don't you cry no more + fabien&jared

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Invité

MessageSujet: don't you cry no more + fabien&jared   Lun 6 Mar - 17:34

T'es un peu du genre casse-gueule Jared. On te le dit pas assez souvent, t'as une tendance d'auto-destruction bien trop poussée. Tu savais que fallait pas que t'y ailles. Puis, t'avais d'autres choses à foutre de ta journée, on est d'accord. Déjà, tu bossais. Les mains pleines d'huile de moteur, t'as autre chose à penser qu'à ce que t'as perdu. En toute logique. ça a beau être ton oncle, il te traite pas différemment, et c'est même toi qui a insisté là dessus. T'essaies même plus fort que les autres, parce que tu sais qu'ils détestent ce boulot, qu'ils détestent leur patron et qu'ils veulent partir dès qu'ils auront une occasion. Mais faut bien nourrir la famille alors ils la ferment et ils continuent. Mais moins volontairement que toi. Toi, ça te permet de sortir la tête de l'eau, de pas penser que tu fais pas assez bien les choses pour ta fille, que tu pourrais faire mieux. Le fait est que t'as jamais su comment être père, on te l'a jamais appris et t'étais jamais là pour essayer. Tu t'y étais préparé pourtant, à l'époque, t'as lu une dizaine de bouquins débiles sur comment élever un gosse, mais toi ce qui te préoccupait le plus à ce moment-là, c'est de te démerder pour changer une couche ou la nourrir au biberon. C'est plus tellement d'actualité alors que t'as jamais eu à le faire et que maintenant, elle est plus proche de l'adolescence que de la naissance. Alors tu bosses, tu t'arrêtes pas, jusqu'à en crever de fatigue, rien que pour pas penser qu'elle mérite pas un père comme toi, elle mérite mieux. Et dans ces cas là, tu vrilles. Parce qu'elle aurait pu avoir mieux, et que ta fierté, ta putain de fierté, elle a voulu que tu l'aies. C'était toi son père et tu l'aimais, tu pensais que c'était suffisant.

Mais t'es plus sûr de toi, tu sais que pour l'instant elle est heureuse mais qu'en sera-t-il quand elle se rendra compte que tu la connais pas, que t'essaies mais que t'es de toute manière bien trop perdu dans ton propre esprit pour réussir à faire quoique ce soit ? Tu te tourmentes, t'arrêtes pas. Alors quand t'arrêtes enfin de bosser et que tu te rends compte que t'as encore une heure à tirer avant d'aller chercher Naomi à l'école, tu décides de te rassurer. Tu décides d'aller voir la vie qu'elle aurait pu vivre si sa mère était encore en vie ou qu'elle avait dû aller vivre avec son veuf. Et t'as sans doute fait la connerie du mois, tu le sais. Tu l'as vu, heureux, avec une toute nouvelle femme, t'as eu envie de vomir, t'as défoncé sa caisse. Tu sais pas pourquoi ça t'a défoulé un moment. T'étais parti bien avant qu'il sorte de chez lui, et maintenant tu trembles, parce que tu sais qu'on pourrait te l'enlever, Naomi, si tu continuais de faire ce genre de choses, parce que tu réagis comme un gamin, toujours obsédé par le visage de Shaé qui hante tes rêves sans réussir à en sortir.

Alors, comme d'habitude, quand quelque chose t'obsède, t'essaies de l'oublier. T'as appelé ta baby sitter, elle a pris les choses en main, tu lui as joué le coup du sourire d'excuses et elle a rien demandé, c'est pour ça que tu l'embauches d'ailleurs. Parce que toi, t'avais besoin d'oublier ce visage. T'as fait comme si t'avais tiré un trait dessus, mais la vérité c'est que t'as jamais réussi. Alors tu te retrouves dans ce pub, assis au comptoir avec ton verre, parce que tu sais pas comment faire passer la pilule autrement. Pourtant tu le sais que c'est un endroit qui mériterait même pas un regard, mais quelque part, tu t'y sens mieux que nulle part ailleurs, parce que tu sais que t'as pas assez de classe pour aller dans les endroits un peu plus hype. Toi t'es plus comme ces alcoolos qui savent pas comment finir leur bière tellement ils en ont eu avant. Et le scotch, il est pas si dégueulasse.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
▪ messages : 140
▪ dispo pour un rp ? : toujours !
▪ avatar : evan peters
▪ âge : 24
▪ statut : célibataire
▪ occupation : fier fabriquant de parapluies

MessageSujet: Re: don't you cry no more + fabien&jared   Mer 8 Mar - 6:36


Certains soirs, les étoiles la nuit brûlent avec plus d'intensité. Certains soirs, le silence de l'intérieur contraste trop avec les bruits de la ville. Certains soirs, Fab ne trouve plus de raison ou de motivation pour demeurer dans sa chambre. Il se convainc qu'il serait plus sage d'ouvrir une oeuvre de doctrine ou encore un bouquin quelconque. Néanmoins, l'appel de la nuit, ce cri dans l'obscurité, il ne sait pas y résister. Là, se cache à son avis les pires envies, les meilleurs désirs. Lui, si effrayé de la noirceur, raffole de celle de la cité, dans laquelle il trouve un réconfort, une paix, une euthanasie salvatrice. Les bars de Londres permettent à tous ceux qui veulent fuir de trouver asile, du moins le temps d'une soirée… puis d'un lendemain.

Sans faire de bruits, comme si quelqu'un l'épiait dans sa solitude, Fab range ces livres de droit contre l'étagère appropriée sur son mur. Il s'approche de l'oriel de sa chambre et observe au loin les lumières du centre-ville qui font combat à celles des cieux noircis. Son casque d'écoute toujours sur la tête, il écoute les dernières notes d'une balade rêveuse, charmé par l'instant, dégoûté par l'idée de sa fin. Le moment passé, il dépose son attirail contre sa table de nuit et revêtit cette veste rouge sur laquelle de grosses lettres blanches écrivent NEW YORK. Ses vieux jeans sont d'un bleu clair. Il s'admire dans son miroir, se reconnaissant dans le portrait qu'il a dressé. Il s'interroge sur la personne dans la glace, comme il le fait souvent. Il reconnaît là le garçon qui courrait dans les forêts de la Colombie-Britannique, le même qui, avec une bande d'amis, a volé un voilier pour naviguer sur la English Bay en buvant des boissons Poppers, bien que tous underaged. Il aperçoit aussi le garçon qui a découvert la Grosse Pomme, vêtu des mêmes chaussures Converse. Pourtant, ce personnage semble appartenir à une autre histoire, parfois. Mais voilà où se tient Fab. Au détour de plusieurs contes dont il semble être sourd à la narration.

Doucement, il entrebâille sa porte. N'apercevant personne dans le couloir, il s'avance et puis la ferme avec la même prudence. Il descend les marches sans faire trop de bruit, comme il veut cacher à ses colocataires son départ. Une part de lui refuse que Reuben, Rosa ou même Lilian apprennent réellement à le connaître. Une fois au rez-de-chaussée, il sort de la maison partagée et s'élance dans les rues de la capitale. Le vent frais lui fouette le visage et le garçon se met à courir, comme si sa course pouvait lui permettre d'échapper à la brise. Arrivé à l'arrêt d'autobus, il reprend son souffle, observe ces jeunes qui s'apprêtent à sortir en boîtes, qui pérore bruyamment. Une part de lui ressent une certaine jalousie face à leur aisance, qu'il a perdu ou qu'il s'est forcé à perdre. Sa tête le massacre, comme il tente de se reconnaître ou de ne pas se reconnaître chez eux. Il serre ses lèvres et bondit dans l'autobus, comme celui-ci vient d'arriver.

Plus tard, il se trouve devant ce bar qu'il aime bien fréquenter. Si bien qu'il commence à en connaître le nom des habitués… Enfin, à ce point, surement est-il lui-même l'un de ces habitués. Il se glisse entre les gens réjouis, jusqu'au bar où il s'installe avec un léger pincement au coeur. Il commande un verre de rhum, qu'il entend déguster. Comme le liquide brun glisse contre sa gorge, il en devine le goût sucré, se rappelant les nuits d'août des Antilles. Il savoure jusqu'à la dernière seconde cet arôme éphémère, puis se passe la main contre le front, s'imaginant ailleurs ou ici même.

Au coin du bar, Fab aperçoit ce type, Jared. Il sourit. Fab aime bien les gens, surtout ceux qui l'aiment bien aussi. Il se lève, saisit son verre et vient prendre place à côté de cette connaissance.

« Salut, mate. »

Il lui sourit. Après tout, c'est un beau gosse. Dans sa tête, Fab rigole à cette pensée, comme il le fait toujours lorsqu'il trouve un homme à femmes de son goût. Néanmoins, l'allure de Jared n'est pas ce qui lui reste en tête. Il aperçoit la mine déconfite de son pote de pub et laisse s'échapper un commentaire.

« Longue journée? »

Entre Fab et Jared, il n'y a pas besoin de beaucoup de mots pour que ces deux-là se comprennent. Ils ont comme cette entente muette, grâce à laquelle chacun profite de l'oreille anonyme de l'autre. Comme tous ces hommes dans tous ces bars qui s'écoutent, qui pleurnichent ensemble et qui se retrouvent le lendemain soir, comme si rien ne s'était produit, leurs faiblesses demeurant ainsi, d'une certaine façon, secrète.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
don't you cry no more + fabien&jared
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Fume pour éviter de penser[PV Fabien]
» Fabien Rinato
» Kidnapè ki rele Fabien Osier figitif anba kod
» Avant de reprendre son service.. [Pv Fabien]
» TOURNOI "Back to Business" 10/10/09 La Chesnaie

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ticket To Ride :: flood & hors-jeu :: this train terminates at morden :: ARCHIVES 2016-2017-
Sauter vers: