampadaires, Vianney espérait pourtant s'en tirer mieux qu'il ne le faisait habituellement.

Quand il arriva enfin devant le mec qui devait lui filer sa cam en l'échange de quelques coupures en liquide, le jeune homme lui tendit sa liasse d'une main instable. “As much as you can give me for a hundred pounds” fit-il, d'une voix distante et surtout mangée par sa mâchoire encore douloureuse qui ne lui permettait pas de bien articuler. Le visage dissimulé sous sa capuche, il espérait que la rue sombre lui permettrait sans doute d'échapper aux dettes qu'il avait pour ce groupe. C'était mal barré, surtout qu'il avait vu des mecs le suivre depuis quelques rues déjà. Une filature, sans doute pour assurer leurs arrières.. Mais quand celui qui attrapa ses billets ouvrit la bouche, il comprit bien vite qu'ils savaient à qui ils avaient à faire.

“We knew you'd come around, bud” entendit-il, une voix grave, imposante. Vianney sentait les autres se rapprocher tout autour, l'encercler à une large distance, mais il ne pourrait sans doute plus s'en tirer comme ça. “At least tell me you didn't just thought we'd forget about you”

Oh, ça.. Il leur devait, à eux aussi, un paquet de fric. Mais pour le coup, si c'était osé de se pointer pour demander ses doses en payant juste ce qu'il voulait, sans régler ses dettes qui trainaient déjà depuis un moment, il s'était bien planté. Vianney sentit les sueurs froides lui couler dans le dos, l'espace d'un instant, il se demanda comment il pouvait bien se tirer de là.. Et il n'eut pas plus le temps de se poser plus de questions qu'il se reçut un bon coup de poing dans la mâchoire, suivi de quelques autres, et de coups de pieds dans les côtes quand il toucha le sol. Sa vision se troubla rapidement sous les coups, sous la douleur, et il n'arrivait même plus à beugler. Les gens qui passaient alentours le dévisageaient à peine, ne s'attardant pas près de ce mec en train de se faire passer à tabac dans un coin de la rue. Le goût du sang dans la bouche, le jeune homme peinait à respirer quand enfin il sentit les coups s'arrêter. Vianney attendit un bref instant avant d'essayer de bouger, mais tout ce qu'il réussit à faire, ce fut de cracher le sang qu'il avait dans la bouche avant de s'étouffer avec. Il n'avait ni le fric ni le courage pour se rendre dans un hôpital. Alors il allait sans doute mourir ici, ce soir-là. Tout seul. Avec rien d'autre que cette peur impressionnante de voir ses dernières heures arriver.








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MessageSujet: Re: When the light dies (Fabien & Vianney)   Ven 7 Avr - 6:49

Du haut de sa chambre, son petit coin de paradis, Fab jongle une série de photographies devant lui. Des clichés polaroid qu'il a collectionne depuis plusieurs années. Toutes accompagnées de deux indications : l'année et le lieu. Vancouver, 2012. Port-au-Prince, 2014. New York, 2011. Halifax, 2013. Londres, 2010. Barcelona, 2015. Il sourit doucement, admirant les visages et les couleurs effacées. Assis en tailleur sur son lit à baldaquin, enveloppé par un drapé transparent, les lumières furieuses de Londres contraste avec les Christmas lights qui auréolent sa chambre et le distrait son étude des photographies. Si ces derniers temps, la paix qu'il trouve et qu'il chérit dans le havre qu'est sa maison partagée dans le quartier d'Haringey lui suffit, il y a ces moments où la cité dans la noirceur fait surgir en lui des pensées curieuses. Il s'interroge sur ceux et celles qui gambadent ou rodent dans cette obscurité. Leurs raisons, leurs motifs lui sont étrangers, il ne peut les deviner, mais il se sait animer d'une virulence ou au moins d'une passion similaire. Foutu oriel qui surplombe Londres. Fab a beau avoir vécu dans un gratte-ciel new-yorkais, aucune hauteur ne semble égaler le troisième étage de cette stupide maison d'Haringey et la vue qu'elle lui offre sur la capitale britannique. Le garçon ravale sa salive, une part de lui décidé à s'égarer cette nuit, une autre part ne lâchant pas prise du cliché où il danse sur le toit de son ancien flat à Kensington, lors d'une soirée dégénérée. Malgré lui, il se promet une bière, rêvant éveillé au goût du malt et au baiser de la mousse contre ses lèvres. Ses doigts libèrent la photographie et repoussent le drapé qui l'exclut du reste du monde. Hors de son lit, il s'observe dans la glace, évaluant son allure. Il change de tenue à quelques reprises, avant de se décider à porter une simple paire de jeans, un t-shirt brun de The Clash et une veste aviateur en denim.

Il erre un moyen moment dans le quartier qu'il commence à connaître sur le bout de ses doigts. Les détours sont familiers, il en reconnaît les dédales et les aspérités. Les trottoirs se remémorent l'écho de ses pas, souvenirs d'une de ses nombreuses promenades en ces lieux quiets et peu fréquentés de la cité. Lentement, mais surement, Fab découvre l'intimité du borough et en apprécie la désinvolture ; il s'y sent chez soi, davantage qu'il ne l'a jamais été dans ce flat luxueux de Kensington où il a vécu près d'un an. Nonobstant la profondeur de la noirceur, les réverbères semblant s'éloigner toujours les uns des autres comme le garçon dévale les allées, celui-ci s'y déplace avec aisance et sans crainte, comme si nul danger ne pouvait subvenir, exactement comme si nul monstre n'errait les rues de Londres la nuit. Il se sent invincible et le souvenir de la nuit où il s'est fait tabassé en juillet dernier ne lui revient pas. Après tout, il s'agissait là d'un règlement de compte. Ces dettes étant réglées depuis, il ne voit pas ce qu'il a à craindre. Les gens ont peur de ce qu'il reste tapi dans l'ombre, mais qu'est-ce qui leur assure qu'ils ne sont pas ces mêmes choses, qu'ils ne sont pas la créature qui se camoufle dans le noir?

Apercevant un bar qu'il reconnait, le garçon décide d'y entrer. Il ne compte pas rester longtemps. L'appel du sommeil se fait entendre, s'il ne ressent pas de fatigue, son corps et sa tête s'endorment, méprenant peut-être les lumières tamisées du bar pour des veilleuses orangées. Il s'installe sur un tabouret, faisant signe à la serveuse de lui servir une pinte de blonde, n'importe laquelle. Comme il l'avait imaginé, il goûte au malt et baise la mousse. Il boit, sans rapidité ou lenteur. Le liquide se propage dans son être et ses veines s'abreuvent de l'alcool brassé. Convaincu, Fab commande un second verre et le libère de son contenu en quelques goulots assoiffés. Souriant, béat, il nettoie l'ardoise et remonte la fermeture à glissière de sa veste, prêt à retrouver la fraicheur de la nuit d'avril. Comme ses pieds se déposent contre le trottoir, un gémissement l'intrigue et le hisse son regard malgré lui vers la ruelle glauque d'où provenait la plainte. Il lui suffit de s'avancer tout peu pour apercevoir un corps immobile contre le froid pavé. Et puis, sa tête part dans une analepse. Il se remémore l'été dernier, lorsque lui même s'est fait battre par ces créanciers sous une pluie torrentielle. Le sang se mêlant à la pluie, la pluie se mêlant aux larmes. Et personne pour l'aider. Sans réfléchir, Fab s'avance vers l'homme et s'agenouille près de lui. Au même moment, il aperçoit au loin ceux qu'il croit être des voyous responsables de l'agression fuir au loin. Son regard croise celui du blessé.

« I'm calling 9-1-1… Are you okay? »

Soudain, il réalise. Il reconnait derrière cette barbe souillée de sang ce visage qui lui est familier.

« Vianney? Is that you? What happened? »

Pris à la fois d'une témérité sourde et d'une incrédulité amère, il soulève avec douceur la tête de Vianney et la laisse choir contre ses cuisses. Se voulant rassurant, sa main gauche se déplace contre l'épaule de Vianney, tandis que sa main droite cherche son portable.

« Where do you hurt? Can you breathe? » demande-t-il, incertain des mesures à prendre, mais prêt à tout relater aux ambulanciers.
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MessageSujet: Re: When the light dies (Fabien & Vianney)   Lun 10 Avr - 16:36


When the light dies

Fabien & Vianney


Le pavé froid contre sa joue gauche, sous ses mains fébriles. Le courant d'air frais venant lui glacer les os, le plongeant dans une torpeur d'autant plus terrifiante qu'elle ne l'était habituellement. Le froid, il connaissait, cela n'avait rien de nouveau pour lui, qui vivait dans la rue depuis maintenant une demi douzaine d'années. Pourtant, ce soir-là, il avait l'impression que ses mains s'engourdissaient plus vite que les autres hivers, il avait l'impression que son corps tout entier était en train de l'abandonner au milieu de cette rue sombre où les faibles lumières offertes par les réverbères vacillaient, ne lui donnant que la vague impression que c'était sa vue qui lui jouait des tours. Vianney avait toujours le goût métallique du sang dans la bouche, collé à ses lèvres, et le cruor qui avait mangé son visage à mesure qu'il avait encaissé les coups de poings avant de se retrouver à terre. L'homme avait eu l'habitude de se battre, d'être mêlé plus ou moins involontairement dans des règlements de comptes : que ce soit parce qu'il voulait gagner du fric ou parce qu'il en devait, les combats, ce n'était rien d'étranger pour lui. Il était plutôt bon, même. Mais pas ce soir-là.

Non, ce soir-là, il avait accumulé trop de fatigue, trop de manque et ses mains tremblantes n'avaient pu y faire grand chose. Parer les coups n'avait pas servi à grand chose, à six sur lui ils auraient fait ce qu'ils voulaient. Sans doute par souci d'une éthique trop légèrement imprimée dans leurs veines, ses agresseurs avaient omis de lui régler son compte pour de bon : lui cogner la tête un peu plus fort sur l'asphalte aurait suffit, vu son état. De toute façon, qu'auraient découvert les gens au matin, si ce n'était le corps meurtri d'un drogué, un de moins ? C'était du bon débarras, et si cela sortait dans un encart du Evening Standard du lendemain, les mères au foyer auraient tôt fait de remercier le ciel. Vianney toussa un moment, grognant sous la douleur que les secousses provoquaient. Il cracha une seconde fois, réussissant à se rouler sur le côté malgré les douleurs. Il allait mourir ici, il en était presque convaincu.

Quelques minutes, plusieurs heures.. Et il s'étonnait toujours d'être là, à respirer laborieusement mais à respirer quand même. Il se surprit à penser que son corps semblait drôlement bien s'accrocher à la vie, malgré tous les signaux d'alerte que son organisme devait gérer. Plus pour longtemps, pensa-t-il, lorgnant sur la lueur d'un lampadaire qu'il pouvait à peine distinguer dans le flou de sa vision. Soudain, il sentit une main se glisser sous sa tête, la soulevant pour la déposer sur quelque chose de bien plus confortable que le pavé dur et froid des rues londoniennes. Un instant lui fut nécessaire pour distinguer à son tour la silhouette qui se penchait vers lui, ne reconnaissant pas le visage qui se présentait pourtant comme un sauveur.

Dans un murmure lointain, il commença à comprendre que la silhouette n'était pas là pour l'achever comme il l'aurait pensé de prime abord. Il entendit rapidement quelques questions, le numéro des urgences et puis.. Son nom ? La personne devait le connaître, mais dans l'état dans lequel il était, Vianney n'était pas en mesure de comprendre de qui il s'agissait. Il entendit les questions, tentant de répondre sous sa mâchoire douloureuse, échappant d'abord un grognement qui n'avait rien d'une phrase. Il commençait pourtant à essayer de relever la tête, de bouger, et à chaque mouvement qu'il tentait, la moindre parcelle de son corps semblait être douloureuse.

Respirer, ça allait. C'était un supplice pour l'instant, mais ça allait. “Just let me die here, okay, don't waste your time on me” s'essaya-t-il à prononcer, sans trop savoir si cela était un minimum compréhensible. De toute façon, il ne pouvait pas franchement faire mieux, étouffant un instant avant de cracher encore une fois du sang par terre. Résigné, il n'y était pas tout à fait.. Quelque part, un soupçon d'espoir le laissait s'accrocher à la vie, le gardant dans le froid de la rue quelques instants de plus. Il ne pouvait pas se permettre d'aller dans un hôpital, n'ayant pas les moyens de régler ses soins, ni l'envie de finir en centre de rehab pour les drogues qu'il prenait. Vianney tenta de se redresser, mais bien vite, il ramena sa tête sur les jambes de celui qui était en train de lui parler.

“I don't know who you are, but if they find you, the ones who did this..” fit-il, laborieusement, entre quelques respirations bruyantes. “I don't have money, nothing to pay you, nothing to pay for treatment or drugs.” Une nouvelle fois, l'homme se mit à tousser, ignorant la douleur lancinante pour expulser ce qu'il lui reste de sang dans la bouche. Il était incapable de mesurer l'étendue des dégâts, sans doute au bord de la chute de tension qui le fera sombrer s'il se relève trop vite. Il n'avait plus rien sur lui, ni de fric, ni de bouffe ou de drogues, ou de médicaments. Rien, et cet inconnu qui essayait de l'aider, mais qui, sensiblement, ne pouvait pas grand chose pour un mec comme lui.








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