everybody hurts (andrea)

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MessageSujet: everybody hurts (andrea)   Jeu 30 Mar - 23:35

C'était une très mauvaise idée et Tristan le savait. Tout au long de sa relation avec Andrea, il les avait multiplié ces erreurs de jugement. Parfois il en venait à se demander si leur relation en elle même n'avait pas été la pire connerie de sa vie. Mais à chaque fois qu'il y pensait, il ne se rappelait pas les mauvais moments, du moins pas aujourd'hui, pas un an après leur divorce, pas après le message laissé par Grace sur son répondeur. Il aurait pu composer le numéro de January, lui demander d'aller vérifier si tout allait bien du côté de son ex mari, mais il avait pris la décision d'y aller lui même, pour une tout aussi mauvaise raison finalement. Le point noir de toute cette situation, c'était qu'ils se sentaient tous coupables. Andy d'avoir pris une décision sans le consulter, Grace d'être la raison du divorce, Tristan d'avoir fui comme un lâche après avoir prétendu pendant des années qu'il vivait très bien cette nouvelle paternité, ce qui est tristement un peu risible quand on y pense.

Le divorce était alors apparu comme une évidence, les choses n'allant vraiment pas entre eux. Ils ne pouvaient pas continuellement se reprocher des choses, faire subir tout cela ça à Grace qui surprenait leurs conversations désespérées de sa chambre à l'étage. Même si Tristan n'était pas prêt pour les responsabilités, à maintenant plus de trente ans, il ne pouvait pas décemment pourrir la vie de la gamine et lui infliger sa frustration comme si cela n'avait aucune conséquence sur ce bien être qu'il était censé lui assurer en plus de lui fournir un toit. Leur relation était si distante et triste à pleurer que faire semblant ne rendait les choses que plus gênantes encore. Il lui donnait de l'argent, quelques conseils maladroits, payait ses études, ses cours d'allemand et de piano, mais sans jamais trop s'imposer comme s'il assurait le rôle d'un beau-père distant et peu naturel qui ne saurait pas comment débuter un semblant de relation. Le tout avait fini par l'épuiser moralement, et il s'était renfermé, pour ensuite tromper l'homme qu'il aimait ce qui avait soldé la fin de leur mariage, qui de toute évidence battait déjà de l'aile bien avant ça.

Mais en dépit de ce misérable échec, l'amour et l'affection qu'il portait à son ex mari restaient intactes. Et tout comme Andrea, il s'attachait lui aussi aux souvenirs heureux de leur relation, à l'intensité qui avait imposé ses lois en se fichant pas mal de la morale, à toutes ces choses qui avait fait d'Andrea & Tristan, ce qu'ils étaient l'un pour l'autre à l'époque. Lire que son ex amant faisait une rechute à travers les lignes inquiètes de Grace, l'avait donc fatalement mené chez lui, comme si c'était de l'homme qui l'avait trompé dont il avait besoin. Un instant, il songea à faire demi tour et à appeler January, mais au lieu de ça il frappa doucement à la porte. La télévision était allumée, et Grace prétendait dormir, s'inquiétant pour son père comme toujours, auquel cas, elle n'aurait sûrement pas engagé la conversation avec lui. Tristan soupira, jouant nerveusement avec l'option déverrouiller de son téléphone. Il ne savait pas à quoi s'attendre.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Jeu 30 Mar - 23:50

Il est tard, et Andrea est fatigue. Mais la perspective de la chambre vide qui l’attend là-haut l’angoisse, comme toujours, comme tous les soirs. Il n’a pas vraiment envie d’éteindre la télé pour retrouver sa solitude, là-haut. Grace dort, ou peut être qu’elle ne dort pas mais qu’elle a fui sa mauvaise compagnie. Il sait qu’il a été plus drôle, déjà. Il sait qu’il n’a pas vraiment accepté de la prendre pour lui infliger sa dépression, ses sautes d’humeur et le reste. Il pourrait se battre un peu mais ça ne change rien. Il sait ce qu’il est en train de lui arriver, mais il n’a pas vraiment de solution. Il a peur que la solution soit toute trouvée et toute inaccessible, aussi, la seule fois dans sa vie où il s’est senti mieux, c’est quand il a commencé à coucher avec son cousin.

Il zappe, change de chaînes pour tenter de trouver une chaîne française, perdue au milieu de toutes les autres. Il paie pour ça. La France lui manque un peu, parfois. Les rues de Paris, les bancs d’Assas qu’il a quittés depuis longtemps, et sa mère aussi ; on ne peut pas dire que son père lui manque, du moins ne peut-on pas le dire comme ça. C’est plus compliqué, plus subtile. C’est particulier, aussi. Sa main s’empare d’un thé brulant, posé en équilibre sur l’accoudoir du fauteuil, et il fait défiler ses actualités facebook à la recherche d’un signe de vie qu’il n’attend plus vraiment. Il a tout fichu en l’air, il le sait, aussi. Pour lui, pour eux, pour Grace. Ce n’est pas de sa faute à elle, c’est de sa faute à lui. Il n’a pas parlé, pas posé les bonnes questions – tout est arrivé trop vite. Alors, il assume. Il est fier de lui, fier d’être resté digne. Pendant le divorce, avant. Après aussi. De ne pas avoir pété les plombs, pas ouvertement, en tout cas. Ce n’est pas faute pourtant d’avoir été persuadé que son histoire d’amour durerait toujours, incassable. Intouchable. Il était naïf, il s’en veut maintenant.

Le travail l’aide, un peu. Les affaires sordides s’empilent sur son bureau en laissant peu de place à plus de légèreté, ce qui n’aide sans doute pas son humeur générale mais au moins son esprit à rester occupé. Il s’en contente – ça fait l’affaire, pour l’instant. Andrea soupire, abandonne son thé sur la table basse et se redresse finalement, à la recherche d’un dossier qui traine ou d’une occupation quelconque – et quelqu’un frappe. Ca le surprend un peu, parce qu’il n’attend personne – personne ne vient réellement le voir à l’improviste, ils le savent tous très occupé. Il se dirige vers la porte qu’il ouvre à la volée, tombant nez à nez sur un Tristan concentré sur son téléphone portable, et lui se fige sous la stupeur et le choc, un peu. Il croise habituellement sa route en étant sûr d’avoir disposé du temps nécessaire pour s’y préparer, mais là, ce soir, après une journée difficile, des heures de boulot, avec la tête pleine de pensées parasites et le cœur en vrac, aussi fragile que le gamin qu’il était autrefois, il n’est pas vraiment prêt. La porte reste ouverte un long moment et Andrea fixe Tristan sans rien dire, sans comprendre. Il faut quelques secondes de plus pour que son imaginaire tente de fournir une explication concrète à la présence sur le pas de sa porte de son ex-mari. Quand il semble enfin comprendre, un peu, il ouvre la bouche et pousse la porte. « Tu veux entrer ? » il propose en s’écartant, sa main glissant dans ses cheveux pour les remettre en arrière. Il pense à la tête qu’il a sans doute, fatiguée, aux cernes qui entourent ses yeux, et dans cet instant ridicule où il ne devrait se soucier de rien d’autre que de la raison poussant son ex à venir chez lui, il se reproche de ne pas être désirable, d’avoir sans doute l’air d’un type paumé, un déchet dont il faut s’occuper comme d’une œuvre de charité. « Quel vent t’amène ? » il demande finalement, claquant la porte derrière lui. A moins que le vent ne se prénomme Grace.


Dernière édition par Andrea S. Leroy-Duchesne le Dim 2 Avr - 11:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 2 Avr - 0:11

Tristan n'eut pas beaucoup à attendre avant de voir apparaître la silhouette d'Andrea devant la porte. Son ex mari, n'avait pas grand-chose à voir avec l'homme avec qui il était resté marié pendant des années. Il avait l'air fatigué, mal en point, exactement comme Grace l'avait décrit dans son message inquiet sur son répondeur. Et Tristan ne pouvait pas vraiment nier sa part de responsabilité en voyant son expression défaite et épuisée lui jeter un regard d'incompréhension tout aussi triste que le reste. Andrea n'avait jamais été quelqu'un de très stable, et ce divorce, même si ils avaient fait les choses de manière à ne pas ajouter d'huile sur le feu, restait quelque chose de très difficile à gérer. Pas spécialement pour Andrea, mais de manière générale. Il s'agissait d'une période plutôt désagréable de remise en question pour tous les couples qui la traversaient. Tristan se sentait lui même globalement déprimé, mais il n'avait pas de mal à imaginer que ce soit bien pire pour Andrea dont le quotidien était déjà agité par un combat constant et médicamenteux contre son trouble bipolaire. Tristan le connaissait depuis toujours, et il ne pouvait que s'en vouloir d'aller raviver les vieux démons du garçon instable qu'il avait jalousé des années auparavant, même si continuer de cette manière n'aurait pas servi à grand-chose non plus. En définitive, il était la dernière personne à pouvoir l'aider, et probablement la dernière personne qu'il ait envie de voir, ce qui rendait très probablement sa visite maladroite et peu appropriée pour le coup. Mais Grace le lui avait demandé, et le prétexte était suffisamment bon pour se faire un peu plus de mal en voulant faire bien.

Tristan avait besoin de savoir, de s'assurer qu'il allait bien, de lui dire que malgré leur divorce, il pouvait toujours compter sur son affection, à défaut d'autre mot pour qualifier ses propres sentiments envers Andrea. Alors il entra, rangeant son téléphone dans la poche arrière de son pantalon, l'objet ayant rempli son rôle pour la soirée. Puis comme pour s'excuser de sa présence soudaine et non désirée, il parla d'une voix plus douce, maldroit comme toujours. « Je voulais m'assurer que tout allait bien. Grace m'a envoyé en message, elle s'inquiète pour toi. » Tristan désigna la bouteille de vin déposée sur la table basse d'un coup de tête. « Est-ce que tu tiens le coup ? » Tristan se rendait compte, de la stupidité générale de cette conversation. Il aurait voulu jouer le rôle du membre de la famille concerné, mais il restait contenu dans son rôle d'ex mari à l'origine du divorce. « Je voulais pas que ça se passe comme ça. Je sais que c'est sûrement pas à moi te dire tout ça, mais... » Il prit une inspiration. Pour Tristan, exprimer ses sentiments n'était jamais aisé et même avec les années, il n'était pas vraiment devenu meilleur à cet art là. Il aurait voulu pouvoir prendre la choses à la légère, ne pas se laisser dévorer par la culpabilité comme ce soir. Mais après tout ce temps, force était d'admettre qu'il ne pouvait plus se comporter comme un étudiant irresponsable dont la seule préoccupation serait d'organiser la prochaine soirée étudiante de l'université. Ils avaient changé tous les deux. Tristan lui avait reproché silencieusement de lui avoir volé une partie de ces belles années, mais n'y avait rien qui pouvait le ramener en arrière et même les niaiseries dont il avait pensé s'être lassé avec le temps, lui manquaient quelques fois. Peut être qu'ils avaient tout simplement besoin de temps. Mais après une année de divorce, la plaie était loin d'être refermée, pour Andrea comme pour Tristan et la cicatrisation restait incertaine. « Je suis là si t'as besoin de quoi que ce soit. On est pas en guerre, ton bien être compte aussi pour moi et Grace le sait, c'est pour ça qu'elle a téléphoné. » Leur relation était suffisamment compliquée pour qu'Andrea sache que les deux n'étaient pas vraiment du genre à entretenir de longues conversation par textos si un motif plus ou moins important ne les y poussait pas. C'était assez triste, mais complètement véridique.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 2 Avr - 11:59

Il a perdu de sa superbe, Andrea. Il a un peu plus de 30 ans, mais il se sent vieux. Vieux comme ses parents, fatigué. Un peu las, aussi. Dans un autre contexte, son divorce l’aurait sans doute amené à faire des choses idiotes pour échapper à la souffrance et à l’angoisse de la solitude. Mais il a Grace avec lui, et même s’il n’est pas vraiment son père, même s’il a fait des erreurs d’éducation, que c’était sans doute fou d’accepter de l’élever tout en sachant toutes les difficultés auxquelles ils seraient exposés, auxquelles elle, surtout, serait exposée, il fait de son mieux, toujours. Il ne peut pas l’abandonner, la laisser. Elle ne mérite pas la souffrance qu’elle subit encore par sa faute ; elle ne devrait penser qu’à ses études et à ses amis. Alors il fait de son mieux. Se noyer dans les dossiers tout au long de la journée lui permet de rentrer un peu moins triste le soir, chez eux. Chez lui. Ça lui fait bizarre, d’imaginer ces années qui se sont écoulées depuis son arrivée à Oxford, d’imaginer les tensions du début, les années de détresse. Le plus triste, sans doute, c’est qu’il était persuadé que passé l’ouragan, le jugement familial et tous les obstacles rencontrés, ils seraient enfin tranquilles, apaisés. Il ne pensait pas possible que leur histoire s’arrête. Même la fin ne semble pas être accordée au reste. Trop calme, trop sereine. Résignée. Il n’avait pas envie d’être résigné, lui. Il aurait préféré être en colère. C’est le désespoir qui le ronge lentement, maintenant, quand il s’enfonce tout seul entre les couvertures d’un grand lit froid, quand il pense à la tristesse de leur fille, de sa fille. Quand il pense à Tris qui a toujours été plus fort que lui. Il a l’impression que le temps qui file les sépare de plus en plus, que la rupture, que le divorce auxquels il ne croyait pas totalement sont en train de devenir une situation gravée dans le marbre, inéluctable. Peut être qu’il ne le retrouvera jamais. Peut être qu’il devra se contente de vivre sa vie comme ça, une vie à mi-chemin entre la raison et la tristesse, sans plus jamais connaître l’amour tel qu’il l’a vécu toutes ces années. Ou plutôt, et c’est là sans aucun doute le plus atroce, continuera-t-il de connaître l’amour qu’il éprouvait avant que Tristan ne cède à ses avances – ou qu’il ne cède aux siennes. Retour à la relation platonique de ses débuts, la haine de son cousin en moins sans doute. Parce qu’il ne pense pas que Tristan le haïsse.

Il ne serait pas là, sinon. L’alerte a été lancée par Grace, évidemment. Elle seule aurait eu l’idée de prévenir Tristan, et sa démarche est logique. Il est le seul qui puisse l’aider, c’est certain, mais pas comme ça. Andrea est tristement persuadé que son état de santé va de pair avec sa relation amoureuse avec son cousin et qu’il ne peut en être autrement, pas pour l’instant en tout cas ; peut être qu’un jour il guérira. Peut-être. Est-ce qu’il tient le coup ? « J’essaye de la protéger mais elle est trop intelligente », il note, un sourire léger et nostalgique sur les lèvres. Il hausse une épaule, il n’y peut de toute façon pas grand chose, il fait le mieux qu’il peut pour éviter à la jeune femme d’endurer sa souffrance à lui. Il ne peut pas faire plus. « Bien sûr que je tiens le coup. Elle est juste inquiète, c’est tout », il ment, machinalement, sans y penser ou y réfléchir. Sans essayer d’être convainquant non plus.

« Je sais qu’on n’est pas en guerre », il lâche en haussant une épaule. Il se souvient du point final, de la déchirure de l’imaginer avec un autre, de la résignation qui a suivi, indéniable. « Ca aurait peut-être été plus facile », il ajoute, plus bas, en haussant une épaule. Il attrape le dossier de la chaise calée contre la table de sa salle à manger, pour trouver un appui solide, pour rester maître de ses émotions. « C’est gentil d’être venu Tris mais je suis pas sûr que tu puisses m’aider », il murmure finalement en bougeant jusqu’au grand placard qui orne la pièce pour sortir un verre supplémentaire qu’il remplit pour son cousin et ex-mari. « Tu devrais la prendre, par contre. Juste un week end. Pas parce que c’est… » il s’arrête et prends une inspiration. « Elle m’aide beaucoup. Sans le savoir. Mais c’est trop lourd pour elle, ça l’aiderait de respirer un peu. De s’amuser. T’es meilleur que moi pour ça », il explique simplement en tirant finalement la chaise pour s’y laisser tomber, un soupir s’échappant de ses lèvres fatiguées. Son bien-être ne tient qu’à une seule chose infiniment égoïste, et la vérité, c’est que Tristan pourrait tout réparer en quelques secondes. Andrea sait que ce ne serait ni une solution raisonnable ni une solution viable. Mais c’est la vérité. Quelques secondes, quelques mètres à combler, et le désespoir pourrait quitter son cœur, peut être un instant, peut être toujours. Et c’est tellement injuste.

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à quoi ça sert l'amour, si c'est un aller sans retour ?
y'a plus que du vide à la place, mais que veux-tu que j'en fasse ? A quoi ça sert la vie, quand on meurt petit à petit ? s'il ne reste plus que l'absence, à qui veux-tu que je pense ?
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 2 Avr - 12:59

Grace n'est pas stupide, Tristan ne dira pas le contraire, même si finalement il ne la connaît pas si bien que ça comparé à son ex mari. Malgré toutes les années qui ont défilé plus vite que leur ombre, il n'a pas vraiment réussi à instaurer une véritable relation avec elle, même il sait qu'elle est bien plus observatrice et sensible qu'elle ne le laisse paraître et qu'ils auraient pu trouver des points communs en faisant seulement l'effort. Il hoche alors la tête, sans intention de le contredire. A l'inverse de Tristan, Andrea a su construire un lien authentique avec l'adolescente, quelque chose que le producteur a parfois envié sans ironiquement avoir été capable de faire quelque chose pour que ça change. Des regrets, Tristan en a d'ailleurs par milliers, ce qui explique sûrement ce sentiment de culpabilité dont il ne se défait pas et qui lui empoisonne l'existence. On pourrait croire que cette culpabilité effacerait parallèlement l'amertume éprouvée à l'égard d'Andrea, mais loin de régler simplement le problème dans une équation qui devrait pourtant fonctionner, les deux sentiments se mêlent désagréablement pour ne laisser que de la confusion dans l'esprit de Tristan qui n'a aucune idée de comment ressentir les choses désormais. De toute les directions qu'ils avait imaginé pour sa vie, celle-ci ne faisait définitivement pas partie de celles qui avaient passé l'étape de préselection. « Je suis inquiet moi aussi. » Le français finit par murmurer presque pour lui même. Puis son regard se perd sur les murs de la maison qu'ils partageaient encore tous les trois, un an auparavant et il soupir las, lui aussi.

Une guerre aurait peut être été plus évidente en effet, un retour au sources qui aurait occupé leurs esprits, les aurait gardé aussi proches dans la haine qu'ils ne l'avaient été dans leur relation fusionnelle en somme. Quelque chose dont ils auraient eu l'habitude et qui leur aurait permis de passer sous silence cette dépression oppressante qui leur gâche aujourd'hui l'existence. Mais il ne s'agit plus seulement d'eux, il s'agit de Grace aussi. La destruction mutuelle n'est plus vraiment un remède contre la frustration, l'adolescence est terminée, qu'ils le veuillent ou non et il faut se rendre à l'évidence, grandir aussi. « Je sais, ça a toujours été plus facile de te détester que de t'aimer. » Tristan lance ironique, sans se rendre compte de la dureté de ses mots et de la façon dont ils pourraient être interprétés. Mais il se dit avec un peu d'espoir que le brun a fini par devenir un expert de ses maladresses et qu'il sait très bien à quoi il fait référence. Leur relation n'a jamais été facile. Il a fallu accepter l'inacceptable, composer avec des sentiments qu'on ne comprend pas, accepter la réalité pour la faire accepter aux autres, vivre avec le fait qu'il n'y aura pas de fin véritablement heureuse, et que certains ne comprendront tout simplement jamais leur choix de vie même avec la meilleure volonté du monde. Tout ça pour devoir assumer une jeune fille par dessus le marché, se noyer dans l'échec le plus cuisant de leur existence. « Je la prendrais pour quelque jours, si ça l’intéresse. Mais je crois qu'un week-end à Amsterdam avec ses amis est déjà plus dans ses projets que de passer du temps avec moi. Enfin bref, je veux pas t'embêter, Grace m'a demandé de passer, l'idée c'était de vérifier que tu tenais le coup, pas de venir en rajouter une couche. » Et puisqu'il n'y a pas de cas de force majeure qui nécessite une intervention, alors Andrea gère la chose très bien lui même jusqu'à preuve du contraire. Il n'a pas vraiment besoin de lui. « Je suis désolé, si tu l’interprètes comme ça... » Tristan se déteste de ne pas réussir à mettre des mots sur ce qu'il a à dire. Plus le temps passe, plus il lui semble idiot de s'éterniser ici.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 2 Avr - 13:22

Son sentiment est contradictoire. Voir Tristan ici, dans cette maison dans laquelle il ne vit plus, c’est presque surréaliste ; il a l’impression que ce n’est qu’une plaisanterie. Qu’un rêve, peut être, ou un cauchemar, allez savoir. Il a chaud, alors il défait un peu le nœud de sa cravate, comme pour reprendre son souffle. La maladie n’a jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui ; même quand il n’était qu’un adolescent d’une quinzaine d’années réalisant avoir des sentiments pour son cousin. Car à l’époque, il était résigné. Complètement résigné. Il souffrait, ça c’est certain, mais d’une certaine manière, il n’espérait rien. Aujourd’hui, c’est différent. D’abord, il a goûté à l’amour de son cousin comme un poison. Il sait, il se souvient nettement de ce que ça fait d’être aimé de Tristan, et c’est sans doute ça le plus difficile, aujourd’hui. Ne plus être aimé de lui. Il se sent seul, incompris, misérable. Moins bien qu’avant, moins bon. Les médicaments stabilisent son humeur à grand peine et lui il ne peut s’empêcher de se dire que la seule personne qui puisse vraiment faire la différence se trouve en face de lui en ce moment. Mais les choses sont brisées et Andrea n’a pas l’impression qu’elles puissent être réparées. C’est ça qui le désespère le plus, sans doute. L’impression d’être assis à bonne distance, de tendre une main désespérée sans pouvoir le toucher. « Je sais, » répond-il comme un constat, quand Tristan lui réplique qu’il est plus facile de le détester. Les mots sont durs mais il voit ce qu’il veut dire, d’une certaine manière. Andrea se sent détestable, faible. Fatigué. « C’est gentil de t’inquiéter pour moi », il ajoute, tellement las. Il pourrait aisément fondre en larmes, remballer cet égo solide. Mais non, il reste impassible, tentant de masquer la tristesse, et tout le reste.

« Je sais, pour Amsterdam. Ca m’inquiète, mais je payerai son billet, j’ai déjà regardé », il murmure. « Mais les amis… C’est pas la même chose qu’une famille. T’es de sa famille quoi qu’il arrive, quelque soit le rôle que tu as envie de jouer, tu… tu sais. » Il n’a pas envie d’être maladroit, il l’est pourtant. Il a juste envie de bien faire. « Tu me connais. Tu sais que c’est pas facile, et elle est trop jeune pour supporter ça », il conclut simplement pour justifier sa demande, son état. Evidemment qu’il va mal et qu’il ne peut berner personne. « Tu veux pas boire un verre ? » il demande en montrant le verre qu’il vient de remplir de vin, en face de lui. Il n’a pas envie que Tristan s’en aille, et en même temps, il voudrait qu’il ne soit pas venu. Chaque visite est une piqure de rappel sur son cœur. Une piqure de rappel de la douleur, de la détresse. De leur séparation, aussi. « Je suis pas à deux minutes près, tu sais ». Au contraire. Il sait ce qu’il va se passer quand Tristan reclaquera la porte. Lui, derrière, il va s’effondrer. Il va boire, il va prendre ces foutus médicaments et des pilules pour dormir et s’effondrer à nouveau. Il dormira jusqu’au lendemain matin et ira travailler dans un état pitoyable, l’avocat des causes perdues qui en est une lui même. Il soupire, se frotte les yeux et se redresse un peu. « Tu n’es pas obligé, si tu as d’autres choses à faire, évidemment », il ajoute, comme pour tenter de savoir, d’avoir accès à des informations auxquelles il ne veut pourtant pas avoir accès, en réalité. Est-ce qu’il y a une nouvelle personne dans sa vie ?

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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 9 Avr - 23:18

Au moins son ex mari comprend ce qu'il veut dire. Tristan n'est pas très doué avec les mots. Il les utilise pour convaincre ses clients, pour donner son avis sur un projet qui ne lui plait pas, mais jamais vraiment pour exprimer ses sentiments. Si il avait eu cette capacité, peut être qu'ils n'en seraient pas là à marcher sur des substances jaunes dégoulinantes sur les cheveux de Caro, à avoir l'air nostalgiques et résignés à la fois. C'est qu'il est pourtant Tristan, nostalgique. Il se souvient d'une époque où la passion prenait le pas sur le reste, ou toutes les difficultés se surmontaient avec une facilité qu'ils ont perdu aujourd'hui malgré leurs efforts. Des combats ils en ont mené ensemble pour faire accepter leur relation, mais ce qui reste aujourd'hui c'est un champ de ruines, un manque de repères qui l'affecte lui aussi même si il refuse de le reconnaître la plupart du temps. Tristan veut garder la tête haute, car c'est ce qu'il sait faire de mieux, Tristan refuse de passer sa vie à regretter des choix, à attendre là face au mur parce qu'il n'aurait pas le courage de mettre un terme à toute cette frustration accumulée contre son gré. Tristan est perdu, c'est surtout ça le soucis. Il aimerait régler leurs problème d'un claquement de doigt. Il sait que c'est qu'Andrea attend de lui, qu'il claque simplement des doigts et que tout redevienne comme avant, comme si rien ne s'était passé, comme si il pouvait simplement digérer la chose et se satisfaire de leur vie pas si misérable que ça quand on y réfléchit bien. Tristan sait qu'il finira par se faire à l'idée, qu'il finira par regagner sagement les rangs... Seulement c'est indéniable, il a besoin de souffler, de passer du temps seul, ce qui veut dire loin d'Andrea. « C'est pas de la gentillesse. Je peux pas vraiment m'en empêcher. L'habitude sûrement. » Il esquisse un sourire triste tandis que la conversation dévie une fois de plus sur Grace, ce sujet si délicat.

Il a beau parler de famille, Tristan n'a jamais vraiment eu l'impression d'en faire partie. C'est d'ailleurs le plus triste dans tout ça. Il aurait vraiment aimé que ça se passe différemment. Mais il a surtout eu l'impression d'être le beau-père avec qui ça ne colle pas vraiment. Il n'y a pas eu d'esclandres, il n'y a pas eu de mots de travers. Des non-dits sûrement, rien de terrible, mais on ne peut pas dire que lui et Grace aient une réelle relation familiale. Les rares fois ou elle a passé du temps chez lui, ils ont simplement commandé, dîné dans une silence gênant, avant qu'elle ne rejoigne la chambre impersonnelle qu'elle n'a pas cherché à s'approprier plus que ça, préférant honnêtement le cadre rassurant de la maison de Kensington qui l'a accueillie il y a de ça quelques années déja. « Je pense qu'elle s'en sort mieux que toi et moi. Et faut pas que ça change vraiment... Peut être que c'est différent avec toi, mais je n'ai pas l'impression qu'elle ait très envie de passer du temps chez moi. J'ai pris une chambre pour elle, mais elle n'a pas très envie de la personnaliser jusqu'à preuve du contraire. Les choses sont justes ce quelles sont. Tu es comme un père pour elle, et moi je suis son cousin Tristan. Je ne suis pas triste ou agacé, je pense juste qu'à choisir, elle préférait passer le week-end chez les Grayson qui sont beaucoup plus marrants que ses deux tuteurs légaux dépressifs c'est tout. » Ce qui n'est pas l'exacte vérité. Il est triste d'une certaine manière. Juste au moment ou les choses ne pourraient pas devenir plus gênantes, Andrea l'invite à prendre un verre. Et comme Tristan a un goût certain pour les mauvaises idées, il accepte en s'installant près de son ex plutôt que de rester appuyé contre le mur, dressé comme un piquet à contempler l'échec de sa relation. « Pas très tard alors. » Il lance en soupirant un peu. « Et t'en fais pas pour Amsterdam, même si c'est pas vraiment son genre, c'est pas excessivement grave si elle consomme du cannabis derrière ton dos entre deux visites touristiques, ça ferait pas d'elle une délinquante pour autant. » Tristan se moque un peu d'Andrea, de son éducation psychorigide qui refait surface de temps en temps. C'est vrai que c'est un truc qui l'a toujours fait rire chez lui.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Lun 10 Avr - 14:24

Andrea déteste l’idée que Tristan puisse avoir raison. Peut être parce que ce qu’il dit ou pense sonne le glas un peu trop définitif de leur histoire, alors que lui a du mal à s’imaginer qu’ils ne seront plus jamais ensemble. Il a traversé cette crise comme il a traversé toutes les autres, dans une espèce de déni brumeux qui le laissait penser qu’ils finiraient un jour par se retrouver, qu’ils essuieraient tous les orages avec détachement et indifférence. Comme s’ils étaient réellement faits l’un pour l’autre, bien que cousins, des âmes sœurs indéchirables. Froissables au pire. Remplir les papiers du divorce auraient pu le mettre plus bas que terre mais il s’est contenté d’effectuer cette formalité comme il aurait signé n’importe quel contrat pour n’importe quelle autre raison, convaincu, au fond de lui, que l’orage finirait par passer. Mais le temps file, à vive allure, il ne va pas mieux, et peu à peu, le brouillard du déni se dissipe pour laisser place aux ruines de leur histoire. Des ruines sur lesquelles il est de moins en moins convaincu qu’il sera possible de reconstruire quoi que ce soit. Mais son esprit malade est fort, d’une force qu’il met toute entière à l’espoir d’un retour possible. C’est sans doute ce qui l’empêche d’aller mieux, ce qui l’empêche de se battre sur d’autres fronts, aussi. Il n’arrive plus à penser à rien d’autre. Tristan a raison sur un point, cela dit, tout ça ne devrait pas affecter Grace, qui en plus d’avoir perdu sa mère, ne devrait pas être confrontée au désespoir de son tuteur. Il avait bon espoir qu’elle puisse passer un moment dépaysant chez Tristan, qui lui semble nettement meilleur que lui au jeu d’aller mieux, mais le refus déguisé qu’il se voit opposer le fait soupirer, un peu.

« Les Grayson ne sont pas des membres de sa famille, cela dit », il note, pour le faire remarquer. « Je vais la laisser aller à Amsterdam, et elle peut même passer tout le temps qu’elle veut chez eux si c’est ça qui la rend heureuse. Mais même avec de bons amis, la famille, c’est important », il répète, inlassablement, un peu comme s’il était fou. Il en sait quelque chose, lui qui n’a jamais été fichu de se lier d’amitié qu’avec January et quelques autres suffisamment peu nombreux pour être notés. Qui avait un père digne d’un psychopathe et une mère démissionnaire. La famille, c’est important, sans aucun doute.

Tristan accepte de rester et ça le surprend. Pas agréablement, pas mal non plus. Ca le surprend juste, parce qu’il s’attendait à un refus poli, gêné, discret. Parce qu’il n’a aucun doute sur le fait que Tris vive sa vie de son côté, parce que c’est sans doute sa façon à lui de gérer la rupture, le divorce, le reste. Il ne pense pas sincèrement que son ex-mari ait cessé de l’aimer. Il croit juste qu’il ne trouvait plus le bonheur dans ce qu’ils avaient, et qu’il tente de le chercher ailleurs, ce qu’il ne peut pas vraiment lui reprocher. « Pas tard », il répond en hochant la tête, sortant un verre pour Tris qu’il place devant lui avant de le remplir du vin qu’il a ouvert un peu plus tôt dans la soirée. Le plus triste, c’est sans doute qu’il ne sait pas quoi lui dire. Ou plutôt, il a tellement de choses à lui dire qui semblent inappropriées qu’il préfère se taire. « Comment ça se passe, le boulot ? » Question lamentable à tentative désespérée de trouver un sujet de conversation neutre – Andrea se raccroche comme un malheureux à tout ce qui pourrait ramener un peu de banalité entre eux. Il n’a pas envie d’entendre parler de ses troubles, ni même de sa dépression, et du reste. Le boulot, voilà un terrain neutre dans lequel il se jette corps et âme pour tenter d’arrêter de penser. On lui confie de nombreux dossiers, la réputation se faisant petit à petit – apparemment, même les Grayson veulent faire appel à lui, désormais. Au moins n’a-t-il pas tout raté.

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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Lun 10 Avr - 17:15

Pour Andrea les choses sont peut être un peu différentes, après tout il est celui qui s'est entêté à vouloir nouer une relation avec son père alors que Tristan lui ne s'est pas vraiment donné cette peine avec le sien. Pourtant Gregory Faure n'est rien de plus qu'un mauvais père qui comme lui ne sait pas communiquer. Henri Leroy-Duchesne en revanche est un connard homophobe et violent qui ne mérite pas vraiment le pardon qui lui a été octroyé et ce beaucoup trop facilement d'après Tristan. Sa famille est dysfonctionnelle depuis le début, et si il aime prétendre que tout va bien parce que sa mère se laisse frapper sans lui donner un coup de fil pour le prévenir du mauvais comportement de son père, les gens ne changent pas comme ça du jour au lendemain quoi qu'il en dise. Tristan n'a pas la même vision de la famille que son ex mari, et c'est peut être pour cela qu'il ne comprends pas vraiment cette tendance qu'il a à toujours se rattacher à ces gens qui sont pas vraiment là pour lui au final et qui ne méritent pas vraiment toute la souffrance qu'il a enduré pour se faire accepter d'eux à l'époque. Andrea aime les mauvaises personnes, donne peu de crédit à ceux qui l'aident vraiment de manière générale. Alors évidemment il y a cette histoire d'amour inconditionnel de la famille et ces autres conneries. Tristan ne peut pas vraiment dire que Laureline, son père ou même son excentrique de mère l'aient vraiment aidé pendant cette période difficile. Rose était là, Léandre aussi, et c'est eux dont il a besoin en réalité plus que d'une famille qui l'appelle tous les trente six du mois et qui ne savent rien de ses états d'âmes. Les amis sont la famille qu'on choisit et dans le cas de Grace, c'est sûrement plus vrai encore avec les Grayson. Il faut se rendre à l'évidence, elle ne peut pas tellement compter sur la maigre portion de proches qui lui reste en dehors d'Andrea.

Et peut être qu'elle aurait été plus heureuse avec Lucas l'ami de sa mère qui l'avait élevé jusque là qui sait ? Peut être que lui aurait été bien plus heureux de le faire à l'époque lui aussi. Tristan n'en saura jamais rien, mais il a l'intime conviction que cette adoption était une erreur à l'origine de bien des problèmes entre lui et Andrea. Il regarde Grace suivre les traces de son ex mari, se lancer éperdument dans le droit et le piano, fréquenter des garces qui lui en font voir de toutes les couleurs pour s'intégrer à l'université... Tristan a l'impression qu'elle cherche à prouver quelque chose, et c'est insupportable. Il est là à observer impuissant les efforts désespérées de Grace avec l'intime conviction d'être un de ceux à perpétuer toute cette pression sur elle. Il a l'impression d'avoir participé à créer cette situation d'une manière ou d'une autre. Est-ce que toute cette vie lui convient seulement ? « Pour certaines personnes peut être, pour d'autres c'est franchement secondaire. » Petit pique à Laureline et sa façon de penser qu'elle peut simplement partir, ne pas donner de nouvelles comme leur mère et revenir en pensant que rien n'a changé, en s'attendant tout simplement à ce que rien n'ait changé. « Lucas n'était pas de la famille, et pourtant je pense qu'il lui aurait donné bien plus d'amour que moi au final. Je peux pas m'empêcher de me dire qu'en dehors des cours particuliers d'allemand et des frais d'inscriptions à l'université, ma contribution s'arrête là. » Et c'est ça son problème. Il s'est senti forcé d'endosser un rôle pour lequel il a toujours eu l'impression de ne pas être à la hauteur.

Alors il boit une gorgée de son verre, bien décidé à changer de sujet avant de laisser Andrea répondre, ce qui ne l'empêchera pas de revenir sur le sujet si il en a envie pour autant. Et Tristan le connaît assez pour savoir que ce qui a franchement l'air d'une attaque déguisée ne passera pas inaperçue chez son ex. En attendant il répond moins évasif sur son travail que d'ordinaire, comme si le sujet pouvait le sauver de ce moment inconfortable d'échange de banalités avec son ex. « Comme d'habitude, je travaille beaucoup. On est en discussion pour produire l'adaptation du bouquin d'Ezra Turner. Je sais pas si t'en a entendu parler. C'est une sorte de fiction d'inspi new wave franchement hipster qui se veut l'héritage des social movies sous Thatcher. Le bouquin se vend bien, ça devrait nous rapporter. » Il hausse une épaule et avale une nouvelle gorgée de vin.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Sam 15 Avr - 23:26

De manière un peu égoïste, sans doute – mais Andrea ne serait pas vraiment lui même s’il n’était pas un peu égoïste – le jeune brun est persuadé que Tristan ne mesure pas tout à fait la mesure de sa peine. Il n’est pas seulement triste, Andrea – peut être le serait-il simplement s’il n’était pas malade, en plus du reste, qui sait ? Peut être que la maladie empire les choses et le rend fou. Il ne sait pas vraiment, il n’a pas vraiment envie de savoir. Tout ce qu’il sait, c’est que l’homme installé en face de lui s’est arraché à lui et qu’il n’arrive pas à panser ses blessures. Il est à peine assez fort pour tenir debout, pour tenir le coup. Il n’a pas envie de faire d’efforts pour batailler, pas envie de débattre non plus. Il a juste envie de rester assis là, à observer Tristan qu’il se pensait acquis. Pas parce que leur relation était simple ou qu’il est vaniteux ; parce qu’ils s’aiment, s’aimaient peut-être, d’une manière qui ne laisse pas penser que ça va se terminer un jour. Il a l’air bien malin, maintenant qu’il est tout seul. Qu’il doit assumer tout seul. Il hausse une épaule lasse quand Tristan parle de Lucas comme de la solution à tous leurs problèmes – il ne considère pas cette option, lui. Parce que Megan lui a demandé de prendre Grace et qu’il n’aurait jamais pu manquer à sa parole – d’ailleurs, il n’aurait même pas pu refuser. Oui, sur le moment, ça lui a semblé horrible, il s’est trouvé terrifié à l’idée de la foutre en l’air encore plus qu’elle ne l’était suite à la mort de sa mère. Andrea a toujours trouvé que Megan plaçait bien trop de confiance en lui – surtout venant d’une cousine qui avait refusé d’admettre sa maladie ou sa détresse avant les quelques semaines précédant sa mort. Mais une fois que la demande avait franchi les lèvres de Megan, jamais il n’aurait été capable d’y faillir. C’est de la faute de Megan, finalement, sans doute, mais il ne peut pas vraiment lui en vouloir. Andrea possède quelque chose que Lucas n’avait pas, et Megan le savait, sans aucun doute. Même s’il est maladroit, même s’il est fatigué et qu’il fait, sans doute, un père terrible, Andrea peut subvenir aux besoins et aux envies de Grace. Avec lui, elle n’a pas besoin de se mettre de barrières financières – et c’est sans doute ce que cherchait Megan, à juste titre. Loin de considérations plus complexes que cela, Andrea fixe Tristan et penche un peu la tête. « Lucas n’avait pas d’argent », commente-t-il simplement, pour montrer qu’il n’est ni complètement idiot, ni complètement naïf. « Je crois que Megan n’était pas très douée pour donner de l’amour non plus, elle a sans doute pensé d’abord à l’aspect financier. Elle me faisait confiance, aussi, la pauvre folle », il ajoute, un peu amer. Elle n’aurait pas dû placer tant de responsabilités entre ses mains – pas qu’il les regrette, ce n’est pas le cas. Par contre, il sait qu’il manque à tous ses devoirs. Grace n’est pas heureuse, Tristan ne lui apprend rien.

« Je suis content pour toi si ça fonctionne », il lâche, pour répondre par une banalité. Parce que oui, il est content, mais en ce moment, le succès de Tristan ne le comble pas plus de bonheur que n’importe quelle autre nouvelle concernant son ex-mari, au contraire. « Tu sais Tris, t’es pas obligé de rappliquer à chaque fois que Grace t’envoie un message », il ajoute en murmurant plus bas. L’alcool se fraye un chemin dangereux dans ses idées qui s’obscurcissent un peu malgré lui ; il repousse le verre de vin devant lui. « T’as du travail, d’autres choses à penser, et elle elle s’inquiète facilement mais toi tu sais que je ne ferais pas une connerie suffisamment grave pour qu’elle se retrouve toute seule ». Parce que c’est sans doute ce qu’ils ont tous en tête – quel jour est-ce qu’il va finir par se foutre en l’air ? Entre la bipolarité et la tristesse, cette espère de lenteur qui le caractérise aujourd’hui, ils doivent bien tous attendre le moment ou la solitude deviendra insupportable. La vision de Tristan empire les choses, en réalité. Il a envie de le toucher, de serrer sa main, d’embrasser sa nuque, de se réfugier entre ses bras. La distance polie qu’ils maintiennent le dégoûte – elle n’a rien de naturel, d’ailleurs, pas plus que ce jeu idiot entre eux. « T’es pas parti pour t’occuper de moi comme ça », il ajoute dans un murmure, ses doigts glissent sur le cristal du verre qu’il vient de repousser à bonne distance de lui. Il ne sait pas quoi dire de plus – il ne sait pas quoi ajouter. Les choses sont un peu floues, elles sont repoussantes, aussi. Il ne reconnaît plus vraiment sa vie, et même s’il sait où ça a raté, il ne s’en remet pas vraiment.

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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 16 Avr - 12:30

Évidemment, c'est plus facile de se dire que ce pauvre Lucas n'avait pas les moyen de s'occuper d'elle. Tristan aimerait se satisfaire de cette excuse qui semble bien convenir à Andrea, mais il ne peut pas s'empêcher de penser que c'est simplifier les choses un peu trop pour ce qu'elles sont réellement. Il n'avait pas d'argent peut être, mais il a élevé cette gamine jusqu'à preuve du contraire lorsqu'il fréquentait Megan, jouait les amis bienveillant, ou peut importe ce qu'il faisait réellement dans sa vie. Grace avait déjà une famille et Lucas en faisait partie qu'Andrea veuille le reconnaître ou non. Megan lui a fait à l'envers comme à n'importe qui d'autre. Elle a profité de son aide, l'a laissé s'attacher à sa fille, et lui a préféré deux cousins incestueux avec de l'argent. Cette réalité est le plus gros problème de Tristan. De manière générale, il a l'impression que la situation entière a été mal gérée, que Megan a simplement fait un retour fracassant dans leur vie pour tout détruire sur son passage, et mourir ensuite. Contrairement à Andrea, il n'arrive tout simplement pas à se dire que c'était la meilleure alternative, puisqu'on ne le lui a pas laissé le temps d'explorer les autres. Au final, il se rattache à ce que sa vie aurait pu être, si ils avaient ne serait-ce qu'eût le temps de pouvoir discuter des choses, d'étudier toutes les solutions tous les deux. Leur couple fragile peinait à s'assumer aux yeux de leur familles respectives, ce n'était vraiment pas le moment pour eux. « Megan n'avait pas d'argent non plus. Mais tous les deux ils l'élevaient et l'aimaient. Il aurait dû avoir son mot à dire après toutes ces années. Grace aussi sans doute. » Et lui aussi, il aurait aimé avoir son mot à dire. Mais il n'est pas venu pour faire de nouveau reproches à Andrea. Pas vraiment. « Et puis l'argent ne fait pas tout, la preuve. » Lance t-il finalement en contemplant le désastre de cette famille qui se déchire et peut être un peu sèchement aussi. Ils gardent tous la face, se ressemblent dans la manière d'intérioriser le mal-être général qui règne au sein de cette maison qu'il a quitté comme si ça allait régler tous ses problèmes. Ça lui permet seulement de respirer. Maigre consolation « Mon père n'a jamais manqué de me donner de l'argent, mais ça ne m'a pas fait l'aimer pour autant. On a jamais connecté, je l'ai jamais vraiment considéré comme mon père. Ces choses arrivent. Un peu trop souvent j'ai l'impression. » Tristan répète les erreurs de son père. Des erreurs qu'il comprend mieux maintenant, mais qui ne changent rien à ses problèmes avec Grace. Il essaye mais échoue misérablement. Peut être qu'il est jaloux d'Andrea d'une certaine manière. L'adoption de Grace les a mis dans une situation de compétition qu'il ne pouvait pas gagner. Il sait qu'Andrea ne le voit pas de cette manière, ce serait complètement fou d'ailleurs, mais son incapacité à lier une complicité avec Grace est une source d'une frustration à laquelle il ne trouve aucune solution à sa portée. Alors il rejette la faute sur Andrea, pour qui tout semble beaucoup plus naturel voire facile. Un simple coup d’œil à leur profil facebook témoigne de cette complicité qui s'est développé au fil du temps et qu'il ne partage pas avec Grace. Pour elle, il est Tristan, son ancien tuteur, pas son père, ce qui serait plus facile si c'était aussi le cas d'Andrea, mais ce n'est pas la réalité des choses. Et maintenant qu'ils n'ont plus vraiment à prétendre, leur relation est pire encore. Quasi inexistante. C'est beaucoup trop tard pour y changer quoi que ce soit maintenant.

Lorsqu'Andrea lui dit qu'il n'est pas obligé de venir à chaque fois que Grace lui envoie un message inquiet, il ne peut pas s'empêcher de sourire tristement. « C'est un peu tout ce qu'il nous reste, je ne vais pas cracher dessus. » Il hausse une épaule. « Je suis content qu'elle le fasse. Je peux au moins faire quelque chose pour elle, ce qui me donne au moins la vague impression que j'ai un semblant d'utilité à ses yeux. » Un peu triste mais vrai. Tristan est cependant un peu vexé par la remarque sur le fait qu'il ne ferait rien qui puisse conduire Grace à se retrouver seule. « Elle ne serait pas seule. Je serais là tu sais, aussi étrange que ça puisse te paraître. Pas que ce soit une incitation à faire n'importe quoi pour autant. » Il le regarde du coin de l’œil et avale une gorgée de vin. Bien sur qu'il s'occuperait d'elle, qu'il continuerait de payer ses études, qu'il redoublerait d'efforts pour essayer de trouver des sujets de conversation durant une pale imitation de ses soirées take-away avec Andrea. Il ferait ce qu'il faut, ce qu'il peut surtout, mais elle ne serait pas seule. Peut être que ce serait plus facile sans lui aussi, sans cette impression que quoi qu'il fasse, il ne sera jamais à la hauteur d'Andrea, ce père qui a finalement sûrement toujours rêvé d'en être un et sauté sur une occasion qui ne se serait pas présentée à nouveau. Quand il lui rappelle qu'il n'est pas parti pour s'occuper de lui comme d'un enfant, Tristan ne peut que hoche la tête. « Je sais. Mais après tout ce temps, tu pouvais as vraiment t'attendre à ce que je m'en foute simplement non ? » Il termine son verre et soupire. « Allez ressert moi, Leroy-Duchesne. D'ici une demi heure on devrait être suffisamment en forme pour s'engueuler sur les élections présidentielles comme au bon vieux temps. » Il le taquine un peu, autant rendre cette soirée agréable d'une manière ou d'une autre. « Macron ou Fillon ? » Il se moque un peu, lui qui hésite encore entre Poutou et Mélenchon. Il lui tarde d'ailleurs d'annoncer la bonne nouvelle à son ex-mari. Tous les cinq ans, il y a de l'animation à la maison. Tristan le blase, et ça l'amuse.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Jeu 20 Avr - 15:37

Andrea effleure le verre de la table qui les sépare du bout des doigts. Il entend bien le discours de Tristan, ce discours directement inspiré de son propre passé, de son enfance et de son père à la fois absent et indigne. Il sait toutes ces choses là, il sait que l’inscription aux belles écoles, les cours de Piano prestigieux et les leçons d’équitation ne font pas le bonheur et ne remplacent pas l’amour des parents. Sa propre relation avec son père – ou même avec sa mère, d’ailleurs – n’est pas vraiment mieux que celle de Tristan avec Gregory, ils ont été logés à la même enseigne dans un état d’esprit un peu différent sans doute mais pas tant que ça. Henri Leroy-Duchesne s’est peut être calmé avec les années, il n’en reste pas moins qu’Andrea reste marqué par la dureté de son père et par ses principes absurdes d’intolérance et de mépris. Henri ne peut pas faire grand-chose pour effacer ça – il est d’ailleurs très absent de la vie d’Andrea. Rentré en France, il ne l’appelle qu’à de rares occasions pour lui parler travail ou politique, pour maudire le système français et lui répéter combien il a intérêt à faire ses preuves. Henri n’imagine pas son fils comme un avocat professionnel ; il le voit toujours comme un jeu étudiant brillant mais scolaire. Son appétence pour la matière des droits de l’homme le dépasse ; ils n’ont jamais été sur la même longueur d’ondes, de toute façon. Andrea conçoit et comprend tout ça, ce qui le conduit à hausser une épaule presque défaitiste. « Je sais tout ça, Tris », il note, dans un murmure. L’emploi du surnom lui revient tellement facilement qu’il n’en réfléchit même pas l’usage. Après tout, malgré le divorce, les années qui filent et le reste, ils restent au moins membres d’une même famille – et Andrea se remercie d’ailleurs de cette réalité étrange. Ca le rassure presque de savoir que Tristan ne pourra jamais vraiment disparaitre de son horizon même s’il en a réellement envie ; la famille finira toujours par les réunir à un moment ou à un autre. Cette donnée qui leur causait autrefois tant de problèmes et de jugements des gens autour d’eux l’arrange presque aujourd’hui. « Je ne dis pas que l’argent remplace l’amour des parents ou que l’on peut substituer ce que Grace partageait avec Megan ou Lucas par le paiement de cours particuliers ou de chant, je dis juste que quand Megan s’est questionnée pour savoir à qui elle allait la laisser, c’est cette donnée qui a dû influencer son choix », il explique en soupirant un même. Même cette réalité là est triste. « Même si je sais qu’elle me portait beaucoup d’affection et qu’elle me faisait confiance, je ne suis pas dupe. Si elle avait été sûre de mettre Grace à l’abri du besoin entre les mains de Lucas, c’est lui qui l’aurait élevé, pas nous », il complète puis se corrige presque immédiatement, sans vraiment y penser, glissant une main sur son front : « pas moi ».

L’alcool lui donne un peu chaud – c’est l’effet ravageur du mélange entre l’alcool et les médicaments qu’il devrait prendre seuls. « Son choix était égoïste et intéressé, je le sais. Mais Megan a souffert de la pauvreté qui a suivi sa fuite de la famille, elle a forcément pris ça en compte quand elle a pris sa décision ». Il ne peut prétendre la connaître encore. Parfois, il en veut à Megan d’avoir disparu un jour pour réapparaître comme une fleur avec ses doléances et son enfant. Peut être que s’ils avaient su plus tôt, s’ils avaient pu se préparer un peu mieux, les choses se seraient mieux passées. Et peut-être qu’elles se seraient mieux passées pour Grace aussi, à laquelle sa mère doit nécessairement manquer.

Il a du mal à comprendre, cela dit. Que Tristan se dise prêt à faire l’effort de s’occuper de Grace s’il venait à faire des conneries lui-même, alors qu’il n’est de manière évidente pas prêt à le faire s’il est toujours dans l’équation. C’est presque étrange, un peu amer, cette discussion déguisée sur d’éventuelles envies de suicide qui pourraient le traverser – ou simplement des envies de perdre les pédales, de se laisser devenir fou, il n’en sait rien. Il n’a pas envie de réfléchir sur le sujet, ça lui serre le cœur, lui oppresse la poitrine. « Merci pour elle », il lance en haussant une épaule. « Je vais faire mon possible pour éviter que ça se reproduise, j’ai pas envie que tu te pointes tous les jours pour voir si je suis toujours debout », il ajoute.  Il ne sait pas en réalité si voir Tristan de temps à autre pour quelques minutes comme ça lui fait du bien ou plus de mal encore. Sa proximité n’est pas évidente parce qu’elle lui rappelle aisément tout ce qu’il a perdu – et parfois, il en a le souffle un peu coupé. « Comme je te l’ai dit, les choses seraient peut être plus simples pour toi comme pour moi si on arrivait à se convaincre qu’on s’en fiche, non ? » il questionne d’un haussement d’épaule tout en tirant le verre de Tristan vers lui pour le resservir, comme demandé.

« Certainement pas Fillon », en soupirant un peu, pas certain que la politique soit le sujet de conversation le plus adapté à leurs deux tempéraments et à leurs idées politiques légèrement divergentes – mais il se doute, à déchiffrer le sourire de son ex-mari, que le sujet n’est pas involontairement amené. « Sans doute Macron, si je prends la peine de me déplacer », il ajoute encore pour satisfaire à la curiosité de Tristan qu’il dévisage en penchant légèrement la tête. « Et toi ? Hamon ? Pire ? » il demande en attrapant son verre pour avaler une gorgée supplémentaire de vin histoire de se préparer à la réponse de Tristan.

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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Ven 21 Avr - 21:41

Tristan ne doute pas que c'est l'argent qui a motivé Megan. Tristan ne doute pas non plus que la pauvre folle a suffisamment souffert de la pauvreté pour considérer l'éventualité que sa fille puisse profiter d'une vie à l'abri du besoin avec eux comme une bien meilleure alternative que celle de la confier à son ami tout aussi pauvre. Ce n'est pas ces évidences là que Tristan critique. Il critique la façon dont la situation a été gérée de manière générale par Megan et Andrea. Une manière de faire qui ne lui a pas vraiment laissé l'opportunité de s'exprimer sur la question, ce qu'il aurait aimé faire, indéniablement. Il n'était pas simplement le compagnon d'Andrea à l'époque, mais son mari, ce qui lui octroyait au moins le droit d’émettre un avis sur la situation épineuse qui les concernait tous les deux et pas seulement son mari. Mais il n'a pas la force d'avoir cette conversation de nouveau, alors il abandonne les armes sans trop de peine face à un Andrea de toute évidence convaincu d'avoir pris la bonne décision. D'ailleurs, Tristan ne cherche même pas à lui démontrer l'inverse. Il voulait simplement y réfléchir. Alors il hoche la tête, gardant pour lui, les commentaires qu'il pourrait faire pour argumenter inlassablement sur le sujet. Il se répéterait de toute façon. Andrea sait très bien ce que son ex mari lui reproche, en rajouter une couche ne servirait à rien si ce n'est à précipiter son départ. Et il n'a pas vraiment envie de partir tout de suite.

Tristan sourit un peu lorsque Andrea lui dit qu'il compte faire en sorte de tenir le coup, ne serait-ce que pour qu'il ne se pointe pas là régulièrement pour vérifier que tout va bien. Tristan a du mal à s'imaginer que ce soit vraiment ce qu'il cherche, mais encore une fois, il garde pour lui la réflexion qui pourrait passer la barrière de ses lèvres. Il apprécie qu'il garde la tête haute, et qu'il ne cherche pas à le faire culpabiliser en lui renvoyant au visage une dépression dont Tristan refuse de se tenir comme unique responsable. Il a souffert lui aussi de la situation, pendant de longues années sans rien dire, et cette rupture lui était nécessaire. « J'aurais du mal à y croire, même avec la meilleure volonté du monde. A partir de là, je vois pas à quoi ça sert d'essayer de prétendre que je m'en fiche. Ca n'aide personne, tu  ne crois pas ? » L'inverse n'aide pas vraiment non plus, mais dans cette situation, toutes les alternatives ont l'air mauvaises ce qui réduit considérablement le champ des possibles. Parler des élections avec un verre de vin lui permet au moins d'échapper à leur douloureux divorce. L'espace de quelques minutes, le retour à la normalité les sauve d'une réalité avec laquelle il est finalement très difficile de composer. Il ricane un peu à sa remarque sur Fillon, et répond amusé en apportant le verre de vin jusqu'à ses lèvres. « Macron a l'air aussi honnête que moi. » Ce qui n'est pas forcément un compliment. Tristan se souvient s'être présenté à plusieurs élections pour diverses associations à Oxford, et autant dire que ses petits discours ne reflétaient en rien ses petites activités à l'université, ou même ses convictions politiques. A sa question, Tristan le dévisage, sans doute pour mieux guetter sa réaction lorsqu'il répond par pure provocation. « Poutou, évidemment. » Après toutes ces années, Andrea ne s'attendait quand même pas à ce qu'il vote pour un candidat sérieux. « Je suis un vrai révolutionnaire, tu me connais. » Il ricane de nouveau et évoque ensuite un sujet finalement beaucoup plus proche de sa réalité que les élections françaises. « Je compte me faire naturaliser d'ailleurs. Vu la conjoncture, je pense que c'est une bonne idée. » Pas qu'il soit très attaché à son pays d'origine de toute façon.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 23 Avr - 0:18

Le débat est clos, peut être de toute façon qu’ils en ont déjà trop débattu par le passé pour s’embarrasser d’une nouvelle discussion sur le sujet. En fait, c’est assez paradoxal. D’un côté, Andrea a l’impression qu’ils ont besoin de revenir sur le sujet pour déterminer avec précision qui est le fautif de l’histoire, même si une réflexion pareille ne mènerait finalement sans doute qu’à une vaine bataille d’égo et de persuasion. Ils sont tous les deux égocentriques et supporter l’échec de la relation est difficile, même si Andrea ne peut pas nier sa part de responsabilité ; de là à reconnaître que c’est sa faute exclusive si le divorce a fini par être prononcé, réduisant à néant leurs années de vie commune et leurs luttes pour s’affranchir du regard et des jugements des autres, l’histoire est toute autre. Andrea ne supporte pas plus cet échec qu’il n’en n’aurait supporté un autre ; il est un homme de victoire et de surpassement. Il n’arrive pas à se résoudre à la tonalité définitive que Tristan semble vouloir donner à cette fin qu’il n’imaginait pas possible. Alors il le laisse enterrer le sujet à nouveau, parce qu’il n’a pas envie de se battre. Il n’a pas envie d’argumenter ; la seule chose qu’il voudrait là, c’est effacer les disputes et la séparation et retrouver quelques minutes, quelques heures de calme. Un peu de sérénité – cette même sérénité qui l’a quitté en même temps que son ex-mari. Il sait que c’est une demande déraisonnable, un caprice d’enfant qui le torturerait plus qu’il ne lui ferait du bien, mais il ne peut pas s’en empêcher.

« Y’a rien qui aide, finalement », il note, un peu défaitiste, en hausse une épaule comme il reprend une gorgée de vin dans son verre. Si seulement ils savaient communiquer un peu plus – mais leur incapacité à le faire ne vient de nulle part ailleurs que de leurs enfances respectives, après tout. Andrea n’a jamais eu de mal à lui dire qu’il l’aimait – du jour où ils ont décidé qu’ils essayaient de donner une chance à leur relation, en tout cas, avant c’était autre chose bien entendu, sans doute parce que l’amour était essentiellement teinté d’une obsession étrange et malsaine d’Andrea pour Tristan. Ca n’a pas été facile, de réaliser l’attirance, puis de réaliser que l’attirance exaucée s’était transformée en amour. Il a toujours été un peu sur la réserve, un peu tendu. « Je ne pourrais jamais m’en foutre », il murmure finalement en glissant une main tremblante contre sa nuque. Andrea aimerait lui demander la solution pour aller mieux, parce que lui ne la collait pas, mais il n’est pas persuadé que Tristan ne vive la situation mieux que lui. Il fait preuve de plus de force – une force qu’Andrea finira par retrouver, le temps faisant son œuvre, c’est en tout cas ce qu’il imagine. En attendant, il se contente de faire ce qu’il peut pour Grace et c’est ce qui lui prend toute l’énergie qu’il lui reste. Il ne sait pas à qui se confier non plus, parce que Tristan avait pour habitude d’être son oreille attentive. Il y a bien January, mais ce n’est pas vraiment pareil. Elle a une place prépondérante dans sa vie et lui est d’une grande aide, mais en étant totalement honnête, Andrea ne peut pas s’empêcher de se dire que tous les gens extérieurs à ce mariage n’ont jamais vraiment réussi à oublier le lien de parenté entre les deux cousins, alors même que ce lien n’avait pas la moindre valeur aux yeux d’Andrea. Plus, en tout cas. Il s’y raccroche aujourd’hui pour y mettre le compte d’un devoir moral, en espérant qu’il permette, même s’ils touchent tous le fond, de les maintenir en contact. Andrea a besoin de s’accrocher à la moindre once d’espoir, mais surtout, à la certitude fragile qu’il ne va pas le perdre définitivement pour toujours, qu’il ne risque pas de ne plus jamais le revoir. Il a besoin de savoir que quelque chose les unira pour toujours, et ce n’est pas nécessairement une réflexion que Tristan comprend – mais ça ne fait rien.

Politique, donc, comme un vague hommage à leurs années de mariage où les discussions sur le sujet étaient très animées. Cela dit, l’abandon du vote de droite, pour Andrea, est une réflexion déjà très importante que Tristan devrait lui concéder. « J’ai quand même fait des efforts, note-le. Je vote même plus à droite – je crois que je me fais plus tolérant et plus laxiste. C’est le métier qui veut ça, j’imagine… » il amorce en haussant une épaule. « Pour Macron, je pense de toute façon que les hommes politiques sont des gens malhonnêtes par nature », il note en souriant un peu, jouant avec son verre. « Poutou, cela dit ? » il demande, ne pouvant retenir une grimace qui lui échappe. « C’est quand même la plus grosse blague du siècle, ce candidat. Il ne sait même pas aligner deux phrases sans jurer comme un chartrier », il note – un peu de mauvaise foi sans doute. « Enfin, ça ne m’étonne pas tellement de toi, Tris », lance-t-il pour conclure, avec une profonde tendresse – emprunte elle même de nostalgie. S’ils avaient été encore marié, il aurait poussé le débat pour l’animer un peu, pour blaser Tristan, jusqu’à s’agacer lui aussi, et puis ils auraient fêté leur réconciliation sur cette même table qui les sépare aujourd’hui d’une distance raisonnable. « Je n’y ai pas réfléchi, pour la naturalisation. Ce n’est pas idiot, cela dit. Je regarderai, pour les papiers », il ajoute d’un haussement d’épaule. « Ou alors, fais-toi naturaliser et je t’épouserai après pour avoir les papiers à mon tour », il propose dans un sourire un peu moqueur en terminant son verre de vin. « Je plaisante, ne t’énerve pas. Je n’ai pas vraiment envie de rentrer en France, surtout si d’autres gens bien pensant ont l’idée de voter Poutou aux présidentielles ». Il n’y croit pas – mais sait-on jamais, après tout.




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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Lun 8 Mai - 20:17

Tristan hausse une épaule, il n'a plus très envie de s'attarder sur ce sujet de conversation décidément délicat. Alors il avale une gorgée de vin et se concentre sur celui qui est sur les lèvres de tout son cercle étendu de français expatriés à Londres depuis quelques temps déjà, les élections présidentielles. D'aussi loin qu'il s'en souvienne Andrea et lui ont toujours été en désaccord sur la politique du pays, ce qui ne les a pas empêché de se taquiner et d'avoir des conversation animées à travers les années, comme un rituel qui rassure et promet une distraction à la hauteur de leur espérances finalement. Andrea vote à droite, et Tristan donne sa voix au candidat de gauche le plus révolutionnaire et à côté de la plaque qu'on lui propose. Autant dire que le programme brouillon et impulsif de Poutou l'a tout de suite séduit. Plus qu'il n'a séduit son ex mari en tout cas. Tristan cache un rire tendre lorsque Andrea lui annonce qu'il ne vote plus à droite. Dans l'esprit de Tristan, voter Macron c'est quand même voter à droite, mais il note l'effort de voter un peu moins à droite que d'ordinaire en effet. « Tu vas voter pour le plus beau, mais il est quand même plus à droite qu'à gauche, Manu. » Tristan réplique comme l'aurait fait n'importe quel français votant à gauche depuis des années. Il reconnaît quand même les efforts d'Andrea qui vient quand même d'une famille de Lepenistes convaincus. « Mais je salue l'effort c'est vrai. J'ai une bonne influence sur toi ne l'oublions pas. » Il se vante en ricanant de plus belle. Il boit aussi, ce qui n'est pas forcément une bonne idée en compagnie de son ex, à parler politique. « Avoue qu'il est marrant et qu'il a pas toujours tort. En plus c'est le seul à parler ouvertement de la cause LGBT dans son petit flyer. Je me suis senti concerné, vois-tu. » Il ajoute en approchant son verre de ses lèvres.

Il manque cependant de s'étouffer quand Andrea parle de l'épouser de nouveau et se demande si il plaisante vraiment ou si c'est l'alcool qui fait déjà des ravages. Dans tous les cas, Tristan se contente de finir sa gorgée sagement en répondant avec tact. « Si tu ne trouves personne d'ici là et que c'est plus intéressant financièrement tu me diras, c'est toi le pro. » Il réplique. « Même si c'est un peu contre productif en soi. » De divorcer pour se remarier ensuite.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Mer 10 Mai - 19:22

L’apparente décontraction de la soirée – et de la conversation – n’empêche pas le cœur d’Andrea de se serrer dangereusement à chaque fois qu’il songe à leur relation actuelle et aux habitudes qu’ils avaient autrefois. Ils sont restés mariés longtemps, et il vit dans la terreur quotidienne que Tristan ne parvienne à passer à autre chose. Peut-être ont-ils fait leur temps, tous les deux. Peut-être que leur histoire un peu trop folle et un peu trop passionnelle est terminée pour de bon et qu’ils n’en reviendront pas. Mais Andrea n’est pas prêt à l’admettre, pas plus qu’il n’était prêt à signer les papiers du divorce quand il l’a fait. Un petit consentement mutuel rapide, un passage chez le notaire pour leurs biens communs, et c’était fait. En réalité, la violence d’une procédure emprunte de trahison et de détresse l’aurait peut-être aidé, d’une certaine manière, à réaliser ce qu’il était en train de se passer. Mais au lieu de ça, tout s’est fait de manière automatique, téléguidée. Comme s’il ne comprenait pas réellement ce qu’il était en train de se produire – lui, l’avocat. Professionnel des procédures. Et ce soir, dans leur – dans son salon, il n’arrive toujours pas à se dire que c’est terminé. Sa psychologue tente parfois de l’y amener, mais il s’y refuse de manière catégorique. Il a vu des psys dans sa vie, il a enchainé les thérapies. Il n’y a pas grand-chose qui fonctionne, en dehors des verres d’alcool avalés une fois Grace couchée, et des somnifères qui l’empêchent de se transformer en zombie de n’avoir pas dormi en travaillant le lendemain.

« Je n’oublie pas », il note, sur l’influence – parce que si pour tous les gens extérieurs, l’influence de l’un sur l’autre a toujours été considérée comme médiocre et malsaine, lui sait que ce n’était pas le cas. Ils sont devenus meilleurs tous les deux, ensemble. Sans l’aide de personne d’ailleurs – pas plus qu’aujourd’hui, parce que personne ne comprend. De la même manière que personne ne conçoit qu’il ne s’en sorte pas alors qu’ils sont divorcés depuis près d’un an maintenant. « C’était une blague », il insiste d’un haussement d’épaule devant le malaise de son ex-mari. Pas vraiment une blague, cela dit, parce que dans un coin de son esprit, Andrea espère secrètement qu’ils finiront par se remarier – ou au moins par se fréquenter à nouveau. Maintenant que Grace est presque adulte et que le problème d’enfants de jeune âge dont il faudrait s’occuper ne se pose plus. Il aurait aimé, lui, avoir des enfants, même s’il n’avait pas eu Grace, ou même pour lui tenir compagnie d’ailleurs. Une famille. Mais c’est sans doute les vieux clichés véhiculés par sa famille qui l’y font croire – et il regrette un peu de renoncer à tout ça. Il pourrait s’y essayer, à fonder une famille maintenant, mais ce serait renoncer définitivement à l’amour de Tristan, et tout espoir est meilleur à supporter que la réalité de l’échec pur et dur. « Macron est peut être plus à droite qu’à gauche, mais lui au moins programme de nous laisser tranquille. Et puis, si mon père t’entendait, il ferait sans doute un infarctus – personne n’est assez à droite pour lui et c’est lui qui m’a élevé. A une époque, je votais Sarko, je te rappelle », il plaisante de lui-même en haussant une épaule. Une époque largement révolue. « Laisse moi le temps de virer complètement à gauche. Après quelques autres dossiers d’homosexuels tabassés par des homophobes qui courent encore bien plus les rues qu’on ne le voudrait je devrais être prêt », il souligne, presque blasé, un peu heurté en réalité. Parce qu’il a connu les heures difficiles des révélations et des coming-out et le regard intransigeant de son père sur le sujet, et même sa violence, lui aussi. « Enfin ne te fais pas trop d’espoir à mon sujet, Tris, je voterai jamais Poutou. Hamon au pire – si vraiment je suis au bout du rouleau », il lance dans un sourire. « Je te parle même pas de Mélenchon, la perspective me désole ».

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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Jeu 11 Mai - 22:56

Tristan sait qu'Andrea ne plaisante qu'à moitié et il ne peut pas s'empêcher de grimacer à cette idée. Pas qu'il n'y ait pas songé lui même. Après tout, le divorce lui a semblé nécessaire sur le moment, mais il n'a jamais vu la chose comme réellement définitive non plus. C'est juste trop pour l'instant. Il sait que c'est compliqué pour son ex mari, c'est compliqué aussi pour lui, mais il a l'impression que la tristesse d'Andrea, sa maladie qui rend tout beaucoup plus intense, ne laisse guère de place à son propre mal-être finalement. Tristan se sent étouffé, étouffé par beaucoup trop de choses en réalité. Il tente quelques pas maladroit en direction d'Andrea. Peut être cherche t-il à retrouver la complicité qui les liait autrefois, mais Tristan fuit à chaque fois que son cousin fait une référence un peu maladroite à leur mariage dont il a besoin de se distancier pour le moment. Tristan ne peut pas prendre de pression supplémentaire, pas plus qu'il n'est prêt à prendre une décision au sujet d'Andrea. Il ne sait juste pas comment se comporter avec lui. Parfois il a l'impression que ce semblant de complicité respectueux les aide, d'autres fois il a simplement la sensation d'enfoncer le couteau dans la plaie. Il ne sait pas vraiment ce qui est le mieux pour eux pour tout dire. Tout ce qu'il sait, c'est que le sujet est toujours sensible de son côté et qu'il est plus prudent de rester en terrain neutre avec lui, Léandre en a fait les frais.

Alors il ricane à sa remarque sur Sarko. “Je m'en souviens bien,” il réplique. “Ton père a déjà eu toutes les raisons du monde de faire un infarctus, et pour autant il se porte comme un charme. Assez en tout cas pour continuer avec ses réflexions désobligeantes et ses discours racistes qui m'insupportent.” Tristan se demande vraiment si son oncle a des qualités, mais il se garde bien d'en faire le commentaire. Il s'agit du père d'Andrea et que pour une raison qu'il ignore, certaines personnes restent attachées aux membres de leur famille qui n'ont que fait que de leur pourrir la vie tout au long de leur existence. Une logique qui échappe à Tristan Faure qui n'est pas aussi doué que les autres pour le pardon. “Mais j'ai foi en toi, un jour je finirais par te faire confiance avec une procuration. Je te laisse encore quelques années pour te faire à l'idée qu'en réalité tu es encore plus à gauche que moi.” Il sourit et avale une nouvelle gorgée de vin. D'ailleurs il ne sait pas si c'est la fatigue, ou le degré d'alcool de la bouteille, mais le vin commence à lui tourner la tête.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Ven 12 Mai - 23:28

Tristan déteste Henri – et il a sans doute toutes les bonnes raisons du monde de le faire, d’ailleurs, parce qu’à bien y réfléchir, toute personne normalement constituée avec un minimum de sens commun détesterait purement et simplement Henri. Le père d’Andrea n’est pas seulement d’extrême-droite, il cumule les tares. Raciste, homophobe, snob et maltraitant, il n’a jamais rien eu à voir avec ce qu’on pourrait qualifier de père exemplaire ou aimant. Mais Andrea n’a plus la force de le détester. Plus maintenant que sa mère s’est remariée avec lui, qu’ils vivent ensemble comme si de rien n’était. Henri évite soigneusement toute allusion au mariage de son fils et ne s’est même jamais intéressé à Grace – mais ce sont des détails qu’il n’a pas besoin de supporter au quotidien, parce qu’Andrea ne voit plus vraiment ses parents. Sa mère l’appelle souvent, mais ils ont déménagé à Cannes, près de la maison secondaire familiale, et lui ne va plus tellement en France – surtout pas pour passer du temps avec ses parents. Plus loin ils sont les uns des autres, plus ils s’entendent sans doute. Toujours est-il que Tristan déteste Henri, et que ça ne surprend pas Andrea – ça le flatte même plutôt que son mari – ex-mari – garde de la rancœur pour ce père terrible qui lui a fait tant de mal.

« Plus à gauche que Poutou ? » il demande soudainement, manquant de s’étouffer avec son verre de vin. « Je ne pense pas que ce soit possible, Tris » il murmure en riant. Le vin lui fait tourner la tête, embrouille son esprit malade. « Mais j’attends de voir ça, alors », il marmonne, parce que l’idée que Tris veuille le convaincre sur des années lui indique qu’il ne compte pas couper les ponts et cette idée là vaut beaucoup de concessions pour Andrea qui traque le moindre signe d’amélioration. Il termine son verre et prend une inspiration en penchant un peu la tête. « J’ai trop bu », il constate en riant un peu plus. « Ca m’étonne que tu ne te sois pas rallié à Mélenchon, la France insoumise, tout ça », il marmonne finalement en roulant un peu des yeux comme il sait si bien le faire pour montrer son désaccord.

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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Sam 13 Mai - 10:15

Plus à gauche que moi.” Tristan corrige un sourire aux lèvres. Son ex mari le connait très bien, il sait pertinemment que Tristan fait partie de ce qu'on appelle la gauche caviar, et que sa façon de penser est souvent bien plus à droite que la sienne sur le fond, alors qu'Andrea au contraire a toujours été très à gauche en continuant de voter à droite par principe. Tristan est producteur, Tristan gagne beaucoup d'argent, il est un peu hypocrite de sa part de voter Poutou. D'ailleurs Tristan ne vote jamais sérieusement au premier tour, c'est surfait. Ca ne change pas qu'Andrea est finalement bien plus empathique avec les pauvres et les malheureux que Monsieur Tristan Faure qui les écraserait sans la moindre once de culpabilité pour des raisons financières. Il tient ça de son père sans doute. “T'as pitié pour les gens, moi j'aime juste voter pour les révolutionnaires un peu tarés, parce qu'il faut bien qu'ils aient quelques voix.” Ils ne seront jamais élus, autant leur donner au moins l'impression d’intéresser quelqu'un. C'est vrai c'est un peu injuste que des types comme Poutou ou Mélenchon se retrouvent avec moins de votes qu'une connasse raciste, mais c'est la France, il ne faut pas trop en demander. “C'est Laureline l'insoumise, moi je vote Poutou en espérant secrètement que le banquier va passer” Il avale une nouvelle gorgée de vin et remarque que l'alcool est monté tout aussi vite chez son ex qui confesse d'ailleurs son crime sans chercher à dissimuler quoi que ce soit. “En même temps, c'est vrai que cette histoire d'insoumis, ça sonne doux à l'oreille.” Il ajoute. Quant à l'alcool, il ne peut pas s'empêcher d'ajouter. “En même temps, tu m'as pas attendu pour commencer à boire. Tu devrais peut être passer à la limonade.” Un choix sage de toute évidence, quand on doit se tenir devant son ex. Tristan devrait d'ailleurs arrêter de se resservir comme un ivrogne.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Sam 13 Mai - 19:00

C’est vrai qu’à bien y réfléchir, Tristan n’est pas vraiment à gauche lui-même. Il se fiche des grandes causes sociales, il a de l’argent qu’il aime garder pour lui et utiliser comme il l’entend. Non, Tristan n’est pas vraiment à gauche : il aime surtout entretenir la contradiction que tout le monde lui alloue. Et ça fonctionne, de débats en conversations animées, Andrea tombe systématiquement dans le panneau de la provocation. Autrefois avec bon cœur, parce que les débats animés et colériques promettaient des réconciliations passionnées sur leur table en verre préférée ou sous la douche. Aujourd’hui, parce que ça lui rappelle non sans peine le bon vieux temps qui les a séparés. Parce que le temps d’une soirée, alcool aidant, il a presque l’impression que tout est pour le mieux – et ça rend les choses plus faciles, plus douces. Pas de réconciliation passionnelle en vue, mais au moins, Andrea ira se coucher alcoolisé et épuisé, trop pour réfléchir ou pour être triste. Trop pour ressasser le fait que plutôt que de dormir près de lui, Tristan est rentré dans son propre appartement.

« Pas de limonade pour moi, non merci », il réplique d’un haussement d’épaule. « Je n’ai pas envie de manquer à ma nouvelle réputation d’alcoolique », il ajoute en levant son verre qu’il vient de remplir comme par provocation pour en vider la moitié, même si sa tête tourne dangereusement. « Ta sœur vote Mélenchon ? » il demande sans pouvoir s’empêcher de servir à son ex-mari un sourire tant amusé qu’ironique. « Ca alors, je ne l’aurais pas cru », il ajoute. « Ca aurait été drôle de réunir tout le monde pour un bon vieux débat familial, tiens », il précise. « Ca aurait éliminé quelques membres de notre famille, à mon avis ». Andrea glisse ses doigts sur le rebord de son verre, distraitement, et soupire un peu. Il est tard, son esprit divague vers des souvenirs lointains d’élections animées – et il a vraiment très envie de combler cet espace atroce qui le sépare d’un Tristan souriant, charmeur et provocateur. Mais il n’en fait rien ; et malgré son esprit embrouillé, Andrea ne peut s’empêcher d’être fier, un peu. Parce qu’il a été fort, ce soir, alcool aidant sans doute mais fort tout de même, assez pour ne pas lui faire pitié, pour une fois. Ce soir, ils sont juste comme deux personnes qui ironisent ensemble.

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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 14 Mai - 1:02

Pas de limonade? Très bien, Tristan ne va pas insister, tout le monde n'aime pas la limonade et Andrea a l'air d'avoir changé d'avis sur la question lui aussi. Tristan se rappelle cependant avec émotion leurs dîner de famille guindés, ou l'adolescent rebelle qu'il était se payait le culot de réclamer du champagne à table tandis que son cousin se satisfaisait d'un petit jus d'orange ou de San Pellegrino pour ne heurter la sensibilité de personne. Comme les temps changent ! Le voilà à assumer une réputation d'alcoolique qui ne lui va pas tant que ça au teint, lui le grand avocat des causes perdues. Mais après tout qu'est-ce qu'il en sait lui Tristan, il est alcoolique mondain depuis la préadolescence et ne s'en porte pas si mal que ça à vrai dire. Qui est t-il pour juger franchement ? Les temps sont durs, et ce n'est plus tellement son rôle de jouer les rabats-joies qui lui rappellent que ses médicaments ne font pas bon ménage avec l'alcool. Il doit laisser Andrea se gérer tout seul. Constatation un peu ironique étant donné le motif premier de sa présence ici, mais on a pas demandé à Tristan d'être logique en somme. “Naughty boy” Tristan commente en avalant une nouvelle gorgée de vin. D'ailleurs il est bon ce vin, encore une bouteille de ce bon vieux Bart à n'en pas douter. “Ma sœur vote Mélenchon oui. C'est une révolutionnaire Laureline, Hamon était trop mou pour elle.” Il ricane un peu. Un peu trop d'ailleurs. “Ah oui les débats familiaux avec ton père. Heureusement ta mère est généralement là pour relever le niveau, avec ses petits toasts au caviar. Dire qu'elle aurait pu devenir la belle mère de Blair...” Ça aurait été bien mieux pour elle, mais Tristan se garde une fois de plus ce petit commentaire. On ne souhaite pas le divorce des parents de son ex, c'est très mal élevé.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Dim 14 Mai - 12:31

C’est vrai, tiens, Andrea avait un temps oublié cette phase que sa mère a vécu avec Bart Hastings-Bass – le fournisseur du vin qui les enivre ce soir, d’ailleurs. Une idylle qui a pris fin parce que Charlotte Faure est bien trop conventionnelle pour accepter de vivre une vie de folie avec Bart ; oui, Henri est un mari violent, et sans doute peu aimant, désagréable au possible et maltraitant, mais il a donné à sa femme un certain standing de vie auquel elle n’était finalement pas prête à renoncer. Ce n’est pas que Bart soit moins riche – au contraire, d’ailleurs. Simplement, il est moins conventionnel, il fait moins bien dans les soirées mondaines, le fou un peu alcoolique qui aime faire des blagues aux pires moments. Andrea regrette un peu, parfois. Sa mère aurait sans nul doute possible été plus heureuse avec Bartholomew – d’autant qu’il vit avec sa propre mère aux Bahamas, désormais. Il n’y peut pas grand chose. « Ca aurait été beau, Blair devenant ma demi-sœur, quelque chose du genre », il lance un sourire aux lèvres. Quant à Laureline, ça se passe, pour lui, de commentaires – il a toujours imaginé la jeune femme plus réservée et plus hautaine qu’elle n’en n’avait l’air, sans doute, ce qui doit vraisemblablement être lié aux rapports extrêmement mauvais qu’ils ont toujours entretenus jusqu’à récemment. Les choses se sont un peu arrangées, notamment parce qu’il y a Grace dans l’équation désormais, et qu’elle a compris peut-être qu’elle ne pouvait pas faire n’importe quoi avec Andrea si elle espérait créer des liens avec sa nièce. « Je crois que ta sœur me reconnaît enfin comme un être humain d’ailleurs, on progresse », il lance, avalant une nouvelle gorgée de vin. « Pas sûr qu’elle me supporte, mais au moins elle est capable de faire semblant, pas comme lorsqu’elle venait me jeter des boissons glacées au visage », il ajoute, même un peu nostalgique, dis donc. « J’aurais dû me douter qu’Hamon était trop mou elle, il lui faut des révolutionnaires c’est assez évident », il complète en ricanant à son tour.

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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Mar 16 Mai - 11:04

Blair demi sœur d'Andrea, voilà une famille qui aurait fait parler d'elle, pas que ce ne soit pas déjà le cas avec le modèle original, d'ailleurs. Il est amusant de l'imaginer en tout cas. Tristan même si il n'a pas beaucoup de nouvelles de la blonde, ne se souvient pas que son mari et elle aient eu une relation très rapprochée puisqu'on en parle. Comme pour beaucoup de ses amis frivoles, la personnalité un peu froide d'Andrea a du représenter un problème d'incompatibilité sur le fond. Ses mauvaises décisions aussi sans doute. Tristan ne va pas dire le contraire, ses proches n'ont pas cherché à lui dire qu'il avait tort de le quitter après avoir évoqué une énième fois le point Grace. En réalité ils l'ont pour la plupart encouragé dans ses projets, sans tellement batailler pour qu'il considère d'autres options. Si ils avaient réussi à se lier plus intimement avec Andrea, alors peut être les choses auraient t-elles été différentes, peut être qu'ils auraient tous réussi à lui vanter les mérites d'une bonne discussion à coeur ouvert, mais l'alternative semble utopique. Ca ne fonctionne pas vraiment comme ça chez les Faure de toute évidence. « C'est peut être parce qu'on est plus ensemble. » Tristan note à la fois ironique et sceptique sans réaliser qu'il est sûrement blessant. Mais la phrase lui échappe, principalement parce qu'il aurait aimé que Laureline fasse ce genre d'efforts avant. Le timing est tellement ridicule qu'il ne peut pas s'empêcher de se dire que cette soudaine sympathie est liée au divorce. Il prend un nouveau verre de vin. « C'est notre couple que les gens supportent pas de manière générale. Bon okay, toi aussi un peu. Regarde moi non plus je te supportais pas. » Il ricane en lui jetant un regard en coin qui veut tout dire. Il le cherche un peu. L'alcool sûrement.
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Mar 16 Mai - 16:46

La remarque de Tristan est juste, sans doute. Blessante, mais juste. Laureline le supporte beaucoup mieux depuis qu'elle est revenue, depuis qu'elle n'est plus sa belle-soeur mais simplement sa cousine et que les intérêts de Grace entrent en ligne de mire. Il ne sait pas pourquoi il s'est à ce point là attiré les foudres de la brune, à l'époque, car si Tristan et lui n'étaient, de manière évidente, pas des cousins d'une grande proximité, il n'a jamais rien eu à reprocher à Laureline. Discrète et intelligente, ils ne sont pas vraiment de ceux qui se sont haïs un jour. Une indifférence cordiale est, au pire, ce qui pourrait caractériser leur relation avant qu'Andrea et Tristan ne se mettent ensemble. Toute la haine de Laureline s'est alors déportée sur lui - un peu injustement, d'ailleurs, dans la mesure où Andrea n'a pas jeté un sort à Tristan pour qu'il tombe amoureux de lui et qu'ils étaient deux dans cette relation.  « C'est sans doute ça, oui. J'ai arrêté d'avoir cette horrible influence sur toi et tu t'es enfin débarrassé de la main-mise que j'avais sur ton esprit, moi le pauvre fou », il ajoute, faisant tourner l'alcool dans son verre. Il prend une inspiration presque douloureuse et souffle. « C'est comme si les gens avaient oublié qu'on existait pendant 10 ans et qu'ils s'en souvenaient subitement maintenant qu'on a divorcé, hein ? » il demande en penchant la tête. « Tes proches sont redevenus tes proches, et moi... » Lui il est seul à nouveau, dans cette bulle étouffante d'incompréhension. Grace le sauve, peut être, quelque part, à la différence de ses jeunes années où il ne trouvait décidément personne pour l'aider ou tenter de comprendre.

« Tu me supportais pas mais t'étais quand même un peu admiratif de ma morale sans borne et de mon intelligence, avoue », il lâche finalement en réplique, faisant claquer sa langue contre son palais. Il se souvient des allusions souvent grivoises du jeune Tristan qui faisait tout pour l'agacer. « Ce qui t'agaçait surtout c'était d'avoir un adversaire à ta hauteur - pour une fois, et pas un soupirant qui se laissait marcher sur les pieds comme tes copains de classe ». Andrea lui assène un clin d'oeil amusé, tandis que ses doigts pianotent distraitement le bois de la table.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
à quoi ça sert l'amour, si c'est un aller sans retour ?
y'a plus que du vide à la place, mais que veux-tu que j'en fasse ? A quoi ça sert la vie, quand on meurt petit à petit ? s'il ne reste plus que l'absence, à qui veux-tu que je pense ?
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MessageSujet: Re: everybody hurts (andrea)   Jeu 25 Mai - 14:31

Tristan lève les yeux au ciel. Il est vrai que les gens ont toujours eu tendance à prendre Andrea pour un taré, et il ne devrait pas les blâmer, lui le premier. Mais avec le temps, les regards entendus des autres et les réflexions faites sous le couvert de l'humour ont fini par le fatiguer énormément. Andrea n'est pas plus taré qu'un autre, en dehors de son choix de carrière un peu glauque. C'est vrai le quotidien d'un avocat nécessite d'avoir le cœur accroché et envie de travailler avec des violeurs, des gens violents, des criminels en tout genre, mais ça veut surtout dire les défendre aussi et leur accorder le bénéfice du doute. Une profession de taré peut être, de là à prendre Andrea pour un pervers narcissique, il ne faut pas abuser. Tristan trouve ça d'ailleurs affligeant que les gens aient toujours pensé que ce soit Calliope ou Andrea à l'origine d'une so called mauvaise influence exercée sur lui. Ne l'ont t-il pas réalisé après tout ce temps ? C'est Tristan, la mauvaise influence, pas les autres. D'ailleurs il ressert son ex mari qui n'a pas franchement besoin d'alcool sans oublier de remplir son propre verre au passage. « Les gens aiment prendre parti dans un divorce. C'est comme s'ils étaient mal à l'aise avec l'idée pourtant très saine d'être amis avec les deux. Comme si on allait leur reprocher de nous voir tous les deux... Je pense qu'on fait les choses correctement pourtant ? » Plus ou moins en tout cas. Pour deux tarés incestueux et passionnés, on peut dire qu'il gèrent ce divorce de manière raisonnable et modérée. « Ce qui m’agaçait c'était que tu étais le fils que mon père aurait voulu avoir. J'essayais de m'en foutre, j'aurais du m'en foutre d'ailleurs, mais ça ne marche pas comme ça, je pense qu'on l'a tous bien compris. Mais oui, un peu admiratif de ton courage, ta détermination. Toujours d'ailleurs... » Il lui jette un regard en coin et soupire un peu, avalant une nouvelle gorgée de vin.
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