a taste of the past ft arthur

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MessageSujet: a taste of the past ft arthur    Sam 25 Mar - 17:52

4:30 AM. Un bref calcul lui indiquait qu’il avait dormi pendant exactement trois heures quarante-cinq. D'abord sur le côté, Ehsan se laissa, un peu violemment, s’allonger sur le dos avant d’ouvrir les yeux et de fixer le plafond. Dans le noir, il pouvait apercevoir quelques fissures que le temps avait crée. En se concentrant un peu, le son du métro lui parvenaient aux oreilles; comme un appel, un moyen de sortir de son insomnie, mais il ne bougea pas. La nuit, un flot de mots lui venaient mais il savait qu’il ne pouvait rien traduire sur le papier. Au début, il avait même essayé de s’enregistrer mais il avait vite compris qu’ils étaient prisonniers de son esprit. Il prit le temps d’expirer fortement avant de sortir son paquet du tiroir de sa table de nuit. La cigarette à la bouche, il ouvrit la porte de son balcon. Le calme du quartier le rendait à la fois anxieux et serein. Contrairement au centre-ville, seuls les lampadaires éclairaient les rues quasiment vides. The train terminates here. The life of the city terminates here. Il n’avait jamais vraiment aimé les grandes villes, de toute façon.

Il avait commencé le boulot à six heures et demie du matin. Avant de sortir de chez lui, il avait prit une douche, il n’aimait pas sentir le tabac auprès des patients. L’uniforme enfilé, il s’était occupé de livrer le petit-déjeuner aux chambres qui lui étaient désignés, pris les signes vitaux de onze patients et avait préparé quatre douches. Alors qu’il allait se chercher un énième café (bien qu’il le trouvait exécrable), une infirmière lui informait qu’il devait préparer une chambre qui venait tout juste de se libérer. Il s’était contenté d’hocher la tête avant de prendre l’ascenseur pour le deuxième étage. La chambre était assez petite et ça ne lui avait pas pris plus de dix minutes. Un bac remplie du linge sale dans les bras, il avait refermé la porte derrière lui. Il sortit le dossier contenant les tâches qu’il avait encore à remplir histoire de voir ce qu’il l'attendait. Cependant, alors qu’il se disait qu’il pouvait prendre une petite pause avant de livrer les déjeuners, il pouvait sentir quelque chose, ou plutôt quelqu’un l’observer dans le couloir. Du coin de l’oeil, il pouvait voir un homme aux cheveux blonds qui le regardait assez étrangement. Son visage lui disait vaguement quelque chose mais il ne s’arrêta pas sur cette idée. Il feuilleta le dossier pendant quelques secondes avant de se retourner. “Need something bruv?”, il pouvait utiliser autant d’argot du sud de Londres qu’il voulait, n’importe qui pouvait reconnaître son accent du sud du Yorkshire. C'était sa manière polie de dire what are you looking at?
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MessageSujet: Re: a taste of the past ft arthur    Sam 25 Mar - 19:12

il était censé arrêter. avoir arrêté il y a un bout de temps. la découverte d'un cancer n'aurait sûrement pas dû le pousser à rallumer de vieilles cigarettes trouvées au fond d'un tiroir. un tiroir, de la poussière, c'est ce qu'il dira si on lui pose la question, pas qu'il en a réclamé a quelque beau frère qui lui n'arrêtera probablement jamais. pas que c'était pour avoir une excuse, quelque chose dans les mains en marchant, pour oublier à quel point elles tremblent ces jours-ci. trop de choses d'un coup, peut-être. il essaie de ne pas penser, de compter ses pas, de compter les voitures, compter les dalles en lino, compter n'importe quoi. parce que les chiffres ne sont pas des mots, parce que les chiffres n'ont pas d'émotions. au fond, les mots n'en portent pas non plus. mais les mots ne sont que trop porteurs de sens, et il voudrait se vider l'esprit, au moins une seconde, une minute. juste un instant de répit. il jouera ce soir, comme six fois cette semaine. il rentrera pour trouver son fils, avec un peu de chance endormi, avec un peu de chance sans cauchemars, sans blessures. le café journalier avec rudy est annulé, parce qu'il l'a vu le matin même, en déposant markus chez lui, parce qu'il le retrouvera plus tard dans la journée, ici-même, probablement.

il voudrait vomir. pourrait - mais il se contient. les hôpitaux lui ont assez pris comme ça. ou peut-être que les murs blancs, que l'odeur, que chaque petite chose, trop aseptisée n'y est pour rien. peut-être que c'était prévu, que c'était le destin. il ne veut pas penser au pourquoi. pourquois. multiples. vieilles blessures physiques, vielles blessures au cœur, et c'est maintenant à son âme même qu'on s'en prend. aux racines qu'il croyait pourtant inébranlables, comme si par miracle, la vie allait épargner les siens, comme s'il avait déjà payé son dû. mais personne ne le paie jamais vraiment en totalité avant d'arriver six pieds sous terre. et dire qu'il pensait enterrer ses pensées dans un nuage de fumée. il voudrait prendre ses jambes à son cou. mais non, c'est absolument hors de question. puis, peut-être que c'était une chance. rien vu à hambourg. idiots. et dieu qu'il n'aime pas penser en mal de gens qu'il n'a jamais rencontré, mais il les maudirait s'il le pouvait, de n'avoir rien vu. il y a de l'espoir. encore. pas beaucoup. un peu. qu'ils n'aient rien vu à la maison avait semblé trop étrange, un autre rendez-vous, dans un tout autre pays fut pris, et voilà que le couperet tombe. bien entendu, avec ceci, qu'elle se fera soigner en grande-bretagne, et pas tout près de la maison familiale. il paraîtrait qu'elle aurait dit, aussi, que si elle va mourir, elle voudrait bien rattraper le temps perdu avec ceux qui sont partis. la culpabilité l'a fait pleuré quand sophie lui a répété ça, mais il n'en a dit mot à personne. et le voilà enfin, juste là, prêt à la rassurer. que les opérations seront longues, que ce sera dur, mais qu'elle y arrivera sa mère. que tout se passera bien. qu'il sera là. que rudy sera là. que le temps sera rattrapé, attrapé, et plus lâché.

son regard se perds dans le vague, un instant, il se donne un moment, juste pour prendre son courage à deux mains. garder à l’œil cet air fort qu'il se doit d'avoir. c'est son aîné après tout. c'est pour ça qu'il est là. et ses doigts se referment sur une sacoche, et il tente de respirer. comme si tout était normal. comme si son air n'était pas si affreusement pollué par cette odeur, ou par l'air londonien. n'importe quoi pourrait se passer, n'importe quoi même d'étrange, même d'ailleurs, de complètement à côté de cette vie qui est celle d'un hôpital qu'il ne le remarquerait même pas. c'est à peine s'il ne sursaute pas quand on lui adresse la parole. quelqu'un qui était pourtant dans son champ de vision depuis assez longtemps pour avoir été remarqué. il secoue la tête, l'air contrit, peut-être un peu perdu aussi. « my apologies i'm a bit... distraught. » puis c'est le visage qu'il reconnait, sans le replacer vraiment. l'allure générale n'a rien à voir avec ce à quoi il l'associe directement. c'est qu'il a toujours été bon avec les visages. avec les gens en général. il parlera toujours avec un accent net, très londonien, peut-être un peu trop posh, mais c'est celui qu'il a réussi à s'engrainer dans la tête. il parlera toujours un peu comme un livre, mais ça, il le fait aussi en allemand. la narration, malgré l'émotion, pas un mot plus haut que l'autre. « i'm visiting my-. » puis non, à moins que ce soit un quelconque doppelgänger, cet homme ressemble trop à un autre, au gamin de ce souvenir. gamin avec un peu trop de talent, peut-être. qui aurait changé de vie, en tous les cas. mais qui est-il pour juger ? les années passent et les gens changent. des choses arrivent qu'on ne peut vraiment contrôler. la pause dure bien quelques seconde, quelque doute, quelque pensée vagabonde. pas le moment, termine déjà ta phrase. « uh-mother. my mother, hanne hennings. she arrived yesterday. apologies, i didn't mean to stare or, anything along the lines of that. » il aurait pu rire, nerveusement, mais même ça ne sort pas. ne sort plus. sa gorge est nouée, et maintenant, oui, peut-être qu'il le dévisage un peu.  
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