it ain't pretty when a heart breaks

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MessageSujet: it ain't pretty when a heart breaks   Mer 22 Mar - 16:34

4:17. Une bonne heure pour s'asseoir au bord de son lit queen size et regarder fixement dans le vide. Enfin, ce n'est pas le vide que je regarde désespérément depuis cinq bonnes minutes. Je n'arrivais pas à dormir. Comme d'habitude depuis... un petit moment. J'ai donc tout naturellement décider d'abandonner la lutte et d'aller me faire un petit thé. Et puis, elle m'a pris par surprise. Il faut vraiment que je la mette ailleurs. Je m'y suis globalement habituée, je ne la vois presque plus. Bien entraîné au déni, mon cerveau réfute en bloc les signaux de mon nerf optique, quand il lui envoie l'image de ce petit écrin rouge sur la table de chevet. Mais il suffit que je baisse un peu la garde. Que je ne sois pas encore bien réveillée. Ou plutôt, pas assez abreuvée de théine et caféine pour me donner l'illusion que je suis un être humain fonctionnel. Et elle me prend de court, cette putain de boîte.

Il faut vraiment que je la range. Que je m'en débarrasse? Le protocole pour les bagues de fiançailles refusées, c'est de les jeter dramatiquement dans la Tamise, non? Ou c'est quand on divorce? Quoiqu'il en soit, ce diamant finement ciselé coûte beaucoup trop cher pour que je le jette dans les eaux sombres du fleuve. Si c'était mon argent encore, j'aurais pu le donner à la charité ou le revendre pour le tiers de sa valeur dans un pawn shop de Camden. Mais il ne m'appartient pas vraiment. Pas du tout même, je l'ai refusé. Les gens bien rendent les bagues qu'ils ont déclinées je suppose. C'est ce qu'exige l'étiquette. Idéalement, je la ferais même discrètement passer par un ami en commun, pour éviter d'embarrasser plus avant le prétendant éconduit. Non pas que j'ai vraiment étudié la question, mais j'ai de l'instinct quand il s'agit des bonnes manières. Etonnant, je sais. Mais on ne chasse pas si facilement une stricte éducation religieuse upper class. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais, il est des choses qui vous sont inculquées et auxquelles on n'échappe pas. La bienséance, mon cul ouais.

En tout cas, il faut que je commence par la ranger. Si je suis honnête avec moi-même, ce qui n'arrive généralement qu'après cinq ou six mojitos, je ne veux pas lui la rendre parce que je garde l'espoir qu'il viendra la chercher, qu'on parlera, que tout ira mieux. Bonjour, je m'appelle Rose et je suis une loseuse pathétique. C'est ridicule. Je le sais. Si une de mes amies se comportait de la sorte, je lui resservirais un verre de vin et moquerais allègrement son sentimentalisme de bas étage. Ce qui explique sans doute pourquoi j'ai peu d'amis. Ceux que j'ai font de leur mieux. Tristan glisse des petites blagues de temps en temps, me fait boire quand j'en ai besoin, ne pose pas trop de questions et fait globalement comme si tout allait bien. Il sait que ça ne sert à rien d'essayer de me faire cracher le morceau. Il attend sans doute le moment où je vais craquer, l'appeler pour qu'il m'emmène au Carling. Ou m'en tenir éloignée, je ne saurais prédire mon propre comportement quand il s'agit de ma relation avec Jason.

Ca a toujours été compliqué. Trop compliqué. Mais je croyais qu'on avait trouvé le rythme de croisière, qu'on s'était posés, qu'on était heureux même. En surface, c'était un truc digne d'un Draw My Life d'une Youtubeuse beauté. Grand appart à Kensington, une vraie intimité de couple après des années d'errance, jobs stables et de type très cool, une vie sexuelle plus torride que jamais. Faut croire que je n'ai pas enterré mes tendances au self sabotage avec mon adolescence tourmentée. Quelle idée aussi. Me demander en mariage. Moi. Rose Margaret Foster. Rose Foster-Baker. Rose Baker. Cette simple pensée me provoque des sueurs froides et une vague nausée. Non que je ne l'aime pas. Non que je n'ai pas imaginé, dans des moments d'égarement et d'euphorie alcoolisée, passer ma vie avec lui. Mais l'ancrer dans la réalité, le signer noir sur blanc, faire un contrat pré-nuptial (faut pas déconner, je suis quand même très riche) ça me file des terreurs nocturnes. Littéralement. Pathétique on a dit.

Mais là, ça fait trop longtemps que ce petit écrin de velours me hante. J'ai encore mes souvenirs à ressasser, en plus de questionner mon incapacité au bonheur et mon goût pour l'auto-destruction. Je n'ai pas besoin d'une manifestation physique de mon échec à mener une vie saine, plaisante. A réussir à garder l'homme que j'aime sous le même toit que moi. Techniquement, nous n'avons pas - encore? - rompu. Nous faisons un break, pour réfléchir. Ce qui ne veut rien dire en soi. Réfléchir à quoi? Ma phobie de l'engagement, son impulsivité, nos problèmes de communication? Rien de nouveau sous le ciel gris. Je secoue la tête, passe une main sur mon visage fatigué et expire bruyamment. Il est temps.

Je me lève, prends lentement la petite boîte maudite entre mes mains. Je mets leur léger tremblement sur le compte de l'heure matinale et de l'absence de café dans mon sang. J'ouvre un tiroir de la commode, où s'entasse des foulards, des bonnets et des ceintures que je ne touche quasiment jamais. J'y glisse l'écrin de la bague et le regarde une dernière fois, longuement. Je ne pense pas que cela suffise à purger mon esprit de cet idiot, qui est entré dans ma vie il y a tout de même une dizaine d'années. Nouveau soupir. Il n'y a qu'une chose qui pourra vraiment me changer un peu les idées - nuit de débauche mise à part - c'est mon bureau. La perspective de crier sur quelques subalternes et me plonger dans des fichiers Excel indigestes me remets un peu d'aplomb. Je me force à sourire à mon reflet terne. Reprends toi Foster, tu as du travail.

• • • • •

23:09. Coups de fils, réunions, cris sur mon assistante, e-mails urgents - ça existe, apparemment, dans cette industrie - budgets à revoir et un directeur de production renvoyé. Une journée productive, qui aura eu le mérite de m'occuper jusqu'à un dîner avec de potentiels investisseurs. Mais il faut bien rentrer chez soi. Affalée dans mon canapé, je n'ai même pas enlevé mon élégante robe noire de femme d'affaires au sommet de sa gloire. Il est fort possible que j'y renverse un peu de la bouteille de blanc que j'ai déjà bien entamé. La télévision rediffuse un programme sur la pression des A-levels et le binge drinking chez les adolescents, que je suis à peu près certaine d'avoir produit il y a quelques années. Une belle soirée en perspective, en somme.
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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Mer 22 Mar - 19:03

Jason était de mauvaise humeur, pour ne rien changer. Vraiment de mauvaise humeur et ça durait depuis plusieurs semaines déjà. La moindre contrariété prenait à présent des airs de montagne insurmontable et au Carling, l'ambiance derrière le bar s'en ressentait. Au point où ses employés commençaient à le fuir comme la peste. Il n'en avait aperçu qu'un ce soir et c'était uniquement parce qu'il avait quitté son bureau pour aller chercher un verre. Josh, barman de son état et nouveau venu dans l'équipe, s'était contenté de lui offrir un sourire timide tout en évitant son regard. Et, non, Jason n'avait pas besoin de Chandler pour lui ouvrir les yeux sur la situation. Il savait parfaitement bien qu'il passait pour Bosszilla ces derniers temps et ça ne lui posait guère de problème. Le Carling tournait très bien sans son enthousiasme et il n'avait de compte à rendre à personne. Sauf à Faure, peut-être, mais Tristan se faisait rare en ce moment. Jason ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Il était l'ami de Rose avant d'être un investisseur et tant qu'il n'y avait aucun problème avec les affaires, ils n'avaient pas spécialement de raison de se croiser. Encore moins aujourd'hui, évidemment.

Concrètement, sa présence au boulot, ce soir, n'était pas indispensable. Tout le monde était à son poste, les clients n'étaient pas particulièrement emmerdants et c'était une soirée tranquille. Il aurait très bien pu rentrer et le monde ne se serait pas écroulé. Seulement rentrer, aujourd'hui, signifiait retourner s'affaler sur le canapé, dans le petit appartement de Rachel. Probablement à côté de sa sœur d'ailleurs et Jason n'était pas ravi à l'idée de devoir l'écouter lui expliquer une fois de plus comment et pourquoi il avait déconné. Il s'était mis tout seul dans cette situation, il en avait pleinement conscience et il aurait bien aimé qu'on lui foute la paix mais c'était sous-estimer sa sœur que d'imaginer qu'elle le laisserait tranquille. Tant d'investissement dans sa vie amoureuse le dépassait. Elle n'avait probablement que son bonheur en tête ─ encore que le doute était permis face à son ardente défense de Rose et des raisons potentielles qui l'avaient amenée à lui dire non ─ mais Rachel était, well, Rachel. Trop bavarde, trop énergique, trop enthousiaste. Sauf quand il avait été question d'aller choisir la bague, curieusement. Il aurait dû se méfier, dès le moment où sa frangine avait insisté sur la nécessité d'être sûr de ce qu'il faisait. Il était sûr, oui, il l'avait été en tout cas jusqu'à Foster refuse. Et il n'était plus sûr de quoi que ce soit à présent, à passer ses nuits sur un canapé inconfortable et ses journées dans un bureau qu'il aurait volontiers fermé à clé et transformer en tanière morose, le temps de digérer l'affaire.

Il était vexé, surtout, et il en fallait beaucoup pour atteindre sa fierté. Après tout, Foster avait passé presque dix ans à lui filer entre les doigts et il n'avait fait que s'en amuser. Il avait pris la plupart de ses remarques à la rigolade, s'était amusé de l'entendre lui dire qu'il n'y avait rien de sérieux entre eux. Ou, du moins, c'était le souvenir qu'il en avait aujourd'hui, après s'être installée avec elle à Kensington. Tout semblait plus facile une fois qu'on avait réussi, right ? Enfin, réussi, c'était un bien grand mot. Il se retrouvait surtout comme un con, avec ses regrets et sa fierté en bandoulière. Chandler avait tâché de le raisonner, de lui expliquer que, d'après lui, faire une pause avec Rose était inutile, qu'ils n'avaient pas besoin d'être mariés pour être heureux ─ facile à dire, quand tout chez lui puait le bonheur conjugal, de son alliance jusqu'à l'heure à laquelle il quittait le Carling. Peut-être que ce break était stupide, oui, et peut-être que Rose lui manquait mais elle l'avait vexé. Blessé, même. Il n'avait pas eu d'autre solution que de fuir. Momentanément at least. Seulement sa fuite semblait s'allonger considérablement et son courage, s'amenuiser au fur et à mesure que le temps passait. Il avait prévu de rentrer, un jour ou l'autre. Ou en tout cas, d'y retourner pour au moins récupérer ses affaires. Et la bague, si elle ne s'en était pas encore débarrassée. Avec un peu de chance, la bijouterie accepterait de la reprendre. Jason en doutait un peu, d'autant plus que la facture avait disparu depuis un moment ─ depuis le jour où il était tombé dessus, par hasard, en rangeant certains papiers concernant le Carling, et avait décidé qu'il valait mieux en faire des confettis dans un mouvement d'humeur hautement mature.

Il avait prévu de rentrer, oui, dans un futur vague. Peut-être. Et ce soir n'était pas pire qu'un autre pour le faire manifestement. Peut-être que l'énième did you talk to her yet? message de Chandler sur le coup des vingt-deux heures avait fini par le décider. Peut-être que Rose lui manquait trop, finalement. Toujours est-il qu'il finit par atterrir devant la porte de l'appartement, non sans avoir prévenu la plus ancienne de ses serveuses qu'il ne reviendrait avant le lendemain et qu'il ne fallait le rappeler sous aucun prétexte.

Planté comme un imbécile devant la porte, Jason contemplait ses clés, se demandant s'il valait mieux entrer directement ou frapper. La deuxième solution était vaguement désagréable mais il ne parvenait pas à se décider. Jusqu'à preuve du contraire, il s'agissait toujours de son appartement aussi mais il n'y avait pas mis les pieds depuis un moment. Connaissant Foster, il y avait de grandes chances qu'elle ne soit pas encore rentrée, too busy wining and dining some rich as fuck investors and producers. Inutile de frapper donc. Et, damn it, c'était encore chez lui. Avec une profonde inspiration, il finit par insérer la clé dans la serrure et poussa la porte, le cœur battant la chamade. Il referma et, sans prendre la peine de se défaire de sa veste ─ après tout, il n'était pas là pour rester ─ il gagna le salon, prêt à récupérer son bien. Seulement il n'était pas seul, loin de là.

La télévision fonctionnait, lancée sur l'une ou l'autre de ces chaînes dont Jason ne raffolait guère mais consentait à subir chaque fois que Rose s'emparait de la télécommande d'un air autoritaire. « Oh, you're home » lâcha-t-il, interdit. Il s'était stupidement convaincu qu'elle ne serait pas là, probablement parce que c'était plus simple ainsi et parce qu'il ignorait totalement comment lui faire face. Clairement, son plan était loin d'être parfait. « I thought you'd be- well, nevermind, I just need to grab something. I'll be out of here in a minute » Awkward mais d'un autre côté, qu'était-il sensé dire ? Sorry to barge in? Dans son propre appartement ? Il ne comptait pas rester de toute manière, inutile donc de réfléchir trop longtemps sur ce qu'il fallait ou ne fallait pas dire. Et, bien sûr, tout ça sous-entendait qu'il n'ait pas à retourner tout l'appartement pour la trouver. Il l'avait abandonnée sur sa table de nuit et, Rose ayant refusé sa demande, il l'imaginait difficilement l'avoir seulement regardé, encore moins touché. Il jeta un coup d'oeil dans leur chambre et fronça les sourcils. L'écrin n'était plus là. Il était certain de l'y avoir laissé pourtant. « Jesus » soupira-t-il, agacé. Il n'avait vraiment, vraiment pas compté sur la présence de Rose. Ni sur la nécessité de lui parler pour récupérer cette foutue bague. « Where is it? Don't tell me you throw it. You know, the ring » lança-t-il par-dessus son épaule en grimaçant, incapable de seulement la regarder. Evidemment. Quoi d'autre ? Il n'était certainement pas revenu chercher l'horrible cravate offerte par sa mère à Noël dernier.

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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Mer 22 Mar - 20:10

Je regarde le liquide clair tourner dans mon joli verre à pieds. Je crois que c'est la mère de Jason qui nous a offert ce service quand on a emménagé. Je me demande si ça aussi, je vais devoir le rendre un jour. Je n'écoute que d'une oreille distraite la jeune Jessica expliquer pourquoi elle boit comme un trou tous les weekends et la pression des examens. Poor you Jess, A levels are soooo hard. Bitch, please. Je me souviens de ce reportage maintenant. Des gamins incapables de se concentrer plus de dix minutes, sans ambition, qui pleuraient parce que la vie académique c'est trop dur. Affligeant. Mais ça s'était bien vendu, bonne audiences, un two years later : the uni days, un paquet de pognon pour nous. Et on avait quand même trouvé la perle rare du "magazine de société" avec cette petite. Jolie, abîmée, niaise mais éloquente. Relatable girl next door. Du bon boulot, surtout qu'à l'époque on faisait presque tout nous même.

Je n'entends presque pas la porte d'entrée se déverrouiller. Il faut dire que ça fait un petit moment que je ne guette plus son retour du travail. Et le vin que je consomme depuis plusieurs heures - si on compte le dîner - a commencé à doucement endormir mes sens. Mais les bruits de pas sont distincts et j'entends finalement le son d'une voix que je ne peux confondre avec nul autre. Je me tourne lentement, histoire de me donner une contenance. Et m'assurer que je n'ai pas des hallucinations particulièrement vivaces. Mais je n'ai rien pris qui pourrait me procurer une telle vision. Bêtement, je réponds donc « Yeah, it is still my flat. » Mon ton a perdu de son mordant et j'ai beau essayé, je suis loin de ma superbe habituelle. Je joue à être Rose Foster, comme je le fais depuis un moment déjà. Regardez-moi, sarcastique, fière. Regardez comme je vais bien. Regardez comme je m'en fous.

Mais le voir marmonner et foncer directement vers notre - enfin, la - chambre me provoque un pincement au coeur qu'il est difficile d'ignorer. Il m'a à peine regarder. Comme s'il m'effaçait déjà de sa vie. Fucking pathetic Foster, get it together. Je serre les dents, hésitant sur la conduite à adopter. Je pourrais m'énerver. Pourquoi tu n'as pas appelé avant de venir, si tu voulais que ne je sois pas là, tu aurais pu venir plus tôt, il y a des gens qui travaillent toute la journée pour atteindre leurs objectifs? Ce serait injuste et méchant. Je pourrais jouer la carte de la diplomatie et de la maturité. Il faut qu'on parle Jason, on va trouver une solution, mais il faut discuter d'abord. Peu crédible venant de la fille qui a refusé un superbe solitaire. Je pourrais être honnête aussi. Lui dire qu'il me manque, que je l'aime, que je veux qu'il revienne. Ouais. Cela impliquerait de ravaler ma fierté. Et ça, c'est toujours mal passé. Je commence par me lever et m'approche doucement, assez pour l'entendre m'accuser vertement d'avoir jeté la bague. Lovely.

« I wouldn't do that. I may be a cold hearted rich bitch but I'm well behaved enough not to throw away diamond rings. » Ma voix s'est légèrement durcie. Apparemment, j'ai choisi mon angle d'attaque. Ou de défense, je ne suis pas certaine. « I just put it away. » Je me garde bien de lui expliquer quand ou pourquoi. « Do you mind? » dis-je en me frayant en chemin dans l'embrasure de la porte, qu'il bloque avec ses larges épaules et son dos musclé. Je marche vers la commode, comme un automate. J'ouvre le tiroir et mon regard s'attarde un moment sur le petit écrin rouge. C'est fou quand même. Un si bel objet qui provoque une telle réaction en chaîne. Ou quand on y réfléchit, la pression sociale et l'institution archaïque du mariage qui entraîne disputes et ruptures partout dans le monde. Je ne sais pas si des arguments socio-politico-économique feront écho chez Jason. Il a l'air d'être dans ce genre d'état où il n'écoute rien et ne démord pas de l'idée fixe qu'il a en tête. Mauvaise idée, d'être en couple avec quelqu'un d'aussi têtu que soi.

Je déglutis, un peu plus bruyamment que je l'aurais voulu, et me retourne enfin vers lui. Il a l'air fatigué. Il a dû trouver refuge chez Rachel, je ne pense pas qu'il a eu le courage d'affronter la bienveillance de Carl et le regard sévère de sa mère. Même si, connaissant sa soeur, je doute qu'elle lui rende la vie facile. Et son canapé n'est pas des plus confortables. Un mince sourire me vient à cette pensée. Mais il s'envole rapidement. Un petit pas en avant. Je lui tends la boîte. « Here. » Awkward silence. « I haven't touched anything else. You know, if you need it. » Il reste des chemises dans la penderie, ses infâmes céréales américaines sont toujours dans les bocaux de la cuisine, l'after-shave que je lui ai offert est posé sur l'étagère de la salle de bains. S'il récupère tout ça, je suppose que je peux définitivement faire une croix sur notre relation. J'inspire et expire lentement. Puis, sans que je ne les contrôle, les mots s'échappent de ma bouche. « How are you Jason? »


Dernière édition par Rose M. Foster le Ven 24 Mar - 16:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Ven 24 Mar - 15:45

Ce serait mentir que de prétendre que l'apercevoir étalée là, sur leur canapé, ne lui faisait aucun effet. C'était un spectacle auquel il avait souvent eu droit, avant qu'il ne fasse l'immense connerie de lui demander sa main, lorsqu'il rentrait tard du Carling et qu'elle s'était endormie devant la rediffusion d'un programme qu'elle avait produit. Il trouvait ça mignon, avant, et un rien égocentrique mais il s'agissait de Rose et ça l'attendrissait plus qu'autre chose. Cette fois, il avait pris soin de ne pas trop la regarder, surpris à la seule vue de sa silhouette. C'était plus simple, moins douloureux de ne pas s'arrêter pour l'observer trop, de foncer tête baissée vers ce qu'il pensait être une tâche facile. Récupérer la bague et se tirer, très vite. Sans complication. Mais évidemment rien n'était simple entre eux, pas même récupérer un stupide écrin.

Jason avait la gorge nouée et il frémit en l'entendant, pas si cassante qu'il ne l'avait imaginé ─ pour le peu qu'il avait imaginé de leurs potentielles retrouvailles. Il avait pensé trouver une Foster combative, prête à lui avouer tous ses torts et regrets en un claquement de doigts. Il la connaissait suffisamment bien pour savoir qu'elle en était capable. Il se connaissait suffisamment bien pour savoir qu'il n'était pas un adversaire de taille. Mais le ton n'était pas très vindicatif et elle aurait tout aussi bien pu lui faire remarquer qu'ils étaient à court de lait dans le même souffle. La sensation était étrange et il n'était pas spécialement rassuré par cette version de Rose. Mais il n'était pas là pour ça. Pas là pour s'inquiéter pour elle, pas là pour faire attention à elle. Juste récupérer son bien et déguerpir, malgré toute l'envie qu'il avait de faire demi-tour et s'assurer qu'elle allait bien, que sa mollesse n'était due à rien d'autre que le verre ─ les verres ? ─ qu'elle avait descendu devant some trashy show.

La bague n'était pas là et bientôt, la nonchalance de Foster disparut aussi. Jason parvint à grand peine à retenir le bref sourire que son sursaut de vivacité lui inspirait. There she was, la Rose qu'il connaissait, froide et, certes pas très grande mais ô combien impressionnante. Il ne la contredit pas, se contentant de hocher la tête, bien trop conscient qu'elle portait ce titre-là avec fierté, et il s'effaça pour la laisser passer. Elle ne s'en était pas débarrassée donc. Elle aurait pu. Jeter la bague comme elle avait jeté ses projets à lui de les voir s'installer, for real, durablement. La bague était toujours là, quelque part dans leur chambre, loin des regards ─ loin de son regard, surtout ─ et Jason ne savait pas quoi faire de cette information. Regrettait-elle d'avoir dit non ? Il en doutait sincèrement. Toutefois il savait combien elle était fière. La vue de la boîte et de l'échec qu'elle représentait l'avait certainement agacée. Peut-être.

Sans un mot, il la regarda ouvrir l'un des tiroirs de leur commode puis, après un instant qui lui sembla bien trop long, se tourner vers lui, une main tendue dans sa direction, la boîte entre les doigts. Il esquissa un bref sourire, sans joie. Dire qu'il avait baladé cette stupide bague pendant des semaines, le temps d'organiser ce qu'il pensait être la soirée parfaite. Quel désastre. « Thanks, I guess » marmonna-t-il, reprenant la bague qu'il enfouit immédiatement dans l'une des poches arrières de son jean. Il releva la tête, croisant son regard, et fronça les sourcils, surpris par l'information qu'elle offrait. Qu'était-il sensé comprendre, qu'il était temps de récupérer ses affaires ? D'arracher ce qui restait de ses fringues de la penderie pour effacer toute trace de son passage ? Elle était difficile à suivre et ça ne datait pas d'aujourd'hui mais Jason estimait mériter un peu plus que de pseudo-allusions sous couvert d'un ton badin. Il s'apprêtait à le lui faire savoir lorsqu'elle rouvrit la bouche, le déstabilisant une fois de plus. C'était son truc, right ? C'était ce qui lui avait plu chez elle, qu'elle ait toujours le dernier mot ─ à juste titre, souvent ─ qu'elle réussisse à le surprendre, encore et encore. Certes, lorsqu'il l'avait rencontrée, Rose avait représenté un vrai challenge, parce qu'elle était différente. Et c'était probablement pour ça qu'il s'était accroché, qu'il en était tombé amoureux. Parce qu'elle était différente. Il aurait dû savoir qu'elle refuserait, aurait dû prévoir cette catastrophe mais non, ça ne lui avait même pas effleuré l'esprit. S'il se retrouvait dans cette situation aujourd'hui, à l'entendre prendre de ses nouvelles au beau milieu de leur chambre à coucher comme s'ils étaient de vagues connaissances qui se croisaient de temps à autre, c'était en grande partie sa faute. Parce qu'il était idiot et amoureux, et qu'il avait oublié qu'elle était différente. Ça ne voulait pas pour autant dire qu'il était capable d'encaisser sans broncher. « Don't » soupira-t-il. A quoi bon jouer à ça ? Il n'était plus exactement un gamin et il n'avait pas le temps, ni l'envie d'ailleurs, de se voiler la face. Autant en finir, right here, right now. « Please, just... just don't, ok? reprit-il, crispé. You don't have to pretend or play nice or whatever. You want my stuff gone? Just say so, I'll take it and get out of here » Get out of your life, surtout. « But please, can you at least be straight with me? You owe me that much, don't you think? » Toute cette situation lui laissait un arrière-goût d'amertume et Jason n'avait jamais très bien su comment gérer ce genre de d'émotions. Ou, en tout cas, comment les réprimer. « You didn't beat around the bush before, let's not start now, ok? » Après tout, qui avait dit que Rose Foster avait le monopole de l'irritation ?

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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Sam 25 Mar - 13:13

« I owe you? » Une voix sourde, basse et tremblante que je ne reconnais pas s'élève du fond de mes tripes. J'ai déjà été en colère. Contre Jason, souvent même. Mais ça fait longtemps. L'espace d'un instant, je me demande quelle est la dernière vraie dispute que l'on a eu. Avant cette spectaculaire débandade. Rien ne me vient. Des chamailleries sur le travail, nos horaires un peu fou, qui a oublié de racheter du lait ou d'abaisser la lunette des toilettes. Toujours lui, évidemment. La frustration de ne pas se voir assez, vite réparée par quelques moments d'intimité. Mais depuis quand n'a-t-on pas eu un vrai problème, avec des racines profondes, quelque chose de bien pourri dans le royaume? Je n'en sais rien, à vrai dire. Notre relation a toujours été mouvementée aussi, les dates et natures exactes de chaque haut et chaque bas se mélangent parfois. Je me souviens, parfois un peu trop bien en ce moment, de nos éclats, nos ébats, nos cris. Mais en donner la chronologie exacte, c'est une autre histoire. Je n'ai jamais compris ces gens, qui sont du genre "on s'est rencontrés le 7 mars 2012 à 21h13 et on a emménagé en septembre 2015." Good for you Brenda, now shut the fuck up. Une chose est certaine, même si j'oublie la date de cet échange, je me souviendrais très bien de comment on en est arrivés là. Who still gets engaged in 2017?

Je continue, d'un ton plus brisé que sec, essayant de faire en sorte que la colère prenne le dessus sur le chagrin. « I don't owe you shit. You're the one who ambused me with that fucking ring, like you don't even know me. It's been what Jason? Ten years? And it didn't cross your mind that I'd lose my shit? That this is the kind of thing people in the 21st century discuss, before investing God knows how much of their savings in a diamond? I may be super British, but I don't live in a Jane Austen novel, my life has never revolved arround matrimony. » Je reprends à peine mon souffle, habitée par la rancoeur que j'accumule depuis des jours. Je fais quelques pas de plus dans sa direction, ne lâchant pas son regard. « And let's get one thing straight, since we're all about the honesty tonight. I never asked you to leave. Your ego was hurt and you left me to go sulk on your little sister's couch. You can't blame me for that. You can blame me for being a bitch with trust issues and not sharing your white picket fence family fantasy. You can blame me for being chicken and putting you in debt. But you can't blame me for this. » Je désigne d'un geste l'espace vide entre nous, dont la symbolique semble particulièrement douloureuse en cet instant.

En vérité, je ne veux pas avoir cette dispute. Idéalement, je voudrais remonter dans le temps, trouver la bague par accident, discuter calmement de la situation avec lui et qu'on en arrive à un accord. A défaut, j'aimerais pouvoir m'allonger, qu'il me prenne dans ses bras et que je dorme enfin correctement. C'est stupide. On a des choses à régler. On est des adultes. Paraît-il. Je suis épuisée. Je m'assois au bord du lit et mes yeux se perdent une seconde sur la table de basse, où on ne trouve maintenant que quelques livres et une tasse vide. Je détourne le regard, qui évite Jason et se décide à contempler la moquette soyeuse. Je chuchote enfin. « You left. » J'inspire péniblement, la poitrine serrée. « So now what? »
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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Ven 14 Avr - 12:06

Ah, elle était en colère. Ou plutôt il l'avait mise en colère. Et, d'une certaine manière, Jason en était ravi. Enfin, ravi, le mot était peut-être un peu fort mais ce n'était que justice qu'elle soit un peu dans le même état que lui. Parce qu'il était en colère, oui. Contre elle, certes injustement, mais surtout contre lui-même. Il savait que l'idée était bête, avec le recul, et il était conscient qu'il aurait dû le savoir sur le moment, lorsqu'avait germé dans sa tête l'hypothèse de demander sa main à Foster. Demander sa main à Foster, même cette phrase sonnait bizarrement. Peut-être bien que son horloge biologique s'était détraquée, comme l'avait fort bien supposé Rachel, tout en ricanements et en sourires moqueurs. Mais c'était fait, il avait demandé, elle avait dit non et ils étaient furieux, l'un comme l'autre. Clairement pas pour les mêmes raisons mais ce n'était qu'un détail au milieu de ce sombre bordel qu'était devenue leur vie non-conjugale. « Ambushed you? Ambushed you? Can you stop being so dramatic for a sec? Jesus Christ, ambushed you. Yeah, all I did was trying to tell you I wanna spend my life with you but ok, yes, let's say I ambushed you with that goddamn ring » feignit-il de concéder en levant les yeux au ciel. Mais évidemment, elle n'en avait pas fini avec lui ─ et l'espace d'une seconde, il espéra qu'elle n'en ait jamais fini avec lui ─ et elle avança dans sa direction. Instinctivement, Jason recula, peu enthousiaste à l'idée d'être à portée de coups, au cas où l'envie de balancer ce stupide vase qui traînait là la prenne. Elle n'avait pas versé dans ce genre de démonstrations mais on était jamais trop prudent. Jason connaissait l'ouragan Foster, y avait déjà été confronté et ne souhaitait pas vraiment recroiser son chemin. Too bad he kept fucking up.

Et elle avait raison ─ bien sûr qu'elle avait raison ─ mais la dernière chose qu'il souhaitait, c'était le reconnaître. Il avait fait une connerie, une grande, monstrueuse connerie mais il n'était pas franchement préparé à en accepter les conséquences, loin de là. Et encore moins à l'écouter lui crier dessus et lui balancer ses quatre vérités. « I'm not blaming you for the money, goddamnit. They'll probably take it back and get me a refund.  And even if they don't, it doesn't matter because I don't care about that, despite what you obviously think » L'argent n'était pas exactement un sujet sensible entre eux, juste avec Jason. Les premiers mois, après leur installation dans ce stupide appartement, il n'avait pas très bien vécu qu'elle règle la large partie de leurs dépenses. Passer pour le gigolo entretenu ne lui avait guère fait plaisir et c'était aussi pour ça qu'il avait sauté sur l'occasion, lorsque Faure s'était pointé, l'idée du Carling sous le bras et son chèque sous l'autre. L'argent n'était donc pas un sujet sensible, pas vraiment. Et allait-il vraiment la revendre, cette bague ? En était-il seulement capable ? Une part de lui s'était attendue à ce qu'elle la garde, pour Dieu seul savait quelle raison. Et elle n'en voulait pas, c'était évident, elle le lui avait déjà dit lorsqu'il avait fait la connerie de mettre un genou à terre, elle venait de le lui faire comprendre à nouveau. Il n'avait pas franchement de raison de la garder, si ce n'était par pur masochisme.

Rose finit par prendre place sur leur lit et Jason se détourna avec un soupir. C'était bien ce qu'on leur avait prédit, right ? Que ça ne fonctionnerait pas. Qu'ils étaient bien trop différents pour que ça fonctionne. Mais ils avaient persisté. Foster, parce qu'elle était têtue comme une mule. Jason, parce qu'il était certainement un peu trop idiot pour son propre bien. Un peu trop amoureux aussi. Et ça n'avait pas empêché la catastrophe. Il l'entendit murmurer derrière lui, reçut le reproche en pleine figure. Il soupira à nouveau, se retournant vers elle. « You didn't exactly ask me to stay, you know. So I guess that's your call. And before you talk about it, no, I won't ask you again, I get it » Well, ce n'était pas tout à fait la vérité mais il était décidé à essayer de comprendre. « Or trying to, whatever. The thing is, I'm pissed and yes, that's why I left. And you know what pissed me off even more? You, not trying to make me stay.  And please, just, just let me finish ok? You can yell at me and tell me how wrong I am later » Il esquissa un vague sourire puis détourna les yeux, mal à l'aise. « The point is, I love you. I've been in love with you for years, in case you forgot that and I'm not gonna stop because you said no. I proposed, you said no, ok. I'm not saying I'm fine with it because let's face it, I'm not. But there's something you need to understand or least, know. I'm gonna be thirty five soon. By thirty, my mom was married and already had four kids. And ok, people might not want or live that now but that's what I wanted, most of my life. Then I met you and to be honest, you didn't really fit in that plan for a while. I mean, look at us » Il s'arrêta un instant pour la regarder. C'était peut-être ça, au fond, la maturité. « The point is, I wanted this, with you.  And if, well, you obviously don't wanna get married, ok, I can work with that, I guess » Because I love you mais le reste resta dans un coin de sa tête, implicite mais trop difficile à répéter. « But you need to know that I'm still gonna want the rest. The life together, the bickering, the fucked up hours, the kids, the growing old together. Not the perfect picture you think I have in my head, but something real, something that could work, maybe, because somehow I've included you, in that future I've always wanted. I don't know when, I don't know how but you fit in there. I guess that's what I was trying to tell you, with that stupid ring. You don't want the ring, ok. But the real question is, do you still want me? » Sa gorge s'était serrée soudain et il eut du mal à relever les yeux pour le regarder. Ah, il était loin, son plan simple et rapide de get in, get the ring, get out. Définitivement oublié dans un coin de sa tête, écrasé par Rose.

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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Lun 24 Avr - 15:49

Il ne comprend décidément rien ce garçon. C'est franchement un miracle qu'on en soit arrivé là, vu l'épaisse couche de bêtise qui entoure la partie fonctionnelle de son cerveau. Je suis dramatique. Sous les airs froids et coincés, sous la carapace de garce, je suis une putain de drama queen. La façade bien lisse et imperturbable existe pour une bonne raison. Parce que je me connais, depuis le temps. Je sais que même si mon éducation psychorigide et mon tempérament font que j'exprime rarement mes émotions, c'est aussi cela qui les transforme en violents élans quand je les relâche. Mon adolescence a été teintée d'auto-destruction, je ne sais pas comment gérer sainement le chagrin, la colère. L'accident de Calixte me l'a appris, Jason me l'a appris. J'ai beau tout faire pour ne pas m'abandonner à la complaisance des disputes enflammées et les réconciliations torrides, comme certains de mes amis, I'm a sucker for the drama, as it turns out. J'aimerais être de ces gens qui savent communiquer, qui parlent de leurs problèmes avant qu'ils n'aient le temps de les empoisonner, qui expriment leurs craintes et leurs besoins de manière claire et posée. Mener une vie émotionnellement stable, manger sain, boire moins de vin et, soyons fous, parler à ma famille sans avoir la sensation de marcher sur des legos. Mais clairement, ce n'est pas moi. Ce n'est pas nous. Et cela m'agace que Jason ne le comprenne toujours pas, après tout ce temps. Je lui ai jeté un McFlurry à la figure (ou du moins, j'ai essayé), mes meilleurs amis nous ont enfermé dans mon appartement pour qu'on se parle et j'ai passé plusieurs années à nier en bloc mes sentiments pour lui. Et il s'étonne que je me sente piégée par une demande en mariage inattendue.

Et, dans un parfait exemple de mon gros handicap émotionnel, je ne lui dis rien de tout ça. Je ronchonne, je boude, veux qu'il trouve quoi faire sans lui donner aucun renseignement. Je roule vaguement des yeux quand il me dit que ce n'est pas à propos de l'argent. It's always about money, even just a little bit. Il se fiche peut-être d'avoir dépensé une fortune, mais il m'en a toujours un peu voulu d'être ridiculement plus riche que lui. Que la majorité des gens, en vérité. C'est injuste et blesse sa masculinité or whatever. Et je suis d'accord avec lui sur un point, ce n'est pas le coeur du problème. Mais qu'il ne prétende pas être indifférent. Ce solitaire coûte, au bas mot, £3000. Même moi, je ne me fiche pas complètement de £3000. Même si cela représente beaucoup moins que les accusations qui suivent. Je m'apprête à protester, mais il ne m'en laisse pas le temps, me proposant avec un sourire de lui crier dessus quand il aura fini.

Je revois un bref instant la relation que l'on avait, le Jason que j'aime et mon coeur se serre un peu plus. Ce mince sourire me donne un peu d'espoir et je me sens bête. Il t'as souri, big deal. You're still in deep shit girl. Et il continue de parler et mon espoir comme ma peur sont décuplés. J'écoute, essaie d'enregistrer tout ce qu'il me dit. Ce n'est, en soi, rien de nouveau. Il vient d'une famille soudée, aimante. His mum is a freaking poster girl for single parents doing things right. Il est naturel qu'il veuille reproduire ce schéma, offrir sa joie de vivre et ses bras costauds à une ribambelle de mini-lui, qui deviendront des adultes responsables, des gens bien, je n'en doute pas. Mais moi. Je ne saurais que perpétuer un cercle vicieux de manque d'affection et d'attentes irréalistes. C'est idiot à dire, mais je refuse de mettre au monde des petites créatures et les destiner à la médiocrité. Et la responsabilité de l'éducation d'un enfant est relativement terrifiante. Gérer un business, participer à la révolution culturelle, télévisuelle et sociale du pays, d'accord. Apprendre à un morveux à se torcher les fesses et espérer qu'il ne devienne pas un membre de UKIP ou un fan de The Streets, je suis moins emballée.

Mais le reste... Le reste est tentant. C'est encore une fois le genre de vie à laquelle je me suis refusée d'aspirer. Parce que c'est ennuyeux et stable et conventionnel. Mais surtout, parce que c'est difficile et terrifiant. C'est un travail de longue haleine, qui requiert du dévouement, énormément d'amour et une confiance infinie. Des choses que j'ai toujours eu du mal à donner. Et à recevoir. Something real. It sounds nice. La façon dont il le présente, ça me semble très enviable et presque possible. Puis vient la question qui tue. Je lève les yeux vers lui, inspire et parvient à répondre d'une voix un peu cassée. « Of course I do. I love you, I want to be with you, for as long as possible. I want you to be happy that you chose to be with me. I want us to be happy, because we're together, not in spite of it. » Je souris brièvement, repensant à tous les gens qui nous ont dit que ça ne pourrait jamais marcher, qu'on était incompatibles, que c'était irrationnel et utopique d'essayer. J'espère continuer à leur donner tort. « But I can't carry the weight of your expectations. I feel like I can't be the girl you want me to be, I can't give you what you need and you may think I don't care but I do. It kills me to think you could be better off with someone else, who could do this whole thing properly. Marry you, have a bunch of brats with you, live in the country. But that's not me. It will never be me. I'm not saying I'll never have kids with you. » Ma propre phrase me choque une seconde. Je croyais que c'était exactement ce que j'étais en tain de dire. Mais je me rends compte que si je n'avais pas aussi peur, je ne serais pas contre avoir des enfants avec Jason. Ce serait amusant de voir à quoi ils ressembleraient. « But it's never been what I wanted. And your biological clock might be ticking but I need time. Because I don't think I'd be a good mother. I don't know what that looks like. So I need time to process the idea that we could make it. Raise children right. Because we keep fucking up Jason. And it hurts and it sucks but it only affects you and me. But if we had kids and fought like this, imagine what they'd go through. I don't want to put anyone in the position Thomas has been in all his life. I don't want our children to end up rebelling against us and destroy everything like Calixte. I don't want them to be like me. »

J'inspire, ravale les quelques larmes qui commençaient à monter. Ce n'est pas le moment. J'ai rarement été aussi honnête, de toute ma vie. Mais je n'ai rien à perdre et les vannes sont ouvertes. « But I'm in. Let's try this. Being a normal couple. There's gonna be terms and conditions. I can't marry you, not now, maybe not ever. I'm not ready for kids yet. I love my job and there's no way I'm giving it up. I will probably never move out of London. If you can work with that, then we have a shot. Otherwise, you should leave now. » Moment of truth. Pour la forme, j'ajoute une dernière précision, puisqu'il m'a tendu une perche. « And for the record, I didn't ask you to stay because I felt I shouldn't have to. You decide to go and I wasn't going to beg you. You made a choice and it's your responsability, not mine. » Je me lève enfin, m'approche doucement. Une brève hésitation et je viens me blottir contre lui, juste un instant. Juste au cas où. « I'll always love you Jason. But that's not the issue. We have another choice and this time, we're making it together. » For better or fucking worse.
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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Mer 24 Mai - 0:30

Il aurait pu abandonner. Se dire que ça ne valait pas le coup après tout et Rachel le lui avait d'ailleurs fait remarquer, tentant probablement la psychologie inversée comme dernier recours après l'avoir vu broyer du noir si longtemps sur son sofa. Il aurait pu, oui, mais après dix ans et tout ce qu'ils avaient traversé, il ne pouvait pas. L'admettre lui coûtait énormément mais le mariage n'était pas si important, pas aussi important que l'était Rose Foster. Il était prêt à le reconnaître, en grande partie parce que cette séparation stupide avait été particulièrement difficile. Bien sûr, devoir squatter le sofa de sa petite sœur n'avait rien de reluisant, pas après la vie ici, dans cet appartement. Son quotidien avait subi de sérieuses modifications mais ce n'avait pas été le plus difficile à supporter. Non, c'était les petites choses, les réflexes que seule une vie de couple plutôt stable amenait, comme composer machinalement son numéro en apprenant une nouvelle, même insignifiante, ou se demander si elle ne voulait pas inviter Faure à dîner un jour prochain après avoir cru le reconnaître dans la rue. C'était remplir son panier d'un tas de produits infects lorsqu'il faisait deux courses pour Rachel et songer qu'elle n'apprécierait certainement pas le dernier barman engagé, un brin trop bavard avant de se rappeler qu'il ignorait quand il lui adresserait la parole de nouveau. A daily reminder of how he fucked up. C'était peut-être ça, au final, inconsciemment, qu'il s'était pointé chez eux à pareille heure. Parce qu'elle lui manquait trop, parce qu'il s'imaginait mal, vraiment très mal, sans elle. Parce que tous ces petits détails étaient affreusement désagréables et que ça signifiait quelque chose. Qu'il l'aimait toujours ─ obviously ─ et que tout n'était pas perdu parce qu'elle avait refusé de l'épouser.

Et était-ce si important, dans le fond, le mariage ? Pas pour Rose, de toute évidence, et puisque c'était ce qu'elle voulait ─ ou ne voulait pas, whatever ─ il était prêt à essayer de faire avec, emphasis on trying. Il avait grandi avec cette idée d'un couple uni, devant Dieu comme devant la loi, plus tard entouré par une petite tribu. Il n'en avait pas toujours rêvé, loin de là, mais le concept était resté dans un coin de sa tête, de son adolescence à aujourd'hui. Rose Foster ne rentrait certainement pas dans ce moule-là mais rien n'était gravé dans le marbre après tout. L'admettre à haute voix n'était pas aussi difficile qu'il l'avait imaginé. Parce que oui, il y avait pensé ou, plutôt, il avait pensé être incapable de faire le moindre compromis, bien trop vexé pour faire preuve de maturité. Toutefois, tout fier qu'il était, il était surtout profondément misérable sans Rose et il était temps de mettre son ego de côté.

Il s'était attendu à ce qu'elle l'interrompe, le renvoie à ses pénates ─ ou plutôt au fond du canapé de sa frangine ─ mais elle l'avait écouté. C'était presque effrayant, ce silence, et il se surprit à relâcher un soupir qu'il ignorait contenir lorsqu'elle ouvrit finalement la bouche, la voix un peu rauque. Le soulagement le submergea sans prévenir et il hocha la tête avec un bref frisson. Qui eut cru qu'ils parcouraient un tel chemin, right ? Dix, voire même cinq ans plus tôt, ils en seraient sans doute restés là, après quelques assiettes brisées et quelques éclats de voix ─ and some epic breakup sex. D'un autre côté, en la rencontrant, Jason ne s'attendait pas vraiment à lui demander sa main. And yet, here they were.

C'était une belle déclaration, oui, le genre à rassurer mais il n'était pas sûr d'aimer la tournure que prenait les choses au fur et à mesure que Rose parlait. Jason fronça les sourcils, tâchant de réprimer les réflexions qui lui venaient aux lèvres. Elle l'avait laissé s'expliquer, la moindre des choses, c'était bien de lui rendre la pareille. Et s'il avait toujours su qu'ils venaient de familles bien différentes, il n'avait jamais soupçonné qu'elle se sente si peu confiante à l'idée d'en fonder une à son tour. Rose, dans sa tête ─ et dans sa vie aussi, d'ailleurs ─ était un genre de tank en talons aiguilles, capable de déplacer de faire ployer n'importe qui et de déplacer des montagnes sans avoir l'air de faire le moindre effort. Avec les années, il avait découvert sa sensibilité, bien sûr, mais l'entendre se livrer avec si peu de confiance et d'optimisme ─ rien d'anormal avec un passé et des parents comme les siens, après tout ─ lui fendit le cœur. Il se retint d'esquisser un mouvement vers elle, conscient qu'elle n'avait pas terminé et qu'un geste de tendresse ne résoudrait rien. C'était pour le moins compliqué, de l'entendre se confier ainsi et d'écouter, simplement, sans chercher à la réconforter ou à lui assurer que tout irait bien. C'était un peu prétentieux, d'ailleurs. Qu'en savait-il ? Tout pouvait foirer, dans deux jours ou dans six mois, et il avait la désagréable impression qu'elle allait finir par le lui dire.

Mais non, loin de là, et l'espace d'un instant, Jason songea avoir mal entendu. Pour un peu, il lui demanderait presque de répéter, quitte à l'entendre une nouvelle fois asséner qu'elle ne l'épouserait pas et qu'il était parti de son propre chef. Un rien abasourdi, sans doute avec une mine de parfait imbécile, il la regarda s'approcher, incapable d'avoir de lui rendre son étreinte avant de réaliser. Après des semaines de solitude, des jours sans s'adresser la parole, elle était là, toute proche et il ne faisait strictement rien. How fucking dumb. Un peu trop brusquement, il la serra contre lui, fermant les yeux contre ses cheveux. « I love you » murmura-t-il, comme une évidence. Oh, ça ne résolvait absolument rien et ils n'avaient pas fini de discuter ─ certainement de se disputer aussi ─ mais il était soulagé de pouvoir le dire de nouveau, sans problème, sans gêne. Sans craindre qu'elle ne le rejette. « Wait, when did I say that I wanted to move away from London? lâcha-t-il, comme si le détail venait seulement de s'imprimer dans sa tête. You do remember I'm from New York, right? Living in the country would probably be my personal hell on earth » Alléger l'atmosphère n'était pas nécessaire, pas quand il avait encore tant à dire mais il lui semblait important de se laisser aller, même brièvement. « I'm not leaving » reprit-il, sérieux cette fois. D'une main, il dégagea une mèche de cheveux de ses yeux brillants. C'était étrange, de la voir si affectée, étrange et un rien satisfaisant dans le fond. « I heard what you say, about marriage and I won't try to change your mind on this, promise. As for the rest... » Il s'interrompit, ignorant comment la rassurer sans passer pour un connard inattentif. Il comprenait ses doutes quant à la maternité, vraiment et même s'il espérait les dissiper avec le temps, il savait pertinemment que ça n'arriverait pas en un claquement de doigts ni en trois phrases tendres. « We're gonna work on that, ok? I know it's not gonna change overnight but we'll work on that, on us. I'm not asking you to change and I doubt I'll change either, we just have to, well. Work on how we handle stuff and talk a bit more, I guess » Eloquent as ever. Clairement, il aurait dû parler de cette stupide idée de mariage avant de mettre au point un plan aussi bancal que fantasque. « I guess those are my conditions. It's not gonna be a walk in the park but if there's one thing I learned from these shitty weeks, it's that I don't know how to function without you anymore. And, ok, a ring has nothing to do with that. That and also my whole family is on your side, which is really annoying » Il lui sourit, bien plus détendu qu'il ne l'avait été en bien des jours. Ce n'était pas parfait, c'en était même très loin mais s'ils parvenaient à passer outre le fiasco de cette demande en mariage, ils étaient en bonne voie, right ?

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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Jeu 25 Mai - 16:10

Maybe we can survive this. Pour la première fois depuis qu'il a eu la mauvaise idée de dégainer cette foutue bague au milieu d'un restaurant chic, je me dis que tout n'est peut-être pas perdu. Il est revenu. Il m'a écoutée. Et je lui ai parlé, surtout. Vraiment parlé, pas juste dit ce qu'il fallait pour le rassurer et passer à autre chose. Je lui ai confié certaines de mes craintes les plus profondes, que je n'étais même pas consciente d'avoir. Oh, je n'ai jamais prétendu être un exemple ou complètement nié les marques profondes laissées par mon éducation rigide. Mais je n'avais jamais eu à me questionner de la sorte sur mes motivations et mes peurs. J'ai l'assurance naturelle des gens nés avec une cuillère en argent dans la bouche, l'aura de pouvoir que prodigue des années à grandir dans l'argent, au coeur d'une des villes universitaires les plus prestigieuses du monde. Je suis au dessus de tout et mon tempérament arrogant renforce cette illusion. Puis, ce n'est pas comme si j'étais très encline à l'introspection. Je n'ai pas de temps à perdre, des milliers de livres sterling à gagner et un petit monde à faire tourner. Je résous mes problèmes dans les mojitos et le travail, parfois une discussion à mots couverts avec Tristan ou un coup de fil nocturne à Lemon, quand vraiment ça ne va pas. Pas en parlant directement à la personne concernée de mes sentiments les plus enfouis, pas en cherchant une solution, un terrain d'entente par le biais de la communication. Quelle idée saugrenue.

Toutefois, cette méthode douloureuse et inconfortable est plus efficace que nos disputes habituelles, qui se soldent généralement par des objets cassés et une réconciliation torride sur l'oreiller. Il faudra que je m'en souvienne, pour la prochaine fois. Je ne me fais pas d'illusions. Même si me livrer m'a fait un bien étonnant et que la réponse de Jason est encourageante, je sais que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Ce sujet reviendra sur le tapis, causera de nouvelles discussions compliquées, des échanges lourds. Peut-être que nos différends au sujet des enfants, mes craintes et son enthousiasme, nous mèneront à notre perte. Le divorce de Tristan et Andrea plane comme un mauvais présage dans un coin de ma tête. Si mon meilleur ami n'a pas réussi à surmonter son passé, ses appréhensions, qu'il n'a pas pu être à la hauteur du challenge que lui a présenté Andrea, qu'est-ce qui me fait croire que moi, je peux y arriver? Ce n'est pas exactement pareil bien sûr. Jason ne débarque pas avec une orpheline en mal d'amour, à qui il est impossible de fermer la porte sans se montrer d'une cruauté que, même moi, je ne peux envisager. Il me propose simplement une idée. Une possibilité d'avenir dans laquelle je n'aurais jamais imaginé me projeter. Mais nous voilà. Alors, peut-être. Peut-être que nous trouverons notre rythme, que nous aurons une jolie petite fille un peu trop maligne et extrêmement agaçante, dans quelques années. Qu'elle deviendra journaliste d'investigation ou professeure de mathématiques, vivra vieille et heureuse et aura un souvenir tendre de ses parents. Ce serait bien.

Je souris quand il me rappelle qu'il est un New-Yorkais, born and bred. Effectivement. Même sa période oxfordienne a dû être compliquée. Ce n'est pas exactement une jungle de béton. Je sens ma poitrine se libérer peu à peu d'un poids que je ne remarquais même plus. Cela fait des semaines que je n'ai pas pris une vraie inspiration. J'avale donc une grande bouffée d'air et m'autorise un rire léger, imaginant Jason enfermé dans un cottage du Kent, pipe et charentaises en option. Not quite there yet. Il redevient sérieux un instant, m'offrant un deal qui me semble raisonnable. Parler. Communiquer. Comme des adultes. Comme des gens qui veulent vivre et construire ensemble, pour de vrai. Pour de bon. Emménager avec lui, le laisser s'installer dans ma vie, physiquement, pleinement, m'avait semblé un sacré pas en avant. Ma perpétuelle phobie de l'engagement s'était bien réveillée, j'ai eu une légère envie de partir en courant, avaler les réserves de rhum d'un bar du coin, prendre un aller-simple pour Los Angeles. Puis je me suis souvenue que ma peau gère mal le soleil et que j'ai le meilleur barman du pays sous la main. J'ai choisi la couleur du canapé et acheté des draps à la taille du matelas, parce que oui, il y a des tailles Jason. J'ai engagé une femme de ménage discrète et qui ne parle presque pas anglais, ce qui m'évite d'avoir à lui faire la conversation. J'ai commencé à dire "chez nous." Je me suis habituée à cette foutue mygale dans l'entrée. J'ai pris plaisir à avoir quelqu'un à la maison à qui raconter ma journée, à acheter des Lucky Charms quand je passe au supermarché. Et perdre cette petite routine, brutalement, a été très dur. Déjà, pour mon régime alimentaire. Je ne sais pas vraiment comment j'ai pu me nourrir pendant mes années à la fac, c'est un miracle que tous mes organes vitaux fonctionnent encore correctement. Ensuite, pour mon équilibre et mon bien-être moral. Dormir seule, ce n'est plus si simple. Et Gin a beau être le chat parfait, elle n'a pas beaucoup de conversation. Et elle n'aime pas les câlins. Moi non plus, en règle générale.

Mais là, tout de suite, ce n'est pas si mal. Je rends son sourire à Jason et me blottis à nouveau contre lui quelques instants. Son corps m'est devenu si familier que j'en avais oublié l'odeur, la chaleur, la douceur et la force. Ce contact est si naturel, pourtant, je le redécouvre. Je le savoure encore un peu et relève finalement la tête, apaisée. La route est encore longue. Mais nous repartons ensemble, dans ce qui semble être la bonne direction en plus. « I've missed you. So much, all the time. It's really silly actually. » Je demeure fidèle à moi-même, après tout. « But I'm really glad you came and that we talked. We should probably do that more, you're right. And we will work on it and get better. I mean, stupid people do it all the time, I don't see why we can't. » J'esquisse un sourire en coin et ajoute. « I bet Rachel told you all of this weeks ago. » Cette gamine est beaucoup trop perspicace, surtout considérant qu'elle est la soeur de cet abruti. Je passe une main sur la joue de l'américain, essayant de ne pas penser à l'expression stupide et bienheureuse qui doit éclairer mon visage. « Do you think she'd mind terribly if you stayed over tonight? » La suite logique et saine serait sans doute de retourner à nos habitudes petit à petit, discuter, ne pas aller trop vite en besogne. But we can't do everything by the book now, can we?
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MessageSujet: Re: it ain't pretty when a heart breaks   Dim 25 Juin - 22:58

Bien sûr que ça ne réglait pas vraiment le problème, bien sûr qu'ils ne faisaient que reporter une discussion difficile à plus tard mais chaque chose en son temps. Et, d'une certaine manière, ils avaient fait un progrès. Régler un problème à travers la discussion. Après, certes, quelques semaines de silence et de séparation ─ ça restait un progrès. Un gros progrès quand on connaissait leur passé et le chemin parcouru depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Dans le fond, malgré les difficultés, malgré l'incertitude, Jason savait que toute houleuse qu'elle serait, cette discussion future ne changerait rien. Rose était la première fille ─ et la seule, à la réflexion ─ pour laquelle il s'était donné tant de mal et après tout ce temps passé à se morfondre sur le canapé de sa petite soeur, il avait compris qu'il lui serait extrêmement difficile de vivre sans elle. Peut-être pas impossible, parce que let's face it, tout être humain était capable de s'adapter au changement, si pourri fut-il, mais still fucking complicated.

Il savait aussi, en abordant cette image qu'il avait toujours eu en tête, qu'elle ne changerait pas miraculeusement d'avis. Il connaissait son histoire, connaissait assez sa famille pour se douter qu'elle aurait des appréhensions. De si grandes ? Peut-être pas, en effet, et c'était quelque chose sur laquelle il faudrait travailler, discrètement, peut-être en appelant sa mère à l'aide, subtilement. Ou peut-être pas. Mama Baker n'était pas connue pour sa délicatesse et Jason pouvait aisément l'imager chercher à sermonner les parents de Rose si par hasard il évoquait la position de sa copine sur les enfants en sa présence. Non, c'était sans doute un problème à résoudre à deux, comme le reste. En parlant et, Jesus Christ, il en tremblait d'avance. Ceci dit, cette soirée mouvementée pourrait servir d'exemple. Devrait, sans doute, servir d'exemple. Comme quoi, tout ne se réglait pas à coups de McFlurry balancés en plein visage et d'amis un peu trop investis dans leur relation. Foster semblait d'accord d'ailleurs et, n'osant pas tout à fait la regarder, Jason s'autorisa un sourire satisfait. C'était loin, très loin d'être une situation parfaite mais après dix ans de galère et de problèmes variés, ça n'était pas étonnant. Il aurait dû s'en douter, really. Quelle erreur stupide il avait fait là franchement. Et, effectivement, Rachel le lui avait dit dès le départ. Que Rose s'en doute n'aurait pas dû lui faire tant plaisir ─ mais après tout, c'était une nouvelle preuve qu'elle ne faisait pas seulement partie de sa vie mais de sa famille en quelque sorte.

Il s'apprêtait à nier, à assurer que non, non, Rachel n'avait pas la science infuse et qu'elle n'avait absolument pas choisi son camp au moment où il lui avait expliqué ce qu'il avait fait ─ autre preuve que Rose Foster faisait définitivement partie de la famille, puisque même ses soeurs prenaient son parti ─ lorsqu'elle caressa sa joue, souriant si largement qu'il lui aurait certainement demandé si elle se sentait bien en d'autres circonstances. Mieux valait rester sur ses gardes dans l'immédiat mais difficile de résister à pareille expression et à la question, pas si innocente, qui suivit. Il l'observa un instant, tâchant de résister à l'envie de lui sourire comme un idiot. « She'd probably be over the moon » And make rude comments mais il n'avait pas spécialement envie de parler de sa sœur, pas tout de suite. Pas alors qu'il la tenait finalement contre lui, dans leur chambre, at home. Et ils auraient pu être ailleurs, dans un appartement minuscule à Oxford ou une bicoque au plancher vermoulu au fond d'une campagne sordide, peu importait en fait. Home is where the heart is ─ home is where Rose is then. So fucking cheesy. Elle se moquerait sans doute de lui s'il en venait à pareille confidence, surtout maintenant. « I miss you too. A lot. Too much, probably. Let's make up for lost time, ok? We'll talk later. We have time » Lots and lots of time. Forever, si elle ne le jetait pas dehors, mais pour l'heure, leur lit lui faisait de l’œil et il n'avait pas l'intention de gâcher pareille opportunité. Also, makeup sex was awesome.

josefoker out

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(SOMETIMES HONESTY IS THE WORST POLICY) I wish you would come back, wish I never hung up the phone like I did. And I wish you knew that I'll never forget you as long as I live. And I wish you were right here, right now, it's all good.
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